Pasde bĂ©bĂ©s Ă  la consigne ! Pour amĂ©liorer et dĂ©velopper les modes d’accueil et la scolarisation des jeunes enfants Les mesures et projets gouvernementaux concernant les modes d’accueil des jeunes enfants (dont le projet de modification du dĂ©cret du 20 fĂ©vrier 2007, relatif aux Ă©tablissements et services d’accueil de la petite enfance) ainsi Pasde bĂ©bĂ©s Ă  la consigne !" Avec ce slogan reprenant le nom de leur collectif, les professionnels de la petite enfance ont manifestĂ©, ce 30 mars, en dĂ©but d’aprĂšs-midi, Les bĂ©bĂ©s ne sont pas des sardines, pas de bĂ©bĂ© Ă  la consigne » : plusieurs rassemblements des personnels de crĂšches avaient lieu en France ce mardi 30 mars pour dĂ©noncer la rĂ©forme des modes de garde, ont constatĂ© des journalistes de l’AFP. Lille, Rennes, Le Mans, Toulouse, Pau, Perpignan, Marseille, Ajaccio, Lyon, Paris Lecollectif Pas de bĂ©bĂ©s Ă  la consigne organise un dĂ©bat intitulĂ© #AmbitionPetiteEnfance - Donner toute (s) leur (s) place (s) aux bĂ©bĂ©s le mardi 15 mars Ă  partir de 19h30 en visioconfĂ©rence (plateforme zoom). Lesmembres du collectif "Pas de bĂ©bĂ©s Ă  la consigne !" vont manifester ce mardi matin Ă  Montpellier, pour contester les rĂ©formes prĂ©vues dans les crĂšches et la petite enfance. Par Jean Le04/07/2022. CommuniquĂ© de presse du collectif "Pas de bĂ©bĂ©s Ă  la consigne" dont la FSU Territoriale est membre. AprĂšs le drame survenu la semaine derniĂšre dans une micro‐crĂšche de la ville de Lyon, nous nous associons trĂšs sincĂšrement Ă  la douleur de la famille, et nous rappelons que seuls les services de police et de justice lzvQVa. La CGT de la ville de Lyon tient Ă  remercier tous les agents, les parents ainsi que les employĂ©s des crĂšches privĂ©es et associatives qui se sont mobilisĂ©s ce 28 mars Ă  l’appel du collectif Pas de bĂ©bĂ©s Ă  la consigne ». A la ville de Lyon 270 agents se sont dĂ©clarĂ©s grĂ©vistes, 3 crĂšches Ă©taient fermĂ©es et 38 partiellement ouvertes sur les 52 que compte la ville, grĂące entre autres au travail de terrain de la CGT. MalgrĂ© le succĂšs de cette mobilisation, plus de 300 personnes prĂ©sentes au rassemblement, celui-ci laisse un goĂ»t amer. La dĂ©lĂ©gation reçue Ă  la prĂ©fecture n’était pas reprĂ©sentative du collectif Pas de bĂ©bĂ©s Ă  la consigne », Ă©tant composĂ©e uniquement de reprĂ©sentants syndicaux de la CFDT. Les militants CGT pourtant prĂ©sents en nombre n’ont pas Ă©tĂ© conviĂ©s Ă  rejoindre la dĂ©lĂ©gation. A leur retour la dĂ©lĂ©gation qui devait reprĂ©senter le collectif, les reprĂ©sentants CFDT nous ont fait part de l’entretien et des revendications portĂ©es. Celles-ci ne vont pas le sens des revendications de Pas de bĂ©bĂ©s Ă  la consigne ». La dĂ©lĂ©gation s’est bornĂ©e Ă  demander que l’ordonnance contre laquelle nous nous battons devienne une loi parce qu’une loi est amendable ». Nous avons Ă©tĂ© interpellĂ©s par de nombreux manifestants nous demandant si nous Ă©tions d’accord avec la dĂ©claration citĂ©e. Pour nous, Ă  la CGT, la sĂ©curitĂ© de nos enfants, leurs conditions d’accueil, la dĂ©gradation des conditions de travail des agents et du service rendu sont trop graves pour rĂ©sumer cette loi rĂ©trograde Ă  un simple problĂšme lĂ©gislatif, quelle que soit la forme, ordonnance, dĂ©cret ou loi, nous sommes et serons toujours contre. Cette rĂ©forme rĂ©trograde aura des consĂ©quences sur la qualitĂ© d’accueil de nos enfants, du nombre d’enfants accueillis par mĂštre carrĂ© dans une crĂšche, du nombre de personnel prĂ©vu pour le taux d’encadrement. Nous continuerons Ă  nous battre et mettrons tout en Ɠuvre afin de rendre un service public de qualitĂ© partout et pour tous. Le 29 mars 2019 Un projet d'ordonnance, actuellement en consultation, apporte de nombreuses et importantes nouveautĂ©s en matiĂšre d'accueil de la petite enfance. Le principal objectif est de simplifier une sĂ©rie de normes et de rĂšgles - surface par enfant, catĂ©gories d'Ă©tablissements, ratios d'encadrement, surnombres temporaires... Certains points ne sont pas encore tranchĂ©s. Le collectif "Pas de bĂ©bĂ©s Ă  la consigne", qui avait appelĂ© Ă  manifester le 23 mai, a Ă©tĂ© reçu par la secrĂ©taire d'État Christelle Dubos et estime avoir obtenu quelques avancĂ©es. PrĂ©vues par l'article 50 de la loi du 10 aoĂ»t 2018 pour un État au service d'une sociĂ©tĂ© de confiance Essoc, qui habilite le gouvernement Ă  prendre "toute mesure relevant du domaine de la loi afin de faciliter l'implantation, le dĂ©veloppement et le maintien de modes d'accueil de la petite enfance", les ordonnances correspondantes sont en cours de finalisation. AprĂšs avoir procĂ©dĂ© Ă  une large concertation et lancĂ© quelques pistes qui n'ont pas manquĂ© de susciter dĂ©jĂ  des rĂ©actions voir notre article ci-dessous du 11 avril 2019, la direction gĂ©nĂ©rale de la cohĂ©sion sociale DGCS a diffusĂ© une version trĂšs avancĂ©e du texte. Celle-ci reste toutefois provisoire et soumise Ă  une nouvelle concertation jusqu'au 15 juillet. Une amĂ©lioration du service rendu aux parents Le projet d'ordonnance apporte plusieurs innovations importantes. Certaines font plutĂŽt consensus, dans la mesure oĂč elles doivent amĂ©liorer la qualitĂ© du service rendu aux enfants et aux parents. C'est le cas de l'amĂ©lioration du maillage territorial des Ă©tablissements d'accueil du jeune enfant Eaje, dĂ©jĂ  bien avancĂ© avec l'instauration des schĂ©mas dĂ©partementaux de services aux familles, lancĂ©s en 2014. Ceux-ci seront dĂ©sormais inscrits dans la loi et les commissions dĂ©partementales de l'accueil de jeune enfant seront remplacĂ©es par des comitĂ©s dĂ©partementaux des services aux familles. Il est Ă©galement prĂ©vu de porter au niveau lĂ©gislatif la mise en Ɠuvre et le respect de la "Charte nationale pour l'accueil du jeune enfant". L'information des parents sera renforcĂ©e par la transformation des relais assistantes maternelles RAM en relais petite enfance RPE avec une vocation plus large. AprĂšs diverses affaires sordides, il est aussi prĂ©vu de "gĂ©nĂ©raliser le contrĂŽle des antĂ©cĂ©dents judiciaires des professionnels de l'accueil du jeune enfant et de l'Ă©tendre aux garderies et entreprises de garde Ă  domicile. Ce contrĂŽle devra ĂȘtre aussi accessible aux parents employeurs via une procĂ©dure simple" ce qui pourrait poser quelques problĂšmes constitutionnels. Des dĂ©rogations pour les horaires atypiques Un volet sur l'inclusion des enfants malades ou handicapĂ©s est par ailleurs prĂ©vu, avec en particulier la mise en Ɠuvre d'une "systĂ©matisation de l'accompagnement Ă  la santĂ©". Il est notamment envisagĂ© de systĂ©matiser le recours Ă  un rĂ©fĂ©rent santĂ© qui ne sera pas forcĂ©ment un mĂ©decin, mais pourra ĂȘtre une infirmiĂšre pour les micro-crĂšches et les maisons d'assistantes maternelles. S'il rĂ©pond aux attentes de certains parents, le dĂ©veloppement de l'accueil occasionnel et des horaires atypiques pourrait toutefois susciter des rĂ©ticences chez les professionnels. Il est en effet prĂ©vu - Ă  titre expĂ©rimental et pour cinq ans - la possibilitĂ© de dĂ©roger au taux d'encadrement rĂ©glementaire lors de l'arrivĂ©e et du dĂ©part des enfants aujourd'hui, au moins deux professionnels prĂ©sents. DorĂ©navant, un seul professionnel pourrait accueillir, dans tous les Eaje, jusqu'Ă  quatre enfants en horaires atypiques, mais pour une durĂ©e ne pouvant excĂ©der deux heures. Droits renforcĂ©s pour les assistantes maternelles Du cĂŽtĂ© des professionnels, l'ordonnance s'attache notamment Ă  amĂ©liorer la situation des assistantes maternelles - secteur dans lequel les candidates se font plus rares - Ă  travers diverses mesures lĂ©galisation de l'exercice dans un tiers-lieu en l'occurrence les maisons d'assistantes maternelles, qui devient un mode d'exercice de droit commun et non plus dĂ©rogatoire, extension aux assistantes maternelles de l'accĂšs Ă  la mĂ©decine du travail et droit au chĂŽmage en cas de dĂ©mission forcĂ©e pour non-respect de l'obligation vaccinale par les parents. L'ordonnance prĂ©voit aussi d'instaurer davantage de passerelles entre les mĂ©tiers et les Ă©tablissements, mais aussi de rendre obligatoire, Ă  titre expĂ©rimental, des temps d'analyse des pratiques, sous la houlette d'un intervenant extĂ©rieur, dans les crĂšches, les micro-crĂšches et les MAM. Une autre mesure risque d'ĂȘtre moins consensuelle elle prĂ©voit de faciliter les remplacements, notamment en incitant aux mutualisations en Eaje et en clarifiant les rĂšgles applicables. Dans les MAM, le texte prĂ©voit d'autoriser jusqu'Ă  six assistantes maternelles travaillant dans une mĂȘme MAM, avec un maximum instantanĂ© de quatre professionnelles et seize enfants. En outre, chaque assistante maternelle serait autorisĂ©e Ă  accueillir exceptionnellement un ou deux enfants supplĂ©mentaires parmi ceux habituellement accueillis, mais dans la limite de seize enfants accueillis simultanĂ©ment. Surface, encadrement l'Ă©pineuse question des normes L'objectif principal fixĂ© par la loi d'habilitation Ă©tait clairement de simplifier un certain nombre de normes et de rĂšgles, afin de faciliter la crĂ©ation de mode de garde collectifs, qui a nettement marquĂ© le pas au cours de la derniĂšre convention d'objectifs et de gestion de la Cnaf voir notre article ci-dessous du 2 avril 2019. Pour les porteurs de projets et les gestionnaires, le texte prĂ©voit ainsi d'expĂ©rimenter un dispositif de guichet unique, la CAF, la PMI et la commune se chargeant alors de l'ensemble de l'instruction et des Ă©changes entre institutions. Mais le sujet le plus conflictuel concerne, bien entendu, la rĂ©vision des normes. Il ne devrait pas y avoir de problĂšme - du moins pour les Eaje publics - sur la mesure prĂ©voyant de crĂ©er une norme nationale de 7 m2 de surface minimale par enfant, dans la mesure oĂč il s'agit dĂ©jĂ  de la norme communĂ©ment appliquĂ©e par les services de PMI. En revanche, le texte prĂ©voit de dĂ©roger Ă  la rĂšgle des 7 m2 par enfant pour descendre Ă  5,5 m2 dans les communes "densĂ©ment peuplĂ©es", Ă  condition toutefois que le lieu dispose d'une surface minimale de 20 m2 sous forme d'un espace intĂ©rieur ou extĂ©rieur dĂ©diĂ© Ă  la motricitĂ©. Dans le mĂȘme esprit, mais sans doute moins conflictuel, le texte prĂ©voit de rĂ©duire les effets de seuil en ramenant la classification Ă  cinq catĂ©gories micro-crĂšche, petite crĂšche jusqu'Ă  25 places, moyenne crĂšche 26 Ă  40 places, grande crĂšche 41 Ă  60 places et trĂšs grande crĂšche 61 places et plus. Enfin, sur les ratios d'encadrement, le texte proposĂ© abandonne la distinction traditionnelle entre les enfants qui marchent et ceux qui ne marchent pas. À ce stade, il ne tranche pas, mais propose une alternative soit un taux diffĂ©rent en fonction de l'Ăąge des enfants avec un adulte pour cinq enfant jusqu'Ă  18 mois au lieu de 15 mois comme envisagĂ© initialement, soit un taux unique d'un professionnel pour six enfants, quel que soit leur Ăąge. Le texte propose Ă©galement un choix alternatif, Ă  trancher dans le texte dĂ©finitif, pour les surnombres temporaires d'enfants en Eaje soit la possibilitĂ© d'accueillir simultanĂ©ment 20% d'enfants au-delĂ  de la capacitĂ© autorisĂ©e Ă  condition de ne pas dĂ©passer un taux d'occupation hebdomadaire de 100% de la capacitĂ© d'accueil horaire autorisĂ©e ; soit la possibilitĂ© d'accueillir simultanĂ©ment 15% d'enfants au-delĂ  de la capacitĂ© autorisĂ©e, dans la limite de 20 heures par semaine rĂ©parties selon les besoins, mais sans obligation d'avoir un taux hebdomadaire en deçà de 100% de la capacitĂ© horaire autorisĂ©e. Pour les sorties, le texte prĂ©voit, Ă  titre dĂ©rogatoire, un encadrement d'un professionnel pour quatre enfants, mais pour une durĂ©e maximale de deux heures. Des rĂ©actions contradictoires Les rĂ©actions ne se sont pas fait attendre. Le collectif "Pas de bĂ©bĂ©s Ă  la consigne", trĂšs actif depuis la prĂ©cĂ©dente rĂ©forme des normes durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy et qui regroupe toutes les organisations syndicales, a maintenu son appel Ă  manifester le 23 mai. Des rassemblements ont ainsi eu lieu dans prĂšs de 50 villes. Le collectif annonce "des centaines de crĂšches en grĂšve" et manifestants Ă  Paris, Ă  Marseille, 800 Ă  Toulouse, 700 Ă  Lyon, 400 Ă  Nantes, 300 Ă  Nice et Montpellier... Le collectif conteste notamment "une surface d'accueil par enfant dans les grandes villes de 5,5 m2 alors que tous les acteurs s'accordent sur la nĂ©cessitĂ© d'au moins 7 m2 pour assurer des conditions de jeu et de vie favorables au dĂ©veloppement des jeunes enfants". Il dĂ©nonce aussi "une augmentation de la capacitĂ© d'accueil des micro-crĂšches Ă  au moins 16 enfants, au lieu de 10 aujourd'hui, alors qu'elles fonctionnent avec des dĂ©rogations importantes par rapport aux autres Ă©tablissements, par exemple concernant les qualifications professionnelles" De son cĂŽtĂ©, la FĂ©dĂ©ration française des entreprises de crĂšches FFEC, qui reprĂ©sente les crĂšches privĂ©es, "appelle le gouvernement Ă  ne pas dĂ©truire de crĂšches". À l'inverse du collectif, hostile aux dĂ©rogations, la FFEC s'inquiĂšte de la norme nationale de 7 m2 par enfant, qui doit "remplacer la surface minimale constatĂ©e actuelle de 6 m2 par enfant [...], dĂ©truisant ce faisant places de crĂšches d'un trait de plume". Pour donner ce chiffre, la FFEC s'appuie sur une "estimation" portant sur un Ă©chantillon de 311 micro-crĂšches privĂ©es. La FĂ©dĂ©ration estime Ă©galement qu'un taux unique d'un professionnel pour six enfants l'une des deux hypothĂšses envisagĂ©es "nĂ©cessiterait une dĂ©pense supplĂ©mentaire d'au moins cinq cent millions d'euros". Des prĂ©cisions ministĂ©rielles Reçu Ă  l'issue de la manifestation parisienne par Christelle Dubos, la secrĂ©taire d'État auprĂšs d'AgnĂšs Buzyn, "Pas de bĂ©bĂ©s Ă  la consigne" annonce avoir obtenu des Ă©claircissements ou des avancĂ©es sur certains points. Dans un communiquĂ© du 24 mai, il explique ainsi avoir obtenu le maintien du ratio 40/60 dans l'encadrement des crĂšches 40% de professionnels diplĂŽmĂ©s d'État puĂ©ricultrices, Ă©ducateurs de jeunes enfants, infirmiers, psychomotriciens, auxiliaires de puĂ©riculture. La modification de ce ratio ne figurait toutefois pas dans le projet d'ordonnances, mais le collectif continue de plaider pour un ratio 50/50. Le collectif a Ă©galement rappelĂ© son attachement Ă  la norme de 7 m2 par enfant "en tout point du territoire", Ă©cartant ainsi le projet de dĂ©rogation Ă  5,5 m2 dans les zones Ă  forte pression fonciĂšre qui, selon le communiquĂ©, concernerait 604 communes pour prĂšs de 23 millions d’habitants. Il s'est par ailleurs prononcĂ© pour la norme Ă  12 enfants dans les micro-crĂšches, qui constitue "le maximum acceptable, compte-tenu du cadre dĂ©rogatoire des micro-crĂšches concernant les qualifications et de leur financement Paje qui dĂ©favorise la mixitĂ© sociale en leur sein". Enfin, sur "l'accroissement du surbooking" dĂ©rogations temporaires aux capacitĂ©s maximales d'accueil, le collectif a entendu l'argument de la secrĂ©taire d'État, selon lequel l'objectif est d'abord de pallier des situations urgentes et inattendues de manque de personnel ou de rĂ©pondre Ă  un besoin urgent des familles. Mais, "si telle est l'intention, cela requiert que le projet soit réécrit dans ce sens et non dans celui d'une optimisation des taux de frĂ©quentation des crĂšches au dĂ©triment de la qualitĂ© d'accueil des enfants". Pour le reste, Christelle Dubos a confirmĂ© les diffĂ©rentes options qui restent ouvertes dans le cadre de la concertation, notamment sur les ratios d'encadrement. l'essentiel "Les bĂ©bĂ©s ne sont pas des sardines", qu’on entasse. Les professionnels de la petite enfance ont utilisĂ© des slogans chocs, hier, pour dire leur opposition Ă  la future ordonnance qui risque de dĂ©grader fortement les conditions d’accueil des bĂ©bĂ©s. Le mouvement national "Pas de bĂ©bĂ©s Ă  la consigne", s’est mobilisĂ© hier, devant la prĂ©fecture, Ă  l’appel de la CFDT Interco. L’appel a rassemblĂ© une centaine de professionnels de la petite enfance, inquiĂšte des consĂ©quences des mesures par ordonnance et dĂ©crets, actuellement Ă  l’étude par le gouvernement. Les professionnels craignent des changements dans l’accueil et la prise en charge des enfants. En attendant cette ordonnance qui devait "tomber en fĂ©vrier", mais sera reportĂ©e selon les syndicats, place donc Ă  l’apprĂ©hension. "Notre travail n’est pas de mettre des enfants dans une piĂšce et de fermer la porte", rappelle GaĂ«l Lafarge, secrĂ©taire adjoint dĂ©partemental CFDT. Un surnombre de 115 % ?Les personnels de la petite enfance qui attendent l’aboutissement des Ă©changes, souhaitent des prĂ©cisions sur le ratio de 50/50 avec des professionnels diplĂŽmĂ©s d’État, une surface de 7 m2 par enfant accueilli, des horaires dits "atypiques", sous condition, une reconnaissance salariale des postes de direction par un dĂ©roulement de carriĂšre et une capacitĂ© "du surnombre" limitĂ©e Ă  110 %. "Aujourd’hui, le gouvernement veut aller Ă  une capacitĂ© de 115 %, du lundi au vendredi, vous imaginez les conditions d’accueil", ajoute GaĂ«l Lafarge. Ces professionnels souhaitent Ă©galement une reconnaissance des compĂ©tences des puĂ©ricultrices et infirmiĂšres par une valorisation financiĂšre. Globalement, Interco CFDT demande au ministĂšre en charge de ce dossier "d’abattre ses cartes" rapidement."Il y a eu des Ă©changes entre les syndicats et le secrĂ©tariat d’État Ă  la cohĂ©sion social, il y a plus d’un an de cela. Depuis, on n’a plus de nouvelles. Il est temps de savoir ce que le gouvernement prĂ©voit", ajoute le reprĂ©sentant syndical. À l’issue de la manifestation, une contribution, rĂ©digĂ©e par la CFDT, a Ă©tĂ© remise Ă  la prĂ©fecture. La contribution demande, entre autres, "un changement de paradigme par la prise en co mpte d’abord de l’enfant dans une sphĂšre sĂ©cure et bienveillante". La grogne ne faiblit pas dans les crĂšches Ă  propos de la rĂ©forme des modes d’accueil du jeune enfant prĂ©vue par la loi d’AccĂ©lĂ©ration et de Simplification de l’Action Publique ASAP portĂ©e par Adrien Taquet, SecrĂ©taire d’État Ă  l’Enfance et aux syndicats des professionnels de la petite enfance, ainsi que le collectif “Pas de bĂ©bĂ© Ă  la consigne” ont fait grĂšve et manifestĂ© ce mardi 2 les grandes lignes, cette rĂ©forme va faire passer Ă  12 enfants la capacitĂ© d’accueil maximale des micro-crĂšches, Ă  un taux d’encadrement unique d’un professionnel pour 6 enfants contre actuellement 1 pour 5 enfants qui ne marchent pas et 1 pour 8 enfants qui marchent, et Ă  5,5 m2 au lieu des 7 m2 recommandĂ©s la surface d’accueil par enfant dans les grandes villes et zones fait, cette rĂ©forme “permettra de crĂ©er, sans dĂ©lai, des places de crĂšches supplĂ©mentaires”, indique le gouvernement. Seulement voilĂ , pour les professionnels du secteur, ces mesures vont Ă  l’encontre de l’intĂ©rĂȘt de l’enfant, mais aussi Ă  l’encontre des recommandations du rapport de la Commission des 1 000 jours, commandĂ© par le gouvernement.“Le gouvernement annonçait une loi de simplification et d'harmonisation il nous offre la dĂ©rĂ©glementation aux dĂ©pens de la qualitĂ© d'accueil des tout‐petits”, dĂ©plore le collectif “Pas de bĂ©bĂ© Ă  la consigne”. Ce dernier dĂ©taille que la mesure prĂ©voit 15% d'enfants accueillis en surnombre en crĂšche tous les jours. Ainsi, “un Ă©tablissement de 20 places pourrait accueillir jusqu’à 23 enfants, pour 40 places jusqu’à 46 enfants, et pour 60 places jusqu’à 69 enfants”. “Nous craignons de ne plus pouvoir disposer demain de la meilleure disponibilitĂ© pour vos enfants et de ne plus rĂ©pondre Ă  votre attente”, indique le collectif dans une lettre adressĂ©e aux mesures font en revanche l’unanimitĂ© ou presque, comme le contrĂŽle des antĂ©cĂ©dents judiciaires de l’ensemble des professionnels de l’accueil du jeune enfant, ou encore la gĂ©nĂ©ralisation de temps de rĂ©flexion sur les pratiques professionnelles, Ă  raison d’une demi-heure par mois dans les crĂšches encore insuffisant pour le collectif “Pas de bĂ©bĂ© Ă  la consigne”, et Ă  titre expĂ©rimental pour les assistantes avez envie d’en parler entre parents ? De donner votre avis, de partager votre tĂ©moignage ? On se retrouve sur Ce mardi 30 mars, l’équipe de la crĂšche Au Royaume des Lutins » de Beauzac s'est mobilisĂ©e Ă  nouveau Ă  l’appel du collectif Pas de bĂ©bĂ©s Ă  la consigne ». Les professionnelles de Beauzac ne veulent pas de la rĂ©forme du gouvernement, rĂ©forme Taquet, concernant les modes d’accueil des jeunes enfants. Selon les professionnelles de la petite enfance, "ce projet engendrera une dĂ©gradation des conditions d’accueil des trĂšs jeunes enfants et des conditions de travail". Leurs principales craintes ? - La possibilitĂ© d’un taux d’encadrement unique de 1 professionnelle pour 6 bĂ©bĂ©s. - la baisse du ratio des personnels les plus qualifiĂ©s, - une augmentation des possibilitĂ©s d’accueil en surnombre jusque lĂ  c’était Ă  titre exceptionnel de 10% en plus, celui-ci pourrait ĂȘtre quotidien et augmenter jusqu’à 15 %. - une rĂ©duction de la surface d’accueil par enfant m2 par enfant alors que tous les acteurs s’accordent sur la nĂ©cessitĂ© d’au moins 7 m2 pour assurer des conditions de jeu et de vie favorables au dĂ©veloppement des jeunes enfants. - ou encore, des directions sans expĂ©rience auprĂšs de la petite enfance. "AmĂ©liorer la productivitĂ© » et la rentabilitĂ© » des Ă©tablissements de jeunes enfants ne peut ĂȘtre compatible avec une qualitĂ© d’accueil du jeune enfant afin que chaque enfant puisse ĂȘtre considĂ©rĂ© et respectĂ© dans son dĂ©veloppement unique." Toute l’équipe de la crĂšche a donc trouvĂ© important d’informer et de sensibiliser les parents Ă  cette cause.

pas de bébés à la consigne