Archignat patronyme qui n’a rien de breton, est l’anagramme de ARCH (ou CHAR) GITAN, ce qui n’est sans doute pas un hasard. Ces trois soeurs sont une Ă©vocation des trois Marie, des Saintes-Maries-de-la-Mer, venues, selon la lĂ©gende hagiographique, de JudĂ©e dans une barque — une arche — sans voile ni rame. L’une d’elles Ă©tait AucƓur de la Camargue et de ses traditions : Le Grau du Roi et son village de pĂȘcheurs, Aigues-Mortes (5 km) citĂ© mĂ©diĂ©vale, la Tour de Constance et ses remparts, les Saintes-Maries-de-la-Mer (35 km), la Camargue Ă  pied ou Ă  cheval, NĂźmes et Arles (50km), villes romaines Montpellier aĂ©roport et gare (30 km), NĂźmes aĂ©roport et gare (50 km). PionniereuropĂ©en de la planche Ă  voile (boss de Windsurfer et HiFly) et du catamaran de sport (boss de Hobie Cat). Pionnier mondial du vĂ©lo Ă  voile (WindBike). Concepteur de SeaWay, complexe intĂ©grĂ© de sports de mer et de loisirs. Pilote de char Ă  voile Classe 2. LaurĂ©at base rĂ©gionale de voile Tom Souville. FĂ©dĂ©ration Française de Char Ă  LeJardin des DĂ©lices: Les jardins des delices saintes mariĂ©s de la mer 13 - consultez 1 004 avis de voyageurs, 435 photos, les meilleures offres et comparez les prix pour Saintes-Maries de la Mer, France sur Tripadvisor. RetourĂ  la cartographie des lagunes. Cliquez sur la carte pour plus de dĂ©tails. PrĂ©sentation. Le site des Etangs et marais des salins de Camargue est situĂ© dans le sud de l’üle de Camargue et Ă  l’ouest du village de Salin-de-Giraud, sur les communes d’Arles et des Saintes-Maries-de-la-Mer. Totalisant une superficie de 6585 ha, il est propriĂ©tĂ© du 24mai 2016 - Char Ă  voile, paddle Board en Camargue, les Saintes-Maries de la Mer, Camargue. 24 mai 2016 - Char Ă  voile, paddle Board en Camargue, les Saintes-Maries de la M3i8l1R. Cet article date de plus de quatre ans. PubliĂ© le 23/06/2018 2204 Mis Ă  jour le 23/06/2018 2208 DurĂ©e de la vidĂ©o 2 min. France 3 Article rĂ©digĂ© par Le beau temps s'installe en France et va durer au moins jusqu'Ă  la semaine prochaine. À la mer ou Ă  la montagne, c'Ă©tait un samedi pour profiter du soleil. La neige un 23 juin, il fallait la chercher aux Deux-Alpes IsĂšre. La station a ouvert ses pistes sur le glacier, Ă  3 200 m d'altitude, un bon plan pour les fans de ski. D'autres ont prĂ©fĂ©rĂ© l'ocĂ©an et ses kilomĂštres de plage. L'Ăźle d'OlĂ©ron Charente-Maritime reçoit elle ses premiers vacanciers, bien dĂ©cidĂ©s Ă  se remettre d'un hiver interminable. En profiter est bien le projet de tous ces randonneurs dans le Cantal. Ils dĂ©couvrent de superbes panoramas, sans oublier les pauses. Le soleil sera encore de la partie demain. Pas de canicule en vue, mais des tempĂ©ratures idĂ©ales pour toutes sortes d'activitĂ©s, qu'elles soient sportives en Bretagne avec le paddle, en Normandie sur un char Ă  voile, ou gourmandes avec ce championnat de France des barbecues, aux Saintes-Maries-de-la-Mer Bouches-du-RhĂŽne. Les sujets du JT Etats-Unis une Française emprisonnĂ©e pour un jogging MĂ©diterranĂ©e des centaines de migrants sauvĂ©s des eaux Le tacle du milliardaire François Pinault Ă  Emmanuel Macron Double scrutin les Turcs appelĂ©s aux urnes Élections en Turquie l'heure de vĂ©ritĂ© pour Erdogan Au plus prĂšs les dĂ©fis de PĂŽle emploi Théùtre quand de jeunes autistes montent sur scĂšne À propos du JT L'Ă©quipe de la semaine RĂ©daction en chef Philippe Denis RĂ©daction en chef-adjointe Anne-Charlotte Hinet, Charles-Henri Carlier RĂ©sponsable d'Ă©dition - Joker - L'Ă©quipe du week-end RĂ©daction en chef Catherine Raymond RĂ©daction en chef-adjointe JĂ©rĂŽme Dorville, Daniel Ielli RĂ©sponsable d'Ă©dition - Joker - Abonnement Newsletter toute l’actualitĂ© en vidĂ©o Recevez l’essentiel de nos JT avec notre newsletter Abonnement Newsletter France TĂ©lĂ©visions utilise votre adresse email afin de vous adresser des newsletters. articles sur le mĂȘme thĂšme Le 23h du dimanche 14 aoĂ»t 2022 Natation la nageuse de Canet-en-Roussillon Analia PigrĂ©e sacrĂ©e championne d'Europe en 50m dos Week-end du 15 aoĂ»t le tourisme bat son plein en France Mercato Alexis Sanchez Ă  l'OM, les retours de Lacazette, Tolisso et Sissoko... 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Personne n’écrivait comme elle, et cela jusqu’à la fin ; et comme elle Ă©tait la franchise et la simplicitĂ© mĂȘme, ses lettres feraient connaĂźtre, mieux encore que ses livres, toutes les richesses de son excellent cƓur, de son esprit, de sa brillante imagination, et aussi de sa foi profonde et de sa solide piĂ©tĂ©. » Citation extraite du livre Ma mĂšre, de Mgr de SĂ©gur. Jamais plume mieux inspirĂ©e n’aurait pu tracer une meilleure dĂ©finition du travail que je livre ici au public. Les extraits de la correspondance de ma mĂšre rĂ©pondent complĂštement, si je ne me trompe, au vƓu de mon vĂ©nĂ©rĂ© frĂšre, et je n’ai eu qu’à y ajouter de courtes notes pour expliquer quelques passages des lettres qu’elle m’écrivait avec un si charmant abandon. J’y joins celles adressĂ©es Ă  mon mari, qui fut enlevĂ© Ă  mon affection quelques annĂ©es aprĂšs ma mĂšre. Un autre volume, qui, s’il plaĂźt Ă  Dieu, complĂ©tera bientĂŽt celui-ci, surtout pour les jeunes lecteurs de ma mĂšre, contiendra les dĂ©licieuses lettres adressĂ©es par grand’mĂšre » Ă  Jacques, mon fils bien-aimĂ©. Dieu n’a pas voulu, et je l’en remercie, que ma pauvre mĂšre subĂźt l’épreuve terrible de voir mourir avant elle ce bien-aimĂ© de son cƓur qui la suivit de prĂšs dans le ciel. – Une courte notice sur ma mĂšre prĂ©cĂ©dera cette correspondance. L’intimitĂ© nĂ©cessaire de la correspondance de ma mĂšre avec moi, les menus Ă©vĂ©nements de famille qu’elle renferme, m’ont fait hĂ©siter longtemps Ă  la publier. Mais son amour passionnĂ© pour tous les siens, son dĂ©vouement infatigable de tous les instants et de toute la vie, ses voyages incessants d’un bout de la France Ă  l’autre et mĂȘme hors de France, au moindre appel de ses enfants, malgrĂ© son Ăąge et sa santĂ©, son oubli d’elle-mĂȘme poussĂ© jusqu’à l’hĂ©roĂŻsme, y apparaissent dans une si belle et si forte lumiĂšre ; sa tendresse de grand’mĂšre surtout s’y Ă©panouit dans des expressions si variĂ©es et si charmantes, que je n’ai pu rĂ©sister au penchant de mon cƓur, trop plein de ces chers souvenirs pour en garder le secret. D’ailleurs, ces lettres d’une mĂšre Ă  sa fille ne se bornent pas Ă  des effusions de tendresses et Ă  des confidences de famille. Elles renferment des pages nombreuses, oĂč le talent de l’écrivain, l’ñme de la chrĂ©tienne, le sang gĂ©nĂ©reux de la fille de Rostopchine, Ă©clatent en accents virils et parfois admirables. Ses jugements sur les faits et les travers du monde, ses conseils littĂ©raires, ses apprĂ©ciations politiques sur les dix derniĂšres annĂ©es de l’Empire ; ses rĂ©voltes catholiques contre l’abandon du Pape par l’Empereur d’abord si aimĂ© d’elle, ses protestations indignĂ©es, oĂč vibre l’ñme de son illustre pĂšre, contre les horreurs de l’invasion allemande, enfin son mĂ©pris clairvoyant du gouvernement de M. Thiers pendant et aprĂšs la Commune, ne peuvent, ce me semble, qu’accroĂźtre la rĂ©putation de ma mĂšre comme Ă©crivain, et sont de nature Ă  frapper tous les lecteurs. Ils suffiront, en tous cas, Ă  enlever Ă  une correspondance aussi intime l’ennui des redites et la fatigue de la monotonie dans de petites choses. Peut-ĂȘtre trouvera-t-on que j’ai laissĂ©, dans cette publication, malgrĂ© les conseils dont je me suis entourĂ©e et que j’ai suivis, des tĂ©moignages trop rĂ©pĂ©tĂ©s de la tendresse de ma mĂšre pour mon fils Jacques qu’elle aimait Ă  la passion. Qu’on me pardonne cette faute contre le goĂ»t, si c’en est une, en pensant que cet enfant si aimĂ© n’est plus, et que Dieu me l’a repris dans sa vingtiĂšme annĂ©e, deux ans Ă  peine aprĂšs la mort de son incomparable grand’mĂšre. L’auteur de tant de livres qui charment aujourd’hui comme il y a trente ans l’enfance, la jeunesse et mille autres lecteurs de tout Ăąge et de toute condition, n’aurait pas Ă©crit ces immortels petits chefs-d’Ɠuvre, si elle n’avait aimĂ© passionnĂ©ment ses enfants et petits-enfants c’est la justification de cet ouvrage. – Dieu et mes enfants, ces mots sortis de sa bouche mourante et gravĂ©s sur son tombeau, sont le rĂ©sumĂ© de la correspondance qu’on va lire, comme de sa vie tout entiĂšre. Vicomtesse de Pitray, nĂ©e SĂ©gur. Note. — Que l’on ne s’étonne pas de l’orthographe parfois un peu surannĂ©e que l’on va voir dans la correspondance de ma mĂšre. Je l’ai scrupuleusement respectĂ©e et je l’y ai laissĂ©e, comme un charme de plus, comme un parfum des temps passĂ©s. LETTRES DE LA COMTESSE DE SÉGUR NÉE ROSTOPCHINE AU VICOMTE ET À LA VICOMTESSE E. DE PITRAY ―――――――――――――――――――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Paris, mars 1856. J’ai oubliĂ© hier soir ou pour parler franchement je n’ai pas osĂ© vous demander, cher enfant, si vous aviez Ă©tĂ© chez votre notaire pour faire rĂ©diger et terminer ce contrat qu’il faut bien signer mardi, si vous voulez vous marier le mardi suivant. Quand M. de SĂ©gur m’a demandĂ© hier soir si je m’étais acquittĂ©e de sa commission pour vous, j’ai rĂ©pondu que les charmes de la conversation m’avaient fait oublier les ennuis des affaires et j’ai promis de vous demander ce matin l’expĂ©dition prompte de ce
 contrat. Vous voyez que je cherche Ă  contracter vis-Ă -vis de vous une nouvelle obligation avant d’avoir perdu la vive impression de la premiĂšre. Je prĂ©vois que dans mon affection pour vous dominera le sentiment inaltĂ©rable de la reconnaissance, un des plus vifs et des plus doux du cƓur humain. J’aime tous ceux qui aiment ma petite Olga. Jugez combien et comment je dois aimer l’homme qui fera le bonheur de toute sa vie, le mari qu’appelaient son cƓur et sa raison, celui qui l’a aimĂ©e assez pour lui sacrifier sa libertĂ©. — Je n’envoie pas trop matin pour ne pas troubler votre sommeil. Je vous embrasse bien tendrement. ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Paris, mars 1856. Olga n’a pas le temps de vous Ă©crire, cher enfant, Ă  cause de sa leçon[1] matinale ; c’est moi qui suis chargĂ©e de cette agrĂ©able occupation et de la recommandation expresse de rĂ©pondre Ă  Olga et non Ă  moi. Avez-vous dormi ? Allez-vous mieux ? Votre beau visage a-t-il repris son Ă©tat accoutumĂ© ? Pourrez-vous sortir et me parler vers deux heures ? Si cette heure ne vous convient pas, indiquez-en une autre Ă  Olga
. Vous devinez de quoi il s’agit. Tout s’arrangera au mieux si
 vous ĂȘtes l’homme de cƓur et d’esprit que vous avez toujours Ă©tĂ©. Je vous embrasse, mon trĂšs cher enfant, avec tendresse
. ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Paris, mars 1856. Mon cher enfant, comme je ne suis pas prĂ©destinĂ©e Ă  vous voir aujourd’hui, et comme Olga me dit qu’elle ne vous verra que chez AdĂšle, je vous demande de me faire savoir de vos nouvelles ; comment va cette chĂšre tĂȘte ? Comment avez-vous passĂ© la nuit ? que devient la fatigue qui vous accablait hier ? Adieu et au revoir ; je vous embrasse tendrement et vous aime de mĂȘme. ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Paris, mars 1856. Arthur[2] m’a dit hier que vous deviez dĂ©jeuner avec Victor ; je vous supplie, cher enfant, de rester chez vous, de vous lever tard, de ne vous fatiguer d’aucune façon, de vous tourmenter le moins possible, en un mot de vous soigner avec toute la tendresse que vous portez Ă  Olga. Faites-vous apporter chez vous un bain de son, prenez une nourriture lĂ©gĂšre et recouchez-vous jusqu’à midi. Olga est sombre comme un croque-mort,
 elle est agitĂ©e de votre agitation. — Donnez-lui de vos nouvelles ; comment avez-vous passĂ© la nuit ? Avez-vous vous eu encore du frisson symptĂŽme de fiĂšvre ? Nous attendons la rĂ©ponse avec impatience et je vous embrasse avec tendresse. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, mardi 13 mai 1856. ChĂšre Minette chĂ©rie, d’abord je t’embrasse avec mon petit Émile qui me semble ĂȘtre bien plus mon fils, mon cher fils, depuis que je le tutoie. Me voici en pleine possession d’une tranquillitĂ© qui n’est troublĂ©e que par le regret de la possĂ©der au prix d’une pĂ©nible sĂ©paration ; pourtant j’avoue que je ne suis ni en larmes ni mĂȘme attristĂ©e puisque je t’aurai, toujours avec mon petit Émile, lundi ou mardi prochain. Nous avons fait trĂšs bonne route ; Ă  quatre heures dix-huit nous Ă©tions Ă  Conches ; dis cela Ă  Woldemar[3] ; Ă  cinq heures moins neuf,
 je me trompe, Ă  quatre heures cinquante et une, nous partions pour Laigle dans une horrible diligence envahie par vingt et un voyageurs ; il doit y tenir dix ou onze tout au plus. Nous avons donc cheminĂ© lentement ; trois malheureux, mais excellens chevaux ont traĂźnĂ© tout cela pendant neuf lieues et pendant trois heures trois quarts ; ce sont les mĂȘmes victimes qui font tout le trajet. Il se prĂ©pare Ă  Conches un CĂŽtĂ© des femmes admirable dont j’ai Ă©trennĂ© le marbre et l’acajou. À Laigle nous avons dĂźnĂ© assez mal ; j’ai fait au chef des complimens hypocrites sur son talent culinaire, il a souri et rougi d’orgueil et peut-ĂȘtre d’étonnement. Nous sommes reparties Ă  neuf heures et demie et nous sommes arrivĂ©es dĂ©finitivement aux Nouettes Ă  dix heures. La pauvre Sabine[4] a payĂ© au voyage son tribut accoutumĂ© par une migraine et un vomissement. Ce dernier s’est dĂ©clarĂ© aussi maladroitement que possible Ă  Rugles, au nez d’une nombreuse assemblĂ©e qui profitait du lendemain de la PentecĂŽte pour flĂąner et assister Ă  l’arrivĂ©e de la diligence. Nos pauvres chevaux y ont soufflĂ© pendant un quart d’heure, tout juste le temps de laisser Sabine vomir en deux temps sur les spectateurs horrifiĂ©s. Elle a dĂźnĂ© Ă  Laigle, elle a bien dormi en arrivant, de onze heures Ă  neuf heures, et nous allons voir le curĂ© et la pauvre Victorine[5] avant de dĂźner. Si tu pars lundi, ou n’importe quand, prĂ©viens-moi Ă  temps pour que je te retienne le coupĂ© ; tu n’aurais peut-ĂȘtre que l’affreux intĂ©rieur. Si pourtant tu te dĂ©cides trop tard, retiens le coupĂ© Ă  Paris en retenant tes places Ă  la gare. Fais-le savoir Ă  Conches par tĂ©lĂ©graphe Ă©lectrique. Fais dĂ©mĂ©nager tes robes, tes fleurs, chapeaux et tout ce que tu n’emportes pas, le plus tĂŽt possible. Soigne un peu les affaires de ce pauvre Émile ; fais tout emballer pour lui par Eulalie[6] ; je suis sĂ»re qu’il n’y entend rien et qu’il fait ses malles en dĂ©pit du bon sens. Mais fais cela d’avance, crois-moi. N’emporte pas tes beautĂ©s d’acquĂȘt aux Nouettes ; n’emporte que celles qui t’accompagnent partout et qui te sont naturelles. Adieu, enfant chĂ©ri, enfant charmant, enfant gĂątĂ©, trĂ©sor perdu et retrouvĂ© doublĂ© par Émile. Je t’embrasse, je t’embrasse, je t’aime et je t’aime. Je suis pressĂ©e, tu es ma troisiĂšme et derniĂšre lettre. Mes amitiĂ©s Ă  Victor, Jean, AdĂšle et Arthur double dose Ă  ces deux-lĂ , Laure, ZoĂ©, Raoul[7]. Ouf ! quelle nombreuse famille ! Adieu, chĂ©rie. ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, mardi 15 juillet 1856. C’est encore moi, trĂšs cher Émile ; ta pauvre Olga, complĂštement abattue et attristĂ©e depuis deux jours, a un affreux mal de cƓur qui l’empĂȘche de t’écrire ; elle avait commencĂ©, puis interrompu, puis, voyant s’avancer l’heure du facteur, elle m’a demandĂ© de la remplacer. C’est le retard apportĂ© Ă  ton retour qui la jette dans cet Ă©tat de tristesse, d’abattement et de souffrance ; elle gĂ©mit, elle soupire, mais que puis-je y faire, moi qui ne suis qu’une mĂšre ? toutes mes coquetteries, mes attentions, mes Ă©crevisses, mes cerises, mes dĂ©licatesses de tout genre ne lui rendent pas son cher Émile, son petit Émile, l’élu de son cƓur. Quelle affreuse pensĂ©e tu as, cher enfant, de te corriger de ta charmante et vertueuse exactitude de correspondance ! et quelle fausse pensĂ©e qu’un jour sans lettre donnerait de l’inquiĂ©tude ! Ce ne serait que de la privation, de la tristesse ; une lettre, qui est un souvenir effectif, console de l’absence en rassurant la tendresse ; c’est une conversation continuĂ©e, une communication de pensĂ©e et de sentiment, imparfaite sans doute, mais nĂ©cessaire quand on aime et quand on se dĂ©sire vivement aimĂ©e. Et comme le pauvre cƓur humain si imparfait mĂȘle toujours de l’égoĂŻsme Ă  la tendresse, on lis, Olga espĂšre voir que le mari qu’on regrette, qui vous manque, est lui-mĂȘme triste, mal Ă  l’aise, ennuyĂ© et ennuyeux. On permet toutes les calamitĂ©s morales, on les dĂ©sire mĂȘme et on se rĂ©jouit grandement en voyant se rĂ©aliser ce vƓu d’un bon petit cƓur bien tendre, bien dĂ©vouĂ©. Je te remercie, cher ami, de la cuisiniĂšre que j’attends Ă  chaque minute ; la vieille horreur est partie comme elle Ă©tait venue, aussi bĂȘte, aussi droite, aussi insupportable. Salomon[8] va bien
. Toute la maison a pitiĂ© de ta veuve ; si tu retardes ton retour au delĂ  de jeudi, elle ne marchera plus qu’entourĂ©e de bras pour la soutenir
. Nous avons une, deux si admirables pensĂ©es de logement d’hiver que si tu ne trouves quelque chose de trĂšs bien, nous serons contentes que ton voyage ait Ă©tĂ© inutile. Je laisse ton imagination travailler et je t’embrasse avec une tendresse toujours croissante. Voici le facteur ; il vient Ă  propos pour empĂȘcher ta modestie de souffrir de tout ce que j’allais te dire ; je continue Ă  le penser, et faute de temps, je garde pour moi mes tendresses motivĂ©es. ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 1er octobre 1856. Je te remercie, cher Émile, de ce que tu dis de tendre et d’affectueux pour moi dans ta premiĂšre lettre Ă  Olga. Je t’aime tendrement parce que tu mĂ©rites d’ĂȘtre aimĂ© et je te regrette sincĂšrement parce que ton excellente nature a conquis ou plutĂŽt consolidĂ© mes sympathies et mes affections. Olga est triste depuis ton dĂ©part ; j’ai presque des remords de l’avoir acceptĂ©e pour ces quinze jours, toi parti ; elle a fait avec moi ses vingt ans de travaux forcĂ©s ; sa libĂ©ration devrait ĂȘtre dĂ©finitive. La pauvre petite est trĂšs gentille ; elle se rend agrĂ©able tant qu’elle peut ; elle chante ; elle lit mais pas trop, sois tranquille, elle joue au billard ; hier, elle a jouĂ© presque aussi bien que toi ; des bandes, des doublĂ©s, des croisĂ©s, tout exceptĂ© des raccrocs ; elle m’a gagnĂ© lestement, deux parties sur trois ; combien nous avons regrettĂ© que tu ne fusses pas lĂ  pour applaudir ! Ce regret en a amenĂ© bien d’autres, et tous ces regrets rĂ©unis ont ramenĂ© la tristesse. La nuit, qui porte conseil, n’a pas fait son mĂ©tier ; le rĂ©veil du 1er octobre a Ă©tĂ© lugubre. Un heureux anniversaire passĂ© sans toi. Pour bouquet de fĂȘte, les lettres sont arrivĂ©es Ă  une heure de l’aprĂšs-midi, par suite d’une cĂ©rĂ©monie funĂšbre Ă  laquelle devaient assister le facteur et tous ses confrĂšres. La pauvre Olga ne demandait rien moins que la mise Ă  mort du facteur retardataire dont nous ignorions les empĂȘchements lĂ©gitimes. Adieu, cher enfant chĂ©ri ; je t’aime et je t’embrasse bien tendrement. Ton chien va bien ; sa voix s’exerce dans des gĂ©missements douloureux que provoque sa rĂ©clusion ; du reste, il va bien et il a cessĂ© ses courses vagabondes
. Adieu. ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 3 octobre 1856. 
 Cher Émile
 
 Ne prĂȘte plus Ă  X
. Ce serait encourager un sentiment qui frise l’indĂ©licatesse et tu connais assez le monde et les jeunes gens pour savoir oĂč mĂšne cette indĂ©licatesse malheureusement trop commune. On s’accoutume Ă  emprunter Ă  toutes les bourses, on profite des positions qui rendent un refus embarrassant, presque impossible ; on s’habitue Ă  retarder les remboursemens, puis Ă  ne pas les effectuer du tout et on finit par des expĂ©diens honteux, menteurs, pour se procurer un argent qu’on a obtenu d’abord sans peine. 
 Conclusion plus de prĂȘts et demande de remboursement. Olga n’a pas le cƓur content aujourd’hui, elle n’a pas eu de lettre de toi ; mais elle comprend trĂšs bien que tu as pu ĂȘtre empĂȘchĂ© par tes courses, tes affaires ou l’arrivĂ©e de Victor. Je t’embrasse, mon trĂšs cher enfant, avec toute la tendresse que j’ai pour toi et avec tout le regret de ton absence. Nous avons jouĂ© au billard hier comme des Ăąnes ; Olga a fini par me battre deux fois ; mais aprĂšs quel labeur, quel nombre de manques de touche, de coups ridicules ! C’était honteux. ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 5 octobre 1856. Tu es dĂ©sespĂ©rĂ©, mon pauvre ami ; tu ne trouves pas de logement ; tu ne sais ce que tu vas devenir. Mais voici la MĂšre La Ressource, me voici qui viens Ă  ton secours. De mĂȘme qu’hier, un petit exorde pour t’exhorter Ă  la patience, pour te demander de lire jusqu’au bout, de ne pas m’envoyer au d
, moi et mes inventions. Avant de te les exposer, je vais Ă©numĂ©rer les inconvĂ©niens de se trouver sans logement, les inconvĂ©niens de n’avoir pour ressource qu’un sale et incommode et ruineux hĂŽtel garni, enfin les inconvĂ©niens d’accoucher dans la rue. Ensuite je te prierai de mĂ©diter sur cette phrase si connue OĂč peut-on ĂȘtre mieux qu’au sein de sa famille ? » Quand Olga sera Ă  la fin de sa grossesse, et surtout quand elle sera en couches, j’éprouverai le besoin impĂ©rieux, irrĂ©sistible, d’aller la voir trois ou quatre fois par jour. Or, tu ne trouveras pas Ă  te loger en garni dans notre quartier, il faudra donc passer l’eau ; ce sera loin, ce sera cher, ce sera odieux et pour elle et pour moi, par consĂ©quent pour toi, cher enfant, qui nous aimes. Ta famille en sera mĂ©contente et harassĂ©e ; la mienne en sera dĂ©solĂ©e et Ă©reintĂ©e. Tu vois donc avec quel empressement tu dois accueillir le moyen de salut que je vais t’offrir, moyen qui comblera de joie notre petite Olga, moi autant qu’elle, et toi par consĂ©quent aussi puisque tu nous aimes. Ce moyen est honorable et aimable ; il est clair que tu sacrifies ton bien-ĂȘtre Ă  la satisfaction de ta femme et de sa pauvre vieille mĂšre, qui t’en seront bien sincĂšrement reconnaissantes. Je crois que tu le devines ; dans tous les cas, tu le connais en gros, mais non en dĂ©tail. Tu aurais donc
 fume un cigare pour te donner de la patience, de la rĂ©signation et du dĂ©vouement, tu aurais tout l’entresol de notre appartement ; ta chambre serait l’ancienne d’Olga qui prendrait celle de Sabine ; celle entre deux serait un cabinet de toilette et de dĂ©charge ; ton petit Jacques[9] serait dans la chambre au-dessous de la mienne et toute pareille ; la chambre au bout que ton beau-pĂšre te propose pour tes meubles, qui a Ă©tĂ© jadis habitĂ©e par Woldemar et qui a un escalier de dĂ©gagement, serait un fumoir pour toi. Tu ferais de tout l’appartement quelque chose de trĂšs joli en y mettant une partie des meubles que tu ne sais oĂč placer. Tu arrangerais tout cela pendant les huit jours que tu passeras Ă  Paris avec Olga. Pour n’avoir d’obligation Ă  personne, tu payerais Ă  ton beau-pĂšre un loyer
 pour l’annĂ©e ; je te garantis qu’il trouvera l’arrangement charmant, d’autant que tu es en grande faveur ainsi qu’Olga et qu’il sera enchantĂ© de vous avoir. Sabine ira avec bonheur occuper chez Henriette une chambre qui Ă©tait jadis occupĂ©e par Sabinette et sa nourrice, et qui est presque Ă  cĂŽtĂ© de la sienne. Sabine sera enchantĂ©e, Henriette sera enchantĂ©e, Armand sera enchantĂ©, les enfants seront ravis. Ai-je besoin de te dire, mon cher et bon Émile, quel bonheur tu me donneras en venant sous mon toit, en y remettant ma chĂšre Olga, en me mettant Ă  mĂȘme d’ĂȘtre prĂšs d’elle pendant ses couches, sans fatigue pour moi-mĂȘme, avec toute la sĂ©curitĂ© d’une prĂ©sence continuelle ? Ai-je besoin de te dire combien je serai reconnaissante de tous les sacrifices que tu feras en acceptant cet humble asile ? Ne seras-tu pas libre d’ailleurs de me quitter, le jour oĂč tu te sentiras trop gĂȘnĂ© par cette communautĂ© de mĂ©nage, et ne peux-tu pas trouver en janvier un appartement convenable dans lequel tu dĂ©mĂ©nageras tout tranquillement et quand tu voudras ? Serais-tu beaucoup mieux en appartement meublĂ© et provisoire ? Et ne trouves-tu pas odieux de rester deux ou trois mois encore dans l’incertitude irritante de cette chose si indispensable, un logement ? Tu ne seras nullement condamnĂ© Ă  manger toujours chez moi, non plus qu’Olga ; ne conserveras-tu pas toute ta libertĂ© d’action, ainsi qu’Olga ? N’oublie pas que tu loues l’entresol, que tu ne l’acceptes pas. Quant Ă  moi, j’aurai le bonheur d’avoir Ă  ma portĂ©e mes deux chers enfans, de les remercier dans mon cƓur, du matin au soir, d’avoir acceptĂ© cette conception un peu Ă©goĂŻste de ma tendresse maternelle et de me trouver dĂ©barrassĂ©e de cette inquiĂ©tude incessante de vous savoir dans la rue. J’espĂšre un peu, mon enfant, que tu viendras chercher Olga ; alors, si tu ne rejettes pas avec impatience, avec indignation, le moyen que je t’indique, nous en causerons bien Ă  fond et j’espĂšre te prouver que ce parti dĂ©sespĂ©rĂ© pourra ĂȘtre adouci par l’affection que je te sais pour moi et par celle que tu portes Ă  Olga. Ni elle ni moi ne pourrons jamais oublier ta condescendance en cette occasion. Adieu, mon trĂšs cher et trĂšs aimĂ© Émile, je t’embrasse bien tendrement. RĂ©ponds Ă  Olga plutĂŽt qu’à moi tu seras plus libre avec elle de jurer, pester et maugrĂ©er. Crie, mais consens
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 14 octobre 1856. Je n’ai rien Ă  te dire, ma chĂšre Minette, et pourtant je te parle ; ton dĂ©part[10], qui date de vingt-quatre heures, me semble dater d’un mois et hier dĂ©jĂ  je m’étonnais de ne pas t’avoir encore Ă©crit. Et pourtant la journĂ©e s’est laissĂ© tuer assez agrĂ©ablement ; les heures affectĂ©es Ă  chaque genre d’occupation sont restĂ©es les mĂȘmes, seulement elles Ă©taient, sont et seront mortes, au lieu d’ĂȘtre pleines de vie. Comme toujours, j’ai dĂ©jeunĂ©, promenĂ©, Ă©crit, repromenĂ©, dĂźnĂ©, jouĂ© au billard, parlĂ© et pris du thĂ© comme de ton temps, mais pas dans le mĂȘme esprit ni avec le mĂȘme cƓur. Mon pauvre Émile a encore laissĂ© un doux parfum de tabac que l’air et le temps dissiperont, mais de toi il n’y a que le vide et les objets matĂ©riels. J’ai dit que j’avais jouĂ© au billard ; la derniĂšre leçon d’Émile a si bien profitĂ© Ă  Sabine qu’elle m’a gagnĂ© deux parties sur cinq ; j’ai manquĂ© en perdre une capot ; j’ai jouĂ© Ă  faire honte Ă  un apprenti ; c’est le seul moment de la journĂ©e oĂč je n’ai pas regrettĂ© mon cher Émile ; il se serait trop moquĂ© de mes incroyables coups manquÉs. Sabine riait Ă  tomber. Je n’ai eu qu’un Ă©clair de talent un peu semblable au tien. Les malades du Saint-Esprit[11] vont de mĂȘme. L’argent d’Émile va porter ses fruits en permettant au mĂ©decin d’administrer des remĂšdes que la crainte de ne pas ĂȘtre payĂ© l’empĂȘchait d’ordonner. Les sƓurs de Laigle sont tellement occupĂ©es par les malades de la ville[12], qu’elles y sont insuffisantes et que la supĂ©rieure ne veut pas les laisser aller dans les campagnes ; mais on a trouvĂ© une femme, parente d’une des maisons atteintes, et un beau-frĂšre d’une autre maison qui se relayent et soulagent la femme Duval. À propos de Duval, branche aĂźnĂ©e, je renvoie sous peu l’hĂ©ritier de cette branche ; en l’absence de Bouland[13], il m’a Ă©reintĂ© ma tiqueuse[14], en la chargeant pour quatre, et il l’a menĂ©e Ă  la mare pour la faire boire ruisselante de sueur. Je te fais grĂące des dĂ©tails. Le rĂ©sultat a Ă©tĂ© un second et dernier avertissement, il va cesser de paraĂźtre. J’annonce Ă  Émile que mon essai de regain a fait un fiasco complet ; on s’occupe Ă  en disperser les dĂ©bris fumants ; ce n’est plus du foin, ce n’est pas du fumier, c’est un amas de pourriture que je vais laisser s’achever afin de le mettre sous les couches du potager. Pour arrĂȘter les plaisanteries d’Émile et mĂȘme les tiennes, petite moqueuse, je te dirai que je suis trĂšs contente d’avoir fait cette expĂ©rience qui me trotte par la tĂȘte depuis trente-cinq ans en un temps oĂč de toutes maniĂšres je devais perdre ma seconde coupe de foin ; le brouillard, la pluie auraient Ă©galement tout perdu aprĂšs des frais et des ennuis de fanage ; quant au fauchage, il devait s’effectuer de toutes maniĂšres pour le bien du prĂ©. Tu as beau temps pour tes courses Ă  Paris ; il fait doux, calme et couvert. J’occupe Sabine, qui a les yeux fatiguĂ©s aujourd’hui, Ă  arranger ou plutĂŽt dĂ©ranger la chapelle ; elle ira ensuite faire une inspection de malades, pendant laquelle je continuerai ma correspondance et mes compositions nigaudes. Sabine est enchantĂ©e d’Alphonsine[15] ; toutes ses affaires sont propres et bien rangĂ©es ; de plus, la coiffure Ă©tait un Ă©cueil, dont Alphonsine est sortie victorieuse ; hier c’était passable, aujourd’hui c’est bien et solide, demain nous espĂ©rons un trĂšs bien. Adieu, ma chĂšre, ma trĂšs chĂšre enfant ; je t’embrasse ainsi qu’Émile avec la plus vive tendresse ; dis mille amitiĂ©s pour moi Ă  tes bons et aimables beaux-frĂšres. Adieu, cher Benjamin. Pas un mot Ă  ton pĂšre de mon expĂ©rience de regain. Et toi aussi, mon petit Émile, silence. ――――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Londres, 28 octobre 1856. Me voici arrivĂ©e[16], depuis hier soir dix heures, trĂšs chĂšre Minette ; le voyage, Ă©clairĂ© par un beau soleil, a Ă©tĂ© excellent ; la traversĂ©e a Ă©tĂ© superbe, dit-on, exceptĂ© pour moi qui ai commencĂ© Ă  vomir aussitĂŽt que je me suis trouvĂ©e sur le pont et qui n’ai pas arrĂȘtĂ© pendant les sept quarts d’heure de la traversĂ©e ; celle de Rome a Ă©tĂ© tout roses auprĂšs de celle-ci. Cet horrible mal de mer a continuĂ© pendant l’heure que Woldemar[17] a consacrĂ©e Ă  la Douane et que j’ai passĂ©e sur un lit d’auberge
 Nous avons trouvĂ© chez Nathalie un dĂźner excellent, auquel Woldemar seul a fait honneur ; je me suis couchĂ©e aprĂšs avoir fait la visite de la maison, qui est charmante ; outre l’élĂ©gance remarquable, la beautĂ© des marbres et des tableaux, il y a le confortable, qui est merveilleux ; Ă  chaque Ă©tage il y en a quatre on trouve des cabinets comme nous n’en avons pas, une baignoire avec robinets donnant toujours de l’eau chaude et froide fournie par la ville. Partout abondance d’armoires, de commodes, de bains de pied, bains de siĂšge, bassins, machines Ă  eau, grilles de cheminĂ©es, vaisselle de toute espĂšce ; tapis partout, peaux de moutons dans tous les cabinets, mĂȘme ceux des gens. Et tout cela pour 625 francs par mois. Si tu avais tout cela ! Nathalie et Paul m’ont reçue avec enthousiasme et affection ; les petites avec folie. Nathalie va trĂšs bien, sauf le manque de sommeil, mais elle a bonne mine. On m’a beaucoup questionnĂ©e sur toi et sur Émile
. Je t’apporterai tout ce que tu voudras, le courrier se charge de tout ; je commencerai Ă  expĂ©dier dĂšs la semaine prochaine. Je vais sortir avec Nathalie et les petites. Camille va monter Ă  cheval avec Paul. Elles sont gentilles Ă  croquer. Londres m’a semblĂ© magnifique, malgrĂ© mon mal de cƓur qui dure encore et qui m’empĂȘche de manger. On ne m’attrapera plus Ă  passer cette affreuse Manche, que le voisinage inhospitalier de l’Angleterre rend horrible aux voyageurs. Je vais Ă©crire un mot Ă  Gaston. Adieu, ma chĂšre et bien-aimĂ©e Minette ; je t’embrasse mille fois, ainsi que mon cher Émile, auquel j’ai pensĂ© bien souvent pendant et depuis ma traversĂ©e ; s’il a eu ce que j’ai eu, je ne conçois pas comment il a pu supporter la traversĂ©e d’AmĂ©rique et comment il a eu le courage d’en revenir[18]. Adieu, enfant chĂ©rie, soigne-toi un peu et porte-toi trĂšs bien. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Londres, 30 octobre 1856. ChĂšre Minette, un mot en courant ; je n’ai plus mal au cƓur depuis hier seulement et je vais trĂšs bien depuis que je suis dĂ©barrassĂ©e de cet affreux reliquat de cette affreuse mer. Nathalie ne dort toujours pas, et, de plus, elle souffre depuis deux jours de l’estomac. Hier surtout, elle a passĂ© la soirĂ©e sans pouvoir parler. Nous avions fait dans l’aprĂšs-midi une terrible excursion, commencĂ©e Ă  pied par un brouillard dĂ©jĂ  fort Ă©pais, finie en voiture par ce mĂȘme brouillard si intense que le cocher ne voyait plus Ă  conduire ; que des trottoirs on ne voyait plus les maisons ; que dans les quartiers populeux on entendait des cris perçans partant de tous cĂŽtĂ©s, de gens Ă©crasĂ©s, menacĂ©s, volĂ©s, de pick-pockets arrĂȘtĂ©s et lĂ©gĂšrement secouĂ©s ; nous Ă©tions dans Oxford street, qui est loin de Chesham street comme la place de la Madeleine de la barriĂšre du TrĂŽne. Ce Londres est immense et superbe comme largeur et propretĂ© des rues, largeur et beautĂ© des trottoirs ; horriblement Ă©clairĂ© ; des rues entiĂšres sans Ă©clairage. Nous avions Ă©tĂ© lĂ  Ă  une rĂ©union de magasins de sacs et nĂ©cessaires et j’ai dĂ» renoncer au tien ; pour en avoir un laid et incomplet, il faut y mettre 120 francs ; et un bien confectionnĂ© de 220 Ă  250 francs ; c’est, hĂ©las ! au-dessus de mes moyens. Je te rapporterai donc quelque autre chose plus utile et fort agrĂ©able sans oublier l’élĂ©gance. J’ai achetĂ© Ă  Jacques[19] un gentil petit hochet en paille des Indes soi-disant, la forme en est charmante. Je tĂącherai d’aller avec Nathalie dans un Baby-house oĂč je trouverai quelque chose de joli pour ce petit chĂ©ri. Sois tranquille ; je ne dĂ©passerai pas la somme que j’ai emportĂ©e. Mon voyage, mes prĂ©sens, l’argent Ă  donner aux domestiques absorbent tout, sauf un manteau que je me suis accordĂ© pour remplacer mon vĂ©tĂ©ran Ă  carreaux rouges, une robe de laine noire et deux jupons de flanelle. Je t’apporterai quelques yards[20] de flanelle pour Jacques ; elle est trĂšs belle ici et moins chĂšre qu’à Paris. Mais en somme tout est trĂšs cher. T’ai-je dit que j’allais trĂšs bien, que ces affreux brouillards non humides, puisque les trottoirs restent secs, ne me font aucun mal. Paul et Nathalie sont pour moi pleins de soins affectueux. Nathalie est radieuse de m’avoir. Elle ne voit personne, du reste ; Londres est dĂ©sert ; les brouillards font fuir tout le monde. Les petites continuent Ă  parler beaucoup et souvent de toi ainsi qu’Élisa[21] ; elles sont bien gentilles et travaillent trĂšs bien, une heure le matin et une heure et demie dans l’aprĂšs-midi
 Paul
 est d’ailleurs enchantĂ© de sa position[22], de sa vie trĂšs occupĂ©e
. Quant Ă  Nathalie, elle est pleine de soins et d’attentions. Adieu, ma chĂšre bonne petite chĂ©rie, je t’embrasse tendrement, ainsi qu’Émile, auquel j’écrirai la prochaine fois, aprĂšs-demain probablement. Adieu, chĂšre enfant. Woldemar fait dans cet immense Londres des courses effrĂ©nĂ©es, Ă  pied, et sans se perdre. Paul n’en revient pas. ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Londres, 2 novembre 1856. Nous avons fait hier, cher Émile, une excursion qui, ayant durĂ© plus longtemps que nous ne le pensions, m’a fait manquer l’heure de la poste ; la matinĂ©e avait Ă©tĂ© prise par la messe de la Toussaint, qu’il a fallu aller chercher Ă  une distance absurde, comme le sont toutes les distances de cet Ă©norme Londres. Tout en rendant justice Ă  la grandeur et Ă  la beautĂ© matĂ©rielle de cette ville insupportable et dĂ©testable, je ne voudrais pas l’habiter et y Ă©lever des enfans pour un empire ; l’intelligence, les sentimens nobles et dĂ©sintĂ©ressĂ©s doivent y ĂȘtre comprimĂ©s, Ă©touffĂ©s ; tout ici sent le commerce et l’amour du lucre ; l’orgueil de positions hĂ©rĂ©ditaires et la prĂ©occupation industrielle et commerciale se font sentir en tout et partout. Je n’aimais pas l’Angleterre d’instinct, maintenant c’est avec raisonnement que je la dĂ©teste. Et pourtant ils m’ont vendu un charmant plaid pour toi ; s’il ne te plaĂźt pas, tu sauras du moins qu’il est du dernier goĂ»t et du plus fashionable modĂšle ; il est un peu sombre, mais Ă©lĂ©gant. Je l’enverrai Ă  Paris par courrier comme ceux d’Anatole et d’Armand tu vois que je ne veux pas faire de jaloux. Je ferai de mĂȘme pour le paletot d’Olga, gris et charmant, et soyeux et chaud. J’envoie tout cela petit Ă  petit par les courriers de l’ambassade pour Ă©viter des confiscations et des avanies Ă  mon retour. Mon zĂšle Ă  faire les commissions de ma petite Olga sera rĂ©glĂ© par l’état sanitaire de ma bourse ; elle est dans un Ă©tat de consomption perpĂ©tuelle qui rend mortelles les saignĂ©es extraordinaires. Woldemar emporte ma lettre pour la mettre Ă  la poste Ă  Paris ; il en promet une dĂ©taillĂ©e Ă  Olga sur toutes les pĂ©ripĂ©ties de son voyage de huit jours ; il lui exposera les rĂ©sultats de son Ă©tonnante sagacitĂ©, de sa haute intelligence ; il a vu Ă  Londres en huit jours ce qu’il y a de rĂ©ellement intĂ©ressant Ă  voir ; il a tout vu Ă  pied sans jamais se perdre ; il a achetĂ©, mangĂ© dans des tavernes, payĂ©, etc., sans savoir un mot d’anglais et sans avoir rencontrĂ© personne qui sĂ»t ou comprĂźt le français. Il revient Ă  Paris fier comme un hĂ©ros-voyageur et enchantĂ© de sa semaine. Je suis enchantĂ©e que sa complaisance pour moi ait Ă©tĂ© payĂ©e par tant de satisfaction. Nathalie va toujours bien, Ă  sa grande contrariĂ©tĂ©. Tout est prĂȘt dĂšs maintenant pour ce baby qui n’arrivera pas avant son heure. Les petites sont charmantes ; elles parlent sans cesse d’Olga et dĂ©sirent le retour du temps oĂč Olga Ă©tait leur Maman de rechange. Rassure Olga et rassure-toi toi-mĂȘme, cher enfant, au sujet de mes prodigalitĂ©s
. Au premier chef, je ne me suis permis que le cadeau solitaire Ă  chacun de mes enfans ; la multiplication des solitaires a formĂ© une population, mais la faute en est aux dieux qui l’ont voulu ainsi. Quant Ă  la coutellerie, j’y ai renoncĂ© par la raison que CharriĂšre Ă  Paris vaut Ă  peu prĂšs les fabricans anglais. L’excursion que j’ai faite hier est Westminster-Hall et Westminster-Abbey. C’est idĂ©alement beau d’architecture gothique comme ensemble et dĂ©tail. Et c’est la seule chose faite par main d’homme, vĂ©ritablement belle Ă  Londres. Le Hyde-Park, le Green-Park, etc., ont Ă©tĂ© l’Ɠuvre de la nature, c’est-Ă -dire de Dieu ; on y retrouve la nature dans toute sa rusticitĂ©, dans toute sa beautĂ©. J’ai reçu hier samedi ma premiĂšre lettre d’Olga Ă  Londres. Il y avait huit jours que je soupirais aprĂšs cette gentille mais difficile Ă©criture. Je l’embrasse bien tendrement, je la remercie de ses nouvelles dĂ©taillĂ©es ; je te remercie, trĂšs cher enfant, d’ĂȘtre si bon pour elle et de lui continuer les gĂąteries que je ne pouvais m’empĂȘcher de prodiguer Ă  son aimable et affectueuse nature ; elle sent bien tendrement toute ton indulgence et ta tendresse pour elle, comme aussi toutes les bontĂ©s de ton pĂšre et l’affection de tes sƓurs et frĂšres. Que j’avais donc raison de toujours dire et redire Quelle excellente, aimable et charmante famille que celle des Pitray[23] ! Adieu, trĂšs cher Émile, je t’embrasse Ă  ton tour bien affectueusement. Nathalie vous envoie mille tendresses ; Paul aussi ; les petites embrassent leur bonne tante Olga et leur oncle Émile. ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Londres, 8 novembre 1856. Cher Émile, la Chancellerie se remplit de paquets immenses pour Mme Waleska et pour les dames du Palais, et mes modestes paletots et shalls attendent vainement leur tour d’anciennetĂ©. Les absences continuelles de l’ambassadeur soit Ă  Windsor, soit chez les lords qui l’invitent, soit Ă  CompiĂšgne chez l’Empereur, font retomber sur Paul seul tout le poids des affaires nombreuses et compliquĂ©es qui traitent de la paix de l’Europe. IndĂ©pendamment des affaires, il a son ambassadrice Ă  distraire. Cette petite femme est une enfant gĂątĂ©e qui a peur d’ĂȘtre seule, qui ne sait pas rester seule, qui pleure quand elle est seule ; son mari, qui l’aime malgrĂ© tout, Ă  suppliĂ© Paul de ne pas la laisser faire de folies et de lui tenir compagnie le plus possible. La grossesse avancĂ©e de cette jeune femme la rendant incapable des exercices de cheval et de voiture qui l’occupaient jadis, elle relance sans cesse Paul pour la mener de droite et de gauche ; tout le reste de l’ambassade se compose de jeunes fous dont l’ambassadeur dĂ©fend la sociĂ©tĂ© intime Ă  sa femme. Aujourd’hui Paul est en campagne depuis une heure pour la mener Ă  Cristal-Palace ; il reviendra pour dĂźner ; c’est Ă  six ou huit lieues de Londres. C’est malheureux pour l’ambassadeur d’ĂȘtre tombĂ© sur une enfant pareille ; il doit Ă  ses excentricitĂ©s de toutes sortes une maladie de foie trĂšs grave causĂ©e par des colĂšres comprimĂ©es ; ainsi cette jeune folle danse, tout en nourrissant ses enfans, jusqu’à quatre, cinq heures du matin ; elle enterre tous les bals. Le malheureux mari, ne pouvant la faire partir et ne voulant pas la laisser seule, livrĂ©e Ă  tous ces hommes qui la font valser, polker et cotillonner, est obligĂ© de rester et de ronger son frein en silence. Tout cela est pour expliquer l’isolement frĂ©quent de Nathalie et l’utilitĂ© de ma prĂ©sence. Si j’étais Paul, je sais bien ce que je ferais et surtout ce que je ne ferais pas ; mais Paul est lui-mĂȘme et je suis moi-mĂȘme. Et c’est parce que je suis moi, que je t’aime bien tendrement, que je sais apprĂ©cier toutes les belles et nobles qualitĂ©s de ton cƓur et de ton esprit et que je m’applaudis de te voir le mari de ma chĂšre Olga ;
 tu seras le mari modĂšle qui me servirait de type si j’avais l’inconvĂ©nient d’écrire des romans. Adieu, cher enfant modĂšle, fils et frĂšre modĂšle, je t’embrasse tendrement en attendant que tu perfectionnes le mari modĂšle. Embrasse pour moi notre monde SĂ©gur et transmets mes affectueux souvenirs Ă  AdĂšle, Arthur et Jean. Donne de mes nouvelles Ă  Olga ; je n’ai pas le temps de lui Ă©crire aujourd’hui. ――――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Londres, 11 novembre 1856. Mon cƓur est dans la joie de ton appartement, cher enfant. Peu s’en faut que je ne tĂ©moigne ma vive satisfaction par des bonds et des sauts ; heureusement que le poids de l’ñge et le poids du corps arrĂȘtent les Ă©lans de ma joie et me laissent terre Ă  terre comme il convient Ă  une vieille grand’mĂšre et une respectable mĂšre
 Le temps glacial n’est pas engageant pour apprĂ©cier Londres, dont le seul agrĂ©ment est la promenade champĂȘtre de Hyde-Park et autres Parks et aussi la solitude des rues et des promenades ; on dit que le quartier de la CitĂ© est trĂšs populeux ; je l’ai traversĂ© quelquefois et je n’y ai pas aperçu ce symptĂŽme de vie ; alors, on m’a dit que ce n’était que pendant les heures de bourse et de marchĂ© que ces gens-lĂ  se rĂ©veillaient de leur pesant engourdissement. En somme, ils vivent bizarrement, ces Anglais ; ils ne vivent que pour le commerce et l’industrie ; je n’aime pas cette existence sordide de tout un peuple. Ils sont bien pauvres en cĂ©lĂ©britĂ©s guerriĂšres, et ils le font bĂȘtement sentir en Ă©talant leur Wellington sur toutes les portes, dans les promenades ; ce perpĂ©tuel Wellington est irritant lĂ  oĂč il est le plus absurdement exposĂ©, c’est dans une allĂ©e de Hyde-Park ; il est en Achille, n’ayant pour tout vĂȘtement qu’un bouclier, qui n’a mĂȘme pas l’avantage d’ĂȘtre placĂ© dĂ©cemment. Ils ont eu l’attention dĂ©licate de le placer sous cette forme en face de la maison du fils Wellington et de la vieille duchesse. Les petites me chargent de bien embrasser leur oncle Émile ; elles sont charmantes de caractĂšre et de sentiments affectueux. Nathalie peut s’en occuper bien plus qu’à Paris et leur donne des leçons fort exactement ; elles les prennent Ă  merveille et savent beaucoup de choses. Adieu, mon trĂšs cher enfant, je t’embrasse tendrement et je te remercie bien de m’avoir annoncĂ© sans dĂ©lai l’arrestation de ton appartement ; j’aurais dĂ» commencer par lĂ . Mieux vaut tard que jamais
 
 Adieu, Cher Émile, retourne prĂšs d’Olga[24] quand tu pourras et, aprĂšs l’avoir embrassĂ©e pour toi, recommence pour moi. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Londres, 13 novembre 1856. Encore une lettre qui ne t’apprendra rien, chĂšre petite, sinon que nous avons cru hier voir accoucher Nathalie
 Elle reste endolorie, mais non en mal d’enfant. Paul est ennuyĂ© pour elle, et moi je le suis pour tous. J’espĂšre que Jacques sera plus empressĂ© de venir au monde et qu’il nous fera la galanterie d’arriver avec toute la promptitude dĂ©sirĂ©e. Je t’apporte pour ce baby inconnu, mais aimĂ©, un trĂšs petit cadeau d’une charmante flanelle Ă  carreaux bleu de ciel et blanc pour un manteau quand il aura six Ă  huit mois ; la doublure est une Ă©paisse flanelle blanche remplaçant la ouate ; un taffetas bleu la cachera aux regards. Je ne sais pas ce qu’il lui faut de flanelle blanche, Ă  ce petit monsieur, d’abord parce que j’ignore si tu le vĂȘtiras Ă  l’anglaise ou Ă  la française, ensuite parce que je ne sais pas oĂč tu en es de la layette ; as-tu achetĂ© ou commandĂ© quelque chose ?
 Je tĂącherai de t’apporter une ou deux gentilles petites robes pour modĂšle, simples et sans dentelles, mais avec ces jolis petits plis et ces jolies formes que ces dĂ©testables Anglais font si bien
 Sabine me mande que tu as mal aux reins, chĂšre enfant ; prends garde de trop te fatiguer ; ce qui est trĂšs fatigant Ă  la fin d’une grossesse, ce sont les dĂźners de voisins et en gĂ©nĂ©ral les longues absences qui ne permettent pas de se reposer quand on en a besoin. Je suis impatiente de savoir Émile prĂšs de toi. Quel bonheur que ce charmant appartement retenu par lui et trouvĂ© par AdĂšle et Arthur ! J’en suis dans la joie depuis hier et j’ai immĂ©diatement Ă©crit Ă  Émile pour l’en fĂ©liciter. Enfin te voilĂ  casĂ©e. Justement l’avant-veille, Sabine m’écrivait que je pouvais me tranquilliser parce qu’Émile Ă©tait dĂ©cidĂ© Ă  louer pour l’hiver un appartement meublĂ© trĂšs convenable rue Saint-Dominique, prĂšs de Mme de B
 ; l’autre appartement, du numĂ©ro cent vingt-sept, manquerait, croyait-elle, faute d’une chambre de domestique en plus. GrĂące Ă  Dieu et Ă  Émile, il n’en a pas Ă©tĂ© ainsi et tu es dĂ©finitivement Ă©tablie, pouvant jouir de tes meubles, t’arranger commodĂ©ment, dĂ©ployer tes belles et bonnes choses, t’amuser Ă  contempler tes possessions, faire usage de ton linge, de ton argenterie, etc., regarder l’heure Ă  la belle pendule de Jean, rĂ©galer tes amis dans le beau thĂ© de ZoĂ© et Ă©blouir les regards avec les belles casseroles et les superbes plats de Victor. Vous serez chez vous et vous prendrez intĂ©rĂȘt Ă  vos affaires ; tu pourras dire avec fiertĂ© Je suis dans mes meubles ». L’hiver s’annonce horrible comme froid ; dĂ©jĂ  on gĂšle quoiqu’il ne gĂšle pas ; le confortable anglais laisse passer le vent et l’air par toutes les portes, par toutes les fenĂȘtres ; c’est affreux ! Je vois depuis que j’y suis que ce confortable si vantĂ© est tout pour les yeux ; misĂšre et vanitĂ© ; vous avez des conduits d’eau partout, des tapis partout, des commoditĂ©s partout, des baignoires partout, et vous gelez faute de clĂŽture des portes et fenĂȘtres ; vous vous baignez dans l’eau froide, faute de possibilitĂ© de chauffer l’eau qui doit chauffer toute seule par le feu de la cuisine et qui reste froide. Vos pieds sont glacĂ©s, faute de pouvoir les rĂ©chauffer au feu inabordable des cheminĂ©es ; et ainsi pour tout. Les meubles sont incommodes, les lits exĂ©crables, des punaises partout, de la saletĂ© en tout ce qui ne se voit pas ; en somme, Londres est un lieu dĂ©testable Ă  habiter ; je ne comprends pas que Paul et Nathalie s’y plaisent. Il est vrai qu’on y est comme Ă  la campagne, c’est un avantage. Adieu, trĂšs chĂšre Minette. Je t’embrasse mille et mille fois. Je t’écrirai aprĂšs-demain. J’embrasse Émile s’il t’est revenu et je te charge de mes amitiĂ©s pour toute ton aimable famille. Adieu, petite chĂ©rie, ne te fatigue pas. Si tu as des symptĂŽmes de besoin de te saigner, fais-toi saigner, mais ne le fais pas inutilement. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Londres, 15 novembre 1856. ChĂšre Minette, un mot seulement pour te dire que Nathalie n’est pas accouchĂ©e, malgrĂ© le renouvellement avec aggravation de ses douleurs quotidiennes chaque soir elle souffre davantage, et la nuit le calme revient, Ă  notre grande dĂ©solation Ă  tous, y compris la patiente. L’accoucheur est une bĂȘte qui ne dit rien, qui va se coucher, qui ne songe qu’à ne pas ĂȘtre retenu ; la garde est une lourde Anglaise qui ne parle que de thĂ©, de lunch, de mangeaille et qui se couche quand mĂȘme pour dormir ses dix heures ; ces gardes anglaises sont cent fois pires que nos ennuyeuses gardes françaises. Demain, dimanche, pas de poste dans la sainte Angleterre ; ainsi tu n’auras pas de nouvelles avant mercredi. Je ne cesse de me rĂ©jouir de ton appartement et du plaisir que vous aurez tous deux Ă  vous meubler, Ă  vous arranger. Sabine m’écrit qu’il est ravissant, plus joli mĂȘme que celui d’AdĂšle et d’un Ă©tage au-dessous. Vive Émile et son bon nez d’avoir repoussĂ© le demi-bien pour atteindre le superlatif du bon ! J’ai lu et relu avec un vrai bonheur la lettre dans laquelle tu me parles de ta tendresse pour Émile, chĂšre petite ; je partage entiĂšrement l’opinion que tu as de son excellent cƓur, de son excellent jugement et de tout ce qu’il a de bon, d’aimable et d’attachant. Je suis heureuse de ton bonheur, ma trĂšs chĂšre enfant, et je n’ai plus d’autre dĂ©sir Ă  former que de voir mon cher Émile aussi heureux par toi que tu l’es par lui. Paul est charmant pour Nathalie, et plein de soins et d’affection ; il est extrĂȘmement aimable pour moi ; Nathalie est pleine de reconnaissance de ma visite Ă  Londres et me le tĂ©moigne sans cesse d’une maniĂšre qui me touche et qui me fait bĂ©nir mon excellent conseiller Edgard. Je t’ai prĂ©venue, Minette chĂ©rie, que je ne t’écrirai que quelques lignes ; je suis prĂšs de Nathalie, qui est faible, fatiguĂ©e, et qui a de temps en temps une forte douleur pour ne pas en perdre l’habitude. Adieu donc, ma chĂšre petite. Paul a eu l’amabilitĂ© de faire partir tes paquets les plus pressĂ©s, le plaid d’Émile et ton shall ; je les avais dĂ©jĂ  adressĂ©s Ă  AdĂšle avant d’avoir reçu ta lettre, parce que je ne savais pas si Jean n’était pas en chasse au Havre ou dans quelque autre lieu de plaisance. J’ai Ă©crit Ă  AdĂšle de les rĂ©clamer demain dimanche. Émile aura son plaid et ton shall pour se tenir chaud en route ; au premier courrier, j’espĂšre que Paul pourra faire partir ton paletot gris Ă  poils longs ; aie soin de le faire brosser dans le sens des poils quand tu le mettras. Je tĂącherai de rapporter un petit souvenir Ă  Eulalie qui te soigne si bien. Adieu, trĂšs chĂšre enfant. Je t’embrasse bien, bien tendrement avec le cher Émile. Quelle belle dĂ©couverte que l’homĂ©opathie[25] ! J’espĂšre qu’Émile ne rit pas[26]. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Londres, 16 novembre 1856. Tu sais sans doute dĂ©jĂ , chĂšre Minette, que Nathalie est enfin accouchĂ©e hier 15, Ă  onze heures trois quarts du soir, d’un fort et gentil garçon qui est le portrait de Camille[27] ; toute la journĂ©e s’était passĂ©e comme les trois prĂ©cĂ©dentes
 À huit heures, nous avons envoyĂ© chercher le mĂ©decin, qui a trĂšs bien et sagement fait son office ; Ă  onze heures il l’a lĂ©gĂšrement chloroformĂ©e, non pour l’endormir, mais pour amortir les douleurs
 En Angleterre, les accoucheurs chloroforment toujours Ă  la derniĂšre pĂ©riode de l’accouchement. Tout s’est passĂ© pour le mieux ; Nathalie va trĂšs bien ; sa nuit n’a pas Ă©tĂ© trĂšs bonne Ă  cause de la prĂ©sence du jeune homme style d’A
 qui a un peu trop criĂ© pour le repos de la mĂšre. On ne pouvait l’emporter pour ne pas provoquer une scĂšne de cette sotte garde et vu l’absence de la bonne anglaise prĂ©posĂ©e Ă  la garde du nouveau-nĂ© auteur dĂ©jĂ  citĂ© et qu’on attend ce matin. Paul et Nathalie sont dans la joie d’avoir un garçon et les petites sont au moins aussi heureuses d’avoir un frĂšre et surtout un baby autour duquel elles font dĂ©jĂ  la mouche du coche. Le petit vient d’ĂȘtre intĂ©grĂ© dans son domicile, contigu Ă  celui de ses sƓurs ; il est Ă©tonnamment gentil pour un enfant de dix heures. Il est nĂ© le 15, jour de la fĂȘte de l’ImpĂ©ratrice[28], qui doit ĂȘtre sa marraine avec l’Empereur pour parrain ; l’ondoiement se fera ici et le baptĂȘme aux Tuileries en avril, au retour de Nathalie. Pendant les six heures de vraies douleurs de Nathalie, ma pensĂ©e allait d’elle Ă  toi, pauvre Minette, et Ă  notre pauvre Émile, qui aura, lui aussi, un rude moment Ă  passer. EspĂ©rons que le Bon Dieu abrĂ©gera l’épreuve et te rĂ©duira au temps strictement nĂ©cessaire
 Tu auras Mme Bermond, qui est autrement encourageante et aidante que ce froid, impassible docteur, Anglais pur sang. Je ne t’écris pas longuement Ă  cause de la quantitĂ© de lettres que j’ai Ă  expĂ©dier
 Je reste prĂšs de Nathalie de jour. Paul court pour l’acte de naissance, les dĂ©pĂȘches tĂ©lĂ©graphiques Ă  ton pĂšre et Ă  sa mĂšre, et pour faire part lui-mĂȘme, selon le sot usage de Londres, de l’heureux Ă©vĂ©nement qui lui donne un fils. Pour les filles on n’est tenu Ă  rien. Le payement de l’accoucheur diffĂšre aussi selon le sexe 15 livres sterling pour une fille, 20 pour un garçon. Et pourtant, les femmes rĂšgnent chez eux et transmettent Ă  leurs fils les pairies et les titres avec la fortune. Adieu, ma chĂšre petite bien aimĂ©e ; je t’embrasse tendrement avec Émile. Fais part pour moi Ă  ton beau-pĂšre, Ă  Laure, ZoĂ©, Ă  Victor, de la naissance de Louis de Malaret et ajoutes-y mes souvenirs bien affectueux. Adieu, ma chĂšre petite. ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Londres, 19 novembre 1856. Tu dois ĂȘtre de retour Ă  Pitray, cher ami ; je ne risque donc pas la lettre ci-incluse en te l’envoyant aujourd’hui. Jusqu’ici j’ai craint d’égarer ce tĂ©moignage Ă©crit de la tendresse d’Olga pour toi et de la rectitude de mon jugement ; elle te voit tel que je t’avais devinĂ© et jugĂ© en dernier ressort, et son cƓur si affectueux reporte sur toi sa tendresse dans toute sa force. Je suis on ne peut plus heureuse de cette union que j’ai si vivement dĂ©sirĂ©e pendant des annĂ©es, mais sans oser l’espĂ©rer, tant je te savais d’antipathie pour le mariage. Jamais Olga n’eĂ»t Ă©tĂ© dans une autre famille et avec un autre mari, heureuse comme elle est dans la tienne et avec toi. — Passons Ă  Londres et donnons des nouvelles de l’accouchĂ©e, qui va trĂšs bien, de l’enfant, qui va Ă  merveille, qui ne crie presque pas, qui est fort et gros, tel enfin que je voudrais dĂ©jĂ  voir notre cher petit Jacques, si Jacques il y a. Olga me mande que tu l’emmĂšnes probablement du 25 au 30 ; elle est impatiente de voir et d’occuper le charmant appartement conquis par ta patiente sagesse. Je conçois son impatience ; elle qui aime Ă  ĂȘtre bien arrangĂ©e chez elle, trouvera un vrai et durable plaisir Ă  se voir entourĂ©e d’un joli mobilier et des jolies choses qu’elle a reçues en se mariant. J’oubliais de donner des nouvelles rassurantes de ma santĂ© ; ni les nuits passĂ©es, ni les agitations qui ont prĂ©cĂ©dĂ© l’accouchement, ni l’anxiĂ©tĂ© des six derniĂšres heures, ni les soins qui ont suivi, ne m’ont fatiguĂ©e en aucune maniĂšre
 L’enfant, Ă©levĂ© au biberon par une garde imbĂ©cile, une bonne sourde et sotte, aurait infailliblement pĂ©ri, Ă©touffĂ© par les bouillies Ă©paisses que voulaient lui faire manger ces deux commĂšres, que j’ai dĂšs le dĂ©but terrifiĂ©es par mon indignation. De plus, la toilette anglaise, qui laisse nus le haut du corps et les bras du malheureux enfant, a Ă©tĂ© immĂ©diatement rejetĂ©e par moi ; j’ai d’autoritĂ© couvert le petit infortunĂ© de flanelle et de mousseline ; la garde me considĂšre comme une Vandale ; en revanche je l’envisage comme une Anglaise, ce qui est grave. La bonne est renvoyĂ©e du surlendemain de la naissance de son baby, qu’elle n’entendait pas crier. Cette femme avait Ă©tĂ© recommandĂ©e comme un trĂ©sor par un paquet de Mylady et de Misses ; Nathalie en cherche une ; en attendant, c’est la garde qui prodigue Ă  l’enfant ses soins absurdes mais redressĂ©s par moi ; Paul et Nathalie m’ayant suppliĂ©e de diriger tout ce qui concerne leur garçon, je ne me gĂȘne pas pour empĂȘcher tout ce qui peut ĂȘtre nuisible
 Adieu, mon cher, trĂšs cher enfant, je t’aime et je t’embrasse bien tendrement, ainsi que ma chĂšre petite Olga. Remercie de ma part ton pĂšre des bontĂ©s affectueuses qu’il a pour Olga ; dis mille amitiĂ©s pour moi Ă  la famille, trop nombreuse pour ĂȘtre dĂ©signĂ©e individuellement ; mon affection n’en oublie aucun. Adieu, excellent Émile, embrasse encore Olga et dis-lui qu’elle te le rende. ――――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Londres, 21 novembre 1856. ChĂšre petite, je suis en l’air ; je ne sais ce que j’écris ; j’ai expĂ©diĂ© Edgard et Sabine de la maniĂšre la plus baroque ; il en sera de mĂȘme pour toi. J’ai reçu ce matin les nouvelles de l’arrivĂ©e d’Émile, et Paul a reçu ta lettre de fĂ©licitations, dont il te remercie bien, mais Ă  laquelle il ne rĂ©pondra probablement pas, car il est plus paresseux que jamais pour Ă©crire ; Gaston et tous les autres lui ont Ă©crit et il projette de ne rĂ©pondre qu’à Gaston ; il ne rĂ©pondra Ă  personne. Du reste, il faut l’excuser Ă  cause des circonstances attĂ©nuantes des affaires nombreuses et importantes Ă  expĂ©dier ; monsieur l’ambassadeur est sans cesse absent pour des semaines ; il chasse et court les chĂąteaux. Paul a les pleins pouvoirs du susdit ambassadeur, et il ouvre les dĂ©pĂȘches les plus secrĂštes, y rĂ©pond comme il l’entend et se trouve par le fait avoir toutes les charges de l’ambassadeur sans en avoir les profits. Ce qui fait que je suis en l’air, c’est que la garde est une bĂȘte qu’il faut surveiller dans ses moindres faits et gestes, que Nathalie a l’enfant chez elle depuis le matin jusqu’à la nuit, que je suis dĂ©rangĂ©e Ă  chaque instant, soit pour Nathalie, soit pour le petit, que j’ai dĂ» perdre mes plus belles heures d’écriture Ă  courir chez des personnes pour des bonnes, qu’il a fait noir pendant un temps Ă  me crever les yeux, que les petites, le petit, la garde, Élisa, Pauline, vont, viennent, causent autour de moi. Depuis deux jours je suis dans une impatience intĂ©rieure continue de n’avoir pas une heure tranquille Ă  donner Ă  mes lettres; j’en suis d’autant plus irritĂ©e au dedans que je n’en laisse rien paraĂźtre au dehors et que je contiens mes dĂ©solations inaperçues en me disant que je suis ici pour me consacrer tout entiĂšre Ă  Nathalie, et que je dois sacrifier sans cesse ma correspondance la plus obligatoire, la plus dĂ©sirĂ©e. Paul fume Ă  nous asphyxier. Ce dernier trait est une Ă©chappĂ©e de ma colĂšre contenue
 Tu as bien raison de voir M. Tessier[29] en arrivant; je suis impatiente de te savoir arrivĂ©e et installĂ©e chez toi ; quand tu commanderas ton lit, fais-le faire si ta chambre Ă  coucher le permet de maniĂšre Ă  pouvoir l’aborder des deux cĂŽtĂ©s en couches, et dans tous les cas, c’est cent fois plus commode que d’avoir un lit adossĂ© contre le mur par le cĂŽtĂ©. Ici, voici comme ils sont toujours placĂ©s; les rideaux ne garantissent que la tĂȘte, voici le profil[30]; c’est commode et joli; le haut est un baldaquin avec deux colonnes Ă  la tĂšte du lit, qui le soutiennent. De plus, fais mettre Ă  ton lit un bon sommier Ă©lastique bien doux, bien Ă©levĂ© et un seul gros matelas dessus. On est bien mieux couchĂ© que sur un diable de lit de plumes et une demi-douzaine de matelas qui vous Ă©chauffent, qui vous laissent dans un trou, etc. Adieu, ma Minette chĂ©rie; mon temps de poste est Ă©coulĂ©, mon cƓur tressaille d’impatience et mon esprit devient infernal. Je t’embrasse bien tendrement, chĂšre petite, ainsi que mon bon Émile; mes amitiĂ©s autour de toi. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Londres, 24 novembre i856. Je ne t’écrirai qu’un mot, chĂšre Minette, pour que tu ne sois pas inquiĂšte; je suis dĂ©rangĂ©e Ă  chaque minute. J’ai pĂ©niblement achevĂ© deux lettres en cinq heures; entre les petites, le petit, Nathalie, les repas, les promenades obligĂ©es avec les petites, je suis tellement en l’air que j’en suis dĂ©sespĂ©rĂ©e. Paul est Ă  la chasse au cerf; ridicule chasse, bien anglaise; on Ă©lĂšve des cerfs, on les bourre d’avoine, on en lĂąche un dans les bois en vue des chiens et des chasseurs ; on le poursuit pendant deux heures ; on le ramasse quand il tombe de fatigue, on le saigne, on le ramĂšne en voiture et on le laisse reposer pour une autre fois. VoilĂ  la chasse. Paul trouve cela amusant au dernier point. Il y va deux fois par semaine avec cent Ă  deux cents nigauds anglais ; c’est Ă  quinze ou vingt lieues de Londres, chez les Rothschild; on a sur place une rĂ©union de chevaux de chasse appartenant Ă  dix ou quinze personnes; chaque propriĂ©taire a un groom en chef et des sous-grooms qui entraĂźnent les chevaux
 Adieu, ma chĂšre Minette chĂ©rie, je t’embrasse tendrement ainsi que mon bon Émile; mes souvenirs affectueux autour de toi. Nathalie t’embrasse; les petites aussi. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Londres, 20 dĂ©cembre 1856. ChĂšre enfant, je ne pouvais pas t’écrire, je ne devais pas t’écrire, je ne voulais pas t’écrire, et pourtant je me trouve pouvoir, devoir et surtout vouloir. C’est que je rĂ©flĂ©chis que demain dimanche la poste ne part pas, qu’il y a longtemps que je ne t’ai Ă©crit et que tu serais trop longtemps sans avoir de nouvelles directes
 T’ai-je dit que Nathalie devait t’écrire pour te remercier de la jolie chaĂźne et de la gentille petite croix que tu as envoyĂ©e Ă  Louis? Il la portera quand il aura le cou moins gras et moins susceptible d’engloutir la chaĂźne dans ses plis nombreux. J’ai Ă©crit Ă  Sabine dans quelles conditions je fais ma correspondance ; tout le monde parle autour de moi et je suis, Ă  la lettre, bĂšte comme les dindons qui pendent en foule dans toutes les rues, pour NoĂ«l. J’ai passĂ© une partie de l’aprĂšs-midi Ă  courir les boutiques et les bazars; il faut faire une demi-heure de route pour aller d’un lieu Ă  l’autre, et le choix est difficile au milieu de toutes ces marchandises qui n’ont pas le sens commun. J’apporte Ă  Paris quelques spĂ©cimens de couteaux de 6 pence qui sont Ă©tonnans ; mais je n’ose pas en importer trop, de crainte de confiscation. Adieu, ma petite chĂ©rie ; je suis enchantĂ©e de ton appartement
. J’espĂšre t’y trouver installĂ©e ; on ne s’arrange bien que lorsqu’on y est et aprĂšs quelques semaines. Adieu donc, Minette chĂ©rie, embrasse mon bon Émile. Adieu, chĂ©rie, je t’embrasse bien tendrement. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 10 juillet 1857. ChĂšre Minette chĂ©rie, merci de tes lettres ; le mariage d’Edgar s’est passĂ© admirablement ; pas de migraine, presque pas de larmes, municipalitĂ© Ă  onze heures et demie, Ă©glise Ă  midi dix, excellent petit discours Ă©mu de Gaston, dĂ©part des mariĂ©s avec pĂšre et mĂšre pour Enghien, retour d’un chacun chez soi, toilette Ă  trois heures et demie, dĂ©part Ă  quatre pour Enghien ton pĂšre souffrant cĂšde sa place Ă  Woldemar ; je mĂšne Gaston, Sabine et Woldemar, que Nathalie rĂ©clamait mollement ; arrivĂ©e Ă  Enghien Ă  cinq heures et demie ; rĂ©ception cordiale ; dĂźner Ă  six heures et demie prĂ©cises ; je suis entre M. X
 et Gaston ; puis Sabine, puis, etc. La princesse Mathilde tient la table, a M. Reiset Ă  sa droite, puis Marie[31] Ă  sa gauche. DĂźner excellent, pas trop copieux, fraĂźcheur charmante Ă  cause de la tente, oĂč Ton dĂźne trente personnes, les tentures relevĂ©es, et la ravissante vue du lac sillonnĂ© de barques pour tout un cĂŽtĂ© du dĂźner dont j’étais. Au milieu du dĂźner, musique dĂ©licieuse des voltigeurs de la garde, placĂ©e assez loin pour ne. pas gĂȘner la conversation; la musique dure toute la soirĂ©e; Ă  huit heures on se repromĂšne; on Ă©coute cette charmante musique; illuminations avec lanternes de couleur accrochĂ©es Ă  tous les arbres; feux de Bengale, lampions; aisance et gaietĂ© gĂ©nĂ©rale; la princesse est bonne et gracieuse, elle place dans sa maison d’incurables une pauvre petite malheureuse de Gaston; Marie est charmante, contente et aimable, Edgar est radieux; leur chalet est un bijou; Ă  neuf heures et demie je pars avec Gaston, qui est fatiguĂ©, et Sabine, qui a la migraine. Nous allons bien tous ; les mariĂ©s viennent samedi 16 aux Nouettes. Je suis pressĂ©e, chĂšre Minette; je t’embrasse tendrement
. Dis Ă  Madeleine que je lui rapporte une trĂšs jolie robe pour sa poupĂ©e, mais pas comme elle me l’avait demandĂ©e; il n’y en avait pas. Comme c’est ennuyeux que le pauvre gros[32] dorme si mal! Je l’embrasse trĂšs particuliĂšrement; j’ai une cargaison de bonnets pour lui. Tout est fait, sauf le chapelet que j’ai oubliĂ©; je vais courir avant dĂźner Ă  cet effet; peut-ĂȘtre en trouverai-je une dizaine. Adieu, chĂšre. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 1857. Il va sans dire, chĂšre Minette, que nous avons fait bon et chaud voyage, que nous sommes arrivĂ©s Ă  bon port et sans retard; laissant nos bagages Ă  MĂ©thol et Ă  Louise, nous nous sommes dirigĂ©s vers Henriette[33] , que nous avons trouvĂ©e bien quoique mal; bien pour les gens faciles qui se contentent de l’apparence, mal pour les esprits sĂ©rieux qui en toute chose considĂšrent la fin; elle a donc trĂšs bonne mine, bon appĂ©tit, bon sommeil, etc., mais elle ne peut ni marcher ni s’asseoir sans mal aux reins, etc., elle ne peut lire sans mal de tĂȘte. Sa petite Henriette est jolie et trĂšs forte, mais pĂąle; je ne sais Ă  qui elle ressemble. Lilise[34] est embellie. Sabinette[35] est grandie, pĂąlie
. Lilise a des notes et des mots charmants et admirables de cƓur et d’esprit; si je me les rappelle encore Ă  mon retour, je te les raconterai
 Ma lettre que j’écris chez Henriette avec une horrible plume d’oie vient d’ĂȘtre interrompue par la visite de Tatiana Narishkine[36] et d’Anatole[37], arrivĂ©s Ă  Paris depuis trois jours. Anatole ne ressemble pas plus Ă  ThĂ©odore que s’ils Ă©taient natifs des deux hĂ©misphĂšres. Anatole est petit, maigre, brun, timide, agrĂ©able et intelligent. Tatiana est trĂšs agrĂ©able; le haut du visage assez beau. Sa petite est grosse, blonde, gentille, ressemblant Ă  ThĂ©odore[38]. J’ai vu aussi, avant dĂ©jeuner, la chapelle de Gaston, qui est charmante ; j’ai vu Élise Veuillot et son frĂšre, ce dernier viendra aux Nouettes en novembre ou dĂ©cembre; Edgar m’écrit de Dieppe qu’entre les deux saisons de bains de mer, Marie s’est rĂ©vanouie comme par le passĂ©; l’eau salĂ©e l’a ravigotĂ©e derechef et elle est Ă  l’unisson de l’opinion en ne se trouvant pas mal. Et toi, et vos enfans que faites-vous? Peins-tu ? Soignes-tu le cher maĂźtre, le vieil ami[39] ? Nourris-tu bien ton monde ? Comment va mon pauvre gros? Émile tue-t-il ? Adieu, Minette chĂ©rie, embrasse pour moi d’abord la deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration, puis la premiĂšre, hommes et femmes; donne une forte poignĂ©e de main Ă  M. Naudet. Temps magnifique, pas trop chaud. Jacquot tousse-t-il ? Je suis un peu inquiĂšte de sa toux; j’irai voir le grand Tessier pour cela. Sabine reste jusqu’au dĂ©part d’Henriette; vu l’état de sa jumelle, elle lui eut plus qu’utile. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 20 septembre 1857. ChĂšre Minette
. Quel malheur pour ces pauvres L
 que la folie furieuse de leur fille ! Comment a-t-elle pu perdre l’esprit, n’en ayant jamais eu[40] ?
 Adieu, Minette chĂ©rie, je te remercie bien de ta lettre de ce matin; j’ai fait une partie des commissions et emplettes ; Ă  demain le reste. Je t’embrasse tendrement
, mes amitiĂ©s Ă  M. Naudet. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 20 aoĂ»t 1858. Un mot seulement, chĂšre Minette, car je suis pressĂ©e comme le nuage poussĂ© par l’orage. Ma journĂ©e est terrible de courses et d’emplettes; j’ai trouvĂ© une lettre de Nathalie, qui m’a fait courir trois bonnes heures de commandes en emplettes. Gaston n’arrive que jeudi. Dis vite Ă  Bouland d’aller vite chez Hutffer dĂ©commander son attelage pour lundi et l’arrĂȘter pour jeudi sans faute. J’ai vu Jean[41] ce matin Ă  dix heures. Il va bien, mais il est changĂ©[42]; il est pĂąle et maigre, mais pas faible; il prĂ©tend n’avoir jamais Ă©tĂ© en danger, avoir toujours parlĂ©, ri et causĂ©, n’avoir pas souffert une minute, mĂȘme des vĂ©sicatoires, et avoir Ă©tĂ© inutilement affamĂ©, Ă©corchĂ©, plumĂ© et soignĂ©. Il est sorti hier en voiture ; Jean partira sous peu de jours avec son pĂšre
 J’ai Ă©tĂ© chez Sabine[43], que j’ai trouvĂ©e rayonnante de bonheur et de santĂ©; j’ai quittĂ© Sabine Ă  huit heures, et je suis revenue mettre ordre Ă  mes affaires, Ă©crire ma dĂ©pense, rĂ©partir en deux jours mes courses et mes emplettes, prendre mon thĂ© et me coucher. Ton pĂšre est rentrĂ© Ă  dix heures et demie; il a trĂšs bon visage, ses entrailles sont trĂšs bien, ses reins aussi; encore un peu de temps et il abordera les fruits
 J’attends de tes nouvelles avec impatience. Que Dieu te garde
 jusqu’à mon retour. J’apporte des souvenirs Ă  mon cher gros bonhomme. Je n’ai pas vu Louis Veuillot ; comment et oĂč l’aurais-je vu? La mission de Gaston va on ne peut mieux et finit dimanche soir; l’église est pleine comble; les pauvres capucins sont envahis et dĂ©bordĂ©s; leur rĂšglement en est troublĂ©; leurs offices sont changĂ©s d’heures; c’est un succĂšs inattendu et colossal[44]
 Demain la cĂ©rĂ©monie[45]
 Adieu, ma trĂšs chĂšre Minette, je me dĂ©pĂȘche Ă  cause de l’heure. Les Tuileries sont ravagĂ©es. On fait le pont de la rue de Bellechasse, juste en face; on perce les Tuileries pour les piĂ©tons seulement. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 21 aoĂ»t i858. J’ai reçu ta lettre en allant Ă  la Visitation, chĂšre petite. Je te remercie beaucoup des dĂ©tails qu’elle contient, et je regrette beaucoup que cette sotte bonne nourrice ait attendu jusqu’au dernier moment pour te faire faux bond. J’attends la protĂ©gĂ©e d’H
; si je puis l’emmener, je le ferai, tu peux en ĂȘtre certaine; j’en emmĂšnerais plutĂŽt deux que point. Je t’apporte le bouquet de corsage de Sabine, un immense et admirable bouquet que t’envoie toute la communautĂ©, y compris la nouvelle sƓur Jeanne-Françoise de SĂ©gur; ce sera difficile Ă  faire arriver frais; mais
 la loyautĂ© m’oblige Ă  m’en charger. Notre cher L. Veuillot est venu. Je J’avais vu hier soir
. Gaston a fait ua excellent petit discours; la cĂ©rĂ©monie n’a pas Ă©tĂ© longue; tout Ă©tait fini Ă  dix heures et demie. Nous avons dĂ©jeunĂ© onze dans le grand parloir Sainte - Chantai ; un dĂ©jeuner monstre et excellent. Je t’apporte deux pĂȘches et des noisettes du dĂ©jeuner. J’apporte Ă  mon bon gros, cher Jacquot, trois immenses fouets, une voiture attelĂ©e ; trois animaux caoutchoucs cheval, vache, mouton; une cage avec oiseau, et une petite boĂźte de chocolat. — Ton’pĂšre est en pleine rĂ©volte contre François[46] ; il veut Paul ou Philippe, ou je ne sais quoi, mais pas François. Je dis comme lui
. J’ai vu hier Andral[47] pour une fille de cuisine qu’il voulait connaĂźtre par moi et qui est une petite coureuse, il croit que Jean est menacĂ© de la poitrine, mais d’une part Andral est le mĂ©decin Tant pis, d’autre part Jean ne tousse ni ne crache. Au fait, deux ou trois mois d’air des montagnes ou du Midi lui referont une poitrine solide[48]. Adieu, ma chĂšre Minette, je te quitte pour Ă©crire Ă  Henriette et Ă  Nathalie. AprĂšs je me rhabillerai, car je suis en jupon Ă  cause de la chaleur malgrĂ© les ondĂ©es; j’irai voir Jean, faire une visite au chocolat Ă  la crĂšme pour un amateur[49], en pastilles pour un gros amour[50]; je rentrerai pour achever mes paquets
 M. Veuillot doit revenir ce soir ; il va partir pour le Mans, pour trois jours seulement. Dans deux ou trois jours, l’Univers contiendra un article de lui sur Voltaire. H entreprend la tĂąche ardue de prouver que Voltaire Ă©tait bĂȘte; garde-moi les Univers, il y a des articles que je veux lire garde-moi les Mormons[51], mais laisse Élisa les lire. Dis Ă  ta tante Galitzine que j’ai un seul tout petit paquet pour elle et une clef. Ne la gĂąte pas trop ; je n’en pourrais plus venir Ă  bout Ă  mon retour. À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Pau, 7 avril 1859. ChĂšre Minette, j’ai Ă©crit hier Ă  ton pĂšre, afin qu’il fasse circuler ma lettre dans toute la famille en ligne directe et non collatĂ©rale. Tu as vu qu’en gros, tout s’était bien passĂ© ; je rĂ©serve les dĂ©tails pour le retour, sauf ceux qui peuvent t’intĂ©resser ; ainsi, je te rĂ©vĂ©lerai que dĂšs la veille de mon dĂ©part j’avais mon rhumatisme au cƓur, ce qui a troublĂ© ma nuit du dĂ©part[52] et celle de Bordeaux, en gĂȘnant la respiration. L’aconit, que j’ai pris en route, m’a fait du bien et le sulfur que je me suis administrĂ© hier a sensiblement amĂ©liorĂ© la position. Je vois que ma fin de carĂȘme sera un peu paĂŻenne ; Pau ne semble offrir aucune ressource extraordinaire du genre religieux, il est Ă  croire que les habitants en sont si parfaits que leur zĂšle n’a pas besoin d’ĂȘtre ravivĂ© et que leur vie est un carĂȘme perpĂ©tuel. Les Ă©glises me semblent rares ; la grande chaleur est un obstacle pour y arriver. Le couvent qui est en face du n° 9 ne donne aux fidĂšles qu’une messe de six heures du matin et une autre de huit heures et demie ; cette derniĂšre est irrĂ©guliĂšre et se remet pour cause d’enterrement, comme aujourd’hui. En tout, Pau me semble triste ; il est probable que ce que j’ai laissĂ© Ă  Paris influe sur ma disposition tĂ©nĂ©breuse et me voile les beautĂ©s et les agrĂ©mens que d’autres savent y trouver. J’hĂ©site presque Ă  avouer que les PyrĂ©nĂ©es mĂȘmes me paraissent sans charme; je les trouve belles, mais sans grĂące; belles, mais de formes tourmentĂ©es et anguleuses; belles, mais de tons froids et tristement uniformes, dissemblables en tout aux charmantes et magnifiques montagnes de la Sabine; les PyrĂ©nĂ©es sont Junon avec sa froide beautĂ©; l’horizon de Rome est VĂ©nus avec son entraĂźnante perfection. On admire l’une, on aime l’autre, voilĂ  pour moi la diffĂ©rence. Je ne ferais pas un pas pour revoir les PyrĂ©nĂ©es vues de Pau; j’en ferais cent mille pour contempler la Sabine
 Camille a commencĂ© ce matin son temps de couvent, elle est enchantĂ©e d’y aller; demain la journĂ©e sera complĂšte ; aujourd’hui, jeudi, on a congĂ© depuis midi. Nathalie et Paul les ont emmenĂ©es avec les Saint-John pour voir des courses qui attirent tout Pau
 Je leur souhaite beaucoup de plaisir, mais je n’ai pas Ă©tĂ© tentĂ©e de le partager; un soleil ardent, un vent terrible, une poussiĂšre suffocante. A partir d’aujourd’hui, je vais ĂȘtre bien tranquille et je pourrai commencer et finir mon Ăąne[53], sans prĂ©judice de mes correspondances. Baby me fait penser Ă  mon pauvre Jacques. Ce cher, charmant et excellent gros bonhomme contribue beaucoup Ă  rendre mĂ©ritoire mon voyage
 Je t’embrasse mille fois, ma chĂšre Minette chĂ©rie, et je te charge d’embrasser pour moi Émile et les chers enfants, surtout mon excellent petit Jacques. Madeleine est trĂšs embellie
 Adieu, chĂšre enfant. J’embrasse Élise. On ne m’a pas envoyĂ© l’Univers du mardi 5. S’il y a un article de Louis V., je le rĂ©clame. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Pau, 9 avril Ï8S9. J’ai reçu ta lettre ce matin, chĂšre petite, la premiĂšre et la seule que j’ai reçue depuis mon dĂ©part de Paris. Je suis trĂšs contrariĂ©e que mon cher petit Jacques ait Ă©tĂ© souffrant et je te remercie de me parler de lui
 Si tu vois Woldemar, dis-lui que je lui Ă©crirai pour son petit voyage tout d’obligeance et de complaisance de sa part, mais qu’il peut prendre d’avance ses mesures pour repartir d’ici le mardi de Paques[54]. Si les couches de Marie ne me rappelaient forcĂ©ment Ă  Paris, j’aurais sans doute prolongĂ© mon sĂ©jour Ă  Pau jusqu’au i5 mai
. Nathalie vit et a vĂ©cu fort retirĂ©e et isolĂ©e; elle n’est jamais sortie le soir, malgrĂ© les nombreuses et pressantes sollicitations des gens qu’elle rencontrait. Sa santĂ© est loin d’ĂȘtre bien rĂ©tablie ; le point douloureux Ă  la poitrine revient Ă  chaque vellĂ©itĂ© de pluie ou refroidissement de tempĂ©rature; le mĂ©decin lui dit que, plusieurs annĂ©es encore, il lui faudra revenir Ă  Bonnes pour corriger l’influence d’un hiver passĂ© Ă  Paris ou en Allemagne. — J’ai la mĂ©chancetĂ© de me rĂ©jouir, chĂšre petite, de ce que mon absence te soit sensible. Il est tellement dans les affections naturelles d’oublier ses parents pour des liens plus chers, que je me rĂ©jouis de la part que tu m’as conservĂ©e dans ton cƓur; c’est un Ă©goĂŻsme que je n’ai encore pu vaincre, mais que les annĂ©es et l’habitude finiront par dominer. En attendant, je m’accroche Ă  tout ce qui peut me laisser espĂ©rer que je ne serai pas sĂ©parĂ©e de toi
 Adieu, ma chĂšre Minette chĂ©rie; je t’aime et je t’embrasse bien tendrement; je suis trĂšs contente que ton portrait marche bien; c’est dommage qu’Émile ne se soit pas fait faire par Barrias[55]. Que fait-on chez moi Ă  la maison? 
 Je ne me promĂšne pas du tout; je ne connais de Pau que le jardin de Nathalie, le petit et insignifiant Jardin Royal et un petit bout de la rue du CollĂšge. Mais cette aprĂšs-midi, il fera bon Ă  marcher, vu la pluie qui est tombĂ©e, et je rĂŽderai dans la ville pour en avoir un aperçu. Adieu, chĂšre petite
 Mon rhumatisme est presque disparu; je ne suis plus gĂȘnĂ©e dans ma respiration et mes mouvemens. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Pau, 13 avril 1859. Merci de ta lettre, ma chĂšre bonne petite; elle m’a fait plaisir de toutes maniĂšres. J’espĂšre que mon pauvre Jacques perdra un peu de la constance de son souvenir et de sa vive tendresse pour NĂ©nay[56] lisez grand’mĂšre ; nous ne sommes malheureusement pas destinĂ©s Ă  vivre toujours ensemble, et puis la lĂ©gĂšre diffĂ©rence d’ñge qui existe entre nous doit relĂącher des liens formĂ©s par une paritĂ© de goĂ»ts et une entente cordiale. Je ne lui rapporte presque rien d’ici, car il n’y a que des lainages tricotĂ©s. Dis-moi si toi et Élise aimez mieux tout blanc ou mĂ©langĂ©; tu choisiras, du reste, dans ceux que j’apporte; il y en a un noir et blanc qui est distinguĂ©, charmant et seul de son espĂšce; c’est d’une lĂ©gĂšretĂ© de flocon de neige ou de duvet
 . Je reçois Ă  l’instant l’heureuse nouvelle des couches de Marie ; Edgard a eu l’amabilitĂ© de m’en-voyer une dĂ©pĂȘche tĂ©lĂ©graphique. Je rĂ©ponds de mĂȘme; mais je ne sais plus que faire relativement Ă  mon dĂ©part. VoilĂ  Nathalie qui me demande, naturellement, de prolonger mon sĂ©jour chez elle; elle dit avec raison que Marie, dĂ©licate comme elle l’est, ne sera pas visible avant quinze jours et qu’elle Nathalie Ă©tant si seule, se trouvera heureuse des quelques jours de plus que je pourrais lui donner. Encore une prolongation de quelques jours seulement, et j’aurai, je crois, fait ce que je devais faire. Il fait un temps affreux, un froid de mars mauvais ; impossible de se promener
 J’apporte Ă  Jeanne de bonnes petites choses pour les petits froids d’étĂ©, mais trĂšs peu, car je n’ai pas d’argent Ă  perdre. Camille et Madeleine sont enchantĂ©es du couvent ; elles sont toujours premiĂšres et admirablement sages. Depuis quatre jours il pleut sans arrĂȘter. Je gĂšle, je vais trĂšs bien. Adieu, chĂšre Minette. J’ai Ă©crit hier Ă  Élise. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Pau, dimanche 17 avril 1859. Je ne t’écris que quelques lignes, chĂšre Minette, Ă  cause d’un torticolis qui me gĂȘne et qui tient Ă  une fausse position de ma tĂȘte sur mon oreiller, que j’ai trop gonflĂ©[57] cette nuit. J’ai le cou raide, mais pas d’autre mal du reste, et je continue Ă  aller bien. Dis, je t’en prie, Ă  ton pĂšre que Paul passera Ă  Toulouse vingt-quatre heures, qu’il en repartira lundi matin, ce qui le fera arriver Ă  Paris probablement mardi matin de bonne heure. Il faudra que Baptiste[58] tienne la chambre prĂȘte dĂšs lundi soir et qu’il fasse du thĂ© quand Paul arrivera. Nathalie est fort triste du dĂ©part de Paul; Camille a beaucoup pleuré . Le cher petit Louis est trĂšs gentil et bon, au fond, mais un peu tyran par gĂąterie. Il est gracieux dans ses mouvements et jamais il ne pleure, mĂȘme quand on le contrarie; il ne parle pas beaucoup plus ni beaucoup mieux que Jacques, mais il prononce plus clairement ; du reste, les Ă©locutions sont les mĂȘmes et les phrases pas plus arrondies. Adieu, ma Minette chĂ©rie
 Je te remercie des dĂ©tails que tu me donnes sur tout et tous ; embrasse pour moi Élise. Le temps continue affreux et froid. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Pau, 18 avril 1859. Je ne t’écris qu’un mot, chĂšre petite
. Sais-tu si Élise a reçu ma rĂ©ponse et mes remerciements de son aimable lettre ? Baby a Ă©tĂ© trĂšs gentil hier avec Madeleine, qui Ă©tait en pĂ©nitence pour impertinence premiĂšre qualitĂ© ; il courait Ă  elle, grimpait sur la chaise oĂč elle pleurait, l’embrassait et lui disait Voyons, Maleine, finish, finish ; bonne, Maleine bonne ; pardon Ă  mama ». Puis il courait Ă  Nathalie Maman, Maleine, pardon ; Maleine encore pleure, Maleine good. » Ces courses ont durĂ© une demi-heure, parce que Madeleine ne voulait pas demander pardon et sanglotait avec fureur ; elle a Ă©tĂ© se coucher ainsi et ce n’est que dans son lit qu’elle a fait demander Ă  Nathalie devenir l’embrasser. Adieu, chĂšre enfant
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Pau, Ier mai 18S9. Ma chĂšre Minette chĂ©rie, Woldemar m’a dit que ton portrait allait trĂšs bien, que Jacques Ă©tait plus charmant que jamais; il trouve charmante cette gaietĂ© franche, cet Ɠil malin-agaçant et brillant de mon petit Jacques
. Jacquot chĂ©ri fera de fameuses parties avec Pierre et Henri[59]. Il me faudra Ă©videmment un Ăąne supplĂ©mentaire. J’arriverai, comme tu le sais dĂ©jĂ , jeudi Ă  cinq heures et demie; je serai Ă  la maison Ă  six heures. Woldemar me dit que tu es maigrie et changĂ©e ; ta grosse Jeanne te fatigue ; il te faudrait six ou huit mois de repos absolu, complet, sans quoi tu tourneras au squelette comme Mme de R
 qui, dit-on, est devenue laide Ă  force de maigreur
 Nathalie reçoit une dĂ©pĂȘche tĂ©lĂ©graphique de la PrĂ©fecture qui annonce que les Autrichiens ont passĂ© le Tcssin et sont en PiĂ©mont
 Quelle indignitĂ© Ă  cet empereur d’Autriche de faire la guerre pour motiver une banqueroute ! immoler des centaines de mille hommes Ă  ses dĂ©penses extravagantes et Ă  sa mauvaise administration financiĂšre! Adieu, chĂšre Minette
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Pau, i3 mai 1859. Tu as su, chĂšre petite, par ma lettre Ă  ton pĂšre, comment une erreur de mot du tĂ©lĂ©graphe de Paris m’a sĂ©parĂ©e de vous tous sans aucune nĂ©cessitĂ©. Nathalie, quoique enchantĂ©e de ma seconde visite, est dĂ©solĂ©e de l’avoir occasionnĂ©e bien involontairement; au bureau tĂ©lĂ©graphique de Pau, on a vĂ©rifiĂ© dans les registres que la dĂ©pĂȘche portait bien Restez. J’espĂšre que ton pĂšre a portĂ© plainte contre le bureau de Paris, dont c’est la troisiĂšme erreur Ă  mon endroit. On devrait leur faire payer mon voyage, qui me revient Ă  six cents francs environ, y compris les faux frais et mes gratifications aux domestiques de Nathalie. Je resterai ici une douzaine de jours au plus; je serai de retour Ă  Paris les premiers jours de la troisiĂšme dizaine de mai. J’attends pour fixer le jour du dĂ©part et du retour que Madeleine soit tout Ă  fait bien[60] et que la maladie ne gagne pas soit Nathalie elle-mĂȘme, soit Camille ou le petit ; jusqu’ici ils vont bien. Madeleine est sortie deux fois avec moi au jardin; aujourd’hui elle mange Ă  table. Si tu n’as pas donnĂ© suite Ă  ton lumineux projet d’aller m’attendre aux Nouettes, je crains que tu n’y ailles un peu tard, car je ne pourrai Ă©videmment pas partir avant les premiers jours de juin. Je crains de ne pouvoir aller passer trois jours au couvent de Sabine; j’en suis trĂšs contrariĂ©e et ma pauvre Sabine le sera plus encore. Je ne reviens sur mon voyage, dont j’ai suffisamment parlĂ©, que pour dire que je ne suis pas fatiguĂ©e; seulement il n’y a pas moyen de se promener ici et je n’en ai pas envie. MalgrĂ© moi, je compte les jours qui me sĂ©parent de mon centre de vie et d’action
. Je serais trĂšs fĂąchĂ©e que ce sentiment d’ennui fĂ»t interprĂ©tĂ© comme un regret d’ĂȘtre avec Nathalie et ses enfans, que j’aime trĂšs tendrement. C’est, je crois, un effet d’habitudes animales rompues; Ă  soixante ans, on aime la monotonie de fait. Adieu, ma chĂšre Minette chĂ©rie; je t’embrasse bien tendrement avec Émile, qui m’a si aimablement et sincĂšrement offert de m’accompagner dans mon pĂ©nible voyage;
 je reviendrai les mains vides de dons extĂ©rieurs. Embrasse Élise pour moi ; j’espĂšre que tu lui as fait savoir que j’étais partie et qu’elle ni son frĂšre ne sont venus se casser le nez chez moi jeudi dernier. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Pau, lundi 16 mai 1839. J’ai Ă©crit confidentiellement Ă  Gaston, chĂšre petite, pourquoi j’attendrai le 25 pour partir, le 26 pour arriver. Puisque j’ai dĂ» dĂ©penser plus de cinq cents francs pour ce second voyage, inutile Ă  un certain point de vue, j’en profite pour en regagner trois cents et peut-ĂȘtre plus, en Ă©vitant le mariage X
. J’aurais dĂ» acheter un chapeau, un mantelet ou shall pour la cĂ©rĂ©monie, n’ayant rien de prĂ©sentable en ce genre ; s’il y a la moindre soirĂ©e ou rĂ©union, il m’eĂ»t fallu un bonnet habillĂ©, un couvre-Ă©paules quelconque et probablement une robe tu vois ce que m’aurait coĂ»tĂ© ce mariage, qui me satisfait d’autant plus qu’il se fait sans moi[61]. VoilĂ  pourquoi je prolonge mon sĂ©jour au delĂ  du temps rigoureusement nĂ©cessaire. Depuis que je suis ici, il fait un temps affreux; on a peine Ă  faire une promenade entre deux ondĂ©es; entre la pluie, il fait froid; nous aurons certainement plus chaud en Normandie. Madeleine a encore Ă©tĂ© reprise hier de la fiĂšvre ; il a fallu lui brĂ»ler la gorge ce matin pour dĂ©truire les peaux blanches qui recommençaient Ă  s’y former; elle est d’une docilitĂ© et d’un courage Ă©tonnants pour son Ăąge. M. Cazenave dit pourtant qu’en surveillant l’état de la gorge, il n’y a pas de danger. Nathalie est fort dĂ©traquĂ©e; elle ne dort pas, elle est triste et inquiĂšte; je suis fort contente de me trouver prĂšs d’elle actuellement. Paul est malade de son cĂŽtĂ© et depuis deux jours ne quittait pas son lit; il n’écrit Ă  Nathalie que des mots, car c’est de la tĂȘte qu’il est pris; il ne leur manquait plus que cette inquiĂ©tude de la maladie de Paul. Adieu, ma chĂšre Minette
 Je serai au 91 jeudi Ă  huit heures et demie du soir; le voyage sera aussi court que possible, car je ne quitte Pau que mercredi soir Ă  dix heures et demie. J’espĂšre vous embrasser tous avant de commencer ma nuit
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, ior juin i8Sq. ChĂšre petite, je devais avoir un temps Ă©norme pour Ă©crire la douzaine de lettres que je mijote; pas du tout; je suis plus pressĂ©e que jamais. La grand’messe et le facteur Ă  trois heures ne me priveraient pas du temps nĂ©cessaire, mais je suis dans l’abomination de la dĂ©solation; toute la maison est sens dessus dessous; les meubles de toutes les chambres sont mĂȘlĂ©s, emmĂȘlĂ©s de la façon la plus dĂ©plorable; le peintre de Paris, celui d’ici, ont brouillĂ© tout, Ă  l’envi l’un de l’autre; tous les tableaux et portraits sont en tas; tous mes livres Ă©taient emmĂȘlĂ©s, j’y ai passĂ© une heure hier, deux heures ce matin. Je ne puis vivre dans ce dĂ©sordre et je remets un peu en place les choses portatives. Si tu Ă©tais venue avec moi, nous aurions campĂ© dans les corridors. J’espĂšre brocher ma correspondance en une heure et demie, courir au Salut et revenir ranger pendant deux heures. Ce soir je me reposerai. En tout, la dĂ©solation est dans mon Ăąme, car le dehors est un peu comme le dedans; du bois partout, mon hangar pas fini; 200 banneaux de pierres et terre a y porter pour niveler le terrain, qui a une pente de cinq pieds d’un bout Ă  l’autre ; le toit Ă  couvrir Ă  moitiĂ©, tout le bois Ă  rentrer; des monceaux de copeaux Ă  enlever, plus de mille bourrĂ©es Ă  loger, etc. J’ai des tentations de dĂ©couragement, d’autant que certaines choses pas finies rendent l’apparence affreuse. Le petit mur, non encore dĂ©truit, fait un effet pitoyable; la grange pleine de trous et non recrĂ©pie, le terrain du vieux hangar pas nivelĂ©, sont fort laids. Ma chapelle est charmante[62] ; elle sera terminĂ©e et prĂȘte samedi. Le curĂ© y pourra dire la messe lundi et j’aurai Ă  ma portĂ©e le Refuge des pĂ©cheurs. Demain j’attends l’affreux bouleversement des bagages Ă  recevoir et Ă  dĂ©faire. La pauvre Louise fait ce qu’elle peut, mais je lui dĂ©fends bien des choses qui pourraient lui faire mal. Baptiste fait merveille. Jean[63] me paraĂźt un peu emplĂątre; il n’en finit pas; j’ai l’espoir qu’il se formera. Il pleut quelquefois ; une ondĂ©e toutes les deux heures. La terre est mouillĂ©e comme en dĂ©cembre; tout est vert, l’herbe est haute, les rĂ©coltes belles, l’air doux; mais mon hangar et la maison me dĂ©solent. Suis-je bĂȘte! Et pourtant c’est ainsi; le dĂ©sordre m’est odieux. La femme Charpentier[64] est morte cet hiver ainsi que son enfant aĂźnĂ©; le mari est parti avec le plus petit. Adieu, ma chĂšre Minette; mardi tout sera prĂȘt; lundi, demi-prĂȘt ; samedi, le strict nĂ©cessaire. J’embrasse le cher, excellent et charmant Jacquot
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, dimanche 10 juin 1859. ChĂšre petite, je reçois ta lettre et je ne comprends pas bien s’il faut ou non t’envoyer la calĂšche et Hutfer Ă  Conches. Ce n’est pas le cas de dire Dans le doute, abstiens-toi », et si tu ne me donnes pas contre-ordre, je t’envoie la calĂšche mercredi. La correspondance est plus atroce que jamais; un empilage barbare, deux pauvres chevaux sans relais qui mettent quatre heures et demie a faire les huit lieues et demie qu’on devrait faire largement en trois heures avec quatre chevaux et un relais; Ă  Neuve-Lyre, un arrĂȘt de cinq Ă  six minutes
 Bouland a Ă©tĂ© retardĂ© par les pluies continues, par la coupe terrible de bois, pour laquelle il n’a pas trouvĂ© d’ouvriers comme d’habitude; et quelle coupe, grands dieux! J’en aurais gĂ©mi et versĂ© des larmes aniĂšres, si je n’avais appelĂ© Ă  mon aide ma philosophie chrĂ©tienne; mais prĂ©pare-toi Ă  bondir! il y a eu malentendu; je parlais du taillis, il parlait des gros arbres; je parlais de ce qui borde le chemin du bois de la glaciĂšre, il parlait de ce qui borde le chemin du ChĂąlois; tu devines le reste. J’ai un superbe hangar, beaucoup de bois, mais Ă  quel prix ! Plus d’ombre au chemin du ChĂąlois, depuis le chemin qui monte prĂšs de la glaciĂšre, jusqu’au bout. Tout coupĂ©. C’est irrĂ©parable, voilĂ  pourquoi je me rĂ©signe. N’en souffle mot Ă  ton pĂšre; il se moquerait de moi
. Confie seulement ma peine Ă  mon cher Jacquot et Ă  Jeanne, tous ; deux discrets comme des anges qu’ils sont. Tu trouveras des fraises superbes. La maison commence Ă  se remettre en ordre, mais il y a encore bien de l’ouvrage. Le tapissier tapisse, il a fait le plus long accrocher tous les tableaux, ajuster les ferrures et les bĂątons pour les rideaux et les portiĂšres il lui reste Ă  tout poser, Ă  faire les dessus de cheminĂ©e, Ă  couvrir des meubles, etc. Enfin
 tout vient Ă  point Ă  qui sait attendre
 et j’attends. Mon hangar n’est pas fini parce qu’il a fait trop mauvais pour les couvreurs et les maçons. Il le sera dans quinze jours, avant les foins. Tout est ratissĂ© et propre; le devant du vieux hangar est trĂšs bien arrange. Le facteur, hĂ©las! Je t’embrasse en courant avec Émile et les amours. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 10 aoĂ»t 1859. Merci mille fois, ma bonne chĂšre Minette, de ton petit mot de Mantes; je vois que tu es, comme toujours, contente de tout et que tu t’accommodes des ennuis et des contrariĂ©tĂ©s comme de choses agrĂ©ables et faciles. Les deux heures de gare ont dĂ» te paraĂźtre longues. Tu ne me parles pas de ta toux; ne l’oublie pas dans ta prochaine lettre. Le temps est gĂątĂ©, frais et humide; hier il a plu trĂšs peu et je regrettais cette charmante journĂ©e pour les chers enfants. Mon gros Jacquot dormant sur une banquette de la gare devait ĂȘtre Ă  croquer; il doit y avoir eu des attroupements autour de cette charmante figure d’ange. Nathalie n’arrive que le 17, parce que l’ImpĂ©ratrice lui a fait dire qu’elle dĂ©sirait l’avoir pour l’entrĂ©e des troupes et les fĂȘtes
. La maison me semble vide depuis ton dĂ©part. Les chambres d’cnfans sont comme des tombeaux. Mon vĂ©sicatoire commence Ă  agir, non pas sur la toux, qui reste de mĂȘme, mais sur l’oppression, qui a sensiblement diminuĂ©; si elle revient, j’en remettrai un second, mais plus raisonnable de dimension, sur le cĂŽtĂ© gauche engorgĂ© et puis sous l’épaule droite engorgĂ©e ; je pense qu’avec ces appendices je serai dĂ©barrassĂ©e. Je suis pressĂ©e, Ă©tant en retard par suite d’une visite du curĂ© de Saint-Jean[65], que j’ai encore laissĂ© avec le pauvre Gaston
. Ta Jenny[66] va trĂšs bien et paraĂźt trĂšs satisfaite de se trouver en bonne compagnie; elle occupe sa stalle de l’annĂ©e derniĂšre. Demain elle ira avec le Gris chercher les enfants. Donne-moi des dĂ©tails sur ton Ă©tablissement au TrĂ©port, sur la nuditĂ© ou la verdure de la plage, sur les plaisirs des enfans, sur leurs moyens de promenade. Laisse ton crochet pendant une heure pour m’écrire en dĂ©tail ; achĂšve-moi ton voyage dans toutes ses petitesses
 Dis Ă  Jacques et a Jeanne que je leur baise les mains, les pieds, les joues et le front. Dis-moi si le changement de lieux empĂȘche les souvenirs de Jacques Ă  mon Ă©gard. Adieu, ma Minette. Gaston t’embrasse. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 12 aoĂ»t 1859. Gaston vient de partir[67], trĂšs chĂšre Minette, et je profite de l’inspection que font les petites dans les bois pour t’écrire quelques lignes. D’abord, moi ! CharitĂ© bien ordonnĂ©e commence par soi-mĂȘme. Moi donc, je vais mieux en ce que l’oppression a beaucoup diminuĂ©, que les transpirations de nuit sont presque disparues et que je tousse beaucoup moins la nuit; mais de jour, jusqu’au dĂźner, quoi que je fasse, quelques mĂ©nagements que je garde, je tousse au moins autant. Les petites sont arrivĂ©es hier soir Ă  sept heures trois quarts, avec Mme R
[68], qui est minaudiĂšre, prĂ©tentieuse et, je le crains, bĂȘte. Mais ce n’est que pour deux mois; elle s’en va a la fin de septembre. Je crois qu’aprĂšs ce temps, Nathalie se dĂ©cidera Ă  mettre les petites au couvent, ce qui sera beaucoup mieux pour elles. La pauvre Camille a eu la constance vertueuse d’aller tous les jours Ă  la messe de huit heures pendant tout son sĂ©jour aux Eaux[69]. Elles se lĂšvent et s’habillent seules, se coiffent seules, ce qui est une bonne habitude. Camille tousse encore un peu, Madeleine pas du tout; sa coqueluche, soignĂ©e dĂšs le dĂ©but d’aprĂšs mon petit livre[70], n’a durĂ© incommode que deux ou trois jours; celle de Camille, aidĂ©e des emplĂątres, des drogues et d’un immense vĂ©sicatoire du mĂ©decin, n’est pas finie et a Ă©tĂ© trĂšs violente. Celle de Baby, traitĂ©e par divers traitemens, a Ă©tĂ© plus violente encore et dure toujours
. Il paraĂźt qu’il n’y avait Ă  Bonnes aucune Ă©lĂ©gante ni aucun Ă©lĂ©gant, sinon Mme de R
 je crois, de Rome, et son fils, garçon de dix-huit Ă  dix-neuf ans, que la mĂšre maintient en veste ronde, qu’elle appelle le petit et qu’elle envoie jouer avec les en fans
 Camille et Madeleine sont trĂšs grandies; elles sont pĂąles et pas grasses, mais gaies et gentilles comme .oujours. Gaston est enchantĂ© de l’abbĂ© Hotebourg, qui est un autre homme que l’abbĂ© X
, de petit esprit mesquin, et que l’abbĂ© X
, de grand orgueil tyrannique. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 14 aoĂ»t 1859. Comment va ta toux ? R. S. V. P. ChĂšre petite, je prends le petit papier qui est sous ma main, par paresse d’aller chercher du grand dans mon bureau. Mme R
 est aprĂšs les enfans comme une tique, ne les laissant ni courir ni jouer, parce quelles sont trop grandes ; leur dĂ©fendant d’entrer dans le bois de bouleaux, parce qu’elles pourraient se perdre[71] ; ordonnant Ă  Madeleine de rester prĂšs de Camille pendant que celle-ci Ă©crit Ă  Nathalie en rĂ©crĂ©ation, parce que deux sƓurs ne doivent pas se quitter, et tout Ă  l’avenant, de sorte que je les prends le plus possible chez moi pour les dĂ©livrer de ce joug insupportable. J’allais mieux, comme je te l’ai mandĂ©, lorsqu’une bĂȘtise de cette sotte femme m’a replongĂ©e dans mon Ă©tat d’il y a huit jours et m’a obligĂ©e de remettre un vĂ©sicatoire sur la poitrine. Je voulais les envoyer se promener hier aprĂšs dĂźner Ă  sept heures avec Julie pour leur faire prendre de l’exercice. Mme R
 insiste pour les accompagner, et, de peur de la blesser, je cĂšde malgrĂ© l’entorse dont elle se plaint de souffrir encore. Elles partent par la grande route pour revenir par le chemin de l’église vers huit heures. Huit heures sonnent, personne ; l’inquiĂ©tude me gagne, l’humiditĂ© commence. J’envoie Baptiste au-devant d’elles avec des shals. Huit heures un quart, personne ; la nuit approche. Je sors, j’écoute ; j’avance et enfin, effrayĂ©e de ce retard, je vais dans les champs, appelant, criant ; Ă  huit heures et demie j’entends rĂ©pondre du cĂŽtĂ© du grand herbage ; je reviens essoufflĂ©e et tremblante ; Camille et Madeleine accourent au-devant de moi, furieuses et dĂ©solĂ©es. ArrivĂ©e au chemin qui monte dans les champs, Mme R
 avait refusĂ© de s’y engager, disant qu’elle ne veut pas se perdre[72], ni passer la nuit dans les bois[73], et, malgrĂ© les instances des petites, elle les ramĂšne par la grande route au petit pas d’entorse et leur fait recevoir sur le dos, couvert de leur simple robe, toute l’humiditĂ© du bas de l’herbage. Tu sais, hĂ©las! que l’inquiĂ©tude me porte Ă  la colĂšre[74] et je lui ai crĂ»ment dit que lorsqu’on ne connaissait pas un pays, on ne devait pas diriger, mais se laisser mener, et qu’à l’avenir je ne laisserais pas les petites aller au loin avec elle. Le fait est que j’ai toussĂ© comme un loup, que j’ai retranspirĂ©, Ă©touffĂ©, et que je me suis mis un vĂ©sicatoire Ă  dix heures. Depuis qu’il pique, je vais mieux; l’oppression diminue et la toux aussi. Les petites sont bien fĂąchĂ©es de ne pas te voir. Comment fais-tu pour faire promener les enfans, s’il n’y a pas un arbre dans le pays? Ils doivent s’ennuyer Ă  mourir, les pauvres petits!
 Adieu, ma chĂšre petite. J’ai envoyĂ© ton intĂ©ressante lettre Ă  ton pĂšre. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 19 aoĂ»t 1859. ChĂšre petite, pour me dĂ©barrasser de moi-mĂȘme, je te dirai d’abord que je vais beaucoup mieux, grĂące Ă  un sirop que m’ont envoyĂ© les religieuses de Sabine et que m’a apportĂ© Gaston hier soir. Je n’ai pas toussĂ© de la nuit, trĂšs peu aujourd’hui; je n’ai presque plus d’oppression; j’ai fait avec Gaston le tour du parc, sans compter beaucoup de tours au Chemin Vert; enfin je ressuscite et je vois la guĂ©rison complĂšte sous peu de jours d’ici. A prĂ©sent, aux nouvelles
 Nathalie est arrivĂ©e hier avec Paul, Gaston et le petit Louis, Ă  six heures un quart ; elle est trĂšs bien, mais elle tous-saille encore un peu quand elle est fatiguĂ©e ; Louis a encore des quintes de coqueluche quand il a voyagĂ©, mais je crois que d’ici Ă  la fin de septembre il ne toussera plus. Il est trĂšs fortifiĂ© et trĂšs gentil, mais un peu craintif; ainsi, il n’ose pas toucher Bastien[75] ni les autres chiens; continuellement il dit a peur affrayed ! il est trĂšs gai, trĂšs causant ; il prononce parfaitement
 Il est grand, assez robuste d’apparence, pĂąle, doux, gai, intelligent; il prend de la ressemblance avec Nathalie, sauf les yeux
 Parle-moi de ta toux et dis-moi
 comment est ta santĂ©. L’abbĂ© Bayle est un excellent et spirituel secrĂ©taire[76]. À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 28 aoĂ»t 1859. Je prĂ©sume que tu sais dĂ©jĂ , chĂšre petite, l’heureux accouchement de CĂ©cile[77], le 27, Ă  neuf heures quarante minutes ; la nuit avait Ă©tĂ© mauvaise par suite de douleurs de reins frĂ©quentes, mais pas fortes ; et Ă  neuf heures quarante, Marie-ThĂ©rĂšse Ă©tait venue au monde ; c’est le portrait de Henri[78], Ă©crit Anatole. On a dĂ» baptiser l’enfant ce matin Ă  une heure et demie, Pierre[79] remplaçant Gaston. Pendant le baptĂȘme, Gaston a rĂ©citĂ© Ă  la chapelle, avec nous tous, des priĂšres d’actions de grĂąces et d’invocation pour la mĂšre et pour l’enfant. — Depuis l’arrivĂ©e de Paul et de Nathalie, Luche, stimulĂ© par le bon appĂ©tit gĂ©nĂ©ral et par les Ă©loges des dĂ©vorants, nous refait sa cuisine primitive, excellente, fine et saine. Je lui ai reprochĂ© l’autre jour l’interruption qu’il a fait subir Ă  son talent; il m’a dit avoir Ă©tĂ© dĂ©couragĂ© par ton dĂ©goĂ»t pour toutes choses et par les critiques qu’on lui transmettait. Ainsi, quand tu remangeras de sa cuisine, mange et encourage. Le radis noir[80] a Ă©chouĂ© aprĂšs avoir arrĂȘtĂ© la coqueluche de Louis pendant deux nuits ; les quintes ont reparu cette nuit ; c’est dĂ©solant, car je crains d’ĂȘtre en sĂ©questre toute la saison. Ton pĂšre Ă©crit Ă  Nathalie que, d’aprĂšs la derniĂšre lettre d’Émile, tu commencerais une grossesse. Je m’explique alors tes maux d’estomac; tu es fatiguĂ©e, Ă©puisĂ©e; tu n’as jamais un mois de repos et tu souffres
 Il a plu ce matin, mais depuis onze heures il fait beau et les enfants en profitent. Ma toux reste au mĂȘme point. Adieu, ma chĂšre petite. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 31 aoĂ»t 1859. Ta lettre, ma pauvre petite, que j’ai reçue hier, me confirme dans mes craintes
 Que veux-tu! nous ne sommes pas dans ce monde pour nous amuser, mais pour souffrir
 Pense Ă  ta tante Galitzine, qui en a eu 17 [81] et qui a commencĂ© Ă  quatorze ans, la malheureuse ! C’est bien contrariant, mais
 il faut aimer ce que l’on a[82]. Le piano est lĂ , muet et inoccupĂ©, car je n’appelle pas musique les essais des petites et l’affreux tapotage de Mme R
, qui joue sec, monotone, Ă  contre-sens, dur, comme une cruche enfin qu’elle est en tout
 La petite Luche a pris la coqueluche d’Adrienne, qui l’a prise du petit Tors et qui l’a donnĂ©e Ă  tous les enfans de la maison ; elle mourra, c’est Ă©vident, ainsi que l’enfant d’Armand GuĂ©rin et l’autre nourrisson qui ont six Ă  sept mois. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 4 septembre i85g. Si mon pauvre gros Ă©tait ici, il s’amuserait joliment avec un Ăąne blanc que Bouland m’a achetĂ© Ă  la foire de Laigle ; il est blanc comme Mignonne[83], doux comme un mouton, et si familier que, lorsque nous nous promenons, il suit comme un chien; il arpente le Chemin Vert Ă  nos trousses, se range pour nous laisser passer; c’est un vrai Cadichon. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 10 septembre 1859. Ma pauvre Minette, je suis bien contente que tu sois mieux, et bien peinĂ©e de ne plus te voir jusqu’au mois de dĂ©cembre
 Ton pĂšre est enchantĂ© de ton retour; Nathalie Ă©crit qu’il ne va pas bien des reins, qu’il ne peut presque pas marcher. La maladie fait des progrĂšs; je crains bien, l’annĂ©e prochaine, ne pouvoir plus m’absenter comme d’habitude; ce sera un sacrifice un peu rude, mais les rudes sont les meilleurs pour une Ăąme indisciplinĂ©e comme la mienne. Alors commencera la seconde partie de ma vie conjugale, interrompue par un entr’acte de quelques Ă©tĂ©s, ou mĂȘme de quelques annĂ©es ; et alors Anatole entrera en possession des Nouettes ou bien elles changeront de dynastie, subissant ainsi le sort commun et frĂ©quent de tout ce qui est français. — J’ai reçu ce matin une lettre d’Élise qui me reproche avec raison mon silence involontaire ; je sers souvent de secrĂ©taire Ă  Gaston pendant que l’abbĂ© Bayle lui fait des copies et lui prend des notes pour un ouvrage sur la Vie IntĂ©rieure qu’ils sont en train d’élaborer. Je regrette que tu n’aies pas connu l’abbĂ© Bayle ; quel excellent homme, prĂȘtre et secrĂ©taire ! Ce serait le beau idĂ©al de Gaston ; toutes les qualitĂ©s de l’abbĂ© X
, aucun de ses dĂ©fauts et un ensemble parfait. Tu sais que je ne donne plus de bulletin de ma santĂ©, pour cause de guĂ©rison parfaite. Le petit Louis a eu la fiĂšvre ces trois derniers jours ; aujourd’hui il va mieux
 X
 dĂ©teste Paul comme second de Persigny, qu’il hait, et ce n’est pas sa femme qui fera virer de bord ce pacha Ă  trois queues, sans cƓur et sans cervelle
 Ton cheval va trĂšs bien, et se promĂšne pour sa santĂ© ; nous ne nous servons jamais des chevaux, sauf le jour de la foire de Laigle. Quel bel et noble et charmant article a fait Louis Veuillot aujourd’hui ! Je vais lui Ă©crire. Adieu, ma bonne petite chĂ©rie ; je t’embrasse tendrement et je baise tout doucement la petite figure enflĂ©e de mon pauvre cher Jacquot
. ―――― ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 12 septembre 1859. 
 ChĂšre petite
 Livet peut donc ĂȘtre Ă  vous le 22 octobre? J’ai un vague espoir que cette acquisition possible vous ramĂšnerait ici[84]. Émile ayant de l’occupation ne s’ennuierait pas ; toi-mĂȘme, tu pourrais y aller passer des journĂ©es en te faisant un abri passager, pour les cas de pluies d’orage ou de fatigue, dans la vieille maison, car on ne l’abattra pas avant le printemps
 Adieu, trĂšs chĂšre Minette
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettcs, 14 septembre 1859. Je suis impatiente de savoir ce que tu feras pour Livet, chĂšre petite, et si Émile ira Ă  la vente. S’il ne l’achĂšte pas pour le prix fixĂ©,
 M. B
 le fait acheter par un ami qui a des capitaux et qui en fera avec lui une spĂ©culation ; le curĂ© de Saint-Jean nous l’a dit, il y a peu de jours ; et c’est pourquoi la mise Ă  prix est aussi Ă©levĂ©e
 — J’ai reçu hier la poĂ©sie de notre ami[85] accompagnĂ©e d’une lettre charmante
. Les vers sont beaux, les pensĂ©es belles, mais elles ont le tort d’ĂȘtre rendues en vers. C’est sans doute un sens qui me manque; je n’aime pas les vers; ceux de Hugo, de Lamartine m’ont trouvĂ©e insensible; je n’aime que les vers de MoliĂšre, d’Émile Augier et d’Anatole, parce que rien en eux ne rappelle la versification et ses rĂšgles. Que faire maintenant? Comment Ă©crire ce que je pense Ă  ce pauvre ami poĂšte? Et comment Ă©crire ce que je ne pense pas? Et comment ne pas Ă©crire du tout? Les vers sont beaux, je le rĂ©pĂšte, mais ils m’ennuient. Demande, je t’en prie, Ă  M. G
[86] de me donner pour pĂ©nitence cet hiver de lire vingt pages de cette poĂ©sie, belle, Ă©loquente. — Les dĂ©tails que tu me donnes sur mes gros amours m’ont fait grand plaisir, mais prends garde que Jeanne n’ennuie Jacques Ă  force de l’embrasser, et qu’il ne lui rende une taloche pour baiser; son petit poing, tout gentil et charmant qu’il est, sait se faire sentir, et Jeanne pourrait pleurer et mon pauvre Jacquot serait grondĂ©, tapĂ© peut-ĂȘtre
 Le pauvre petit d’Es-grigny est mort, fort heureusement[87] ; son agonie a Ă©tĂ© affreuse et a durĂ© quatre mois ; les pauvres parents sont au dĂ©sespoir. Gaston n’a pas de leurs nouvelles depuis la mort de l’enfant, ce qui lui fait croire qu’ils ont emmenĂ© son corps en Bretagne, oĂč ils ont un chĂąteau prĂšs de Kermadio. — Je suis enchantĂ©e de te savoir sortie de ta crise d’estomac, et enchantĂ©e pour toi de l’arrivĂ©e du bon Jean; tĂąche de le garder jusqu’à ton dĂ©part. Il doit faire bien froid au TrĂ©port, car ici il ne fait pas chaud et le vent vous glace malgrĂ© robes et shals. Adieu, ma chĂšre Minette ; je t’embrasse bien tendrement ainsi que les trĂšs chers Minets et Émile le gros matou. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 18 septembre 1859. ChĂšre enfant, j’ai reçu ta lettre, qui me rend l’espoir de te voir habiter Ă  Livet; le projet de conserver la maison est plus raisonnable, hĂ©las! mais c’est dommage qu’elle soit si laide, si mal tournĂ©e, si sottement percĂ©e, si bas de terre. Si M. LĂ©preux arrive Ă  en faire quelque chose de bien, il fera preuve d’une habiletĂ© miraculeuse[88]
 Ta lettre Ă  la tante Nar est parfaite ; ce serait un meurtre et un vandalisme de la dĂ©chirer. Barras[89] est venu me dire hier que tous les petits bassets sont morts d’une maladie qui rĂšgne sur les chiens, et que la mĂšre bassette Ă©tait expirante ; il ne pensait pas qu’elle pĂ»t arriver au lendemain. Mylord[90] va bien et chasse comme un Dieu sic
 Adieu, chĂšre enfant
 Je te garde deux lettres de L. Veuillot. À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 19 septembre 1859. Woldemar m’écrit qu’on se met dĂ©cidĂ©ment Ă  notre chemin de fer et que dans quinze ou dix-huit mois nous irons en trois heures de Paris Ă  Laigle. Il arrivera, hĂ©las ! trop tard pour moi, car ton pĂšre sera probablement dans un Ă©tat qui m’obligera Ă  ne presque plus le quitter et c’est Anatole qui sera ton voisin. Gaston y viendra pendant ses vacances, mais moi, quinze jours au plus. Quel temps froid, laid, pluvieux et venteux ! Que deviennent les pauvres enfans quand ils ne peuvent pas sortir ? Gaston a emportĂ© ta caisse
 et mon manuscrit des Vacances. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 22 septembre 1859. Nathalie est arrivĂ©e. La sotte gouvernante devait dĂ©guerpir le 30 et me laisser une chambre libre ; elle lui a demandĂ© de rester encore un mois. Au Ier novembre, je crois qu’elle fera entrer les petites au couvent. VoilĂ  Camille prise ce matin d’une fiĂšvre de cheval qui me fait l’effet d’un accĂšs ; frisson, chaleur et Ă  prĂ©sent transpiration. Edgard arrive ce soir pour dĂźner ; je lui ai envoyĂ© la calĂšche Ă  Conches. Adieu, ma Minette chĂ©rie ; merci de ton petit mot de ce matin
 J’embrasse Émile et les gros amours. Jacquot est un amour. J’écris qu’on t’envoie la lettre de ta tante[91] quand on l’aura lue Ă  Paris. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 25 septembre 1859. ChĂšre petite, j’envoie Ă  Émile un plan que m’a apportĂ© pour lui un des hĂ©Fitiers-gendres de Livet. C’était un grand beau monsieur, barbe noire, trĂšs bien mis, trĂšs bonnes maniĂšres.— Je fais des vƓux pour que tu aies Livet, pour que l’architecte puisse vous arranger la maison Ă  peu de frais et lui donner un aspect honorable et engageant
 Camille va bien ; elle est sortie aujourd’hui pour la premiĂšre fois en voiture Ă  Ăąne; j’avais peur de la scarlatine, mais le bon Dieu nous a Ă©pargnĂ© cette Ă©preuve ; Nathalie eĂ»t Ă©tĂ© obligĂ©e d’emmener Madeleine et Louis ; Edgard aurait dĂ» se sauver avec les siens, et le sĂ©questre aurait durĂ© pour le moins six semaines. — Je gĂ©mis de ne pas te voir pendant si longtemps, d’autant qu’il me faudra encore te quitter un mois ou six semaines pour les couches d’Henriette. Mme de B
[92] ne pĂšse pas une once ; elle se dĂ©lecte dans le rĂ©cit des scĂšnes orageuses du futurat, de la rupture frĂ©quente du mariage et de l’entente cordiale qui a suivi le mariage ; Marie a eu 24 000 francs pour sa corbeille, sans compter les bijoux et diamants magnifiques; elle est enchantĂ©e. Adieu, ma chĂšre entant
 Je pense que pour le coup, mon cher Jacquot m’aura oubliĂ©e et qu’au retour de Paris il ne me reconnaĂźtra plus guĂšre et ne trouvera plus autant d’attrait dans ma sociĂ©tĂ©. C’est ainsi qu’en vieillissant, on parvient Ă  se dĂ©tacher de toute chose. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 25 septembre 1859. Je suis dĂ©solĂ©e de ton Ă©tat de souffrance, chĂšre petite
 
 Quoi qu’il en soit de la cause, je me prĂ©occupe de l’effet et je m’afflige de te savoir aussi souffrante. Je ne puis rrTempĂȘcher de croire que si tu Ă©tais ici, tu irais mieux, et qu’à Paris tu ne seras pas aussi bien que tu le serais ici. Du reste, si Émile achĂšte Livet, tu pourras peut-ĂȘtre t’établir dans la "maison telle qu’elle est pendant deux ou trois mois, et tu seras ma voisine si ce n’est ma commensale ; quand mĂȘme nous ne nous verrions que rarement, je pourrais du moins te donner des soins, s’ils Ă©taient nĂ©cessaires toutefois, car je ne voudrais certainement pas, sous prĂ©texte de te soigner, vous assommer de mes conseils dĂ©crĂ©pits. La fin d’octobre viendra rĂ©soudre le problĂšme. Edgard m’a dit que vous Ă©tiez dĂ©cidĂ©s Ă  acheter la terre de Touraine si vous n’avez pas Livet; Ă  la grĂące de Dieu, qui arrange tout pour le mieux. La petite Valentine est gentille Ă  croquer; jamais elle ne crie ni ne se fĂąche; elle n’est certes pas importune. Edgard et Marie en sont trĂšs occupĂ©s, mais raisonnablement; Edgard chasse tous les jours trois ou quatre heures il fournit abondamment notre garde-manger; Mylord quĂȘte, rapporte et chasse admirablement; aussi fait-il tuer force perdreaux. Camille va tout Ă  fait bien
 Adieu, chĂšre enfant; que feras-tu de tous les effets que tu as laissĂ©s ici, croyant les retrouver en octobre? N’y a-t-il pas des objets nĂ©cessaires pour l’hiver ou l’automne?
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 29 septembre 1859 Je te remercie,ma pauvre Minette, de m’avoir Ă©crit encore l’avant-veille de ton dĂ©part ; je suis contente de te savoir mieux, et contente de te voir quitter le TrĂ©port ; l’air de la mer te fait peut-ĂȘtre mal dans l’état oĂč tu es, et le changement d’air ne pourra que te faire du bien ; tu arriveras la veille de ta fĂȘte, de tes vingt-quatre ans ! C’est encore bien jeune, et pourtant te voilĂ  bien prĂšs de trois enfans ; puisse ce troisiĂšme ĂȘtre aussi fort et aussi gentil que les deux premiers ! Il a fait chaud Ă  suer jusqu’à hier; aujourd’hui il fait presque froid, assez froid pour que je m’inquiĂšte de voir partir pour Livet, en calĂšche dĂ©cou verte, Nathalie, Marie, Edgard, Camille et Madeleine. Je leur donnerai ma couverture de voiture et tout ce que j’ai de shals et de parapluies. Edgard est impatient devoir Livet ; il compte s’y promener dans tous les sens. Je t’écrirai demain pour ta fĂȘte et je te dirai leurs impressions. Adieu, Minette infortunĂ©e; j’espĂšre que le voyage te soulagera
. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 3o septembre 1859. Je pense avec peine, chĂšre petite, que pour le jour de ta naissance tu as eu les ennuis et la fatigue d’un voyage et d’une installation; dans deux heures d’ici, Ă  cinq heures, je me reposerai en te sachant arrivĂ©e ; mais tu ne seras rĂ©ellement Ă©tablie que dans trois ou quatre jours. L’impression qu’Edgard, Marie et Nathalie ont rapportĂ©e de Livet, c’est que c’est "une magnifique propriĂ©tĂ©, qui renferme les Ă©lĂ©-mens d’une belle et charmante habitation, mais que tout y est Ă  crĂ©er; que ce sera une affaire de dix ans, au moins ce qui n’est pas un mal; que la maison actuelle peut se supporter provisoirement, mais qu’elle sera impossible quand le dehors sera dessinĂ© et arrangĂ©, et ils ne croient pas qu’on puisse jamais en faire autre chose que des communs. La tour leur a donnĂ© dans l’Ɠil ainsi que les arbres dans la cour, et lĂ© bois qui avoisine la maison ; celui au delĂ  des platanes leur a paru de toute beautĂ©. Ils ont, au reste, trĂšs mal vu, car la pluie les a pris Ă  plu sieurs sieurs reprises ; tout Ă©tait trempĂ©, glissant, boueux. Le garde leur a dit qu’à la demande d’Émile, le conseil municipal avait dĂ©cidĂ© que le chemin qui passe le long de la maison et du bois serait supprimĂ©, si c’est Émile qui achĂšte Livet; le pays est dans une vive anxiĂ©tĂ© au sujet de la vente ; on dĂ©sire ardemment votre suzerainetĂ© et on craint beaucoup d’autres acheteurs. Le plus clair de l’affaire est qu’il faut vous arranger de votre mieux dans la terre que vous achĂšterez, pour y vivre agrĂ©ablement de ses produits. A Livet, vous aurez du poisson, du gibier, du laitage, des produits de basse-cour, etc., etc. Vous y dĂ©penserez peu. C’est Paris qui gruge. Moi, dans peu de temps, je serai forcĂ©ment clouĂ©e Ă  Paris, Ă  cause de ton pĂšre, et j’y resterai jusqu’à ce qu’il plaise au bon Dieu de me rappeler Ă  Lui. J’espĂšre que tu pourras me donner de tes nouvelles demain samedi et quelques dĂ©tails sur ta santĂ©, sur les enfans, ton voyage, les parens et amis de Paris. Je crains Paris pour la correspondance on n’a jamais le temps d’écrire. Adieu, ma chĂšre Minette
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 2 octobre 1859. Je reçois ta pauvre lettre au crayon, chĂšre Minette ; je t’en remercie d’autant plus que je te sais si souffrante. Ton pĂšre et Elise te trouvent extrĂȘmement changĂ©e ; Élise est mĂȘme inquiĂšte de ton Ă©tat de santé  Il paraĂźt, d’aprĂšs cela, que le changement d’air ne t’a fait aucun bien. Je sais que tu devais voir M. Tessier; mais que peut faire M. Tessier contre un Ă©tat provenant d’une longue et grande fatigue? Et que pouvons-nous faire tous, que de te plaindre et souffrir avec toi? Je te remercie, chĂšre petite, de tous les dĂ©tails que contient ta lettre, malgrĂ© ton Ă©tat de souffrance. En t’écrivant pour ta fĂȘte, j’ai emmĂȘlĂ© les deux Ă©vĂ©nements de ta naissance et de ton voyage du TrĂ©port Ă  Paris et je me suis figurĂ© que les deux n’en faisaient qu’un et que tu voyageais le jour de ta naissance ; l’erreur n’a durĂ© que les instants d’absorption de la lettre, et, le jour mĂȘme, le grand jour, le rr octobre, tu n’as pas Ă©tĂ© oubliĂ©e pendant la messe, Ă  Aube. Le curĂ© vient dire la messe ici les mardi et vendredi; le beau temps est engageant, les autres jours, pour les sorties matinales. Mes journĂ©es se passent en petites et grandes promenades ; ma correspondance a peine Ă  se faire et je ne sais quand je pourrai commencer, continuer et finir le Triomphe du Pauvre Biaise. Ce n’est pourtant pas le petit Louis qui m’en empĂȘche, car je le vois Ă  peine un quart d’heure dans la journĂ©e et une demi-heure le soir au salon. Les petites travaillent et jouent ensuite ; mais c’est un va-et-vient dans ma chambre, ce sont des appels de l’un, de l’autre, et, comme je l’ai dit plus haut, une abondance de promenades qui me ravissent tout mon temps et surtout mon repos d’esprit. Je me porte trĂšs bien dans tout cela, mais je n’ai pas deux heures pour Ă©crire, en dehors de ma cor respondance. respondance. Rien de nouveau ici. Nathalie doit faire son service Ă  la rentrĂ©e de l’ImpĂ©ratrice ; elle sera Ă  Paris la veille pour recevoir l’ImpĂ©ratrice Ă  la gare et commencer son service. La gouvernante part la semaine prochaine ; sauf le piano, ce sera un bon dĂ©barras ! Quelle personne inintelligente et peu naturelle! Adieu, ma trĂšs chĂšre Minette
 Merci des bonnes nouvelles de mes gros petits amis; ils sont mieux casĂ©s comme ils sont, cette annĂ©e-ci. J’embrasse ces chers amours et j’embrasse le pĂšre des amours
 Ta caisse grise est partie hier
 La caisse Ă©tait horriblement faite; je l’ai un peu arrangĂ©e, mais tout Ă©tait chiffonnĂ© et abĂźmĂ©, surtout la robe de mousseline Ă  raies cerise. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 4 octobre 1B59. Ma pauvre petite, tu es malade tout Ă  fait; la fiĂšvre et le mal de tĂšte ne sont plus des accidents de grossesse, mais l’indice d’un Ă©tat inflammatoire exaspĂ©rĂ© par l’air irritant de la mer et par les grandes chaleurs. Tes crampes d’estomac tiennent aussi Ă  cet Ă©tat d’irritation gĂ©nĂ©rale; heureusement que tu es entre les mains de M. ’fessier et sous la garde affectueuse de la hnnnc Elise. Je suis tourmentĂ©e et affligĂ©e de ton Ă©tat de souffrance, ma pauvre Minette ; j’ai communiĂ© ce matin Ă  ton intention ; la faiblesse de ma priĂšre aura Ă©tĂ© fortifiĂ©e par la puissance de Je ne dis rien du renvoi du ministre piĂ©montais, sinon qu’il aurait dĂ» ĂȘtre exĂ©cutĂ© depuis deux ans ; que le roi Galantuomo gredin! aurait dĂ» ĂȘtre excommuniĂ© avec tous les siens, et que notre Empereur aurait dĂ» recevoir depuis longtemps un avertissement particulier, confidentiel, mais sĂ©vĂšre. On aurait dĂ» lui rappeler les malheurs de l’Oncle, depuis sa rĂ©volte contre le Saint-SiĂšge et ses duretĂ©s personnelles envers le Pape. — Nathalie a tous les jours mal Ă  la tĂȘte; Henriette va bien enfin. Les petites t’embrassent et te regrettent. Adieu, ma chĂšre Minette chĂ©rie, je pense Ă  toi cent cinquante fois par jour; si tu veux t’épargner la fatigue d’une lettre, je t’en enverrai une toute faite pour la sƓur de Saint-Charles[93]
. J’embrasse ton secrĂ©taire[94], auquel je n’écrirai que demain ; je n’ai pas le temps aujourd’hui. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 6 octobre 1859. Je ne t’écris qu’un mot, chĂšre petite, pour te dire combien je suis attristĂ©e et prĂ©occupĂ©e de ton Ă©tat;
, tes nouvelles aujourd’hui ne sont guĂšre meilleures que celles d’hier que m’avait donnĂ©es ton pĂšre; cette fiĂšvre persistante t’épuise
 J’attends tous les jours l’arrivĂ©e du facteur avec une vive impatience, mais jusqu’ici et depuis longtemps les nouvelles sont loin d’ĂȘtre satisfaisantes
 Ton pĂšre et Woldemar me mandent qu’Émile te soigne avec affection et douceur; dis-lui que je l’en remercie de tout mon cƓur et que je me repose sur lui du soin de te guĂ©rir. Jacques et Jeanne produisent un effet gĂ©nĂ©ral d’admiration; personne ne m’a dit si Jeanne marchait seule la voilĂ  qui a treize mois; elle est dans l’ñge de partir. Adieu, ma chĂšre petite chĂ©rie
. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 8 octobre 1859. Je te remercie, ma pauvre petite, des quelques lignes qui commencent la lettre d’Émile; j’espĂšre, d’aprĂšs ces deux jours sans fiĂšvre, que la convalescence est commencĂ©e; j’ai Ă©tĂ© trĂšs tourmentĂ©e de cette maladie et trĂšs attristĂ©e de ton Ă©tat de souffrance. Je remercie Émile et j’espĂšre bien qu’il viendra, non Ă  Laiglc, mais aux Nouettes, oĂč j’ai parfaitement de quoi le loger; il aura la chambre de Gaston, et l’architecte celle de Sabine. Quelle bizarre idĂ©e Ă  ces imbĂ©ciles de Livet de ne pas Vous laisser couper du bois la premiĂšre annĂ©e, et de ne pas vouloir ĂȘtre payĂ©s avant quatre ans! Cette derniĂšre clause, toute bĂȘte qu’elle est, n’est qu’un ennui, car les fonds sont si bas maintenant qu’ils ont toute chance de monter dans quatre ans d’ici; la dĂ©fense d’abattre du bois retarde d’une annĂ©e seulement les constructions nĂ©cessaires, comme briques, tuiles, sable, ardoises, pierres Ă  bĂątir; en attendant, on commence les fondations, on fait les caves, on arrange le dehors, on fait faire la menuiserie, fenĂȘtres, portes, parquets, etc. Et puis on avance les travaux de terrassement; une annĂ©e est bientĂŽt passĂ©e. — Tout cela n’empĂȘche pas que ces vendeurs sont fous d’apporter toutes ces entraves Ă  leur vente; cela semble justifier ce que disait le curĂ© de Saint-Jean du dĂ©sir d’un des vendeurs de garder la terre en partageant avec un ami, bailleur de fonds
 Quel bel et bon article de notre ami dans l’Univers de ce matin! qu’en dit le critique Woldemar? Oblige-le de le lire devant toi. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 14 octobre 1859. Je trouve indigne et misĂ©rable l’avertissement Ă  l’Univers; c’est trop visiblement le rĂ©sultat d’une vengeance particuliĂšre de ces mauvais Rouland et La GuĂ©ronniĂšre. Le pauvre Empereur laisse trĂŽner les gueux, dĂ©core les rĂ©dacteurs du SiĂšcle et les About, laisse dĂ©trĂŽner le Pape, piller et voler ses États par un soi-disant Galantuomo. Si j’avais seulement un jour la puissance du bon Dieu, quel ravage je ferais dans les rangs de ces gens-lĂ  et quelle position je ferais Ă  nos amis ! et comme je ferais envisager Ă  l’Empereur l’abĂźme vers lequel il marche ; lui, je le convertirais ; j’en ferais un saint Louis ! de l’ImpĂ©ratrice une sainte EugĂ©nie, et de toute sa cour Ă©purĂ©e une maison de Dieu. Adieu, ma chĂšre petite chĂ©rie ; je t’ Mme R
 est obligĂ©e de partir pour ĂȘtre gouverneur du jeune de V
, ĂągĂ© de quatorze ans, en remplacement de son mari, qui part subito, pour la remplacer prĂšs de son pĂšre Ă  elle, mourant d’une fluxion de poitrine et ĂągĂ© de quatre-vingt-douze ans, qui demande sa fille avant d’expirer. Elle ne partira que demain ou aprĂšs. Je serai obligĂ©e de me faire gouvernante des petites
. Je ferai de mon mieux, jusqu’au retour de Nathalie[95] ; je n’écrirai plus que des mots, car presque tout mon temps sera pris par ce devoir improvisĂ©. Je t’embrasse tendrement, ma Minette
. Je croyais que mon petit Jacques m’avait oubliĂ©e et je suis touchĂ©e de son souvenir si constant. J’aime beaucoup les tapes de Jeanne, pour qu’on la laisse marcher seule. Que je voudrais voir cette grosse boule trotter sans aide! ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 16 octobre 1859. ChĂšre enfant, je commence demain mes fonctions de gouvernante, ce qui va me prendre tout mon temps, et je veux faire aujourd’hui un immense courrier pour ne pas avoir de remords pendant quelques jours, au moins
. J’écris Ă  Élise pour la dĂ©fense faite Ă  l’Univers d’insĂ©rer les mandemens des ÉvĂšques ; le pauvre Empereur, en attaquant le corps des ÉvĂȘques car l’insulte est pour eux, ne voit pas qu’il fait la part du diable Ă  Victor-Emmanuel son ami et Ă  sa propre famille et dynastie. Ces deux aveugles travaillent pour la rĂ©volution, le socialisme et l’impiĂ©tĂ© ; le Pape les gĂȘne comme chef delĂ  religion de JĂ©sus-Christ; et les infortunĂ©s font, sans le vouloir mais non sans le savoir, les affaires du diable, ce grand perturbateur de tout ce qui est ordre, sagesse et bien. Pauvre Empereur ! Il avait si bien commencĂ©! Que n’a-t-il continuĂ© jusqu’à la fin sa direction ferme, sage
 et hypocrite; il paraĂźt clairement dĂ©montrĂ© qu’il a attendu le moment et que sa vraie pensĂ©e est celle exprimĂ©e dans quelques discours rĂ©volutionnaires et dans sa lettre Ă  Edgard Ney. Le pauvre petit prince, qui est si gentil, fait de la peine; quel avenir lui fait son pĂšre! C’est bien le cas ou jamais d’acheter des terres. Adieu, chĂšre enfant. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 22 octobre 1859. Merci de ta lettre, mon enfant ; elle m’a un peu rassurĂ©e sur toi, mais ne te fatigue pas ; tu vois combien tu es faible encore et susceptible ! il te faudra des soins jusqu’aprĂšs tes couches. Je suis enchantĂ©e que mon pauvre Jacquot aille bien et que son Ă©tat de pleurs faciles et de grognonnerie inaccoutumĂ©e n’ait pas Ă©tĂ© le commencement ou l’indice de quelque maladie
 Nous attendons Émile, qui est ou n’est pas propriĂ©taire de Livet depuis trois heures. Il sera ici Ă  cinq heures; ta lettre l’attend dans sa chambre; il t’aura sĂ»rement Ă©crit de Mortagne pour te dire ce qu’il aura fait pour Livet. Il fait superbe, mais un froid glacial; quand je suis sortie ce matin Ă  huit heures, le thermomĂštre marquait un degrĂ© au-dessus de zĂ©ro. Émile n’aura pas chaud pour revenir; j’ai bien fait de lui donner la couverture de voiture pour s’envelopper les jambes. Donne-moi une idĂ©e pour quelque chose de chaud et de facile Ă  mettre ; un grand mantelet de drap ouatĂ©, avec un volant en drap, serait, je crois, bon et commode; mon shall n’est pas chaud du tout; c’est du cachemire d’Ecosse, sec et mince. Il me faut quelque chose que je puisse mettre pardessus dans les grands froids, ou seul dans les tempĂ©ratures modĂ©rĂ©es. Combien me faudrait-il de drap et de taffetas de doublure, et Ă  combien le mĂštre? TĂąche de me savoir cela; je me dĂ©ciderai alors et je ferai faire la chose par ma femme de chambre. Ce n’est pas pressĂ©; ne me le fais que lorsque tu te trouveras dans un magasin pas cher pour ton propre compte[96]. Je t’embrasse bien tendrement avec mes bons, beaux et chers petits. À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 23 octobre 1859. ChĂšre Minette, je te fĂ©licite et je me fĂ©licite de te voir propriĂ©taire de Livet ; j’étais vexĂ©e hier de l’avoir su avant toi et de te savoir sur le gril sans pouvoir t’en retirer. Émile paraĂźt enchantĂ©. Il a dĂ©jĂ  reçu la demande de M. X
[97] pour ĂȘtre son rĂ©gisseur tu juges s’il l’a envoyĂ© promener et d’un maĂźtre maçon pour faire les bĂątimens ; le second a pris le chemin du premier
 En somme, il est enchantĂ© et heureux ; moi, je le suis Ă©galement de la pensĂ©e de t’avoir prĂšs de moi et d’ĂȘtre Ă  ta portĂ©e en cas de nĂ©cessité  La grosse Allemande a-t-elle du moins le mĂ©rite d’apprendre l’allemand Ă  mon Jacquot chĂ©ri, dont je devine ici le charmant aspect avec sa robe noire, ses beaux yeux brillans, ses joues roses, sa peau blanche et fine et la grĂące de toute sa chĂšre petite personne ? C’est-il vrai que tu reprends ta vieille octogĂ©naire pour cuisiniĂšre ? ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, lundi 24 octobre 1859. ChĂšre Minette
 Émile va trĂšs bien ; il s’est administrĂ© avant de partir du pĂątĂ© avec accompagnement Ă  grand orchestre qui lui a mis du lest dans l’estomac. Il paraĂźt que M. LĂ©preux, l’architecte, mange merveilleusement, comme quatre pour le moins. Il a l’air d’un excellent homme, fatiguant Ă  cause de sa surditĂ© ; Émile espĂšre le rembarquer ce soir mĂȘme ; je voudrais pour ce pauvre homme qu’il couchĂąt ici et ne partĂźt que demain. Adieu, ma trĂšs chĂšre Minette, je t’embrasse tendrement au galop, m’étant laissĂ©e attarder. J’ai donnĂ© Ă  Émile mon chariot, qui lui sera trĂšs commode et dont je me passe parfaitement
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 25 octobre 1859. ChĂšre Minette
 Je n’ai qu’une minute pour t’embrasser et pour te dire combien je suis heureuse de cette acquisition d’Émile ; je n’osais l’espĂ©rer, tant c’était charmant pour moi ! Adieu, mon enfant
 Je t’envoie par Émile les charmantes lettres de L. Veuillot et une charmante lettre de mon oncle Philippe de SĂ©gur. Tu l’ajouteras Ă  ta collection de famille. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 29 octobre 1859. ChĂšre Minette, voici une lettre de ta tante Narishkine ; 
 Je t’ai rĂ©pondu hier pour mon voyage en Bretagne, et je rĂ©pĂšte, que de mĂȘme que j’ai Ă©tĂ© Ă  Londres pour Nathalie, que j’irais en Chine pour toi, j’irai en Bretagne pour Henriette. Adieu, chĂšre Minette
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 31 octobre 1859. Merci de ta lettre reçue ce matin, chĂšre petite, et des excellens renseignemens que tu me donnes sur la nourriture et sur l’état prospĂšre des chers gros petits; j’espĂšre que mon Jacquot me donnera le spectacle de son gentil petit pied faisant marcher une brosse Ă  frotter. C’est un excellent exercice pour les jours de pluie, et avec un pareil ouvrier les parquets doivent reluire comme des glaces. TroisiĂšme journĂ©e de pluie aujourd’hui; je le constate avec chagrin pour les enfans de Paris comme pour ceux d’ici. Je t’écris en colĂšre contre mon pĂ©piniĂ©riste qui, au lieu d’attendre que je lui demande des arbres Ă  planter pour le jour qui me convient, imagine de m’en apporter une charge Ă  l’instant, au beau milieu de la pluie, Bouland Ă  Laigle, mes ouvriers sans surveillance, et moi obligĂ©e aprĂšs ma lettre d’aller diriger les plantations avec une pluie battante. Dis Ă  Émile qu’il aura son homme Ă  bois[98], Bouland l’a vu hier; c’est un des hommes les plus entendus pour tout ce qui concerne les bois et l’achat, vente, dĂ©bit, exploitation; seulement Bou-land demande qu’Émile ne lui Ă©crive rien Ă  l’homme avant d’ĂȘtre venu ici; alors, il lui Ă©crira de venir lui parler; sans quoi, cet homme lui en voudrait Ă  la Normande, c’est-Ă -dire Ă  tout jamais et avec tout le venin possible. Z
 ira sans doute te voir Ă  moins que sa femme ne l’emploie trop Ă  promener et endormir la petite en voilĂ  une qui avec toute sa gentillesse et sa douceur fera de son mari tout ce qu’elle voudra
 J’ai oubliĂ© de te demander de ne rien m’acheter, ni drap ni taffetas ; je n’en ai plus besoin ; je me rĂ©chaufferai autrement, avec les moyens rustiques de la campagne[99]. Ne me fais pas violence lĂ -dessus, car positivement j’en serais contrariĂ©e et gĂȘnĂ©e. J’achĂšve de payer mes travaux de l’annĂ©e; ceux venant de Paris me laisseront une queue de
, que je ne solderai que dans l’hiver. Nous allons bien ici; on s’ennuie un peu, je crois
 A la grĂące de Dieu; c’est ce qu’on peut faire de mieux. Adieu, ma chĂšre Minette; j’attendrais Émile avec impatience s’il ne devait pas te quitter pour nous rejoindre et si tu n’étais dans l’impossibilitĂ© de l’accompagner. Je t’embrasse bien tendrement ainsi que le compagnon de ta vie et les charmants soutiens de ta vieillesse
 Anne est une excellente personne et trĂšs soigneuse pour l’enfant, mais c’est une Anglaise. À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 2 novembre 1859. Un pauvre petit mot seulement, chĂšre petite, car il est trois heures et demie; j’ai passĂ© ma journĂ©e Ă  planter les arbres que m’avait apportĂ©s avant-hier le malencontreux pĂ©piniĂ©riste, qui arrive toujours comme un inconvĂ©nient
 Dis Ă  Élise que je n’ai pas encore eu le temps de lui Ă©crire, mais que je lui ai fait dire par Gaston qu’à la cour, l’Univers est en disgrĂące complĂšte et qu’on n’attend qu’une occasion pour le supprimer. As-tu lu l’article de Montalembert au Correspondant et Ă  l’Ami de la-Religion} comment est-il? Henriette m’en fait un Ă©loge enthousiaste. Adieu, chĂšre Minette. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 4 novembre 1859. De grĂące mon enfant; calme-toi, ne t’effraye pas outre mesure, et ne terrifie pas ton pĂšre en voulant le mieux soigner. M. Tessier assure que ce n’est pas une attaque de paralysie1; au reste, ton pĂšre, ayant dĂ» le revoir aujourd’hui, doit Ă©crire Ă  Nathalie 1. Mon pĂšre, retenu Ă  Paris par ses fonctions de prĂ©sident de la compagnie de l’Est, avait eu chez moi, aprĂšs dĂźner, un engourdissement causĂ© par une congestion cĂ©rĂ©brale si lĂ©gĂšre qu’il avait pu retourner chez lui a pied une demi-heure aprĂšs. ce qu’il aura dit et prescrit. Ne va pas proposer Ă  ton pĂšre de le loger, ce serait comme si tu lui disais Mon cher pĂšre, vous avez eu une attaque qui peut se renouveler d’un moment Ă  l’autre et vous tuer subitement, et comme je ne veux pas que vous mouriez tout seul, je vous demande de venir mourir chez moi, ce qui vous arrivera beaucoup plus sĂ»rement et plus promptement que chez vous, impressionnĂ© comme vous le serez par la connaissance du danger que vous courez selon moi, et dĂ©rangĂ© nuit et jour par le bruit de la rue, celui des enfans, et le changement de vos habitudes et de votre service particulier. » Il en serait presque de mĂȘme si je m’empressais d’accourir; il comprendrait bien vite que l’un de vous m’a avertie qu’il pouvait finir d’un moment Ă  l’autre et que je reviens pour assister Ă  ses derniers moments. Je saurai demain l’avis de M. Tessier, et j’agirai en consĂ©quence, niais pas de maniĂšre a effrayer ton pĂšre et provoquer une seconde attaque, si premiĂšre il y a, ce que nie M. Tessier. Je ne l’en Ă©cris pas plus long, nia chĂšre Minette, parce que mon Ɠil est en trop mauvais Ă©tat; il est rouge et douloureux; j’espĂšre que ce bouton intĂ©rieur disparaĂźtra bientĂŽt, car je ne puis rien faire tant qu’il est lĂ , et quand j’écris, cet Ɠil brĂ»le et s’injecte tant qu’il peut. Je t’embrasse tendrement. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 6 novembre 1859. ChĂšre petite, je suis dĂ©solĂ©e de te savoir reprise de tes douleurs d’estomac, et bien impatiente d’avoir de tes nouvelles
 Je ne puis arriver sans prĂ©venir ton pĂšre, qui Ă©crit hier encore Ă  Nathalie que je ne dois pas revenir avant le 25, que l’entresol[100] est converti en garde-meuble, que la cuisine n’a pas de fourneau, etc. [101]. Arriver malgrĂ© lui Ă  l’improviste serait l’effrayer et le contrarier considĂ©rablement. Je lui ai donc Ă©crit Ă  l’instant que je voulais ĂȘtre prĂšs de lui pour aider Ă  son rĂ©tablissement en lui apportant le repos d’un mĂ©nage, que je le priais en consĂ©quence de faire dĂ©blayer ma chambre, celle de ma femme de chambre et de François afin que je trouve oĂč me poser, et de me faire savoir si je pouvais arriver cette semaine-ci, ou au plus tard au commencement de la semaine prochaine. Mon Ɠil va mieux ; je vois plus net. Encore deux jours, ce sera fini. ―――― ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 7 novembre 1859 ChĂšre enfant, ta reprise de fiĂšvre et de crampes d’estomac me prĂ©occupe pĂ©niblement en indiquant jusqu’à quel point ta santĂ© est dĂ©traquĂ©e ; ĂȘtre reprise de fiĂšvre pour une forte Ă©motion [102], indique un grand Ă©branlement nerveux et par consĂ©quent une grande faiblesse. Mais qu’y faire, sinon patienter et patiemment souffrir? C’est ce qui augmente la triste impression que me cause ta santĂ©. J’attends demain la rĂ©ponse de ton pĂšre pour dĂ©cider mon retour. Je suis persuadĂ©e, chĂšre enfant, que tu es trĂšs sincĂšre en me disant les tendresses que contient ta lettre; je dis seulement qu’aucun de vous n’a besoin de moi comme Gaston, qui, Ă©tant aveugle, apprĂ©cie davantage Y utilitĂ© d’un dĂ©vouement tout bĂȘte et matĂ©riel, il est vrai, mais qui ne lui fera jamais dĂ©faut. Je laisse tout ce qu’il faut pour qu’Émile et M. LĂ©preux couchent aux Nouettes quand ils reviendront pour Livet. Ton cheval va bien depuis trois jours seulement; c’est une bĂȘte Ă  mĂ©nager. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 14 novembre 1859. ChĂšre Minette, ton pĂšre me supplie si humblement de ne pas lui imposer la contrariĂ©tĂ© de mon retour prĂ©cipitĂ©, que j’ai fait changer mes places Ă  la diligence pour lundi prochain. Je te demande de dĂ©barquer chez toi et de dĂźner chez toi, si l’arrivĂ©e tardive du convoi ne dĂ©range pas tes heures de repas ; dans ce cas, tu dĂźnerais sans m’attendre et tu me garderais de la soupe, un plat de viande quelconque et du fromage ou autre chose, genre dessert. Depuis que je suis seule, c’est mon ordinaire le matin, un ou deux Ɠufs, selon le bon vouloir des poules, des gaudes[103] et du thĂ© ; le soir, soupe, viande et fromage. Je suis dehors deux ou trois heures par jour, j’écris, je range, je sors, je lis et je passe mes journĂ©es sans ennui comme sans plaisir, attendant patiemment celle oĂč je te reverrai et t’embrasserai. Tu ne me dis pas si Émile et compagnie s’établiront aux Nouettes ; en tout cas, je leur laisse les deux chambres d’enfans prĂȘtes Ă  les recevoir, les lits faits, le linge dans l’armoire de la premiĂšre chambre, les bougies dans les flambeaux, le bois dans les paniers; la premiĂšre chambre fera salon et salle Ă  manger; la seconde, chambre Ă  coucher. Ce n’est pas Ă©lĂ©gant, mais tu sais qu’elles sont bonnes et pourvues de toutes les nĂ©cessitĂ©s de la vie. Si tu m’écris qu’ils y viennent, j’y ferai monter la vaisselle nĂ©cessaire pour trois. Vital et Bouland les serviront. Je n’irai pas au couvent jusqu’au 1er, comme le propose ton pĂšre ; je veux vous voir Ă  mon aise et sans t’obliger Ă  te tuer en galopant au couvent. Je trouverai moyen de coucher quelque part dans la maison, sauf Ă  dormir entourĂ©e de meubles et de tableaux. Je t’embrasse bien tendrement, chĂšre Minette. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 18 novembre 1859. ChĂšre petite, Émile est arrivĂ© en bon Ă©tat de conservation Ă  sept heures trois quarts, gelĂ© depuis Conches ; il a bien dĂźnĂ©, il s’est couchĂ© Ă  dix heures, il a bien dormi cette nuit 
 Il ira Ă  deux heures voir Baudry pour l’homme de bois ; demain seulement Ă  Livet ; j’y ferai porter des matelas, etc.. quand il voudra. Je lui prĂȘte mon cabriolet pour l’hiver; il lui sera nĂ©cessaire pour courir. Je dine chez toi demain, samedi, et je te quitte Ă  neuf heures pour ne pas dĂ©faire ton rĂ©gime. Je t’embrasse tendrement, cher enfant, ainsi que le doux Jacquot et la pĂ©tulante Jeannette. Je suis bien heureuse de nie retrouver prĂšs de toi. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 2 avril 1860. J’irai demain porter ta quĂȘte chez le Nonce. Rien de nouveau, sinon que l’Empereur a demandĂ© au marĂ©chal de Mac-Mahon s’il avait vu LamoriciĂšre avant son dĂ©part. Non, Sire, il est parti trop prĂ©cipitamment. — Je crains que la besogne qu’il va faire lĂ -bas ne soit pas bien facile et je ne vois pas trop Ă  quoi elle aboutira ; mais c’est Ă©gal, ce qu’il fait est chevaleresque. » — Je n’ai pas vu notre ami Louis Veuillot et je n’en ai pas de nouvelles ; le petit Louis va mieux
. Nathalie lui a parlĂ© des Nouettes, car il veut toujours faire ses paquets pour aller voir Jacques
. Ton pĂšre va de mĂȘme, triste de ton dĂ©part, ce qui est bien naturel. Mon pauvre Jacques est parti au dĂ©sespoir de ne pas t’avoir et croyant que tu restais Ă  Paris ; son dĂ©sespoir m’a touchĂ©e et dĂ©solĂ©e. Adieu, mon enfant
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, mercredi 4 avril 1860. ChĂšre petite, ton oncle LĂ©once[104] et une sƓur quĂȘteuse de Saint-Charles m’ont retardĂ©e et j’attends Nathalie pour aller Ă  Auteuil voir les petites et entendre TĂ©nĂšbres. La consultation de Rayer a Ă©tĂ© en tout semblable Ă  celle de M. Tessier ; seulement, il y a de plus six sangsues ce soir, et de l’eau de Vichy coupĂ©e d’eau et de vin aux repas. Il a dit nettement Ă  ton pĂšre que s’il travaillait plus d’une heure par jour, il aurait une attaque d’apoplexie ; ton pĂšre est un peu effrayĂ© ; il a dĂ©jĂ  enrayĂ© sur son repas du matin, qui a Ă©tĂ© fort modĂ©ré  Nous venons de lire dans un itinĂ©raire de l’Allemagne que Hanovre[105] est une ville charmante, pleine de squares et de jardins, dont un d’une demi-lieue de long et aboutissant Ă  une charmante rĂ©sidence royale d’étĂ© ouverte au public ; tout le pays est un jardin continuel ; le petit y sera donc trĂšs bien
 J’attends avec impatience de tes nouvelles et de celles de mes chers petits ; vous avez de belles journĂ©es ; dis-moi si Alphonse joue avec Jacques. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 6 avril 1860. Ton pĂšre ne va pas bien ; ses sangsues d’avant-hier lui ont fait plutĂŽt mal que bien ; ce matin, il craignait ne pas pouvoir marcher ; son engourdissement et sa faiblesse sont pis que jamais. Notre ami Louis Veuillot n’a pas encore ses papiers; mais il a Ă©tĂ© trĂšs gracieusement reçu hier matin par le prĂ©fet de police, qui lui a dit que tout ce qui se trouvait dans ces notes ne pouvait que lui faire honneur, Ă  lui et Ă  ses amis, et qui lui a fait entendre que les papiers Ă©taient entre les mains de l’Empereur. Ta tante Galitzine viendra peut-ĂȘtre avec moi ; je crois qu’AngĂšle donnera la fourrure
 pour
. Vends beaucoup de beurre, de fromage, de volailles, de bois surtout, et tu pourras avoir la fourrure. — Adieu, ma Minette chĂ©rie; depuis ton dĂ©part, je retrouve du temps pour tout faire sans sacrifier le dĂ©sir le plus cher Ă  mon cƓur, de me diriger vers le n° 127 de la rue Saint-Dominique. Mon pauvre Jacquot a-t-il tout reconnu aux Nouettes? Le petit Biribi[106] les amuse-t-il ? Adieu, chĂšre enfant. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 8 avril 1860. Je n’ai malheureusement reçu ta lettre qu’hier au soir, chĂšre petite
 Ton pĂšre vient de recevoir la tienne, dont il te remercie et Ă  laquelle il craint de ne pas pouvoir rĂ©pondre, tant son bras est engourdi et sans force; il ne va ni mieux ni plus mal ; il fera voir l’ordonnance de M. Mazier au mĂ©decin de la Compagnie[107] et il s’en servira si la FacultĂ© n’y trouve pas d’inconvĂ©nient. Jeudi, j’ai les Veuillot Ă  dĂźner. Je suis fort inquiĂšte de leur pain quotidien; d’ici peu de temps, ils en manqueront; leurs ennemis sont contens; ils ont abusĂ© de leur pouvoir[108] pour rĂ©duire Ă  la misĂšre un des plus beaux et des plus grands esprits de France, et ils n’ont pas pu le faire plier. Si nous pouvions nous cotiser et lui assurer cinq ou six mille francs par an, il gagnerait avec ses ouvrages de quoi arriver Ă  l’aisance
 et il aurait le nĂ©cessaire assurĂ©; mais comment lui faire accepter? . . Je donnerais mille francs par an, 
 les M
 et les B
[109] en donneraient chacun mille, le reste ne serait pas difficile Ă  complĂ©ter; mais qui osera le leur offrir et le leur faire accepter[110]? 
 Nathalie commence ses prĂ©paratifs pour Hanovre; Paul part le i5 et elle le 20 ou le 25; il paraĂźt que c’est charmant comme aspect de pays ; il n’y manque que du monde Ă©lĂ©gant et du luxe parisien
 Je suis trĂšs contente du mieux qu’éprouvent les enfans et du bon Ă©tat de ta santĂ©; les lettres d’Henriette sont toujours terminĂ©es par des prĂ©occupations sur toi et tes couches ; tout l’hiver il en a Ă©tĂ© ainsi. Adieu, chĂšre Minette
 À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 10 avril 1860. ChĂšre petite, ton pĂšre commence ce soir le traitement si facile de M. Mazier[111] ; la lettre d’Émile a achevĂ© de le convaincre et il ne veut pas continuer le traitement de M. Rayer, qui lui fait plus de mal que de bien ; aujourd’hui il Ă©prouve un tel engourdissement et un tel embarras dans la tĂšte, qu’il craint, dit-il, d’avoir une attaque d’apoplexie immĂ©diate. Il a donc envoyĂ© ton ordonnance Ă  M. Mondet[112] ; je te tiendrai au courant de l’effet qu’elle produira. Temps de chien aujourd’hui ; plus froid qu’hier et de la pluie ; j’en suis contrariĂ©e pour les pauvres enfans. Prends garde Ă  ce que tu Ă©cris, secrets de famille ou autres; on lit beaucoup les lettres[113] et tu sais qu’avec des mots interprĂ©tĂ©s mĂ©chamment, on peut poursuivre et condamner. À quoi servent les Ă©pithĂštes brutales, sinon Ă  tĂ©moigner de la mauvaise Ă©ducation des gens qui s’en servent et de leur peu de charitĂ© une personne bien Ă©levĂ©e Ă©loigne de son vocabulaire certaines Ă©pithĂštes vulgaires, comme coquin, canaille, etc. Adieu, chĂšre enfant; plus que jamais je borne mon opposition aux priĂšres redoublĂ©es et ferventes ; c’est la seule profitable aux autres et Ă  soi-mĂȘme
 M. Naudet attend ta lettre pour partir[114] tu feras bien de lui payer largement son voyage ; il est trĂšs gĂȘnĂ©. Je recommande Ă  Émile de mĂ©nager mon pauvre Gris et de le mener sagement, comme un cheval qu’on veut conserver ; ce n’est pas un coureur et il n’est pas plus entraĂźnĂ© que ne l’était la pauvre Jenny[115], qui aurait durĂ© vingt ans avec un maĂźtre sage. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 12 avril 1860. Je suis trĂšs contente que votre dĂ©cision soit prise quant au bĂątiment neuf; raconte Ă  M. Naudet les dimensions de tout, afin que je sache comment vous serez ; j’aime l’espace, le confortable, mais pas l’excĂšs du bien qui tombe dans le luxe des grands chĂąteaux de millionnaire. As-tu su que le meilleur domestique des R
 les quitte, parce qu’il ne veut plus porter la livrĂ©e qui le dĂ©shonore depuis treize ans? Celui-lĂ  veut faire partir les autres ; c’est une dĂ©bandade dans la maison ; j’avoue que j’ai la mĂ©chancetĂ© d’en ĂȘtre enchantĂ©e ; voilĂ  ce que c’est que de garder de mĂ©chantes gens qu’on paye mal et qui, aprĂšs avoir tout brouillĂ© ailleurs, brouillent tout chez leurs maĂźtres. Dis-moi ce que tu penses de mon chemin nouveau longeant le hangar, de mes massifs, de mes espaliers neufs. Tu me diras, quand les feuilles seront venues, si les massifs cachent un peu ce que je veux cacher et si on leur; prĂ©voit un avenir satisfaisant. Gaston est parti ce matin pour Bordeaux et Toulouse. Tout le monde va bien. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 14 avril 1860. Merci de ta lettre, chĂšre Minette ; d’aprĂšs ce que tu me dis du malaise que tu Ă©prouves, tu es probablement accouchĂ©e Ă  l’heure oĂč je t’écris ; c’est une triste et trĂšs pĂ©nible incertitude, que j’avale tant bien que mal en cherchant Ă  ne pas m’étrangler au passage et Ă  ne pas annuler par une rĂ©bellion intĂ©rieure les fruits de mon sacrifice extĂ©rieur. M. Naudet, qui te porte ce mot, te trouvera, j’espĂšre, mĂšre d’un troisiĂšme petit tourmenteur en attendant que les annĂ©es en fassent un consolateur. Je voudrais un Paul, autant pour mon cher petit Jacques que pour pĂšre et mĂšre, et surtout pour Ă©viter au malheureux Émile les difficultĂ©s de la Mar-gu-erite[116]. J’ai de bonnes nouvelles de Gaston, qui marche Ă  Bordeaux d’honneur en honneur, de triomphe en triomphe[117]
 Adieu, ma chĂšre Minette. J’ai chargĂ© M. Naudet de me rapporter des dĂ©tails sans fin sur toi, sur les enfans, sur Livet, etc. Dis Ă  Émile de tirer de la cave du bon vin pour M. Naudet, le CĂŽte-RĂŽtie, par exemple, qui est si bon, et une bouteille de Champagne Ă  ta santĂ©! Adieu, chĂšre enfant. Que le bon Dieu te bĂ©nisse avec mari et enfans ! — Ton pĂšre va un peu mieux ; il a Ă©tĂ© Ă  pied hier au Palais-Royal et est revenu Ă  pied de la rue Saint-Florentin. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 1860. 
 J’ai pris un drĂŽle de petit domestique ; de la taille de Baptiste, mais plus grĂȘle ; il a vingt ans. C’est le seul moyen de garder des domestiques ; petits et laids, personne n’en veut et ils vous restent bon grĂ© mal grĂ©; bĂ©nis le ciel de la laideur du tien. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 16 avril 1860. J’ai une extinction de voix complĂšte ; mais je vais bien du reste, sauf la toux et la gorge. Nathalie a un rhume affreux. Ton pĂšre va mieux et il commence Ă  en convenir ; il parle mieux, il marche mieux, Ă©crit mieux; et enfin, preuve irrĂ©cusable du mieux, il m’engage Ă  aller passer une semaine avec toi aprĂšs tes couches. Tu juges si j’ai acceptĂ© avec joie ; je laisserai passer ta fiĂšvre de lait et je t’arriverai cinq ou six jours aprĂšs tes couches ; je suis enchantĂ©e de ce congĂ©. — Adieu, chĂšre Minette; je rĂ©pondrai Ă  mon Jacquot dans la journĂ©e. — As-tu vu dans le Monde la lettre de L. Veuillot au Pays ? Elle est charmante. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 19 avril 1860. ChĂšre petite, j’ai reçu ta lettre et lu avec un grand intĂ©rĂȘt tous les dĂ©tails concernant les enfans et Livet. Ton pĂšre continue Ă  aller mieux, mais c’est un progrĂšs insensible de jour en jour et pourtant sensible aux yeux de ceux qui ne le voient pas tous les jours. J’espĂšre que nous pourrons dire bientĂŽt Honneur Ă  M. Mazier ! » Ma pauvre Minette, je crains ne pas pouvoir aller aux Nouettes
 J’ai donc renoncĂ© hier Ă  mon petit voyage si dĂ©sirĂ©. VoilĂ , ma pauvre fille, comme j’ai sacrifiĂ© le repos au devoir, et comment j’ai rĂ©primĂ© tous mes Ă©lans de grand’mĂšre, pour aider la fille qui s’est volontairement chargĂ©e d’une lourde croix Ă  en allĂ©ger le poids[118]. Que Dieu m’accorde au plus tĂŽt un sĂ©jour prolongĂ© prĂšs de toi aux Nouettes, et qu’il rende la santĂ© Ă  ton pĂšre !
 Woldemar est dans son lit avec la tĂšte engagĂ©e, une mine dĂ©testable; je vais retourner chez lui Ă  cinq heures pour savoir l’avis du mĂ©decin. Il y a trois jours qu’il est malade. Nathalie et Paul sont toujours ici. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 24 avril 1860. Demain, chĂšre petite, j’espĂšre, comme tu me le fais pressentir, avoir la fin de mes prĂ©occupations, et remercier Dieu de ton heureuse dĂ©livrance. J’aimerais mieux un garçon, mais une fille sera une compagne et une amie pour notre grosse Jeannette; c’est une compensation. Je suis enchantĂ©e que les fondations de Livet commencent Ă  se creuser; tant que ce ne sera pas bĂąti, je serai inquiĂšte de ton futur chĂąteau. Il paraĂźtrait, d’aprĂšs ton silence sur l’emplacement, que vous avez suivi le tracĂ© de M. Naudet; vous ne pouviez mieux faire, puisqu’il est homme de goĂ»t et que la chose n’a dĂ» ĂȘtre dĂ©cidĂ©e qu’aprĂšs tous les pour et les contre possibles. Woldemar va visiblement mieux[119] ; il mange des potages ; il dĂ©jaunit un peu; ses yeux sont bons; il a repris sa vivacitĂ© et il est trĂšs reconnaissant de ta lettre et des sentimens qu’elle exprime
 J’espĂšre que le pauvre Alphonse va bien. Comme c’est ennuyeux que Biribi soit mort ! ne lui aura-t-on pas donnĂ© quelque fond de casserole mal Ă©tamĂ©? Recommande bien Ă  ta cuisiniĂšre de ne rien conserver, de ne rien laisser refroidir dans les casseroles ou bassines en cuivre; regarde toi-mĂȘme dans la cuisine, dans le garde-manger, comment tout cela est arrangĂ©; rien ne vaut l’Ɠil du maĂźtre. Adieu, ma trĂšs chĂšre enfant; je bĂ©nis de loin ton troisiĂšme enfant comme je bĂ©nis tous les jours les deux aĂźnĂ©s et la mĂšre des trois. J’envoie ce matin seulement les langues-de-chat[120]. Hier Baptiste mettait au courant mon tout petit second domestique; le tien est donc une bĂȘte? Peut-ĂȘtre se formera-t-il sous la haute surveillance de Baptiste. Adieu, ma chĂšre Minette chĂ©rie
. J’écris Ă  mon Jacquot pour annoncer les langues-de-chat. Ton pĂšre va trĂšs bien. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 26 avril 1860. Je suis inquiĂšte, chĂšre petite; pas de nouvelles hier ni aujourd’hui; peut-ĂȘtre est-ce un retard de la poste, mais peut-ĂȘtre est-ce autre chose. Si Émile est trop occupĂ© par ses travaux de Livet, les enfans, etc., je le prie de me faire Ă©crire quelques lignes par la bonne. J’ai fait hier part de la naissance de Marguerite Ă  la famille intime, aux Veuillot, Ă  M. Naudet, etc. Il me reste les Lagrange que je verrai Ă  quatre heures. Je n’ai pas encore vu Élise, mais elle m’a fait dire qu’elle Ă©tait fort contente. Ton pĂšre va mieux il marche Ă©tonnamment vite et d’aplomb. Adieu, ma chĂšre Minette ; je t’embrasse tendrement avec tous les tiens qui deviennent nombreux au dĂ©tail. La petite Meg tĂšte-t-elle bien ? Dort-elle bien ? Te laisse-t-elle du repos ? Woldemar va bien ; il mange et dort. Adieu, chĂšre enfant. Tout le monde t’embrasse et te complimente. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 1860. J’ai vu hier Élise chez moi, elle est trĂšs changĂ©e, maigrie et attristĂ©e; elle m’a dit t’avoir Ă©crit hier, ce qui m’a fait remettre ma lettre Ă  aujourd’hui
. Je suis sĂ»re que si l’Empereur savait les illĂ©galitĂ©s et les vexations misĂ©rables qu’on emploie pour ĂŽter Ă  cet ennemi loyal et honorable Louis Veuillot,les moyens de gagner son pain et celui de ses enfans. il en serait mĂ©content et humiliĂ©, car il y a dans l’Empereur une bontĂ© et une gĂ©nĂ©rositĂ© naturelles qui rĂ©pugnent Ă  ces vengeances mesquines et ignobles; au fond, il sait parfaitement reconnaĂźtre la grandeur et l’honorabilitĂ© du caractĂšre de cet ancien ami[121] dĂ©vouĂ© jusqu’à l’enthousiasme, qui est devenu un ennemi consciencieux et terrible, contrairement Ă  tous ses intĂ©rĂȘts temporels, et pour satisfaire Ă  la voix de sa conscience. Ils viendront avec moi aux Nouettes pendant que j’y serai
. Ta tante Galitzine en fera autant, je crois; elle n’a pas de quoi vivre ; les Nouettes deviendront un asile et un hospice pour les personnes abandonnĂ©es
. ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Paris, 1er mai 1860. Merci de tes bonnes et longues nouvelles, cher Émile; je suis enchantĂ©e de la beautĂ© naissante de Margot; son Ɠil n’est rien; c’est probablement le rĂ©sultat d’une lumiĂšre trop vive le premier jour de sa naissance, ou peut-ĂȘtre n’a-t-elle pas eu pour circuler dans sa chambre et dans celle d’Olga le shall lĂ©ger de mousseline ou de barĂšge qui enveloppe si bien les petits enfans et qui garantit des petits filets d’air dans tous les cas, ce ne sera pas grave ; si cela dure, je demanderai Ă  M. Tessier l’ordonnance de l’eau qu’il a donnĂ©e Ă  Louis[122] pour ses yeux et qui l’a guĂ©ri en trois jours
. Le temps commence dĂ©jĂ  Ă  se gĂąter ici; je crains qu’il n’en soit de mĂȘme aux Nouettes. Prends garde de trop mettre Jacques dans du coton; laisse-le sortir en le prĂ©servant du froid et de l’humiditĂ© aux pieds ; dĂšs le matin, l’air est bon Ă  la campagne; le reste de coqueluche qu’il a n’en passera que plus vite[123]. Sabine va toujours bien de corps et d’ñme et attend avec une vive impatience sa jumelle chĂ©rie[124]. Moi, j’attends avec une Ă©gale impatience le jour qui me ramĂšnera prĂšs de vous tous. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 5 mai 1860. ChĂšre petite, je t’écris sous le coup d’une contrariĂ©tĂ© et d’une inquiĂ©tude; pour commencer par la derniĂšre, Nathalie, aprĂšs quelques jours de toux pas soignĂ©e, a crachĂ© le sang toute la nuit et ce matin; elle attend M. Tessier ; Paul part demain par ordre du ministre et Nathalie est ajournĂ©e indĂ©finiment ; ce crachement de sang est grave et annonce une rechute complĂšte[125]. — La contrariĂ©tĂ© provient de Louise qui, Ă  ma grande surprise, a fait tant d’objections pour mener Camille et Madeleine aux Tuileries, que je n’ai pas voulu insister et donner un ordre absolu ; mais je vois d’aprĂšs cela que sa bonne volontĂ© a des limites et que je puis sans lui faire tort la classer au rang des domestiques ordinaires et parisiens. — Je ne sais ce que vont devenir ces pauvres petites[126]
 Moi, je ne suis bonne Ă  rien, ne sortant pas depuis trois jours et ne devant pas sortir par ordre de M. Tessier; je vais mieux pourtant et je tousse moins ; je n’ai pas eu de fiĂšvre celte nuit. — J’ai envoyĂ© hier Ă  mon Jacquot les gĂąteaux promis. Aucune nouvelle d’aucun genre; le temps est beau et chaud; ton pĂšre va mieux; Woldemar va mieux, renonce aux Nouettes et reprend son travail au chemin de fer. Je n’ai vu aucun des tiens, ne parlant ni ne sortant depuis mon retour du couvent. Adieu, ma chĂšre Minette. Jacques est-il content de ma correspondance ? ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 7 mai 1860. MalgrĂ© que je ne t’aie Ă©crit ni hier ni avant-hier, chĂšre petite, tu as eu des nouvelles d’ici par mes lettres Ă  Jacques
. J’espĂšre que la caisse d’hier est arrivĂ©e Ă  bon port, Ă  heure exacte et que mes chers petits sont entrĂ©s en jouissance de leurs oranges, croquignoles et pastilles; seulement, je n’enverrai plus de pastilles parce qu’elles coĂ»tent trop cher et que les petits ont de trop nombreux aides de bouche ; chacune des deux grandes boĂźtes du premier envoi auraient dĂ» faire deux ou trois mois ; Ă©videmment les parents y ont goĂ»tĂ© et regoĂ»tĂ© de façon Ă  n’en laisser miette. Quant aux croquignoles, langues-de-chat et autres comestibles moins tentans, je les renouvellerai quand mon petit Jacquot m’en fera la commande. Ton pĂšre va assez bien et toujours mieux ; ce qui m’irrite, c’est qu’il laisse croire que ce mieux est dĂ» au traitement de M. Rayer, qu’il a suivi huit ou dix jours et qui lui a fait un mal si sensible qu’il me disait lui-mĂȘme Je me sens dans un tel Ă©tat et si mal, de la tĂȘte et de partout, que c’est Ă  croire que je vais ĂȘtre foudroyĂ© » sic. — C’est alors que je l’ai fortement engagĂ© Ă  essayer du moyen conseillĂ© par M. Mazier ; il l’a commencĂ© dĂšs le lendemain, et l’amĂ©lioration a Ă©tĂ© presque immĂ©diate ; ses jambes se sont fortifiĂ©es et il a pu faire des courses Ă©tonnantes, vu son Ă©tat rĂ©cent. La tĂȘte a continuĂ© Ă  rester embarrassĂ©e, grĂące Ă  son obstination Ă  continuer les eaux de Vichy ; quand il a consenti Ă  les interrompre, il s’est trouvĂ© dĂ©barrassĂ© de cette pesanteur en vingt-quatre heures et l’amĂ©lioration des jambes a continuĂ©. — De sorte que, lorsqu’on le fĂ©licite devant moi de s’ĂȘtre mis entre les mains de Rayer, je rectifie les faits ; je rends Ă  CĂ©sar ce qui est Ă  CĂ©sar et je proclame la science de M. Mazier ; plusieurs personnes m’ont dĂ©jĂ  demandĂ© l’ordonnance que tu as envoyĂ©e Ă  ton pĂšre. Ce qui m’a causĂ© un malin plaisir, c’est le rĂ©sultat de la seconde visite trĂšs inutile de ton pĂšre Ă  M. Rayer, qui l’a Ă  peine Ă©coutĂ©, qui ne lui a rien conseillĂ© Mettez des sangsues si vous voulez ; purgez-vous si vous voulez ; continuez l’eau de Vichy si vous voulez ; etc. » De sorte que ton pĂšre a donnĂ© ses 20 francs pour rien et sans pouvoir rien rapporter de nouveau, ni de prĂ©cis comme ordonnance. Il continue donc paisiblement Ă  suivre le traitement de M. Mazier tout en se plaignant de l’inefficacitĂ© du remĂšde. — Paul ne part plus qu’aprĂšs-demain. Nathalie la semaine prochaine
 Il ne faut pas que le bon Dieu me laisse vivre trop longtemps; une trop longue vie n’est utile Ă  personne, et souvent elle est nuisible Ă  l’ñme et triste au corps du vieillard malencontreux; pour moi, qui deviens de plus en plus sourde et aveugle, je ne puis tenir beaucoup ni mĂȘme du tout Ă  une existence infiniment prolongĂ©e. Adieu, ma chĂšre Minette. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 9 mai 1860. EnnuyĂ©e de rester enfermĂ©e, de n’en tousser que mieux, de ne pas parler, etc., je t’écris un mot avant de sortir; il fait chaud et lourd, mais pas beau; la pluie menace sans cesse; j’irai chez Nathalie; je veux dire adieu aux petites, qui retournent demain matin au couvent. De lĂ , j’irai chez Henriette avoir des nouvelles du petit Armand qui a une ortilliĂšre et un eczĂ©ma dont il souffre beaucoup par tout le corps; de lĂ  chez Elise; de lĂ  Ă  Saint-Sulpice; de lĂ  chez Sabine, que je n’ai pas vue depuis que j’ai quittĂ© le couvent, il y a dix jours; de lĂ  chez moi. oĂč je ne tousserai pas plus qu’hier et peut-ĂȘtre moins. J’espĂšre que tu n’as pas fait l’imprudence de te faire relever hier Ă  Aube, comme l’a Ă©crit Émile Ă  ton pĂšre; quinziĂšme jour de couches, ce serait de la haute folie. Je comprends, car j’en avais le pressentiment, les ennuis que te donne la sƓur; elles sont parfois insupportables et absolues comme des pachas. — Je n’ai pas vu Élise depuis longtemps; il est probable qu’ils viendront aux Nouettes avec moi et qu’ils y resteront jusqu’en septembre, Ă  moins que les vacances ne les ramĂšnent Ă  Paris en aoĂ»t
 J’attends les trois chapeaux, que j’expĂ©dierai demain jeudi, grande vitesse. Ne t’effraye pas si tu les trouves un peu bizarres Ă  premiĂšre vue; ils arrivent de Londres; ils sont Ă  la derniĂšre mode et du goĂ»t le plus irrĂ©prochable. J’espĂšre que les tĂštes entreront dans les chapeaux. Mon Jacquot n’est pas maltraitĂ© ni toi non plus. — Woldemar va de mieux en mieux; depuis hier il recommence son travail Ă  la compagnie et il s’en trouve bien; il Ă©tait harassĂ© et assommĂ© de cette vie de flĂąnerie et d’oisivetĂ©. Il plaint profondĂ©ment X
 et autres infortunĂ©s qui se condamnent a ne rien faire. Adieu, ma chĂšre Minette. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 10 mai 1860. ChĂšre petite, j’expĂ©die ta caisse, qui contient un chapeau en paille blanche qui regarde la petite Luche ; un, deux, trois chapeaux en paille marron; premier Ă  Jeanne, deuxiĂšme Ă  Jacques, troisiĂšme et dernier avec plume blanche, Ă  toi. On les trouve charmans et si Émile ne les trouve pas Ă  son goĂ»t, c’est que dĂ©cidĂ©ment il n’en a pas. Je dĂ©sire non seulement savoir ce qu’il en dit, mais je te charge spĂ©cialement d’étudier sa physionomie quand on les dĂ©couvrira Ă  ses yeux. Louise a Ă©tĂ© dĂ©solĂ©e de son mĂ©fait de l’autre jour; elle m’a dit le lendemain qu’elle en avait pleurĂ© toute la journĂ©e, qu’elle ne comprenait pas ce qui lui avait passĂ© par la tĂȘte, etc., etc. Le fait est qu’elle devait dans l’origine accompagner Camille et Madeleine Ă  l’Hippodrome avec Anna qui menait Élisabeth ; Nathalie, ayant trouvĂ© imprudent et malsĂ©ant que ses filles y allassent sans homme et sans pĂšre ni mĂšre c’était juste, a refusĂ© la partie au dernier moment. Quand donc il a fallu changer l’Hippodrome contre une simple promenade aux Tuileries, le dĂ©sappointement d’un plaisir manquĂ© lui a fait envisager ses devoirs de femme de chambre un jour de blanchissage et la promenade lui a semblĂ© trop fade auprĂšs de l’Hippodrome ; ajoute a cela que, la veille, Madeleine les avait fait enrager en traversant les rues sous le nez des chevaux
. Tout cela rĂ©uni l’a montĂ©e Ă  la rĂ©volte, ou tout au moins Ă  une foule d’objections qui Ă©quivalaient Ă  un refus
. Comment veux-tu prendre une sale paysanne comme JosĂ©phine M
 ? Il vaudrait encore mieux prendre la laide Cou
 ou la petite Sorette, ou la grosse et lente Fri
 ou l’imbĂ©cile L
. Et le domestique Lillois, comment fait-il? Se fait-il? 
 Camille et Madeleine rentrent au couvent demain; Madeleine pleure depuis hier voilĂ  ce que c’est que de les avoir gardĂ©es inutilement trois semaines. Adieu, ma chĂšre Minette ; je t’embrasse tendrement ainsi qu’Émile, que je suis trĂšs contente de savoir rĂ©tabli, et les chers minets, surtout les deux que je connais et qui m’aiment. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 19 mai 1860. 
 Comment peux-tu te faire servir par une cuisiniĂšre? Cela me semble impossible et un peu ridicule; au lieu d’une Ă©conomie, ce sera une dĂ©pense, car elle te gĂąchera tes affaires, elle repassera les velours, elle laissera manger les laines aux vers; elle laissera jaunir les dentelles et broderies, etc., etc., et elle ne saura tirer parti de rien
. Nathalie est partie hier matin, Ă  six heures, aprĂšs une journĂ©e de migraine. Ton pĂšre va trĂšs positivement mieux ; il prĂ©tend que ce mieux, qu’il avoue, n’est dĂ» qu’au temps, et que M. Mazier n’y est pour rien. C’est de l’ingratitude, mais ce n’est pas le premier ni le seul ingrat parmi les hommes et ce ne sera pas lui qui en fermera la liste. Je ne te dis rien de la politique, puisqu’il est plus sĂ»r de ne rien dire de tous ces nouveaux saints politiques saint Garibaldi, saint Victor-Emmanuel, etc., etc. Quand ce nouvel Almanach sera complet, il sera toujours temps de l’apprendre. Dis-moi si c’est ton domestique qui a arrangĂ© ma pauvre chapelle. Je voulais que Baptiste l’arrangeĂąt pendant qu’il Ă©tait aux Nouettes ; c’eĂ»t Ă©tĂ© mieux. Adieu, ma chĂšre Minette. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 23 mai 1860. 
 ChĂšre petite
 J’ai reçu la lettre dĂ©mon gros et j’y rĂ©pondrai aujourd’hui si j’ai le temps, avant d’aller au couvent d’Autcuil, ce qui me prend toute ma journĂ©e. Nathalie Ă©crit que l’hĂŽtel de Hanovre n’est pas trop mal, qu’elle a bien dormi malgrĂ© les assurances Ă©crites et parlĂ©es de Paul, que la nourriture n’est pas mauvaise, que logement et nourriture leur coĂ»tent Ă  l’hĂŽtel douze cents francs par mois pour neuf personnes, que le parc est superbe, que le petit a couru dans l’herbe et s’est amusĂ© pendant deux heures, qu’il fait un temps splendide, qu’elle devait dĂźner chez le Roi le jour mĂȘme de sa lettre 20, lundi enfin elle a l’air remontĂ©e. Quelle chaleur dans les rues aujourd’hui! c’est nouvelle lune, je crois, et nous pouvons espĂ©rer un beau mois; j’en suis enchantĂ©e pour les enfans. — J’approuve beaucoup l’espacement de vos crĂ©ations Ă  Livet; seulement, je plaide pour hĂąter le potager ; il ne faut pas oublier qu’un potager demande Ă  ĂȘtre prĂ©parĂ© pour donner des lĂ©gumes convenables; marne et fumier doivent sĂ©journer en rendes pendant un hiver avant le bĂȘchage et fumage dĂ©finitifs. Quant au parc, on est toujours Ă  temps pour le faire ; des chemins sont bientĂŽt tracĂ©s, encaissĂ©s, empierrĂ©s et clinĂ©s ou ravinĂ©s. Je cherche dĂ©jĂ  Ă  retarder le dĂ©part d’ici de ta tante et de son excellente et assommante compagne; j’espĂšre que son arrivĂ©e succĂ©dera Ă  la mienne. Les Veuillot se disposent Ă  me suivre de prĂšs ; je ne les ai pas vus depuis huit jours. Sabine va de mieux en mieux
 Adieu, chĂšre petite. Je passe Ă  mon Jacquot. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 28 mai 1860. Quelle faconde, chĂšre petite ! Quelle belle et vive imagination ! Je suis enchantĂ©e de mon gentil et spirituel collaborateur ; je n’aurai plus qu’à Ă©crire et dĂ©velopper. Tu peux mettre de tout drame, contes, fĂ©erie, n’importe[127]. — Ce n’est pas toi que j’ai oubliĂ©e dans l’envoi des portraits; c’est la grosse Margot; mais je t’en apporterai. J’accepte avec enthousiasme les livraisons de beurre, Ɠufs, etc., de Livet, aux prix courans; si on pouvait battre deux fois par semaine, ce serait bien mieux encore. J’apporte une nouvelle et facile mĂ©thode de faire le beurre sans l’aide de personne ; il se fait tout seul ; de cette maniĂšre on peut en avoir de frais tous les jours. — Si tu peux sans te fatiguer arranger la chapelle, ce sera bien tant mieux, car je demanderais alors au curĂ© de venir y dire la messe mercredi; je l’enverrais chercher en voiture s’il est faible ou fatiguĂ© ; j’irai mardi le lui demander. — Je voudrais dĂ©jĂ  ĂȘtre partie. — Je resterai aux Nouettes jusqu’à ce que ton pĂšre me rappelle; d’aprĂšs son Ă©tat de santĂ© actuel, il n’y a pas Ă  craindre une rechute en novembre. Mais l’effet du remĂšde ne se fait plus sentir depuis quelques jours; il faudra que je demande Ă  M. Mazier s’il ne serait pas utile d’interrompre quelque temps pour recommencer, et par la suite d’augmenter la dose. — Je suis enchantĂ©e que tu sois contente de Jenny[128]
 Le domestique seul cloche un peu, mais il pourra se former cet Ă©tĂ©. — Je vais dans une demi-heure Ă  Auteuil pour une vente au couvent, par les pensionnaires, au profit des pauvres; il faisait horrible ce matin, il fait assez soleil Ă  prĂ©sent, mais le vent d’est est insupportable, froid et violent. Demain les petites sortent; je les verrai encore dimanche, puis je partirai. — Adieu, ma chĂšre Minette. Marie de h
 m’a remis pour Jacques une boĂźte de dragĂ©es du baptĂȘme d’Ida; je les joindrai aux autres trĂ©sors que j’apporte. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Mercredi, 3o mai 1860. ChĂšre Minette, un mot seulement, car je suis pressĂ©e Ă  outrance. Je voudrais ĂȘtre partie et surtout arrivĂ©e; Paris m’ennuie par la vie agitĂ©e qu’on y mĂšne. — Demain j’emballe et je fais partir des caisses; elles arriveront en juillet ou en aoĂ»t. — J’embrasse mon gros chĂ©ri que je n’oublie pas, non plus que la trĂšs chĂšre maman et le cher papa. — 11 fait froid; le vent brise tout. J’ai des inquiĂ©tudes pour mes sapins ; duquel parles-tu ? Lequel a un air penchĂ© ? Si c’est celui de la cuisine[129], il faut l’étayer pour le soutenir et le conserver. Adieu, chĂšre Minette. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, i5 ou 16 octobre 1860. Un mot, chĂšre petite, pour te dire que je suis arrivĂ©e Ă  trĂšs bon port Ă  cinq heures sonnant Ă  la gare, oĂč j’ai trouvĂ© Nathalie et Camille qui m’attendaient depuis une minute et demie. Nous avons Ă©tĂ© tout droit chez Gaston, oĂč nous attendait un dĂźner excellent. Ton pĂšre et Woldemar en Ă©taient; ton pĂšre va trĂšs bien; son apparence est excellente. Il nous a appris le mariage de Jean pour le mois prochain ou au plus tard pour le suivant. Il l’a su par un collĂšgue qui vient de Bordeaux, qui connaĂźt les E
 et la jeune personne, qui est ravissante, Ă©levĂ©e Ă  merveille; la mĂšre est trĂšs bien; le pĂšre idem
.Tout le monde approuve ce mariage et loue Jean de l’avoir provoquĂ©. Ils sont trĂšs bien apparentĂ©s dans le Midi
 Nathalie va parfaitement et ne tousse pas, Camille de mĂȘme; elle rentre au couvent demain. Je rapporte des cravates aux enfans, dont une orange superbe qui leur paraĂźtra admirable. Pas de nouvelles politiques. Je n’ai vu personne
 Je n’ai pas pu trouver pour la tante de Nouveau Testament gros caractĂšre. Demain je referai une tentative du cĂŽtĂ© de Saint-Sulpice
. Adieu, ma trĂšs chĂšre Minette. J’ai dĂ©jĂ  parlĂ© Ă  ton pĂšre d’aller passer une dizaine de jours avec toi cet hiver
. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Jeudi, 5 novembre 1860. Je ne te donne pas de nouvelles de mon voyage, rendu terrible par la bruyante compagnie de Mme de S
 [130], car ton pĂšre m’a coupĂ© l’herbe sous le pied et quelle herbe! pleine de suc et de nouvelles en t’écrivant dĂšs le matin. Pas de nouvelles de Marie Kabiline[131], elle est arrĂȘtĂ©e dans une auberge Ă  Dona
 j’ai oubliĂ© le reste, je crois que c’est bourg, oĂč sa mĂšre tachera d’arriver et de la trouver. Woldemar l’a vue Ă  Cologne la mĂšre, dans un Ă©tat dĂ©plorable. C’est la tĂŽte et la poitrine qui sont prises. L’abbĂ©[132] est parfait sous tous les rapports ; Gaston est enchantĂ©; le travail mĂȘme est excellent; l’abbĂ© X
 est enfoncĂ© sur tous les points. J’arrive Ă  l’évĂ©nement majeur d’hier; j’ai vu les E
. Rien de meilleur, de plus aimable que cette famille; rien de plus charmant, plus convenable, plus gracieux, plus sympathique que ta future belle-sƓur! Elle n’est pas rĂ©guliĂšrement jolie, mais elle est aussi charmante que peut l’ĂȘtre une femme jeune, fraĂźche, blanche et rose, avec des yeux charmants, un joli nez, un beau front, des cheveux superbes, une taille charmante, une bouche bien elle est grande comme Sabine et Henriette, mince mais pas trop, grasse mais pas trop. Ils ont passĂ© toute la soirĂ©e d’hier avec nous, de sorte que nous avons eu le temps de faire connaissance. Ils y ont vu Georges d’A
, qui est leur cousin et qui a l’air de les aimer beaucoup. Marie d’E
 a Ă©tĂ© deux ans au couvent de Sainte-Clotilde pour sa premiĂšre communion. Mme d’E
 connaĂźt beaucoup Sabine, qui Ă©tait son associĂ©e de visites des pauvres du quartier
 Jean est heureux ! Il fait plaisir Ă  voir. Ils devaient repartir samedi, mais quand ils ont su que tu arrivais, ils ont remis Ă  lundi ; je crois que tu ferais bien d’écrire un mot soit Ă  Jean, soit Ă  sa future ; tu n’es pas embarrassĂ©e pour tourner aimablement tes lettres quand tu le veux, ainsi pour toi ce n’est pas un ennui et une difficultĂ©, mais une occasion de succĂšs de plus. Ton pĂšre est enchantĂ© de l’arrivĂ©e de Jacques; il m’a remis 40 francs pour acheter Ă  lui et Ă  Jeanne des joujoux, qu’il remettra lui-mĂȘme Ă  Jacques. J’y verrai aujourd’hui
 en poussant jusque chez X
 qui se ferait pendre plutĂŽt que de venir la premiĂšre. Si elle Ă©tait heureuse et riche, je la laisserais m’attendre longtemps, mais elle est pauvre
 j’irai et je continuerai. Sabine va trĂšs bien ; elle t’attend avec impatience avec mon cher et charmant Jacquot. Embrasse bien ce cher Coco et la bonne grosse Margot, et le pĂšre fĂ©roce et la bonne tante. J’écrirai demain Ă  Jacquot. Adieu, ma chĂšre petite; aucun bon mot, aucune nouvelle digne de t’ĂȘtre transmise
. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, vendredi 23 novembre 1860. Merci de ta lettre, chĂšre petite; j’attendais avec impatience des nouvelles de ton arrivĂ©e; tu as eu une journĂ©e bien froide pour ton voyage et un lendemain bien mouillĂ© ; j’attends Émile ce soir ; sa chambre sera ou est dĂ©jĂ  prĂȘte pour le recevoir. Sabine a recommencĂ© Ă  cracher le sang, mais M. Simon, leur mĂ©decin, a dit qu’il ne fallait pas s’en tourmenter et qu’il fallait la laisser mener sa vie ordinaire, en Ă©vitant ce qui peut la fatiguer. Camille a aussi crachĂ© du sang, mais c’est l’effet de l’ñge et du mouvement de sang qui s’opĂšre en elle; elle va bien, du reste; elle est en retraite depuis hier ; je ne pourrai la voir que dimanche
 . Nous sommes tristes de ton absence, ma chĂšre petite ; tu es, comme par le passĂ©, la joie de la maison et le diamant de notre salon. Je voudrais que les Veuillot t’arrivassent bientĂŽt; ce sera une heureuse diversion de ta solitude. Ce n’est pas Ă  Kovno qu’est morte la pauvre Marie Kabiline, mais dans un village juif sur la route de Dunabourg Ă  Kovno; elle y est encore avec sa mĂšre et son mari qui gardent son corps en attendant la permission de l’empereur Alexandre, sans laquelle on ne peut changer de place un cadavre russe, surtout pour remmener a l’étranger. Pauvre Mme de Ii
. Quelle lin de tant d’heureux et brillants projets! . . Ton pĂšre est plus souffrant depuis ion dĂ©part, qui l’a beaucoup attristĂ©; il dit avec raison que tu lui manques, pour la fidĂ©litĂ© des visites, pour l’amabilitĂ©, pour l’animation, l’assiduitĂ© des soins. Le charmant Jacquot a laissĂ© une impression admirable et bien mĂ©ritĂ©e ; enfin on rend justice au mĂ©rite. J’ai fait hier 20 pages de Pauvre Blaise ; j’en suis Ă  275 et j’approche du dĂ©nouement. J’espĂšre avoir fini cette semaine, surtout n’ayant pas d’Auteuil
 Adieu, chĂšre enfant. Mon petit Jacquot a dĂ» ĂȘtre bien affairĂ© le premier jour du retour. Est-ce toi qui m’as pris dans mon album Ă  photographies celle de Gaston debout, en manteau, le chapeau a la main droite[133]? ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 25 novembre 1860. Je suis furieuse contre notre ancien ennemi Ir
[134], chĂšre petite. Ne voilĂ -t-il pas que cet imbĂ©cile nous renvoie les lettres que nous t’avons Ă©crites, ce qui te laisse sans nouvelles depuis ton retour! Il en fait autant des journaux, sans doute. J’écris un mot Ă  ce sot homme et je regrette de ne pas avoir laissĂ© Nathalie, dans le temps, le faire changer de rĂ©sidence. M. Stourm lui avait laissĂ© la facilitĂ© de faire ce qu’elle voudrait pour ce monsieur. — Émile vient de partir[135] en bien meilleur Ă©tat que lorsqu’il est arrivĂ© ; il a assez bien dormi cette nuit, sa douleur est trĂšs diminuĂ©e
. Il a mangĂ© solidement avant de partir et il a emportĂ© deux bouteilles d’homĂ©opathie que lui avait ordonnĂ©es M. Tessier qu’il a Ă©tĂ© voir hier. En[136] somme il est trĂšs bien, mais pas au physique ; figure-toi qu’il a imaginĂ© de faire tondre tout courts ses cheveux dĂ©jĂ  trop courts et qu’il a la tĂȘte comme un genou! je suis dĂ©solĂ©e qu’on le voie ainsi pour la premiĂšre fois chez les E
 oĂč se trouvera rĂ©unie la haute sociĂ©tĂ© de Bordeaux et des environs[137]. Rien de nouveau, sinon les bruits ministĂ©riels ; tu as vu que Fould est enfin dĂ©guerpi pour faire place Ă  Waleski, plus en faveur que jamais, dit-on. Le ministĂšre d’État sera scindĂ© en deux Vaillant aura la maison de l’Empereur ; tandis que l’autre aura les théùtres, les chĂąteaux impĂ©riaux, etc. Hamelin de la marine va Ăč la LĂ©gion d’honneur, d’oĂč part PĂ©lissier pour commander l’AlgĂ©rie. Billaut va Ă  la justice, Laity Ă  l’intĂ©rieur, Rouher je ne sais plus oĂč, Delangle quelque part aussi, et je ne sais plus qui Ă  la marine; peu importe. Le ministĂšre de l’AlgĂ©rie est supprimĂ© et rentre dans la marine avec les colonies. Tout cela sont des on-dit exceptĂ© le premier article Fould et Waleski. — X
 s’en irait et cĂ©derait la place Ă  Z
, qui s’y dĂ©shonorera comme son prĂ©dĂ©cesseur. M. de Chambeau a obtenu un poste superbe Ă  Alicante avec 16000 francs de traitement, des frais de dĂ©placement, un climat charmant, un pays magnifique; je pense qu’ils sont enchantĂ©s. Il se fait quelques mariages de gens que nous ne connaissons que de nom et que j’ai oubliĂ©s; tu sais celui de Mlle M
 celle qui est peinte avec M. de L
; elle a apportĂ© en dot 16 millions. Pauvre Biaise est prĂšs de sa fin, 285e page demain ce sera fini Ă  moins d’empĂšchemens, il faudra relire ; ce sera livrĂ© le 29, ou 30 et payĂ© j’espĂšre, huit jours aprĂšs. – Adieu, ma chĂšre minette chĂ©rie. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 26 novembre 1860. Ma pauvre petite, tu es trop bonne de m’écrire encore, dans la persuasion oĂč tu devais ĂȘtre que je ne t’avais pas encore Ă©crit dimanche, puisque ce mĂ©chant Ir
 renvoyait Ă  Paris tes lettres adressĂ©es aux Nouettes. Je lui ai Ă©crit, parce que c’est trop bĂšte Ă  lui! Je l’ai priĂ© de vouloir bien suivre pour les Nouettes le rĂšglement qui oblige les facteurs Ă  porter les lettres Ă  leur adresse, Ă  moins d’avertissement au bureau de poste. Tout le monde va bien, sauf le pauvre M. Cuvelier que j’ai vu hier et qui s’en va — malgrĂ© ce que disent ses mĂ©decins, — je crois qu’il est attaquĂ© d’une phtysie soit laryngĂ©e, soit pulmonaire et qu’il n’atteindra pas le printemps ; il a quatre trĂšs mauvais symptĂŽmes, la voix caverneuse, comme enrouĂ©e ; la respiration trĂšs courte, un rĂąlement frĂ©quent dans la gorge, suivi de petits crachotements, et un amaigrissement sensible. Ils sont tous inquiets et ils ont raison[138]. J’ai si bien avancĂ© mon Blaise que j’en suis Ă  296 etl que je le finirai aujourd’hui ; trois jours suffiront pour le relire deux fois. Je prie pour que M. Hachette le trouve a son goĂ»t et me le prenne immĂ©diatement. 
 Tu as lu les ordonnances qui remplacent Fould et plusieurs autres par plusieurs autres qui ne valent pas mieux les uns que les autres. X
, le protestant sans foi, va remplacer Billaut le Voltai-rien. Haussmann le protestant actif va prendre la place de Rouher aux travaux publics. L’infortunĂ© Z
 reste attachĂ© Ă  son poteau d’infamie. Le bon Keller[139] a dinĂ© avec nous hier et dĂźne encore mercredi. J’évite de le faire rencontrer avec notre Garibaldien[140] car il le turlupine trop. Ledit Garibaldi a dĂźnĂ© avec nous samedi ; Flavie[141] l’accompagnait; elle est extrĂȘmement jolie et agrĂ©able. Adieu, ma bonne petite
. Il paraĂźt certain que le renvoi de Fould fait revenir l’ImpĂ©ratrice dont le voyage a Ă©tĂ© motivĂ© par l’aversion qu’elle a pour ce Juif, surtout depuis son attitude et son inconvenable refus lors de l’enterrement de la duchesse d’Albe. J’enverrai ta lettre Ă  ta tante lorsque j’aurai livrĂ© mon Pauvre Blaise. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 28 novembre 1860. Je ne t’écris qu’un mot en courant, chĂšre petite, parce que Biaise terminĂ© depuis avant-hier six heures du soir et, contenant 307 pages doit ĂȘtre revu et corrigĂ© ; c’est assez long et je veux l’avoir fini et livrĂ© demain ; j’ai aujourd’hui Ă  aller chez Sabine, Ă  Auteuil, et chez Marie qui a un mal de gorge violent.—J’ai Ă  Ă©crire aussi Ă  Henriette
 J’aime beaucoup les rĂ©flexions de Jacques sur Paris et sur Jean. Quel amour que cet enfant ! — Madame de V
[142] ne parle pas encore de se remarier, mais d’adopter une jeune personne ; heureusement que la loi s’y oppose ; elle le dit devant sa fille, la comptant pour rien dans sa vie ; je ne sais oĂč elle en trouverait une autre meilleure, surtout une fille d’occasion. Je ne crois pas que le gendre se fĂąche jamais vis-Ă -vis de sa femme
. Au commencement l’amour-propre, plus tard l’habitude, et par-dessus tout la tendresse et la religion arrĂȘteront et dĂ©truiront ces Ă©clats d’humeur farouche et indomptĂ©e. J’ai vu hier Élise chez elle, revenue de la veille au soir ; l’ami Louis Ă©tait en course. On parle de dĂ©crĂ©ter la libertĂ© de la presse ; l’Univers reparaĂźtrait avec son Jupiter foudroyant ; les Ă©cluses longtemps contenues dĂ©borderaient avec impĂ©tuositĂ© ; le premier article sera superbe et ceux qui suivront tout aussi beaux ; tous les rĂ©dacteurs retourneraient Ă  leurs pĂ©nates ; C
 resterait seul pour combler l’abĂźme créé par la pusillanimitĂ© de son maĂźtre
 L’ImpĂ©ratrice revient un de ces jours. On craint que Persigny ne soit appelĂ© Ă  l’IntĂ©rieur il est au Moniteur d’hier pour faire quelque grand coup qui demande de l’audace; comme un dĂ©cret religieux quelconque, une suppression du Concordat, un affranchissement complet du pouvoir pontifical. S’il donne les mains Ă  une iniquitĂ© quelconque, malheur Ă  eux et Ă  leurs races! — Les nouveaux ministres valent les anciens ! Je pense bien souvent Ă  toi, ma pauvre chĂšre petite, et combien ta place reste et restera toujours vide dans le salon et partout ta solitude me fait peine, car elle aurait pu ĂȘtre Ă©vitĂ©e avec peu de dĂ©pense de plus, en mangeant tous chez moi. Mais tu aurais Ă©tĂ© mal et les enfans sont cent fois mieux Ă  la campagne qu’à Paris. Adieu, chĂšre enfant. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, vendredi, 30 novembre 1860. ChĂšre petite, je voulais t’écrire hier ; je n’ai pas eu le temps ; mercredi j’ai trouvĂ© Camille, toussant davantage et mauvaise mine ; je suis venue la chercher le lendemain, hier, pour la faire voir Ă  M. Tessier ; entre la course d’Auteuil et la visite Tessier, avec attente d’une heure et demie, je ne suis rentrĂ©e qu’à cinq heures et demie passĂ©es, ramenant Camille qui doit rester chez moi jusqu’à ce qu’elle ne tousse plus ; M. Tessier lui a trouvĂ© le poumon gauche trĂšs fatiguĂ©, lĂ©gĂšrement engagĂ© du haut ; en raison de son Ăąge, il ordonne les plus grands soins, le rĂ©gime le plus surveillĂ©. C’est une longue anicroche Ă  son couvent, au moins quinze jours. Les remĂšdes sont sulfur 2000e dilution, pendant huit jours; sodium 5ooe dilution, huit autres jours ; une tasse de lait matin et soir dans son lit ; nourriture soignĂ©e de viandes bouillies ; de la biĂšre pour boisson ; promenade par le beau temps ; pas d’excitation de jeu ni de conversation. Tu vois que je serai plus dĂ©rangĂ©e que jamais dans ma vie tranquille, qui se trouve toujours contrariĂ©e et agitĂ©e. Je livre demain le Pauvre Blaise ; je ne peux le corriger que le soir, aprĂšs le coucher tardif de ton pĂšre ; j’y travaille jusqu’à minuit et demi, une heure. Ce sera fini ce soir, Camille le lit; succĂšs complet, un intĂ©rĂȘt immense, elle pleure depuis la seconde partie. Je commence Ă  perdre mes inquiĂ©tudes sur l’acceptation du manuscrit
 L’excellent M. Cuvelier s’en va graduellement; Mme Cuvelier commence Ă  s’inquiĂ©ter sĂ©rieusement, ainsi que le mĂ©decin qui s’aperçoit trop tard qu’il y a danger et qu’il aurait dĂ» partir pour le Midi, il y a deux mois. Il n’est plus en Ă©tat de supporter le voyage. Sabine va bien; ses crachements de sang sont arrĂȘtĂ©s depuis avant-hier par la quinine. Ton pĂšre rĂȘva bien; il se rĂ©jouit de ta visite projetĂ©e avant le printemps il pleure d’attendrissement au rĂ©cit des chasses de l’amour Jacques. Il demande les enfans avec toi. Cela se pourra-t-il ? Je n’ai pas revu Élise, je ne sais si elle t’arrive. Adieu, ma trĂšs chĂšre Minette. Tu t’es trompĂ©e en parlant Ă  ton pĂšre de Marguerite ; au lieu de mettre ses grands yeux et sa petite bouche, tu as mis ses petits yeux et sa grande bouche; prends garde de retomber dans de pareilles nĂ©gligences de style ; heureusement que je suis lĂ  pour les rectifier. Adieu, chĂ©rie. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, dimanche, fin novembre 1860. ChĂšre petite, j’ai moins de temps que jamais; le loisir et le libre emploi de mes heures semblent me fuir de plus en plus. Je suis seule pour Camille; le mauvais temps l’empĂȘchant de sortir, je reste aussi Ă  la maison et j’écris Ă  Sabine, faute de pouvoir la voir. Je ne sais si Camille pourra rentrer au couvent ; l’avis de M. Tessier est que ce serait imprudent. Si Camille reste chez moi pour faire sa premiĂšre communion, il me faut une personne qui vienne passer l’aprĂšs-midi avec elle, de midi Ă  cinq heures, sans quoi je suis par trop entravĂ©e dans mes occupations les plus nĂ©cessaires ; la seule licence que je me donne est d’aller Ă  la messe de huit heures pendant que Louise l’habilie et la coiffe. J’ai Ă©crit Ă  Nathalie pour lui demander ce qu’elle veut qu’il soit fait et je lui propose de garder Camille, mais avec l’aide que j’indique plus haut. Toi et les pauvres petits avez dĂ» passer une triste journĂ©e aujourd’hui; il pleut et il fait du vent
 C’est pĂ©nible de te savoir toute seule lĂ -bas dans une saison consacrĂ©e Ă  la rĂ©union. Élise et son frĂšre ne savent pas quand ils pourront venir; l’archevĂȘque d’Auch[143] les absorbe ; il est Ă  Paris. Adieu, Minette chĂ©rie. À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 3 dĂ©cembre 1860. Émile
 va bien[144] ; ses rhumatismes sont passĂ©s ; il est, comme Arthur, dans l’enthousiasme des fĂȘtes du mariage de Jean. Il trouve sa belle-sƓur charmante et l’habitation idem. Jean a tous les Ă©lĂ©mens de son bonheur; il saura en profiter. L’abbĂ© Gambier a dit Ă  Anatole qu’il avait Ă©tĂ© Ă©difiĂ© et touchĂ© des sentimens que Jean a manifestĂ©s en se confessant, l’ayant fait de tout cƓur et avec une foi sincĂšre. Ce mariage sera son salut. M. Cuvelier est trĂšs mal; le mĂ©decin imbĂ©cile qui n’admettait aucun danger il y a huit jours,, a dit hier Ă  Anatole qu’il Ă©tait perdu, qu’il pouvait traĂźner quelque temps encore., mais que si la salivation obstinĂ©e qui l’épuise persiste, ce sera promptement fini. Gaston a parlĂ© hier des sacremens, qui ont Ă©tĂ© acceptĂ©s avec bonheur et il l’administrera un de ces jours. Adieu, ma chĂšre Minette. J’ai vu Sabine, il y a deux heures; elle va bien; j’y ai Ă©tĂ© avec Camille, en voiture, malgrĂ© le mauvais temps. Ton pĂšre va bien. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, vendredi 6 dĂ©cembre 1860. ChĂšre petite, j’avais en effet oubliĂ© de te rĂ©pondre au sujet des bonnes femmes Gonsard et Ce ; j’ai Ă©crit hier Ă  ThĂ©odore d’acheter chez MmB Alexandre deux couvertures grises et de te demander si c’est Ă  la femme Gonsard qu’il faut les porter, car j’ai oubliĂ© si c’est Ă  elle que je les ai promises
 . Je n’ai pas encore de rĂ©ponse de Hachette, pour mon Pauvre Biaise, et je ne suis pas sans inquiĂ©tude sur le rĂ©sultat de ses rĂ©flexions. Camille a trouvĂ©, aprĂšs lecture, que Biaise Ă©tait trop parfait ; M. Hachette trouvera peut-ĂȘtre qu’il est trop pieux et qu’il prie trop. — Je vais avoir un peu plus de libertĂ© ; j’ai une jeune personne, recommandĂ©e par l’abbĂ© Vanhaelst, qui viendra tous les jours de midi Ă  cinq heures pour donner quelques leçons Ă  Camille et la promener mais cette jeune personne n’est que provisoire, car elle est trop jeune et trop timide pour bien faire son affaire
 Sabine me demande d’aller la voir aujourd’hui Ă  une heure et demie avec Camille pour une chose importante et pressĂ©e; peut-ĂȘtre a-t-elle trouvĂ© un moyen de lui faire faire sa premiĂšre communion seule au couvent, en la faisant coĂŻncider avec les soins nĂ©cessaires Ă  sa santĂ©. Ce serait ce qu’il y aurait de mieux
 . Adieu, mon enfant. OĂč en sont mes travaux lilliputiens ? Que deviennent le chemin dĂ©foncĂ©, celui de Gaston et la marre Ă  combler ? Et le pilage du cidre ? se fait-il? ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 11 dĂ©cembre 1860. ChĂšre petite, je n’ai qu’une minute lis dix, un zĂ©ro de plus ou de moins, ce n’est pas une affaire pour t’écrire; Camille occupe toute ma journĂ©e tant en promenade qu’en surveillance et direction, et conversation. Il recommence Ă  faire un peu froid et pas beau; mais je sors tout de mĂȘme avec Camille qui est toujours mieux aprĂšs sa promenade. — Je te prĂ©viens que Mme de C
 te donne de terribles dĂ©mentis au sujet de Marguerite dont elle vante la beautĂ©, les grands yeux, la jolie petite bouche et tout l’ensemble. — Connais-tu le proverbe Fi de l’oiseau qui salit son nid »? Je ne te dis que cela. — Adieu, chĂšre enfant, porte-toi bien. Sois bonne, sois toi. Ainsi soit-il. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, i5 dĂ©cembre 1860. ChĂšre petite, tu sais par ton pĂšre et peut-ĂȘtre par moi; je ne sùßs si je te l’ai Ă©crit que Camille fait sa premiĂšre ëÎ’mmunion Ă  NoĂ«l, Ă  la messe de minuit, Ă  la chapelle de Gaston; d’ici lĂ , je dois la mener tous les jours chez Sabine qui lui fera une instruction d’une heure; je l’attends dans la chapelle oĂč elle vient ensuite faire une visite d’un quart d’heure au Saint-Sacrement; nous rentrons Ă  trois heures et demie pour recevoir Mlle Hourdan[145]; j’assiste et j’aide Ă  l’explication du catĂ©chisme et de la lecture du Grand jour approche. VoilĂ  pour l’aprĂšs-midi; le matin, je vais Ă  la messe de huit heures pour mon compte, je rentre Ă  neuf; je repars Ă  dix avec Camille pour la messe de dix heures aprĂšs laquelle elle doit faire une lecture mĂ©ditĂ©e d’un quart d’heure; nous rentrons vers onze heures pour le dĂ©jeuner. Tu vois qu’il me reste peu de temps pour Ă©crire. Au reste, je t’écris plus encore que tu ne m’écris, ainsi ta plainte n’est pas fondĂ©e. Paul doit venir chercher Camille, je ne sais pas quand, mais bien prĂšs de NoĂ«l, parce qu’ils veulent l’avoir Ă  Hanovre pour le jour de l’an
. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 17 dĂ©cembre 1860. ChĂšre petite
 Je n’ai pas une minute Ă  moi; cette poussĂ©e sera finie dans une dizaine de jours, quand Paul emmĂšnera Camille
 Tout le monde va bien. J’ai aprĂšs-demain un nouveau domestique mon bourrelier s’en va bourru et bourrant; il dĂ©teste Luche et a eu avec lui une scĂšne grossiĂšre comme la peut faire un bourrelier. Tu sais que c’est comme bourrelier qu’il a servi dix ans M. d’A
. Woldemar est trĂšs souffrant Ă  Carlsruhe du foie et de l’estomac. Il revient Ă  NoĂ«l; je suis inquiĂšte de ce foie. Camille te prie instamment de lui rĂ©pondre. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 22 dĂ©cembre 1860. ChĂšre petite, la caisse d’étrennes est partie hier soir. Elle contient Une menuiserie pour Jacques. Une orange avec une montre Ă  rĂ©pĂ©tition et autre chose il faut appuyer et lĂącher Ă  chaque coup qui sonne. Deux douzaines d’acteurs et je ne sais plus quoi; j’ai tout oubliĂ©. Marguerite a une boĂźte de mĂ©nage en bois et autre chose que j’ai oubliĂ©. Jeanne a une orange comme Jacques. Une voiture Louis XIV avec quatre enfans de troupe. Un plumeau et balai comme Jacques. J’ai oubliĂ© le reste. Pour les bonnes, un schalbien chaud. Pour toi, ma pauvre fille, rien qu’un pauvre paquet de chocolat Ă  la crĂšme. Au premier paquet, je t’en enverrai encore en attendant mieux. Nathalie arrive ce soir[146] pour la premiĂšre communion de Camille ; elle nous l’a Ă©crit hier par le tĂ©lĂ©graphe ; Camille est enchantĂ©e. Paul garde les enfans. — Nathalie arrive toute seule et remmĂšne Camille, je ne sais pas encore si c’est avant ou aprĂšs le jour de l’an. Je te donnerai dans trois jours des nouvelles de la premiĂšre communion qui doit se faire Ă  la messe de minuit chez Gaston; ton pĂšre, moi, Anatole, Edgard, CĂ©cile communieront avec Camille. M. Keller en sera aussi. Adieu, ma chĂšre petite. Je n’ai pas reçu de vos nouvelles depuis lundi
. Il neige et il gĂšle ici depuis trois jours; quel froid vous devez avoir aux Nouettes !
 J’ai oubliĂ© de te dire que je gardais Vital pour moi; il m’est nĂ©cessaire, et avec lui, j’ai un horizon de sĂ©curitĂ© que je n’aurais pas autrement. Je te le lĂšgue aprĂšs moi. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, vendredi, 28 dĂ©cembre 1860. ChĂšre petite, me voici seule et trop libre de mes heures et de mes journĂ©es. Nathalie et ma petite Camille se sont mises en route tout Ă  l’heure, Ă  quatre heures, aprĂšs avoir manquĂ© le train de sept heures du matin, qu’elles devaient prendre; levĂ©es Ă  quatre heures et demie, elles Ă©taient archiprĂȘtes Ă  six heures, mais la voiture que M. Adolphe, concierge, avait commandĂ©e la veille, n’était pas venue. Il Ă©tait parti avec le bagage sans s’inquiĂ©ter de cette voiture qu’il n’avait pas voulu laisser commander par mon nouveau et intelligent domestique, FrĂ©dĂ©ric; quand ce dernier a Ă©tĂ© courir aprĂšs, il a fallu Ă©veiller le cocher, atteler le cheval. Nathalie et Camille se dĂ©solaient et quand elles sont parties Ă  six heures trois quarts, pour le train de sept heures dix, je m’attendais bien Ă  les voir revenir, malgrĂ© la promesse d’un pourboire de dix francs. Elles sont reparties par le train de cinq heures qui leur fait passer la nuit, mais qui les fait arriver tout de mĂȘme demain Ă  deux heures de l’aprĂšs-midi; le froid reprend et, malgrĂ© les fourrures, je crains qu’elles n’en souffrent. Ton pĂšre va bien; Gaston va bien et mĂšne la vie que tu connais
 M. Cuvelier s’en va sensiblement; Gaston lui a portĂ© deux fois la sainte communion; il est dans de pieuses et excellentes dispositions ; le mĂ©decin et la sƓur qui le soignent dĂ©fendent qu’on le quitte d’une minute; ils ne pensent pas qu’il puisse arriver au iour de l’an. L’ImpĂ©ratrice est maigre, pĂąle et triste Ă  pleurer ; elle continue Ă  ne voir personne. L’abbĂ© Diringer est de plus en plus excellent et dĂ©vouĂ© Ă  Gaston ; il vient de terminer avec lui un opuscule Y Église, faisant suite au Pape; Gaston travaille parfaitement avec lui; il trouve en lui aide, intelligence, zĂšle et dĂ©fĂ©rence affectueuse
 Adieu, ma chĂšre Minette. M. de Persigny a rendu Ă  Louis Veuillot tous ses papiers ; il a Ă©tĂ© charmant pour lui. Quel dommage que ce pauvre Persigny ne croie en rien ! il a une belle et honnĂȘte nature ; la religion le rendrait admirable. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 31 dĂ©cembre 1860. ChĂšre petite, c’est seulement pour te souhaiter la bonne annĂ©e et t’embrasser de loin avec tous les tiens que je t’écris, car je n’ai du reste rien de particulier Ă  te dire. Le pauvre M. Cuvellier vit encore mais il dort constamment et s’endormira ainsi du sommeil Ă©ternel. Ton pĂšre a mauvaise mine depuis quelques jours ; il se plaint beaucoup de l’affaiblissement de son bras. Anatole Narishkine, qui a dĂźnĂ© hier avec nous, m’a priĂ©e de te souhaiter la bonne annĂ©e. T’ai-je Ă©crit que tu Ă©tais en deuil si tu veux de ma tante TolstoĂŻ, qui est morte d’une hydropisie de poitrine ; voici la derniĂšre lettre de ta tante Narishkine, qui a" Ă©crit depuis Ă  Anatole qu’elle n’avait pas Ă©tĂ© Ă  PĂ©tersbourg, ayant appris la mort peu d’heures aprĂšs m’ñvoir Ă©crit
 Adieu, chĂšre enfant, je t’embrasse bien tendrement en te souhaitant un 1861 plus heureux et surtout plus agrĂ©able que 1860. Puisses-tu t’établir Ă  Livet et venir passer quelques mois d’hiver Ă  Paris, au milieu des tiens, SĂ©gur et Pitray
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 2 janvier 1861. Le scĂ©lĂ©rat Ir
[147] recommence sa persĂ©cution, chĂšre petite ; si tu n’avais pas au 3i dĂ©cembre reçu de lettre depuis le 21, c’est qu’il a jetĂ© ou perdu celles du 22, 24, 27, 29; je t’ai Ă©crit une derniĂšre fois le 3i pour finir l’annĂ©e; je relĂšve les lettres d’aprĂšs mon registre. De toi, j’ai reçu le 23, 25, 27. Puis hier, Ier janvier
 Dis-moi comment est Vital avec sa lĂšvre recousue et s’il y paraĂźt beaucoup ? M. Cuvelier est toujours de mĂȘme ; il a reçu l’extrĂȘme-onction avant-hier soir et a rĂ©pondu lui-mĂȘme Ă  tout[148]
 J’ai donc oubliĂ© de te dire que Hachette m’avait pris et payĂ© avec empressement mon Pauvre Biaise. Castelli est venu me voir pour parler des illustrations et recevoir les complimens que mĂ©rite son Ăąne. Je vais commencer
 j’ose Ă  peine avouer le titre pour lequel il me faut une haute approbation
 je commence donc le Çà et lĂ  des en/ans avec cette prĂ©face Le titre est ambitieux, car il est imitĂ© d’un livre fait par un grand talent, un grand esprit, un grand cƓur, toutes qualitĂ©s auxquelles je n’ose prĂ©tendre ni aspirer, mais il est si simple, il offre tant de facilitĂ©s de composition, que je maintiens l’usurpation. Je prie mes petits lecteurs de consolider mon trĂŽne au moyen du suffrage universel dont j’invoque les bĂ©nĂ©fices et dont ils partageront les profits. » Crois-tu que cela puisse passer sans mĂ©contenter l’auteur du vrai Çà et lĂ  ? Voici un mot de lui, reçu hier ier janvier. Élise devait venir; elle n’est pas venue fort heureusement, car j’avais un de mes maux de tĂȘte romains et j’ai dĂ» fermer ma porte en revenant de chez Sabine. J’ai manquĂ© toute la famille; Ă  dĂźner, j’allais mieux ; nous avions l’oncle Lamoignon, Gaston et l’abbĂ© ; Anatole, CĂ©cile et les enfans, M. Keller et Woldemar. Aucune rĂ©jouissance extraordinaire ; personne le soir, que l’oncle LĂ©once[149]. Le mariage Villeneuve se fait le 8. M. Naudet et M. Keller m’ont priĂ©e instamment de te souhaiter la bonne annĂ©e, le premier avec effusion, le second avec affection et respect
 Mon FrĂ©dĂ©ric, qui sert mieux que Baptiste et qui a un genre grand monde, m’a Ă©tĂ© donnĂ© par un Georges qui est entrĂ© chez moi pour me dĂ©clarer trois jours aprĂšs qu’il se mariait Ă  Tours; tous deux ont servi ensemble pendant cinq ans chez le prince de Bauffremont comme valets de chambre et ont les meilleurs certificats ; c’est Luche qui me les a dĂ©terrĂ©s sans les connaĂźtre personnellement ; j’étais pressĂ©e par ton pĂšre qui rugissait aprĂšs Edouard, encore plus portier-rustre et sale qu’en entrant. J’ai des nouvelles de l’heureuse arrivĂ©e de Camille Ă  Hanovre; il y a eu des cris de joie effrĂ©nĂ©e. Camille a refusĂ© d’aller Ă  deux matinĂ©es du jour de l’an des princesses, Ă  cause de sa premiĂšre communion si rĂ©cente ; c’est trĂšs bien et mĂ©ritoire. Adieu, chĂšre petite. ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Paris, 2 janvier 1861. Cher Émile, je t’écris un mot de remerciement pour ta bonne et affectueuse lettre reçue hier fort exactement. Ce qui m’y a le plus touchĂ©e est la maniĂšre affectueuse dont tu parles d’Olga; puisses-tu redire dans dix ans, avec sincĂ©ritĂ© et tendresse, que tu vis heureux avec elle et par elle ! Quant aux en-fans, je n’ai pas besoin de confirmation pour savoir que tu les aimes tendrement et que de toi il ne leur viendra que du bonheur. J’écris Ă  mon pauvre Jacques et Ă  Jeanne ; quant Ă  Margot, elle est trop petite
 Je ne vous ai pas envoyĂ© Gribouille, parce que vous le connaissez ; je l’apporterai. Je ne l’ai que depuis huit jours. Il paraĂźt qu’il a un grand succĂšs ; on se l’arrachait chez Giroux et Cie
 Adieu, mon cher bon Émile. Ton beau-pĂšre va si bien qu’il est revenu hier Ă  pied depuis la place de la Concorde, par les Tuileries, le pont SolfĂ©-rino et la rue Belle-Chasse. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 3 janvier 1861. ChĂšre petite
 Ton pĂšre va bien; la reprise du froid l’a remontĂ©. J’ai vu hier Elise avec les enfans, venant toutes de Versailles et gelĂ©es jusqu’à la moelle. Je t’envoie le portrait de Louis Veuillot, fait par l’ami de Mlle de Mauroy, fait d’aprĂšs la vue de l’écriture, sans connaĂźtre Louis Veuillot qu"il dĂ©testait et mĂ©prisait sur la foi de ses dĂ©tracteurs. Quand il a su de qui il avait fait le portrait, il a Ă©tĂ© surpris, consternĂ©, mais il a ratifiĂ© son jugement, et depuis il a une estime particuliĂšre pour son ancien ennemi. Adieu, chĂšre enfant, je suis pressĂ©e
. Il regĂšle; c’est ennuyeux. Louis Veuillot Grande et belle nature. Ame riche. CƓur chaud. Franc et libre dans ses opinions. Idem dans ses sentiments. Quand il aime, c’est largement. Quand il n’aime pas, il nĂ©glige. Trop grand et gĂ©nĂ©reux pour haĂŻr, il est assez fort pour nĂ©gliger la vengeance. Énergie, droiture, franchise, puissance, libertĂ©, parole nette et hardie, voilĂ  les cĂŽtĂ©s saillants de cette nature. ExtrĂȘme propretĂ©. Point de luxe. Se servant de l’argent sans y tenir autrement qu’un moyen. Il jouit d’une belle santĂ©. Il a de grands yeux, surmontĂ©s de sourcils bien fournis, et un rĂątelier bien montĂ©. 1855. ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Paris, 29 janvier 1861. Je voulais rĂ©pondre dĂšs hier Ă  ta bonne lettre, cher Émile ; il m’a Ă©tĂ© impossible de trouver dix minutes de libertĂ© ; revenue du couvent de la veille au soir, j’avais une foule de rendez-vous et de hors-d’Ɠuvres qui m’ont pris toute ma journĂ©e ; je te remercie aujourd’hui seulement, cher enfant, du ton affectueux de ta lettre, sauf un ou deux petits, tout petits endroits oĂč le vieil homme paraĂźt encore un peu ; comme lorsque tu parles de mon antipathie pour
 Sans rentrer dans la polĂ©mique de nos mĂ©faits rĂ©ciproques, je te dirai seulement que tu as pris pour de l’antipathie ce qui Ă©tait du mĂ©contentement contenu et qui se faisait jour avec plus ou moins d’à-propos et d’humeur; ce n’est pas bien du tout, j’en conviens, mais ce n’est qu’un effet et non une cause. Je suis bien contente des progrĂšs rapides de Livet, auxquels je prends un vif intĂ©rĂȘt, Ă©galement comprimĂ© par la crainte de paraĂźtre vouloir m’immiscer dans tes affaires qui me prĂ©occupent pourtant de toute l’affection tion que je te porte. La joie de mon petit Jacquot, pendant sa visite Ă  Livet, me fait espĂ©rer que tu la lui procureras quelquefois, surtout quand le temps reviendra au beau et que la terre se sĂ©chera. Olga a Ă©crit Ă  son pĂšre que les enfans ont pu reprendre les promenades Ă  Ăąne; et Ă  propos de l’ñnesse, la mĂšre et l’enfant seront la propriĂ©tĂ© de Jacques ; les MĂ©moires d’un Ăąne en font foi. Tout Paris est occupĂ© du procĂšs Patterson; les lettres citĂ©es par Berryer me paraissent bien mal rĂ©futĂ©es par l’avocat du Prince NapolĂ©on et, si j’étais juge, je n’hĂ©siterais pas une minute Ă  proclamer la lĂ©gitimitĂ© des droits de M. JĂ©rĂŽme Bonaparte. Personne ne comprend que l’Empereur ait permis le procĂšs, Ă  moins que ce ne soit un coup fourrĂ© Ă  l’adresse du Prince NapolĂ©on; en cas de mort du petit Prince ImpĂ©rial, JĂ©rĂŽme Bonaparte et son fils Antoine seraient les successeurs lĂ©gitimes au trĂŽne impĂ©rial. Ils sont bien tous les deux, surtout Antoine.— Les affaires du roi de Naples ne sont nullement dĂ©sespĂ©rĂ©es; ses batteries abĂźment la flotte piĂ©montaise, dont les canons admirables manquent leur effet sublime comme les Armstrong des Anglais. On dit, au ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres, que nous allons Ă©vacuer la Syrie et Rome, d’aprĂšs les ordres de l’Angleterre; que n’avons-nous Xavier de Fontaines[150] au ministĂšre ! quelle rafle il ferait des Anglais! Je t’enverrai un livre curieux et intĂ©ressant, que demande Olga l’Angleterre telle qu’elle est, par Kervigan. Les Anglais sont furieux de cette publication, et ils ont de quoi, en effet, car il les dĂ©voile dans toute leur corruption
 Gaston a fait un sĂ©jour triomphal Ă  Nantes ; les dĂ©tails en sont admirables pour la population comme pour lui; je les donnerai Ă  Olga Ă  ma premiĂšre heure de libertĂ©. Je cours Ă  la Madeleine pour quĂȘter pour Saint-François de Sales. Je suis sĂ»re que Margot est superbe et sympathique. Je finis un superbe jupon[151], mais je ne l’enverrai que lorsqu’il y en aura deux, pour ne pas faire de jaloux. J’en ferai un Ă  Margot avec un corsage et des manches. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 3i janvier 1861. ChĂšre petite, en Ă©crivant avant-hier Ă  Émile, c’est comme si je t’avais Ă©crit, et comme je suis trĂšs pressĂ©e aujourd’hui chose nouvelle, je me dĂ©pĂȘche de te bĂącler quelques lignes. Mme *** se repent de ses mĂ©faits ; hier, aprĂšs avoir trĂšs mal reçu ses enfants elle se fĂąche tout rouge et dit t Voyons, mes filles, cette position est intolĂ©rable et ne peut durer; je ne supporterai pas plus longtemps l’abus que vous faites de ma position; il faut une explication et je veux l’avoir. » Et alors, elle dĂ©roule une foule de griefs incroyables auxquels Y
 risposte par une masse de griefs vĂ©ritables ; et, de fil en aiguille, la mĂšre embrasse sa fille, toutes deux pleurent; Z
 pleure sur sa sƓur, la mĂšre saisit les deux cous de ses deux filles, les embrasse avec effusion, les serre contre son sein redevenu maternel, leur dit qu’elle les aime, qu’elle les adore, qu’elle leur sacrifie sa vie et sa fortune, qu’elle fera des choses inattendues qui prouveront sa tendresse, qu’elle les aime tous Ă©galement, qu’elle a un mauvais caractĂšre, mais un bon cƓur. Y
, enchantĂ©e, pleure et rit, embrasse sa mĂšre et sa sƓur, et le combat finit faute de combattans ; accord parfait, entente cordiale. La paix Ă©tant faite, je crois que tu feras bien de lui Ă©crire ; ce sera la premiĂšre rĂ©compense de son retour, le veau gras de l’enfant prodigue[152]. Gaston est un peu souffrant de fatigue et surtout de la journĂ©e d’hier mercredi; c’était son jour de rĂ©ception, une foule telle que deux dames se sont battues, mais battues au point que MĂ©thol allait chercher un sergent de ville pour les sĂ©parer, lorsque les autres visiteurs se sont jetĂ©s sur elles et les ont tirĂ©es aux deux coins opposĂ©s de la salle Ă  manger. Par-dessus cette brillante rĂ©ception, Gaston dĂźnait chez un mĂ©nage dont il dirige les enfants ; le mĂ©nage est incrĂ©dule, mais Ă©branlĂ©; un dĂźner de famille Ă©tait arrangĂ© pour hĂąter la conversion demi-commencĂ©e. Ce dĂźner se trouve ĂȘtre un gala de quatorze couverts occupĂ©s par dix Ă  douze nullitĂ©s ; commencĂ© Ă  sept heures, il n’est terminĂ© qu’à huit heures et demie. RentrĂ© chez lui Ă  neuf heures et demie, fatiguĂ©, ennuyĂ©, Ă©reintĂ©, Gaston s’éveille avec la fiĂšvre et mal Ă  la tĂȘte ; il reste chez lui ; la fiĂšvre Ă©tait passĂ©e Ă  une heure, il espĂšre aller bien demain. Je dĂźne en tĂȘte Ă  tĂȘte avec Woldemar ; le soir, j’irai savoir de ses nouvelles. Le reste de la famille va bien. Jean et sa femme ont dĂźnĂ© chez nous hier ; Jean est gai comme pierrot, bavard comme un sansonnet. Marie est trĂšs gentille, gaie, aimable et causante ; elle dĂźnait sans façon avec CĂ©cile, Anatole et les enfans, M. Naudet, Woldemar et M. Keller. Sabine va bien ; je l’ai vue hier. Adieu, chĂšre enfant
 J’ai eu par Arthur une foule de dĂ©tails intĂ©ressants sur Livet. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 3 fĂ©vrier 1861. ChĂšre petite, j’ai reçu ta lettre avant-hier et j’aurais voulu te rĂ©pondre le jour mĂȘme, mais j’avais Ă  combler un terrible arriĂ©rĂ© de visites, et ces deux derniers jours j’ai couru Ă  pied et en voiture d’une heure Ă  six. Comme un fait exprĂšs, les Veuillot les nĂŽtres sont venus et Mme de Mosbourg[153] ; je les ai tous manques et j’ai dĂ» me consoler en recevant les cartes des X
, jeunes et vieux ; des Y
 et quelques autres dont la visite m’eĂ»t Ă©tĂ© fort dĂ©sagrĂ©able. J’ai toujours oubliĂ© de te dire que je suis en lutte avec DisdĂ©ri qui a l’audace de m’envoyer encore dix de tes portraits, total cinquante, en disant que c’est le tout; il oublie les dix et les vingt de supplĂ©ment que nous avons payĂ©s dans notre seconde visite. J’ai donnĂ© des miens Ă  la foule qui les rĂ©clamait
. Faut-il en envoyer Ă  Henriette, Ă  Nathalie? Les Veuillot en ont-ils, ainsi que Marie-Jean, Marie deL
? Tu sais que S
 Ă©pouse Mme veuve X
 j’oublie le nom, quelque chose comme Brosset, Bris-quet, Brasset, trente ans, deux enfants, quatre-vingt mille livres de rente, trĂšs jolie, trĂšs sage et bonnes façons. La famille est enchantĂ©e
 Élise m’a donnĂ© quelques cheveux du Pape; je t’en donnerai une douzaine quand je te verrai. Adieu, ma chĂšre Minette. Gaston part demain pour son grand voyage du Midi; il ne reviendra que le 16. Il a admirablement prĂȘchĂ© hier Ă  Saint-Roch; l’autre jour Ă  la Madeleine ; et avant, Ă  Saint-Thomas. C’était plein comme un Ɠuf, surtout Ă  Saint-Roch
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 7 fĂ©vrier 1861. J’ai reçu ta lettre, chĂšre petite
 Je reviens de chez Mme de C
 sans l’avoir vue ; son bal a fini si tard, qu’elle dormait encore Ă  trois heures et L
 aussi. J’y retournerai demain. Je crains qu’il n’y ait Ă©chec ou incertitude[154], et je crois que M. de C
 voudra plus d’argent et une position du monde plus brillante, un homme plus connu et allant un peu partout. Pourtant, pĂšre, mĂšre et fille t’aimant bien, la fille ayant de la tĂȘte et de la raison, il se pourrait qu’elle veuille voir et juger et qu’elle entraĂźnĂąt le pĂšre ; quant Ă  la mĂšre, elle n’oserait pas dire non, si les deux autres disent oui. À la grĂące de Dieu ! La petite M
 serait plus facile Ă  avoir, mais quelle diffĂ©rence de marchandise ! Adieu, chĂšre petite
. J’ai un nouveau domestique de ce matin, numĂ©ro quatre. L’autre Ă©tait un fripon trop bien conditionnĂ© et un paresseux par principe ; de plus, un impie. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 8 fĂ©vrier 1861. ChĂšre petite, ton pĂšre a eu hier soir la rĂ©pĂ©tition en diminutif de ce qu’il a eu chez toi, il y a quinze mois. C’était son jeudi2 et il ne dĂźnait pas Ă  la maison ; il est rentrĂ© Ă  neuf heures, pendant que j’étais au dĂźner de baptĂȘme chez les R
. Je suis montĂ©e chez lui3 Ă  mon retour, Ă  dix heures et demie, et je l’ai trouvĂ© couchĂ©, se sentant mieux; il a assez bien dormi, mais ce matin il est pris du cĂŽtĂ© gauche comme il l’était du cĂŽtĂ© droit, la langue embarrassĂ©e,, dans un Ă©tat nerveux, agitĂ©, avec mal au cƓur et marchant difficilement, en se soutenant aux meubles. Il attend le mĂ©decin de la Compagnie, le seul qu’il veuille voir. Je te dirai ce qui lui aura Ă©tĂ© ordonnĂ©, mais je ne saurai l’opinion du mĂ©decin que demain par Woldemar, ou ce soir Ă  dĂźner. Je crains que son opinion ne soit la mienne et celle de tes frĂšres ; c’est, je crois, une nouvelle attaque qui en annonce d’autres; la paralysie complĂšte me semble inĂ©vitable avec le temps ; ce sera terrible et le chagrin abrĂ©gera certainement ses jours. 1 heure — Ton pĂšre va mieux ; le mĂ©decin lui a dit que ce n’était pas une attaque, mais la suite de la digitale trop prolongĂ©e qui avait ralenti la circulation. Il lui a ordonnĂ© quatre sangsues pour ce soir et une promenade au bois de Boulogne ; je vais l’accompagner pour l’aider Ă  marcher. Adieu, chĂšre Minette, je t’écrirai demain et tant qu’il y aura quelque chose Ă  t’apprendre. Le nouveau domestique a l’air bien et travailleur; ce n’est pas un grand seigneur comme ce FrĂ©dĂ©ric ; il est laid, mais c’est tant mieux; DĂ©sirĂ© est bien plus beau[155]. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 9 fĂ©vrier 1861. Ton pĂšre va toujours mieux, chĂšre petite ; les sangsues d’hier soir lui ont dĂ©gagĂ© la tĂȘte et lui ont enlevĂ© en partie l’engourdissement du cĂŽtĂ© gauche. La promenade d’hier au bois de Boulogne lui avait dĂ©jĂ  fait du bien; aujourd’hui, il a voulu sortir seul pour aller Ă  confesse et faire quelques visites. Je vous recommande bien Ă  tous deux de ne pas mettre vos papiers avant le mois d’aoĂ»t, aprĂšs les chaleurs de l’étĂ©; les plĂątres ressuent; tout serait perdu et en loques avant un an. Si vous voulez ĂȘtre prudens, il ne faudra pas coucher dans le nouveau bĂątiment avant le mois d’octobre ; et, en attendant, coucher dans la tour et dans les chambres qui y tiennent, en faisant nettoyer, badigeonner et boucher les fentes et ouvertures pouvant donner du vent et du froid. De jour, on peut, sans inconvĂ©nient, se tenir et manger dans des appartemens frais ; il n’y aura de sec que les mansardes qui seront bien vite sĂ©chĂ©es par le soleil Ă  travers les ardoises. Marie-ThĂ©rĂšse est sevrĂ©e depuis avant-hier, sans cris et sans difficultĂ©s. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 15 fĂ©vrier 1861. ChĂšre petite
 Je suis inquiĂšte pour vous tous des maux de gorge de la ferme ; prenez bien garde Ă  l’humiditĂ© aux pieds, Ă  l’humiditĂ© du soir, au froid Ă  la nuque, surtout les jours de vent. N’allez aucun de vous du cĂŽtĂ© de la ferme longtemps aprĂšs l’épidĂ©mie qui y rĂšgne ; dĂ©fends Ă  la fille de ferme de venir Ă  la cuisine chercher les eaux grasses pour leurs cochons et au moindre mal de gorge fais gargariser avec de l’eau et du vinaigre. Prenez l’air le plus possible et rĂ©cite pour toi et les tiens un Ave Maria tous les jours, en invoquant Notre-Dame de la Salette, en la priant de vous prĂ©server toi et les tiens de toute Ă©pidĂ©mie,, contagion et accident. Ton pĂšre a vu hier Rayer, qui lui a dit qu’il persistait Ă  croire que la cause du mal Ă©tait dans les battements trop forts du cƓur, qu’il devait prendre huit jours de la teinture d’arnica[156]
 Il ne croit pas Ă  la paralysie graduĂ©e ; il lui fait espĂ©rer une guĂ©rison complĂšte et il l’enverra aux Eaux l’étĂ© prochain. Ton pĂšre est moins dĂ©couragĂ©. Il est enchantĂ© de ton projet de voyage et moi aussi, tout en regrettant que les deux chers petits aĂźnĂ©s ne puissent pas t’accompagner. Tu trouveras ta chambre prĂȘte pour te recevoir
 Que nous importe ce que disent de nous nos gens qu’un reproche souvent injuste peut irriter dans le moment? Nous-mĂȘmes, que ne disons-nous pas d’eux quand nous en sommes mĂ©contens? Il faut bien nous faire servir; ce que nous pouvons demander, c’est un bon service et une attitude polie ; le reste est de surĂ©rogation
 Gaston revient ce soir; son voyage a Ă©tĂ© une ovation continuelle. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 17 fĂ©vrier 1861. ChĂšre petite
 ThĂ©rĂšse[157] toussait depuis trois semaines et Ă©tait au lit avec la fiĂšvre ; je l’avais vue la veille revenant du catĂ©chisme et je ne lui avais pas trouvĂ© mauvaise mine ; seulement un peu rouge
 Le soir, j’y ai envoyĂ© ; on parlait de fluxion de poitrine. Ce matin j’y ai trouvĂ© Blache, qui trouve la fluxion de poitrine Ă©tendue sur la totalitĂ© des deux poumons ; il ne voit pas de danger, mais il considĂšre la maladie comme devant durer longtemps ; j’y retournerai avant dĂźner et demain matin ; je t’en donnerai des nouvelles dans l’aprĂšs-midi. AdĂšle paraĂźt calme, mais lĂ© pauvre Arthur a les yeux gros comme le poing et il est d’une inquiĂ©tude bien naturelle, quand on pense que tout son bonheur et tout son avenir reposent sur cette enfant. Je l’ai rassurĂ© de mon mieux ; la mine est bonne; la peau est douce et moite; la fiĂšvre n’est pas trĂšs forte, l’oppression, pas trĂšs grande, la voix est naturelle et la gaietĂ© soutenue ; la nuit a Ă©tĂ© bonne comme sommeil ; beaucoup de toux et de fiĂšvre; ce soir, il y aura Ă©videmment redoublement. Blache a ordonnĂ© un vomitif, une application de teinture d’iode sur toute la surface des poumons, au dos, aux Ă©paules, Ă  la poitrine ; cela remplacera les vĂ©sicatoires dont il Ă©vite l’usage. Ce soir, s’il y a redoublement, des synapismes aux pieds, aux mollets, aux chevilles, alternativement. J’espĂšre que le vomitif aura enrayĂ© le mal; sinon, il faudra s’armer de patience cinq jours encore et n’attendre d’amĂ©lioration que le huitiĂšme jour de la maladie. Tu trouveras le dĂ©tail de sa maladie, Ă  l’article Pneumonie, dans le Dictionnaire que je t’ai donné . On dit que M
 tient bon Ă  Ă©pouser le duc de X
, mauvais sujet ruinĂ© et perdu de dettes. Sa mĂšre est dĂ©solĂ©e, dit-on, mais la fille a prĂšs de vingt-cinq ans et tĂȘtue. Mme de R
 voit beaucoup le pĂšre de cette jeune beautĂ© et le trouve charmant; en revanche, elle est furieuse contre moi qui lui ait dit avant-hier trĂšs franchement que, si elle se remariait, elle serait ruinĂ©e et abandonnĂ©e, vu qu’on l’épouserait pour son argent. En rentrant, elle a criĂ© et sautĂ© jusqu’à une heure du matin, empĂȘchant son monde de se coucher. Adieu, chĂšre petite. Donne-moi des nouvelles de la ferme et surtout n’y va pas. Si Madeleine[158] y va, qu’elle ne touche pas les enfans en revenant et qu’elle n’entre pas Ă  la maison. Ton pĂšre va mieux aujourd’hui. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 19 fĂ©vrier 1861. M. Blache a certifiĂ© aujourd’hui Ă  Arthur que ThĂ©rĂšse Ă©tait tout Ă  fait hors de danger, chĂšre petite; sa poitrine n’offre plus de symptĂŽmes alar-mans. La fluxion de poitrine a dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© en. bronchite et il ne doute pas que la marche de la maladie ne soit de plus en plus rassurante
 Ton pĂšre ne va pas trĂšs bien ; hier, il a prĂ©sidĂ© des comitĂ©s de midi Ă  cinq heures[159], ce qui lui a donnĂ© une mauvaise soirĂ©e; aujourd’hui, il est parti Ă  midi jusqu’à" cfrrq fteures" et demie. Il a bien fart, d’&utaat qu’il convient lui-mĂȘme de sa fatigue et du mal qu’elle occasionne. Je suis enchantĂ©e que tu arrives samedi; je prĂ©pare tout pour que tu sois le moins mal possible. Ton pĂšre a pleurĂ© de joie quand il a su que tu venais ici samedi. Je voudrais que tu puisses rester longtemps; quel dommage que je n’aie pas une chambre de plus Ă  te donner pour Margot
. Je ne te parle pas des affaires politiques, parce qu’elles sont trop dĂ©solantes et irritantes; le pauvre Pape sera chassĂ© de Rome, ou massacrĂ©, ou logĂ© an chĂąteau Saint-Ange avant un mois d’ici. Et nous en verrons bien d’autres. Adieu, chĂšre Minette. Je ne t’envoie pas tes livres qu’on ne m’a envoyĂ©s qu’hier ; je me borne Ă  envoyer Ă  Émile les Martyrs d’Anatole et la brochure abominable du vicomte de la GuĂ©ronniĂšre. M
 est Ă  Mazas ; les plus compromis
 sont le fils B
, le fils M
, M. de M
 et plusieurs personnes de la Cour. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 21 fĂ©vrier 1861. ThĂ©rĂšse n’a plus de fiĂšvre, chĂšre enfant ; elle va de mieux en mieux As-tu su les dĂ©tails de l’affaire M
 ? le fils B
 en fuite ; le fils M
 arrĂȘtĂ© ; une foule d’autres, terriblement compromis. M
 a eu la prĂ©caution, quand il s’est vu perdu, de prendre copie de toutes les piĂšces et signatures compromettantes pour les personnes ci-dessus nommĂ©es, faire certifier ces piĂšces conformes Ă  l’original, et de les remettre Ă  Jules Favre pour plaider au procĂšs. De sorte que beaucoup de gens de la Cour, dont j’oublie les noms, seront compris dans cette triste affaire. On dit l’Empereur indignĂ© et consternĂ© ; il ne se croyait pas si mal entourĂ©. Adieu, ma chĂšre Minette
. La grosse boĂźte de bonbons attend sa destination; il y a des petites pommes en sucre1 charmantes. Je t’embrasse tendrement, ainsi qu’Émile, Jacquot et Margot. Ces pauvres fermiers! C’est affreux ![160] À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, mardi 9 avril 1861. ChĂšre petite, depuis ton dĂ©part, la maison est un dĂ©sert ; l’entresol est un tombeau, le premier est un purgatoire oĂč nous expions tous ton aimable gaietĂ©, ton rire joyeux et ton esprit pĂ©tillant. On m’apporte ce matin seulement le cornet Ă  piston de mon cher Jacquot ; je l’expĂ©dierai avec ton jupon de laine oubliĂ© dans l’armoire. Ton pĂšre ne va pas bien ; ton dĂ©part l’a assommĂ© ; il a dormi toute la soirĂ©e d’hier et quand il parle de toi, il pleure. Il est bon de ne pas oublier qu’on n’est dans cette vie qu’en passant, que les heures qui s’écoulent ne reviendront plus et que la fin de toutes choses approche toujours. Les bonnes pensĂ©es donnent du courage et de la joie
 ThĂ©rĂšse va de mieux en mieux; elle n’a pas toussĂ© depuis hier ; Blache ne revient qu’aprĂšs-demain ; il espĂšre constater une guĂ©rison complĂšte. Je suis dans un silence et un repos absolus dans mon entresol ; j’ai fait fermer ma porte et je n’attends aucune interruption, aucun cri joyeux, mais j’attends avec une extrĂȘme impatience des nouvelles de ton voyage, de ton arrivĂ©e, de l’entrevue de Marguerite avec Jacques et Jeanne. As-tu pu avoir le coupĂ© ? et n’avez-vous pas eu froid en route ? ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 24 avril 1861. J’ai reçu ta bonne longue lettre, en retard de vingt-quatre heures, chĂšre petite
 J’ignore si j’aurai fini Gribouille Ă  temps pour en recevoir le prix avant mon dĂ©part. Il me faut encore vingt-cinq jours de travail, y compris la lecture et correction; puis, la dĂ©libĂ©ration de M. Hachette
 Henriette part lundi dĂ©cidĂ©ment elle est encore chez le bourreau Y
 et je crains qu’il ne condamne Ă  mort une dent dont elle ne souffrait plus depuis longtemps, le nerf Ă©tant mort; il l’a plombĂ©e, je ne sais pourquoi, et a dĂ©clarĂ© ensuite que cette dent lui ferait probablement mal et amĂšnerait- probablement une succession d’abcĂšs; que si elle souffrait par trop, ce qui arriverait probablement, il fallait l’arracher, seul remĂšde possible. S’il persiste Ă  conseiller l’extraction, puisqu’elle en souffre toujours, elle ira chez Delabarre. Y
 n’est dĂ©cidĂ©ment bon que pour les soins de la bouche et surtout le plombage des dents ; il arrache mal ; on nous l’avait dit avant Élisabeth ; depuis, nous en sommes certains, car elle a eu la bouche meurtrie et en sang; elle en a souffert toute la journĂ©e. On je ne me souviens plus qui nous a racontĂ© le soir que Y
 avait fait Ă  une petite fille de huit Ă  dix ans dont j’oublie le nom un appareil de redressement de dents si torturant que l’enfanta dĂ©pĂ©ri, est tombĂ©e malade, et que le mĂ©decin appelĂ© a dĂ©clarĂ© qu’elle mourrait de cette fiĂšvre nerveuse si on ne la dĂ©barrassait pas de cet appareil ; les abominables parens ayant dĂ» y consentir, la petite s’est promptement rĂ©tablie et a retrouvĂ© le sommeil et l’appĂ©tit. Comment faire pour t’envoyer la brochure saisie ? Je pourrais l’avoir, mais le moyen de la faire parvenir ? Ir
[161] la saisirait. Nous allons encore une fois obĂ©ir aux Anglais et laisser achever le massacre des chrĂ©tiens en Syrie , en retirant nos troupes ; il est probable que l’évacuation de Rome suivra de prĂšs, car c’est encore Ă  l’ordre du jour de l’Angleterre. J’espĂšre faire encore un livre cet Ă©tĂ© et avoir des poneys pour faire le trajet de Livet
 Tu en jouiras tant que tu en auras besoin, mais il me faut au moins quinze cents francs pour l’équipage complet
 Les enfants ont-ils des robes d’étĂ© ? Combien .en ont-ils chacun ? Veux-tu les ombrelles tout de suite ? M. K
 a donnĂ© Ă  sa petite de l’eau de la Salette qui l’a ressuscitĂ©e ; elle ne devait pas passer la journĂ©e; le soir mĂȘme elle entrait en convalescence; il est enchantĂ©. Adieu, chĂšre petite. Henriette va demain passer au couvent la journĂ©e et la matinĂ©e du lendemain. Je suis enchantĂ©e pour Jacques de ses bottes; je voudrais voir ses gentils petits pieds dans ses grosses bottes. À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 10 mai 1861. ChĂšre petite, je reçois ta lettre
 X
 ne sera pas la mĂȘme chose que DĂ©sirĂ© ; c’est le paysan Ă  peine dĂ©grossi en place de l’homme civilisé  DĂšs mon arrivĂ©e je dirai Ă  ThĂ©ophile de chercher une position, car celle qu’il a prise chez moi ne me convient pas. Qu’il retourne chez les C
 puisqu’on l’aimait tant. S’il entend parler de quelque chose et qu’il vienne te demander ce qui en est, tu lui diras qu’en effet je cherche quelqu’un de moins paresseux, moins bĂȘte, moins lourd et moins indolent, — CĂ©cile va dĂ©cidĂ©ment Ă  Ems au mois de juillet ; elle emmĂšne Pierre et laisse Henri et Marie-ThĂ©rĂšse aux Nouettes. — Tu ne me parles pas de Montalembert » et d’Aumale » que [e t’ai envoyĂ©s dans le caquet des enfans; l’aurait-on soustrait ? D’Aumale » est dans Montalembert » couverture jaune. Garde-les-moi; je n’en ai plus. Waterloo[162] » paraĂźt demain; s’il n’est pas saisi, tu l’auras. TĂąche de me faire vendre mon Ăąne. Émile de la ferme ou Fresnes ou Vital y arriveront peut-ĂȘtre ; 10 pour 100 s’ils dĂ©passent 80 francs; 5 pour 100 si c’est au-dessous. Quand le blanc sera vendu, tĂąche de m’en avoir un qui trotte, qui s’attelle, qui ne rue pas ; il faudrait pour bien faire que le vieux payĂąt le neuf
 Adieu chĂšre enfant, je t’embrasse tendrement ainsi qu’Émile et les chers petits
 Gribouille a 185 pages ; je le ferai mourir ; il s’y prĂ©pare ; il sera tuĂ© en se jetant devant le brigadier contre un braconnier. 11 mai. — ChĂšre petite, pour la derniĂšre fois rien qu’un motet le petit format ; je t’annonce avec un plaisir fĂ©roce l’heureuse mort de Gribouille ; il n’y a plus qu’à l’enterrer et Ă  marier Caroline avec l’ami de Gribouille, un excellent brigadier de gendarmerie pour lequel il est mort et auquel il lĂšgue sa sƓur. C’est touchant, mais pas trop ; c’est gai, mais pas trop non plus ; enfin je le trouve bien
 Je t’envoie la rĂ©ponse de ThĂ©ophile ; Monsieur est piquĂ© mais il ne rĂ©siste pas. Je le trouve un peu impertinent avec sa Maison Pitray. Je voudrais qu’il se piquĂąt et qu’il partĂźt le plus tĂŽt possible pour que l’autre fĂ»t un peu au courant du pays avant les foins. Je t’ai dit, je crois, combien je trouvais Ă©tonnant que ThĂ©ophile n’ait comptĂ© que 280 bouteilles de vin d’ordinaire quand DĂ©sirĂ© et Godefroy en avaient trouvĂ© 480. J’aurai cet Ă©cheveau de plus Ă  dĂ©brouiller avec M. ThĂ©ophile qui est bien content de lui-mĂȘme
 Adieu, ma chĂšre minette ; le chapeau de Margot est charmant avec des fleurs des champs, ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 27 mai 1861. ChĂšre petite
 d’aprĂšs les projets primitifs, je devrais ĂȘtre en chemin de fer, allant aux Nouettes, Ă  l’heure qu’il est. Paris est bien insupportable par le beau temps chaud. Élise m’a envoyĂ© un paquet d’horribles tapisseries, et d’horribles laines pour le tapis du pauvre abbĂ© G
 ; je ne mettrai certainement pas les mains Ă  une semblable horreur; ’ le dessin est affreux, les couleurs sont passĂ©es, mal assorties; les laines sont d’une qualitĂ© de couverture de pauvres; c’est un total Ă©pouvantable et je renvoie mon paquet avec 12 fr. 5o; c’est le prix qu’il faut payer, fait ou non. CĂ©cile est dĂ©solĂ©e du sien mais n’ose pas le rendre. Je vais de ce pas chez M. G
 et je lui dirai que je ne veux pas travailler Ă  une chose aussi affreuse[163]
 ThĂ©rĂšse fait sa premiĂšre communion jeudi Ă  Sain-te-Clotilde, chapelle du fond, au milieu ; c’est Gaston qui dit la messe Ă  huit heures prĂ©cises. — Adieu, chĂšre petite, je t’embrasse bien tendrement ainsi qu’Émile et les chers petits. Si la caisse du piano arrive avant moi, fais dĂ©baller avec beaucoup de prĂ©caution
 il y a beaucoup d’objets fragiles ; fais mettre le piano dans un des salons, les livres chez moi, ainsi que les joujoux que les enfants prennent . ce qu’ils voudront, qu’ils aident Ă  tout dĂ©faire. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, vendredi 30 juin 1861. ChĂšre petite, les enfans vont Ă  merveille[164]; ils ont fanĂ© hier jusqu’au soir avec des cris de joie adressĂ©s Ă  une grenouille fourvoyĂ©e dans les foins et qu’ils ont mise dans un baquet d’oĂč elle s’est sauvĂ©e comme de raison. Aujourd’hui ils ont eu l’intĂ©ressant Ă©pisode d’une chasse aux poules[165] Ă  grands renforts de cris, de courses Ă  travers les massifs, etc. Tout est calme et pacifique du reste. — Émile se sĂ©pare de Jules, auquel il a fait hier une algarade Ă  sa façon, mais trĂšs mĂ©ritĂ©e. La dignitĂ© de Jules ne lui permettant pas, malgrĂ© son jeune Ăąge, de supporter des reproches fortement assaisonnĂ©s, il a dĂ©clarĂ© que monsieur pouvait chercher un cocher, car il partait dans huit jours. J’ai su qu’il se rend Ă  Paris Ă  l’appel de Baptiste comme garçon de restaurant en attendant une place de cocher. Je plains ceux que servira ce lourd pataud et ceux que mĂšnera ce maladroit peureux. Que ses cendres restent en paix; il n’y a plus Ă  s’en occuper. — Quel beau temps tu as eu pour ton voyage! — Émile croit que tu feras le garçon Ă  Paris avec Woldemar, pendant trois ou quatre jours ; ne reviens pas sans cuisiniĂšre, domestique, etc. Adieu, chĂšre enfant, je t’embrasse bien tendrement. Ne t’é"reinte pas. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY ;
 Paris, 20 novembre 1861. Ton pĂšre t’ayant Ă©crit hier, chĂšre petite, j’ai remis ma lettre Ă  aujourd’hui, pour Ă©viter l’encombrement
 c’est dĂ©solant
 tu te trouves entre deux extrĂ©mitĂ©s fĂącheuses ou bien t’éreinter Ă  courir Ă  Beauffay, ou bien rester privĂ©e des secours nĂ©cessaires Ă  toute Ăąme chrĂ©tienne. Tu es un peu dans la position de X
 ; personne prĂšs de toi pour t’épauler, et de grandes difficultĂ©s pour avoir la messe et la sainte communion. Je t’envoye mon CurĂ© d’Ars[166] qui t’intĂ©ressera beaucoup et qu’Émile lira aussi avec intĂ©rĂȘt et profit. — Ton pĂšre vient de lire mon livre sans titre ; il le trouve trĂšs bien, trĂšs amusant et rien Ă  redire; il me propose-un titre que je crois bon et que je soumettrai demain Ă  mon juge Hachette
 en lui portant le manuscrit Petite ComĂ©die humaine. Qu’en dis-tu[167] ? Pauvre Blaise a enfin paru ; j’en mettrai trois exemplaires pour les enfans dans le paquet qui finira par peser comme une maison. — On dit qu’il se fait une rĂ©action dans la politique l’Empereur dĂ©clare qu’il ne veut dĂ©cidĂ©ment pas abandonner le Pape ni ses droits temporels ; on va partager l’Italie en trois le roi de Naples aura tout le midi; le Pape tout le centre et Galantuomo le Nord, ce qui forme, dit-on, une voiture complĂšte rotonde, intĂ©rieur, coupĂ©. — À l’intĂ©rieur, on dit que Persi-gny lasse la patience de l’Empereur en fesant des coups de tĂȘte sans le consulter, comme la dissolution du ComitĂ© Directeur de Saint-Vincent de Paul. Pour parer Ă  ce coup de Jarnac, l’Empereur a ordonnĂ© qu’on prĂźt l’avis de toutes les ConfĂ©rences de France pour la réélection du ComitĂ©. Si c’est vrai, c’est trĂšs bien. Ton pĂšre ne sort presque plus, ce qui me prend beaucoup de temps; il ne peut pas rester seul toute l’aprĂšs-midi ; il n’y a personne Ă  Paris
 Gaston revient vendredi soir, je lui porterai samedi tes 213 francs. Il va bien et a les plus grands succĂšs d’ñmes. Henriette me dit qu’elle va t’écrire quelquefois en raison de ta solitude ; dans toutes ses lettres, cette excellente fille me parle de toi et de tes enfans avec le plus grand intĂ©rĂȘt. Adieu, chĂšre enfant, je t’embrasse tendrement avec les chers petits et
. Oh! ciel! qu’allais-je dire ! un shake-hands Ă  Émile[168]. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 24 novembre 1861. ChĂšre petite
 j’ai reçu hier ton petit griffonnage qui me fait prendre mes grosses lunettes et que je dĂ©chiffre assez pĂ©niblement, mais qui me cause malgrĂ© ses dificultĂ©s un plaisir bien rĂ©el. — Ton pĂšre va plus mal depuis quatre jours; je crois qu’il est dans une phase de rechutes quotidiennes quoique lĂ©gĂšres. Je crains qu’à la fin de la saison il ne puisse plus marcher du tout. Et pourtant il faudra bien que Nathalie aille accoucher aux Nouettes ! Et il faudra bien alors que ton pĂšre y aille avec nous[169]. – Je trouverai bien Ă  loger tout le monde, si quelqu’un veut accepter la grande chambre lĂ -haut, marquĂ©e je ne sais pourquoi du sceau de rĂ©probation
 Dis-moi si tu trouves un Ăąne pour Jacquot et Cie et combien tu le payes. Fais demander au marchand de vaches, il doit connaĂźtre des Ăąnes Ă  quatre pieds. Il fait beau mais froid; je voudrais savoir tes chemins empierrĂ©s et clinĂ©s ou marnĂ©s, pour que vous puissiez marcher sans difficultĂ©. Et le potager ? Qu’est-ce qui s’y passe ? – Adieu, ma chĂšre minette
 J’ai livrĂ© mon manuscrit Ă  Hachette, il me donnera rĂ©ponse dans huit jours, mais il est presque certain de l’accepter. – Shake-hands Ă  Émile. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 4 dĂ©cembre 1861. ChĂšre petite, un mot seulement[170], malgrĂ© mes quatre jours de silence. Tu es aussi un peu taciturne; tes lettres sont assez rares
 Ton pĂšre me prend un temps Ă©norme; je l’accompagne en voiture hier depuis midi et quart jusqu’à prĂšs de quatre heures. Nous sommes allĂ©s chez ton oncle de Lamoignon qui avait dĂ©jeunĂ© avec l’oncle d’Aguesseau, lequel est venu pour le SĂ©natus-Consulte ; il se trouve dans le bureau de Persigny et de Saint NapolĂ©on ; il doit aujourd’hui mĂȘme leur en dire, Ă  les faire mourir d’apoplexie rageuse. Persigny va tout briser. Et le Prince le lui revaudra un jour ou l’autre. Nous avons Ă©tĂ© ensuite chez N
 oĂč je retournais pour la premiĂšre fois[171] ; elle Ă©tait dans son lit rebondissante de graisse et de santĂ©; elle m’a tendu la main ; j’ai dĂ» lui tendre la mienne; elle m’a attirĂ©e Ă  elle avec une force inutile Ă  combattre, m’a serrĂ© le cou de ses deux gros bras et m’a embrassĂ©e cinquante fois en sanglotant; mon cƓur de glace ne s’est pas fondu ; j’ai tirĂ© sans succĂšs deux ou trois fois ; Ă  la quatriĂšme je me suis dĂ©gagĂ©e, en lui demandant tranquillement si le retour du froid ne la remontait pas. Ton pĂšre qui arrivait a Ă©tĂ© comme moi saisi et embrassĂ© ; il l’a engagĂ©e Ă  venir dĂźner quand elle voudrait ; je n’ai dit et ne dirai mot Ă  ce sujet
 Il fait froid depuis hier ; il gĂšle et dĂ©gĂšle selon que le soleil paraĂźt ou disparaĂźt
 Adieu, chĂšre petite, je vais chez Sabine
 je t’embrasse bien tendrement
 J’embrasse les petits. Margot parle-t-elle? Shake-hands Ă  Mylord of Livet-Hall. Mon Vital se gĂąte, Ă  ce que m’écrit Marais, il n’aime pas le travail suivi. Je crains de devoir m’en sĂ©parer. As-tu l’ñne et pour combien? ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Paris, 5 dĂ©cembre 1861. AprĂšs avoir attendu trois jours pour te rĂ©pondre, mon cher Émile, je devrais t’écrire bien carrĂ©ment une bien longue lettre; mais comme toujours je suis pressĂ©e et ma lettre s’en ressentira
 Elise Veuillot a dĂ©jĂ  placĂ© trois mille billets de la Loterie du Pape ; les lots sont tentants; ce sont tous objets prĂ©cieux donnĂ©s en prĂ©sent par les Rois et Princes ; ceux qui gagneront auront des objets de plusieurs milliers de francs de valeur
 Je suis bien contente des progrĂšs rapides de Livet ; mĂȘme en ne l’habitant pas encore, c’est un repos d’esprit de savoir le tout achevĂ© et de pouvoir y dĂ©poser et placer ses meubles, tableaux, livres, etc. Que Dieu favorise tes rĂ©coltes l’annĂ©e prochaine ainsi que ta seconde vente de bois!
 L’hiver solitaire que vous passez me contriste et me peine; les soirĂ©es sont longues, les jours sont mauvais, la maison est froide ; et rien ne vient distraire la monotonie de ces trois dĂ©sagrĂ©-mens. — Notre vie de Paris n’est pas trĂšs animĂ©e ni variĂ©e, mais elle est coupĂ©e de continuels Ă©pisodes de visites et de nouvelles. J’envoie demain Ă  Olga une petite caisse de quelques objets en retard. Pierre l’ébouriffĂ© est pour Jacques, comme de raison ; un des paquets de bonbons pour Jacques et Jeanne; ceux de Siraudin Monry ne sont pas ruineux, 4 francs la livre; on les dit excellens, et de plus, Siraudin les change quand on ne les trouve pas bons. Si tu veux te mettre de moitiĂ© avec lui, tu seras en belle illustre et nombreuse compagnie. On dit la princesse Clotilde attaquĂ©e de la poitrine et en partance pour Turin. L’ImpĂ©ratrice continue sa rĂ©clusion et sa tristesse ; elle devrait aller dans le midi. Ton beau-pĂšre va bien. Adieu, cher Émile. AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Paris, dĂ©cembre 1861. Les Parfums[172] paraissent la semaine prochaine. – Ton pĂšre va de mĂȘme, tantĂŽt mieux, tantĂŽt plus mal, mais au fond, son Ă©tat a certainement empirĂ©. Rien de nouveau ; la famille va bien ; la politique va mal comme d’habitude; la bonne farce du budget restreint finira, dit-on, par le vote nĂ©gatif du SĂ©nat qui, plein de confiance dans l’économie de l’Empereur, rejette avec indignation l’entrave apportĂ©e par le SĂ©natus-Consulte. On dit que nos quarante mille hommes Ă  Rome doivent soumettre les États napolitains, les dĂ©livrer du joug des brigands et les rendre Ă  la vraie libertĂ© reprĂ©sentĂ©e par le PiĂ©mont. L’un dit blanc, l’autre dit rouge et l’Empereur ne dĂźt rien. Puisse-t-il penser beaucoup et penser bien!—Adieu, ma chĂšre minette
 J’ai Ă©crit a Marais de t’envoyer tous les bons Ăąnes Ă  vendre. Quel dommage que je n’aye pas d’idĂ©es ! J’aurais le temps d’écrire un volume pour le mois de fĂ©vrier. Mais le cerveau est vide. AmitiĂ©s Ă  Émile. Le brave Naudet est plus siĂšcle que jamais. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, dĂ©cembre 1861. 
 As-tu reçu les Parfums de Rome ? Mme d’Esgrigny qui sort d’ici a le sien depuis quatre jours; moi, je vais l’envoyer acheter chez Gaume et, si tu n’en as pas, je t’en enverrai un. Mme d’Esgrigny me dit que c’est trĂšs beau, mais que ce sera moins achetĂ© et goĂ»tĂ© que Çà et LĂ , Ă  cause de sa sublimitĂ© c’est de la haute poĂ©sie chrĂ©tienne. — Rien de nouveau pour Saint François de Sales, mais on pourchasse les missions des faubourgs[173] en dĂ©fendant la distribution des bons livres et en vexant dans les dĂ©tails. Saint-Vincent de Paul n’existe plus. On commence une croisade contre les frĂšres et l’enseignement des prĂȘtres et religieux. L’Ami de la religion a Ă©tĂ© vendu 120000 francs. L’abbĂ© Sisson y est restĂ© ainsi que le fretin de la rĂ©daction. Nous avons l’abbĂ© CognĂąt pour premier vicaire Ă  Sainte-Clotilde
 Adieu, chĂšre enfant, je prie sans relĂąche pour que le bon Dieu t’accorde des couches heureuses. Quel ennui que cette distance de l’église ! ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, dĂ©cembre 1861. Je crois avec lui[174] que tout cela finira par la destruction complĂšte des Ɠuvres de charitĂ©; on dĂ©fendra mĂȘme les prĂ©dications individuelles; on traquera le culte catholique dans tous ses moyens de propagation et probablement on arrivera aux individus aprĂšs avoir poursuivi les choses. On commence Ă  parler de la suppression du traitement des EvĂȘques et des PrĂȘtres et on y arrivera. On a dĂ©jĂ  Ă©mis la prĂ©tention de l’État propriĂ©taire des Ă©glises, des ornemens et objets du culte; les tribunaux, plats comme punaises, jugeront comme le voudra le gouvernement. Les prĂ©fets plus plats encore exĂ©cuteront et au delĂ  tout ce qu’on voudra. VoilĂ  la perspective[175]. – J’espĂ©rais que tu me donnerais aujourd’hui des nouvelles de la pauvre Jeannette ; tu lui as sans doute fait boire un peu d’arnica et tu lui as fait prendre des bains de pied d’eau et de savon[176]. – Adieu, chĂšre minette ; j’ai oubliĂ© de te demander si tu avais reçu les prix de l’épicier Vas
 qui est gros et honnĂȘte ; c’est celui de Gaston. – J’ai oubliĂ© de te redemander ce que tu voulais pour les pauvres; que veux-tu et pour combien d’argent? – Je t’embrasse bien tendrement avec les chers minets. Je suis bien aise de la simplicitĂ© du traitement de Jacquot ; je craignais quelque idĂ©e sublime et improvisĂ©e de M. Mazier. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 24 dĂ©cembre I861. ChĂšre petite, je voulais t’écrire hier; j’en ai Ă©tĂ© empĂȘchĂ©e par beaucoup de choses et de personnes
 Saint-Vincent de Paul relĂšve la tĂȘte ; M. Boitelle, prĂ©fet de police, a fait dire ou a dit Ă  M. Baudon, PrĂ©sident du Conseil de l’Ɠuvre, qu’on les autorisait Ă  se reconstituer comme par le passĂ©, Ă  la seule condition qu’on Ă©laguerait du Conseil MM. Keller, Lemercier, Cochin, de Riancey et un cinquiĂšme que j’oublie. Ce dernier ne mĂ©ritait, ce me semble, ni cet excĂšs d’honneur ni cette indignitĂ©; tu juges comme il est fier d’ĂȘtre mis au rang de Keller! Le Conseil de l’Ɠuvre trouve qu’on n’a pas plus le droit d’exclure des membres que d’en imposer. Us ne savent que faire, d’autant que les premiers offrent leurs dĂ©missions, mais le dernier tient mordicus Ă  rester. On ne sait comment se terminera l’affaire; mais ce qui est certain, c’est que le gouvernement Persigny est embarrassĂ© de la sotte voie dans laquelle il s’est engagĂ© et qu’il cherche Ă  en sortir le moins honteusement possible. — Je viens d’ĂȘtre interrompue par AdĂšle et ThĂ©rĂšse qui venaient me remercier pour le Gribouille que j’ai envoyĂ© avant-hier ; tu auras le tien par la poste; je te porterai les deux autres
 À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 3 janvier 1862. A la bonne heure ! voilĂ  un Ăąne bien Ă©levĂ© qui se prĂ©sente le jour de l’an! J’espĂšre qu’il n’a pas tardĂ© Ă  revenir tout harnachĂ© et que les heureux petits n’ont pas manquĂ© de s’en servir. Je crois, chĂšre petite, que tu as tort de les enfermer par un si beau temps parce qu’il fait froid. La gelĂ©e ne doit empĂȘcher de sortir que les enrhumĂ©s ; c’est un temps sain et fortifiant. Le petit Louis sort Ă  Hanovre par un froid de 10 degrĂ©s ; il fait des boules de neige ; il a chaud toute la journĂ©e aprĂšs sa promenade et c’est son meilleur temps comme santĂ©. Les enfants pourraient sortir au moins deux fois, de dix Ă  onze et d’une heure Ă  deux ou trois, Marguerite Ă©galement, mais moins longtemps; seulement il faut les prĂ©server du froid en les vĂȘtissant bien et en leur mettant des chaussons Ă  semelles par-dessus leurs bottines. Ceci est les petits enfans sortent malgrĂ© la gelĂ©e. Marie-ThĂ©rĂšse sort tous les jours et ne s’en porte que mieux. Avec l’ñne, vous pourrez aller Ă  Beaufai tous les jours; ce sera pour toi aussi une facilitĂ© pour la messe de la semaine. Je suis enchantĂ©e de la joie des enfans et de la tienne; quand je serai aux Nouettes, j’en achĂšterai un pour la petite population qui y habitera; j’espĂšre tomber heureusement pour le second comme pour le premier. Quant Ă  la voiture, je la commanderai Ă  Coulbeuf quand j’irai Ă  Livet. Dis Ă  ton cocher qu’il fasse attention au collier qui sera peut-ĂȘtre trop petit et qu’il faudra allonger sous peine de ne pas pouvoir faire avancer Cadichon ; car en tirant, le collier l’étranglera assez pour lui donner l’envie de reculer, ou de prendre le pas. J’ai vu plusieurs Ă©quipages Ă  bricoles Ă  Paris, entre autres celui de Mme de Persigny, qu’elle mĂšne elle-mĂȘme
 Adieu, ma chĂšre minette; ton pĂšre va beaucoup mieux, il sort comme avant et peut aller Ă  pied assez loin. . - ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 26 janvier 1862. Un mot, ma pauvre chĂšre petite, avant de dĂ©jeuner et de partir pour des courses Ă©normes de temps et de distance Sabine, Saint-Sulpice, ton oncle Raymond pour le fĂ©liciter[177], ton oncle de Lamoignon qui est tombĂ© il y a trois jours et s’est blessĂ© Ă  la figure et au genou; il ne peut pas sortir. Je te remercie; chĂšre enfant, de ta bonne et affectueuse lettre ; tu sais que je partage ton chagrin de notre sĂ©paration; c’est un lourd poids pour mon cƓur et un sujet de tristesse continuelle; aussi ai-je peu joui de mon retour en pensant Ă  toi et aux chers enfans ; leur chagrin me hante; ton isolement me poursuit ; je n’ai pu m’endormir qu’à deux heures passĂ©es
 Auguste de Caumont a criĂ© au prince NapolĂ©on en lui montrant le poing Vous ĂȘtes une canaille. » M. de Lawestine lui a criĂ© que s’il avait le courage d’accepter un duel il Ă©tait son homme. Il y a eu de tous cĂŽtĂ©s des apostrophes terribles. L’Empereur l’a forcĂ© de se rĂ©tracter le lendemain pour ce qui regardait l’hĂ©rĂ©ditĂ© et la dynastie napolĂ©onienne. — Mon voyage a Ă©tĂ© bon, pas trop froid ; l’arrivĂ©e exacte. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 5 fĂ©vrier 1862. Je mĂ©nage tes yeux et je mĂ©nage mon temps, ma trĂšs chĂšre petite, en prenant ce petit format. Quel bonheur que la venue de ce garçon auquel je ne reproche que trop de force puisqu’il t’a fait tant souffrir, le petit coquin ! Je t’embrasserai mardi matin ; car je coucherai lundi aux Nouettes oĂč je ferai quelques affaires, et je t’arriverai aprĂšs-midi. Tout le monde est enchantĂ© de ce garçon[178]. Je remercie bien Émile de ses lettres quotidiennes ; c’est bon et aimable Ă  lui. Le temps est admirable de douceur ; je voudrais que tu eusses la mĂȘme tempĂ©rature pour le temps oĂč tu pourras sortir. N’écris pas trop tĂŽt Ă  cause de tes yeux. Quel ennui que cette garde ronflante et tapageuse ! Tu as du guignon pour tes gardes !
 Sabine et Marie Donat[179] te fĂ©licitent et jubilent pour toi. — Ton pĂšre ne va pas mal. Adieu, chĂšre minette, j’écris Ă  ta tante Galitzine. Ne te tourmente pas de mon Ă©tablissement chez toi; j’apporterai des Nouettes ce qu’il me faut pour ma toilette et mon oreiller de rigueur; un lit dur, je ne demande pas autre chose. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 27 fĂ©vrier 1862. ChĂšre petite, j’ai couru hier comme je te l’avais annoncĂ©, d’une heure Ă  cinq heures et demie. J’ai Ă©vitĂ© un immense gala d’enfans chez Mme de Verdonnet, un sĂ©raphin d’une heure et demie Ă  trois heures, goĂ»ter, second sĂ©raphin de quatre Ă  six heures. Nathalie et CĂ©cile y menaient leurs enfans ; il y avait deux cent cinquante personnes, dont plus de cent enfans, dans la grande galerie Ă©clairĂ©e Ă  giorno, sans air, une chaleur Ă  mourir. Nathalie a tirĂ© les siens et ceux de CĂ©cile, de cette fournaise, Ă  cinq heures. Louis s’est beaucoup amusĂ© ; j’ai bien regrettĂ© mon pauvre Jacquot, Jeanne et les autres. 
Demain je recommencerai mes Deux Nigauds que ton pĂšre espĂ©rait voir trĂšs avancĂ©s. Que Dieu me vivifie l’imagination, afin que je puisse les terminer avant le Ier mai; Sabine va assez bien; elle a beaucoup demandĂ© de vos nouvelles Ă  tous et elle te fait dire que, de compagnie avec Marie Donat, elle, prie pour toi et les tiens
 J’ai vu ton oncle d’Aguesseau qui reçoit les fĂ©licitations de tous les partis, sauf Celui du SiĂšcle et du gouvernement. Thiers, Guizot, Benoist, Montalembert, MĂ©rode, Barthe, Larochejaquelein, etc., etc., ont tous Ă©crit ou mis des cartes avec fĂ©licitations et remercĂźmens. Il triomphe. Ta tante jubile, les enfans aussi. A la chambre des dĂ©putĂ©s, ils sont en effervescence de l’affaire Montauban et de la lettre de l’Empereur, adressĂ©e Ă  des valets et parfaitement inconvenante. Ce pauvre Empereur semble avoir perdu tout ce qu’il avait de grand, de ferme, d’intelligent, etc. On fait sottise sur sottise. Pauvres nous, car c’est sur nous que retomberont en dĂ©finitive les fautes de l’Empereur. Il y a eu deux journĂ©es de petites Ă©meutes rouges; on criait Ă  bas les prĂȘtres ! Ă  bas SĂ©gur d’Aguesseau ! Les sergens de ville ont suffi pour dissiper les attroupemens payĂ©s par le SiĂšcle; on a voulu faire un charivari Ă  ton oncle sous ses fenĂȘtres; la police l’a empĂȘchĂ©. L’ImpĂ©ratrice est si dĂ©solĂ©e et outrĂ©e du prince NapolĂ©on et du rĂŽle du gouvernement, qu’elle ne paraĂźt plus et qu’elle s’est fait excuser au dernier petit bal de lundi; ses yeux Ă©taient si gonflĂ©s qu’elle ne pouvait pas se montrer; elle seule, dans la maison, prĂ©voit la chute de l’Empereur et de son fils
 
 Ton oncle d’Aguesseau te prie d’excuser le retard de sa rĂ©ponse; il rĂ©serve ses facultĂ©s pour le travail nĂ©cessaire Ă  la lutte ; il te rĂ©pondra quand le repos lui sera acquis; il a plus de cent lettres Ă  rĂ©pondre. Je t’embrasse bien tendrement avec les chers petits
 Shake-hands Ă  Émile
 ―――― ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 2 mars 1862. ChĂšre petite, je suis bien fĂąchĂ©e de l’accident arrivĂ© Ă  ton pauvre Ɠil ; il aurait pu ĂȘtre grave ; grĂące Ă  Notre-Dame de la Salette, tu en as Ă©tĂ© quitte pour vingt-quatre heures de souffrances et d’inquiĂ©tudes; je regrette de n’avoir pas Ă©tĂ© lĂ ; peut-ĂȘtre aurions-nous pu Ă  deux te dĂ©barrasser de tes fragmens de dĂ©molition. — Je suis dĂ©bordĂ©e de toutes sortes d’occupations ; dans une heure, je vais quĂȘter Ă  Saint-Thomas pour Saint-François de Sales; j’ai rassemblĂ© 430 francs, le gĂ©nĂ©reux Veuillot m’a donnĂ© 100 francs
 Demain je vais chez Sabine et Ă  l’appartement d’Henriette pour tout arranger ; il y a plusieurs changemens de meubles Ă  faire et de la vaisselle de toilette Ă  acheter. Henriette arrive Ă , quatre heures et demie aprĂšs-demain ; j’irai la recevoir. Je n’ai pu Ă©crire mes Nigauds que deux fois ; j’en suis Ă  cinquante-cinq pages ; encore deux cent cinquante Ă  faire, hĂ©las !
 Je suis dĂ©couragĂ©e par momens
 Ton pĂšre ne va pas trĂšs bien
 il parle d’aller Ă  Luchon avec ton oncle de Lamoignon, si Rayer l’y envoie ce serait fort heureux pour lui, car il s’ennuierait ailleurs. Le prince NapolĂ©on a complĂ©tĂ© son discours de la semaine derniĂšre ; il est difficile de croire que l’Empereur ne marche pas d’accord avec lui. Lundi dernier, on criait et vendait le premier discours dans les rues. Pauvres gens ! On les plaint comme on plai gnait l’aveuglement des bourreaux de – Hier soir Mme B
 et Julia sont venues en costumes, allant au bal Morny ; Julia Ă©tait charmante en BohĂ©mienne, avec de la poudre d’or dans les cheveux. Mme B
 Ă©tait ravissante en marquise Pompadour. Madame de G
 danse et veille comme une folle ; hier elle est rentrĂ©e Ă  sept heures du matin ; aujourd’hui Ă  six heures ; les autres jours elle rentrait sagement Ă  trois et quatre heures. L’autre locataire en fait autant; le portier est sur les dents; il ne se couche plus. Ceux-lĂ  encore sont Pauvres gens! La famille va bien
 Adieu, ma chĂšre minette; l’heure approche, ainsi que mon supplice de quĂȘteuse. Je suis malheureusement associĂ©e Ă  des Ă©lĂ©gantes de la Cour et du faubourg. Je t’embrasse bien tendrement ainsi que les chers petits; tu me diras dĂšs que Paul commencera Ă  sourire. Jacques a-t-il son pic ? Et les bĂȘches ? Je regrette de ne l’avoir pas vu mener son banneau. AmitiĂ©s Ă  Émile. Nathalie t’embrasse et te remercie de ta lettre. J’ai une bonne Histoire Sainte pour toi; seulement il faudra qu’en la lisant tu changes quelques mots trop forts pour un enfant. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 20 mars 1862. J’ai vu hier Sabine qui m’a lu ta lettre; je savais dĂ©jĂ  par Woldemar l’ennui nouveau qui te menace, ma pauvre fille; il est probable que ton domestique et sa femme s’ennuient Ă  Livet ; et au fait, c’est dur de ne jamais avoir la distraction d’une course Ă  la ville ou au village, d’une emplette Ă  faire, d’une conversation, d’une promenade, etc
 Ce qui est plus difficile Ă  remplacer, c’est la cuisiniĂšre ; comment feras-tu? Il te faudrait une sainte anachorĂšte pour vivre dans cet endroit Ă©cartĂ©, loin de ses amis et connaissances et en proie au mauvais caractĂšre d’A
 la bonne des enfans. Mme X
 a dit hier en confidence Ă  ton pĂšre que sa fille la dĂ©solait; elle s’est engouĂ©e d’un petit secrĂ©taire d’ambassade qui n’a rien qu’une assez jolie figure; elle le veut Ă  toute force et refuse un trĂšs joli monsieur qui la demande et qui aune bonne position sociale, 60000 livres de rente et vingt-sept ans ; l’autre en a vingt-quatre ans, pas rente et n’a que son traitement de 5 ou 6000 francs. On tourmente la pauvre fille qui pleure et qui dit non; le pĂšre dit non de son cĂŽtĂ© quand elle lui parle de son secrĂ©taire ; mais ton pĂšre croit que l’excellent homme finira par dire oui et qu’il prendra le jeune soupirant comme associĂ© en cotons
 Henriette est Ă©reintĂ©e et change de bonne ; son Allemande soigne mal le petit et dĂ©teste la petite Henriette ; c’est de plus une vieille princesse dĂ©classĂ©e, paresseuse
. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, mars 1862. 
 Mlle X
 Ă©pouse M. C
, mal au physique, mal au moral et sans aucun avantage d’aucun genre. Sot mariage. — L. de C
 Ă©pouse P. de M
 ; on nous l’a annoncĂ© avant-hier. Le mariage se fait le 31 mars ; on se dĂ©pĂȘche de peur de quelque anicroche. Le futur est petit, gras, gentil, frisĂ©, crĂ©pu, gai, spirituel ; il a en mariage 20 000 francs de rente. Mme de C
 est enchantĂ©e, la future aussi, M. de C
 aussi, le frĂšre aussi. On apprĂȘte les diamants. C’est un beau et bon mariage. La politique est trop sotte pour que je lui consacre une nouvelle feuille ; ce sera pour la prochaine lettre, s’il y a quelque chose Ă  dire. L’Empereur a bernĂ© la Chambre avec le retrait du million Montauban et le nouveau projet qui lui donne le pouvoir de donner par dĂ©cret, sans les Chambres. Les millions volent, vole, vole, comme les hannetons, Ă  la grĂące de Dieu. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 10 avril 1862. La pauvre petite Qu
 a Ă©tĂ© enterrĂ©e hier ; un enterrement presque ridicule de beautĂ© l’église pleine de tentures, de dais montant aux combles, de panaches ; un char empanachĂ©, des chevaux six couverts d’argent et de panaches ; vingt hommes de deuil portant sur des coussins de velours et d’argent des couronnes et des bouquets ; vingt voitures de deuil avec plumes, velours, argent. On disait que ce devait ĂȘtre une princesse rĂ©gnante quelconque. La malheureuse mĂšre est venue Ă  l’enterrement, pĂąle comme un spectre, immobile comme une statue, debout tout le temps sans un mouvement, sans une larme; elle a suivi Ă  pied jusqu’au cimetiĂšre ; le pĂšre Ă©tait malade et hors d’état de bouger de son lit. Les trois derniers jours ont Ă©tĂ© terribles. Des souffrances de tĂȘte si affreuses, que la pauvre petite courait çà et lĂ , voulait se jeter par la fenĂȘtre et suppliait qu’on la tuĂąt. Dimanche enfin, le bon Dieu l’a reçue dans sa gloire. J’attends des Confession de Gaston pour te les envoyer ; c’est un livre admirable ; en quatre jours, dix mille exemplaires vendus ! ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 22 avril 1862. ChĂšre petite, je vais demain matin, Ă  neuf heures, au couvent pour y passer trois jours avec Sabine, et comme je ne pourrai probablement pas Ă©crire le premier jour, je veux te dire quelques mots avant de me coucher. L’acquittement de M
 en appel surprend beaucoup et indique un grand dĂ©chet dans la magistrature, car l’un des deux jugemens est odieux et absurde. Cet habile homme va reprendre les affaires dĂšs demain, dit-on
 LesX
 sont dans la joie ; ils croient que l’acquittement a tout effacĂ© et blanchi tout le monde
. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 3o avril 1862. ChĂšre petite
 Ce qui est ennuyeux, c’est la haine normando-corse Ă©tablie entre le camp Leuffroy[180] et le camp Marais[181]. Je tĂącherai de sĂ©parer leurs intĂ©rĂȘts et leurs relations forcĂ©es, le plus possible. Je suis enchantĂ©e que tes douleurs ne soient pas revenues, mais sĂšvre tout doucement le plus tĂŽt possible. Je ne t’ai pas expĂ©diĂ© les bouteilles, parce qu’ils m’ont envoyĂ© autre chose de la pharmacie, en me fesant dire que c’était Ă  peu prĂšs du mĂȘme effet. » Mais l’à-peu-prĂšs ne peut aller en fait de mĂ©decine
 Adieu, chĂšre minette, je t’embrasse bien tendrement ainsi que les chers enfans
 Mlle *’*, Ă©prise du jeune L
, s’est enfuie de chez ses parents qui voulaient la marier Ă  un autre. Elle est chez une vieille tante ; elle fait des sommations respectueuses pour Ă©pouser le jeune L
 dans deux mois; les parents sont absurdes et furieux ; ils ne veulent pas mĂȘme lui donner des brodequins et une chemise de rechange ; elle a vingt-deux ans ; il y a quatre ans qu’elle aime L
 et veut l’épouser. À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 4 mai 1862. ChĂšre petite, j’ai reçu hier ta lettre qui me rassure
 pour les agrĂ©mens de ton existence Ă  Livet. Je sais que tu as une raison supĂ©rieure et un caractĂšre bien heureux qui te fait envisager le beau cĂŽtĂ© des positions et qui en masque les inconvĂ©niens ; et je prie Dieu de te continuer cette heureuse disposition et de la fortifier par une volontĂ© courageuse
 Ton pĂšre est trĂšs souffrant et ennuyĂ© depuis deux jours d’une inflammation des veines Ă  la jambe gauche ; on lui fait mettre des cataplasmes et on lui ordonne de bouger le moins possible. Le mĂ©decin de la gare dit qu’il n’y a aucune gravitĂ©, mais que ton pĂšre en a pour une huitaine de jours Ă  ne pas marcher. Quand il ne remue pas, il ne souffre pas, mais dĂšs qu’il marche, il a comme une crampe dans toute la jambe ; les veines sont fort engorgĂ©es et la jambe est dure et tendue. Je suis fort contrariĂ©e de le laisser seul avant son entier rĂ©tablissement, mais il n’y a pas moyen de diffĂ©rer le dĂ©part de Nathalie, Ă  terme le 20, ni de la laisser aller seule accoucher lĂ -bas, ni de la faire accoucher chez moi Ă  Paris. Ton oncle Adolphe va Ă  MĂ©ry le 20, ton pĂšre ira le rejoindre le lendemain
 J’ai vu ce matin, devine qui? un homme arrivĂ© de la veille au soir, que Woldemar a Ă©tĂ© recevoir Ă  la gare du Nord; un homme de quarante-huit ans, que je ne m’attendais certes pas Ă  voir, et qui ne vient Ă  Paris que pour quelques jours ; cet homme est ton oncle AndrĂ©[182] ; il a Ă©tĂ© fort aimable, affectueux; il vient dĂźner demain pour voir toute la famille ; ses filles sont restĂ©es Ă  PĂ©tersbourg. Je t’envoie une lettre rĂ©cemment arrivĂ©e de ta tante Narishkine ; elle a Ă©tĂ© et est encore trĂšs malade
 Figure-toi que M. *** a eu l’audace d’envoyer Ă  nous comme aux autres, des billets de faire part de son mariage
; je ne veux pas mettre de carte chez sa femme, malgrĂ© que ton pĂšre me le conseille ; je n’ai rien Ă  dĂ©mĂȘler avec cette famille et je ne veux pas que mon nom soit vu chez elle. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 23 juin 1862. Ma chĂšre petite, le facteur a oubliĂ© de me remettre ta lettre ce matin[183] ; il me l’apporte en repassant et il n’a pas le temps d’attendre. J’ai vu hier Émile, qui m’a donnĂ© de meilleures nouvelles des enfans. J’espĂšre que la pauvre Jeanne est dĂ©livrĂ©e de ses quatre couvertures, de son eau d’orge bouillante et de son feu de cheminĂ©e. Jacques avait encore un peu mal Ă  la gorge ; la grande chaleur continue, l’absence d’air depuis trois ou quatre jours fera traĂźner cette indisposition ; la pauvre Margot partageait la reclusion gĂ©nĂ©rale, mais elle allait bien
 Quant Ă  ton petit Paul, ce qui m’étonne, c’est qu’il ait rĂ©sistĂ© si longtemps au voyage et Ă  ses consĂ©quences ; le voilĂ  sous la main mĂ©dicale de X
, circonstance aggravante. J’aurai, j’espĂšre, de ses nouvelles par Émile, car je compte envoyer Louis jouer avec Jacques. VoilĂ  Nathalie trĂšs souffrante. Avant-hier, elle a eu trois Ă©vanouissemens, sans cause apparente ; dans la nuit, de minuit Ă  une heure, il a fallu sans cesse lui faire respirer des sels et lui frotter les tempes de vinaigre pour prĂ©venir un Ă©vanouissement complet. Je ne comprends rien Ă  cet Ă©tat qui n’est ni maladie ni santĂ©. Anatole devant partir vendredi de Paris, j’irai le remplacer prĂšs de ton pĂšre; j’espĂšre te trouver partie, car tes enfans ont encore plus besoin de toi que ton pĂšre, auquel tu n’es qu’agrĂ©able
 Adieu, ma chĂšre petite, je t’embrasse bien tendrement, ainsi que le cher petit Paul. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 5 juillet 1862. ChĂšre petite, ton pĂšre va bien; sa jambe est tout Ă  fait guĂ©rie et dĂ©senflĂ©e. Il me charge de bien des tendresses particuliĂšres pour toi ; il te remercie encore de la visite que tu lui as faite et qui a tant aidĂ© Ă  sa convalescence ; il te regrette chaque jour; il remercie Émile de t’avoir laissĂ©e venir et il soupire aprĂšs le jour oĂč il te reverra Ă  Paris, car il n’a pas l’air disposĂ© Ă  aller aux Nouettes ni Ă  Livet. Il commence Ă  faire chaud 32 degrĂ©s, je m’en rĂ©jouis pour vous autres campagnards
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 11 juillet 1862. ChĂšre petite, ton pĂšre est encore retardĂ© de cinq ou six jours par une reprise d’enflure, causĂ©e par une lĂ©gĂšre fatigue d’hier de pantalon passĂ©, de pied posĂ©, de flanelle enlevĂ©e, etc. ; il parait que c’était trop tĂŽt. Oulmont[184] dit que ce ne sera rien. Attendons encore. Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. Dis-nous ton pĂšre grille de le savoir si ta cuisiniĂšre est revenue ; ensuite, si les petits vont aux Nouettes et si les Nouettes vont Ă  Livet
 La pauvre L. de M
 est trĂšs malade ; on dit mĂȘme qu’elle se meurt ; sa mĂšre dit oui, son pĂšre dit non, et la portiĂšre ne dit rien. Ce serait un affreux malheur. On dit aussi que Mme *** a fait des pertes considĂ©rables par l’incapacitĂ© ou la malhonnĂȘtetĂ© d’un homme d’affaires. Elle est bien heureuse d’avoir mariĂ© sa fille l’annĂ©e derniĂšre. — Il fait frais et mauvais ; le vent doit sĂ©cher les foins pourtant, Ă  dĂ©faut de soleil ; Gaston va assez bien ; je tĂącherai de le faire partir pour les Nouettes avant moi, si ton pĂšre me retarde trop il a besoin de repos. Il te fait dire de faire gras le samedi sans scrupule, car l’Indult est en route et le Nonce a dit hier qu’on peut profiter de la permission dĂšs qu’elle est promise. Le duc de Morny est content, le MaĂźtre aussi ; l’ImpĂ©ratrice ne l’est pas ; elle mourra Ă  la peine
 Les P
 vont bien ; la mĂšre vĂ©gĂšte ; les gendres attendent ; les filles Ă©lĂšvent leurs enfans
 Adieu, ma chĂšre petite minette. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 14 juillet 1862. ChĂšre petite
, la chaleur commence sĂ©rieusement depuis deux jours c’est la nuit que je m’en plains le plus ; l’entresol avec des tapis est trĂšs brĂ»lant ; de jour, je ne bouge que pour aller dĂźner chez Gaston. J’irai demain, Ă  neuf heures, aprĂšs la messe, chez Sabine
 Je pense que le mariage Veuillot est un affreux canard ; c’est impossible que Louis Veuillot, le _grand, le gĂ©nĂ©reux, le dĂ©sintĂ©ressĂ©, y donne les mains. Tu as vu que la princesse Clotilde a un commencement de fiĂšvre puerpĂ©rale ; elle va mieux depuis les sangsues; et, comme elle nourrit, ce sera un prĂ©servatif contre la mort. On ne dit pas le chiffre des pertes subies par Mme ***, mais ce doit ĂȘtre considĂ©rable, d’aprĂšs la consternation de la famille
 Que Dieu nous prĂ©serve de semblables malheurs, d’autant plus cruels qu’ils sont le plus souvent volontaires et causĂ©s par un coupable dĂ©sir d’augmenter une fortune dĂ©jĂ  plus que suffisante, quelquefois Ă©norme[185]. Adieu, ma chĂšre petite, je t’embrasse bien tendrement
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 3 aoĂ»t 1862. ChĂšre petite, je tĂącherai d’aller te voir Ă  Livet le lendemain de mon arrivĂ©e aux Nouettes, mais je resterai peu de temps Ă  cause de Gaston, qui amĂšne un pauvre petit innocent tonsurĂ© qui ne sait rien, qui n’ose rien et qui ne sera bon Ă  rien. L’abbĂ© Diringer va voir sa mĂšre, puis chez R
, si je ne me trompe; il ne viendra aux Nouettes que le 25 septembre, et accompagnera Gaston le 27 Ă  Poitiers pour y prĂȘcher une retraite au grand sĂ©minaire. Il fait une chaleur atroce encore une fois ; l’orage de cette nuit n’a rafraĂźchi l’air que pendant les premiĂšres heures de la matinĂ©e
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, mardi 30 septembre 1862. ChĂšre petite, demain Ier, jour de ta fĂȘte, j’irai te voir, Ă  moins qu’il ne tombe de l’eau bien franchement. Je t’apporterai un bouquet de salades et autres fleurs du mĂȘme genre. J’espĂšre que Nicolas et la cuisiniĂšre ont fini leur humeur sans cause apparente ces changemens et ces perplexitĂ©s sont un vrai trouble-vie. Fais comme sƓur Marie-Donat; quand elle a une affaire temporelle Ă  traiter, elle s’adresse aux Ăąmes du purgatoire pour lui venir en aide, Ă  elle et aux siens. Elle dit que les saints font beaucoup moins pour le temporel que les Ăąmes du purgatoire, parce qu’ils n’ont plus besoin de personne ; tandis que les Ăąmes qui demandent encore des priĂšres ont tout intĂ©rĂȘt Ă  vous contenter. De plus, elle dit que les Ăąmes du purgatoire savent ce que c’est que les tracas de la vie, bien mieux que les saints qui ne s’inquiĂ©taient de rien de temporel, sur la terre. Et c’est pourquoi elle invoque les Ăąmes souffrantes, de prĂ©fĂ©rence aux Ăąmes triomphantes. Adieu, chĂšre petite, je t’embrasse bien tendrement ; Ă  demain. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, lundi dix heure», octobre 1862. ChĂšre petite, je t’envoie, ne sachant pas si tu pourras venir, des manuscrits que Gaston m’avait laissĂ©s pour toi et que j’ai toujours oubliĂ© de te remettre ; plus, du raisin, des tĂŽt faits[186] et des biscuits pour les enfans, qui leur avaient Ă©tĂ© prĂ©parĂ©s hier. Je te remercie de la tanche que tu m’as envoyĂ©e, elle Ă©tait excellente ; je l’achĂšve ce matin Ă  dĂ©jeuner. Si tu ne viens pas aujourd’hui, ne viens pas demain ; j’irai passer une heure Ă  Livet, de deux Ă  trois, pour voir ce que fait Mouy[187] et rendre compte Ă  la famille qui s’intĂ©resse beaucoup Ă  vos Ɠuvres. Ce ladre de M
 ne veut acheter que ma piĂšce de 3 hectares et ne veut pas du reste; il marchande comme un pauvre gueux. Je crains de devoir lui donner cette piĂšce pour le prix ordinaire du pays. — Saint-Herbaut m’ayant donnĂ© des idĂ©es pour ma composition, elle avance ; j’en ai cent dix pages de faites. Au retour de Paris, je reprendrai vivement, toujours Ă  l’aide de Saint-Herbaut. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 10 avril 1863. ChĂšre petite, toujours pressĂ©e par Dourakine, qui est Ă  la page 190, et par les innombrables devoirs de sociĂ©tĂ©, de famille, etc., dont je n’accomplis que la cinquantiĂšme partie, je n’ai que le temps de te dire un mot
 J’ai renvoyĂ© Catherine[188] pour une foule de mĂ©faits dont l’ensemble Ă©tablit un dĂ©sordre insupportable Ă  la longue et une dĂ©pense considĂ©rablement augmentĂ©e. La fille de cuisine fesait tout. Je prends un cuisinier-trĂ©sor qui a Ă©tĂ© dix ans chez M. de M
, dont il ne se sĂ©pare qu’a cause d’un Intendant indispensable et intenable. Mon Vatel est Breton, pieux, habile cuisinier, propre, honnĂȘte, excellent enfin, comme ils le sont tous et toutes quand on les prend
. Catherine va tous les matins pleurnicher dans la maison et se plaindre de mon injustice et de ma duretĂ© ; elle en a encore pour quatre jours ; il paraĂźt qu’elle a dĂ©jĂ  une place ; ses nombreux amis, cuisiniers et marmitons, lui en ont trouvĂ© une. Adieu, ma chĂšre petite. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 17 juillet 1863. ChĂšre enfant, je sais qu’Émile a reçu ce matin une lettre qui lui annonce la douloureuse nouvelle que j’ai apprise en arrivant Ă  Paris. C’est hier matin, jeudi, que ton pauvre pĂšre a cessĂ© d’exister ; sa mort a Ă©tĂ© parfaitement chrĂ©tienne et douce ; la paralysie a gagnĂ© le poumon graduellement et il s’est Ă©teint sans avoir l’air de souffrir. Il a reconnu tout le monde jusqu’à la fin[189]
 Gaston est arrivĂ© Ă MĂ©ry Ă  neuf heures du soir, presque douze heures aprĂšs la mort de ton pĂšre. Anatole est arrivĂ© avec Edgar, une heure seulement auparavant, ton oncle ayant Ă©crit trop tard. Anatole a trouvĂ©, Ă  la gare d’Enghien, Edgar ne sachant rien et prenant ses billets pour partir pour Dieppe ; ils ont tous Ă©tĂ© Ă  MĂ©ry. Ce qui a trompĂ© ton oncle, c’est que le soir, aprĂšs la premiĂšre attaque, ton pĂšre s’est trouvĂ© bien mieux ; il a pris deux tasses de bouillon avec du pain ; il a fallu l’empĂȘcher de manger de la viande ; le mĂ©decin croyait que c’était passager et qu’il pourrait mĂȘme partir pour NĂ©ris ; il a causĂ©, ri et plaisantĂ© avec les enfans d’Aguesseau ; c’est la nuit, Ă  deux heures, qu’une seconde attaque lui a paralysĂ© la gorge et la langue; il n’a plus parlĂ© qu’avec une difficultĂ© extrĂȘme et ensuite n’a plus avalĂ© ; la paralysie a gagnĂ© le larynx et les poumons et il s’est Ă©teint doucement, sans souffrir, peu d’heures aprĂšs. C’est demain, Ă  huit heures et demie, que se fait l’enterrement; il a demandĂ© Ă  ĂȘtre enterrĂ© Ă  MĂ©ry. Nous repartirons tous aprĂšs l’enterrement, vers une heure. Paul et Nathalie arrivent ce soir, ayant eu la ressource du tĂ©lĂ©graphe pour apprendre la maladie et la triste fin
 La mort de ton pauvre pĂšre a Ă©tĂ© bien chrĂ©tienne, bien rĂ©signĂ©e ; il a reçu tous les sacremens avec beaucoup de piĂ©tĂ© ; et le bon Dieu lui a Ă©pargnĂ© ce qu’il redoutait tant, une impotence et une paralysie complĂštes, pendant des mois et des annĂ©es. Adieu, ma chĂšre petite chĂ©rie, embrasse bien les enfans et dis-leur de prier pour leur grand-pĂšre, surtout Jeanne, sa petite favorite. Le pauvre Wol-demar est en voyage ; il ne sait rien. Adieu, mon enfant, je t’embrasse tendrement avec Émile et les chers petits. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 21 juillet 1863. ChĂšre petite, je m’étonne de ne recevoir aucune nouvelle de toi
. Serais-tu malade ou un des enfans ? Je reviens aux Nouettes demain, mercredi. . J’arrive avec Gaston
, je cherche un pied Ă  terre Ă  Paris. Ce sera commode pour toi aussi quand tu viendras Ă  Paris, en mon absence, de trouver un petit abri. J’espĂšre avoir de quoi venir l’habiter pendant trois mois en deux fois. Mon mĂ©nage va ĂȘtre bien simplifiĂ© ; je n’aurai plus de dĂźners quotidiens de huit et dix personnes, ni des Ă©clairages de neuf Ă  dix lampes, etc. J’apporte aux petits de petits souvenirs de leur grand-pĂšre ; ce n’est rien, car il n’y avait rien, mais c’est un souvenir. Jacques a le petit panier en bronze vert avec le sable bleu et la petite pelle qu’il aimait tant. Jeanne a la petite locomotive. Marguerite a le petit pot Ă  plomb
 Adieu, ma chĂšre minette; je suis pressĂ©e, j’ai tant Ă  faire. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 6 octobre 1863 ChĂšre enfant, je ne te parle pas du voyage, qui a Ă©tĂ© satisfaisant comme les prĂ©cĂ©dens. Je suis dans un bousculi indescriptible. On a rempli les chambres et trois remises; tout est pĂȘle-mĂȘle ; je n’y pense plus aprĂšs les premiĂšres heures d’épouvante. Petit Ă  petit, je retrouverai de quoi meubler confortablement mon appartement, qui sera trĂšs bien, une fois arrangĂ©. Il est petit
, la salle Ă  manger est Ă  peu prĂšs comme celle du 91, aux temps anciens ; le salon est dans la forme du tien, mais plus petit ; ma chambre comme celle de l’abbĂ©, aux Nouettes ; mon cabinet de toilette sans feu tout en enfilade ; le vis-Ă -vis des fenĂȘtres affreux et sale, mais laissant arriver le soleil ; en somme, je suis trĂšs bien ; ma femme de chambre est dans une chambre fort jolie, deux croisĂ©es sur la rue ’
 Je vais dĂ©jeuner; il est midi un quart, et je t’embrasse bien tendrement aprĂšs ce mot informe. J’embrasse mes chers petits et Émile. Quel beau temps aujourd’hui, aprĂšs une pluie battante jusqu’à huit heures du matin ! Adieu, ma pauvre petite chĂ©rie ; je dois aller chez Sabine aprĂšs dĂ©jeuner. J’ai tous mes tableaux Ă  poser ; c’est terrible ! ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY MĂ©ry, 12 octobre 1860. Je commence depuis hier Ă  ĂȘtre inquiĂšte de vous tous, et en particulier de mon pauvre Jacquot, que ta derniĂšre lettre me disait fort enrouĂ©e. Je n’en ai pas reçu d’autre depuis, et je crains que tu ne veuilles pas m’inquieter en m’inquiĂ©tant bien plus, ou autant, par ton silence. Je suis arrivĂ©e hier Ă  MĂ©ry par une pluie battante; je n’avais pas Ă©crit l’heure Ă  laquelle j’arriverais, de sorte qu’il a fallu faire Ă  pied, en passant par la grande grille du village, le chemin de la gare au chĂąteau ; nous avons Ă©tĂ© traversĂ©s, Marie femme de chambre et moi; M. et Mme Reiset nous prĂ©cĂ©daient de quelques pas, mais nous Ă©tions si occupĂ©s de la boue, des parapluies, de nos robes, de nos sacs pesant quarante livres, que nous ne nous sommes reconnus que dans le chĂąteau
 Je repars demain Ă  une heure, pour descendre chez le dentiste Ă  trois heures. Je me fais faire des dents qui me coĂ»teront 160 fr. Ce n’est pas cher; grande consolation pour l’ennui qu’elles me donnent. Les enfans sont trĂšs gentils et jolis. On m’a beaucoup parlĂ© de toi comme tu penses bien, et ton oncle, comme Edgar et Marie, m’ont chargĂ© de bien des tendresses pour vous tous. J’espĂšre, ma pauvre enfant, que ton courage se soutient toujours et que tu le maintiens par les moyens que tu connais et pratiques si bien
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Bruxelles[190], 16 octobre 1863. ChĂšre petite, je t’ai Ă©crit de Paris pourquoi je changeais mon itinĂ©raire ; Paul et Nathalie doivent partir le 3 ou 4 novembre avant les grands froids du mont Cenis. Ils sont assez contrariĂ©s de cette nomination si imprĂ©vue, quoique fort avantageuse au point de vue de la carriĂšre[191] ; mais la saison est mauvaise pour un si long voyage, et un passage des montagnes avec des enfans en bas Ăąge ; et puis ils sont si bien Ă©tablis ici, qu’ils regrettent leur maison ; jamais ils n’en auront une si commode et dans d’aussi, bonnes proportions
 Le petit Louis est trĂšs " frais, trĂšs grandi, trĂšs fortifiĂ©, il a de fortes Ă©paules, des reins bien solides, des mollets trĂšs prononcĂ©s. Il me parle sans cesse de Jacques qu’il voudrait bien voir
 Le petit Gaston est trĂšs gentil et il a bonne mine, malgrĂ© ses continuels commence- ĂŻ mens de convulsions; dĂšs qu’il s’anime au jeu, qu’il rit trop fort et il est gai et rieur au possible, ses mains se crispent, ses yeux ne quittent pas le plafond et tout son corps se contracte; en le calmant, en lui frottant les jambes et le dos, il se remet aprĂšs quelques minutes d’angoisse[192]. Camille et Madeleine sont fort embellies et leur mine est excellente ainsi que leur santĂ© ; elles sont dĂ©solĂ©es de quitter leurs amies de Bruxelles, et les amies ne font que pleurer depuis deux jours ; les promenades se passent Ă  essuyer leurs larmes; hier, elles m’ont fait pitiĂ©. — Je suis arrivĂ©e mardi soir Ă  onze heures et demie ; ils m’attendaient tous Ă  la gare pas les deux petits avec la Voiture, et nous avons traversĂ© tout Bruxelles, qui m’a semblĂ© Ă©norme et superbe. Hier, il a fait un temps affreux et nous avons Ă©tĂ© prises par une bonne averse dans le Parc-Royal qui est trop beau, ainsi que le Palais, pour un petit roitelet comme le roi des Belges. T’ai-je dit que ton rĂšglement de vie me paraĂźt excellent et trĂšs bien coupĂ© ; le difficile est l’exactitude, sauf les cas imprĂ©vus et qui ne dĂ©pendent pas de la volontĂ©, comme les visites Ă  faire et Ă  recevoir, les indispositions, les parties et Ă©vĂ©ne-mens extraordinaires, pĂȘche, chasse, grande promenade, etc. Adieu, ma chĂšre bonne petite ; je suis encore trĂšs en l’air ; je resterai ici jusqu’au 28011 29. J’irai aprĂšs Ă  Kermadio. Je t’embrasse bien tendrement et j’attends de tes nouvelles avec impatience. Nathalie et Paul me parlent beaucoup de toi et d’Émile et sont trĂšs touchĂ©s et occupĂ©s de votre chagrin[193]. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Bruxelles, 20 octobre 1863. Que le bon Dieu et Notre-Dame de la Salette te protĂšgent, ma pauvre chĂšre enfant ! Si l’eau de la Salette a guĂ©ri le cher petit Paul, c’est une grande bĂ©nĂ©diction pour toi et ta maison, et une preuve que tu es particuliĂšrement agrĂ©able Ă  la bonne Sainte Vierge. J’attends avec anxiĂ©tĂ© la lettre que tu me promets; tu sais que je reste ici jusqu’au 29. Si Paul se rĂ©tablit, comme je l’espĂšre et comme je le demande au bon Dieu et Ă  Notre-Dame de la Salette, j’irai passer probablement le mois de dĂ©cembre avec toi Ă  Livet jusqu’au 22 ou 23, aprĂšs avoir passĂ© le mois de novembre chez Henriette. Si le bon Dieu te demande le terrible sacrifice du petit Paul, j’irai te rejoindre de suite. Dis-moi bien exactement son Ă©tat tous les jours, Ă  moins que le mieux ne se soutienne ; alors je ne te demanderai pas une si grande exactitude. Ta lettre, arrivĂ©e hier soir, m’a consternĂ©e et attristĂ©e. Quelle annĂ©e tu auras passĂ©e, ma pauvre petite ! Je t’embrasse bien tendrement avec Émile et les chers enfans. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Bruxelles, 21 octobre 1863. ChĂšre petite, je suis triste et inquiĂšte ; j’espĂ©rais une lettre hier, puis aujourd’hui ; je n’en ai pas ; et malgrĂ© ma grande confiance en Notre-Dame de la Salette, je crains une aggravation dans l’état de mon cher petit Paul. Les vues du bon Dieu sont si diffĂ©rentes des nĂŽtres ! Ce que nous lui demandons comme un bienfait peut, dans notre ignorance et notre aveuglement, ĂȘtre la source de chagrins et de malheurs bien plus que ceux qui nous effrayent et dont nous lui demandons d’ĂȘtre dĂ©livrĂ©s. Si nos enfans doivent en grandissant devenir des serviteurs infidĂšles, et qu’il les appelle Ă  Lui dans l’ñge de l’innocence, c’est encore un effet de sa misĂ©ricorde et de son amour. Et pourtant, c’est un chagrin cruel, un grand malheur, d’aprĂšs les lois naturelles, et c’est pourquoi j’en suis effrayĂ©e et attristĂ©e. Tu sais que je pars d’ici le 29
 ; je ne resterai que deux heures Ă  Paris pour dĂźner chez Gaston ; ce voyage sera fatigant et, si je le fais, c’est par tendresse pour Henriette, dĂ©jĂ  dĂ©sespĂ©rĂ©e du retard de quinze jours qu’il a subi. Gaston me conseille de retourner aux Nouettes et d’y rester jusqu’à NoĂ«l ; je n’hĂ©siterais pas Ă  suivre ce conseil, si je ne craignais de chagriner profondĂ©ment la pauvre Henriette, dĂ©jĂ  affligĂ©e outre mesure de mon voyage Ă  Bruxelles Nathalie partira le 4 ou 5 novembre. Adieu, ma pauvre petite ; je serais tentĂ©e de te reprocher tes trois jours de silence, mais je crains trop qu’ils ne soient motivĂ©s par tes inquiĂ©tudes et tes fatigues pour Paul. Je t’embrasse bien tendrement avec les chers enfans et Émile. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Bruxelles, 24 octobre 1863. ChĂšre petite, ce n’est qu’hier, vendredi, que j’ai Ă©tĂ© rassurĂ©e sur mon petit Paul. Pendant trois jours j’en ai Ă©tĂ© fort inquiĂšte, n’ayant pas de nouvelles et ne pouvant croire que tu me laisserais trois longs jours dans l’incertitude de la tournure que prendrait cette maladie, Ă  moins d’aggravation. Dieu merci, tout s’est terminĂ© pour le mieux et j’espĂšre que les dents qui restent Ă  percer n’amĂšneront pas de pareils accidens
 Si toi ou l’un des tiens vous aviez rĂ©ellement besoin de moi, ce serait diffĂ©rent, mais pour une satisfaction personnelle, ce voyage Ă  la suite de deux autres dont un long, et fatigant et cher, ne serait pas raisonnable, et c’est par toi que j’entre dans la voie des privations et des Ă©conomies. Je me suis dĂ©jĂ  imposĂ© la plus stricte Ă©conomie pendant mon sĂ©jour Ă  Bruxelles ; pas un prĂ©sent, pas une emplette
 M. l’ÉveillĂ©[194] te rapportera de belles et bonnes nouvelles de Gaston. L’abbĂ© Diringer et MĂ©thol m’écrivent que ses prĂ©dications font merveille au sĂ©minaire[195] et que l’ÉvĂȘque est pour lui des plus aimables. Il a eu une surprise agrĂ©able et fĂącheuse au Mans ; l’ÉvĂȘque de Poitiers, sachant que Gaston devait traverser la ville ce jour-lĂ , est venu au-devant de lui, est montĂ© dans son wagon une demi-heure avant la station et l’a obligĂ© d’aller dĂźner chez l’ÉvĂȘque du Mans, qui les attendait avec l’ÉvĂȘque de Versailles, celui de *** Mgr Pescheux et celui d’Aire; ils ont eu un dĂźner de vingt-cinq couverts, c’était charmant ; mais ils ont appris trop tard que leur dĂ©pĂšche tĂ©lĂ©graphique Ă  l’ÉvĂȘque de SĂ©ez qui les attendait Ă  six heures, n’arriverait que le lendemain. Gaston est arrivĂ© lui-mĂȘme le lendemain et il a su que la veille Ă  six heures l’ÉvĂȘque, Ă  la tĂȘte de son sĂ©minaire en grand gala, banniĂšres dĂ©ployĂ©es, Ă©tait venu le chercher Ă  la gare, puis lui avait envo,yĂ© sa voiture Ă  neuf heures du soir, Ă  quatre heures du matin, Ă  neuf heures du matin et enfin Ă  trois heures, quand Gaston est arrivĂ©. C’était fort contrariant ; heureusement que personne ne lui en a voulu et il a eu une rĂ©ception la plus brillante possible. Adieu, chĂšre enfant, je t’embrasse. Gaston t’a-t-il envoyĂ© le premier traitĂ© de la PiĂ©tĂ© ? ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 3o octobre 1863. Ma pauvre chĂšre petite, j’arrive Ă  onze heures et je t’écris avant de sortir. Je suis peinĂ©e de l’effet que te produit cette grossesse. Lutte, chĂšre petite, contre les terreurs qui ne sont qu’une nouvelle tentation de notre Ă©ternel et terrible ennemi; repousse les imaginations qui te terrifient et te dĂ©solent, et dis-toi d’avance que tu aimeras et accepteras ce. que le bon Dieu voudra bien t’envoyer; une fille sera peut-ĂȘtre l’orgueil et le bonheur de ta vie ; un fils en pourra ĂȘtre de mĂȘme l’honneur et la consolation. Ainsi tout peut devenir bon et utile d’aprĂšs notre degrĂ© de foi et de soumission. Une grossesse est toujours chose pĂ©nible ; aussi que de fautes elle rachĂšte ! une couche est toujours douloureuse et ennuyeuse par ses suites; aussi que de mĂ©rites elle peut valoir et comme toutes les impatiences, les privations, les ennuis qu’on accepte, sont comptĂ©s pour l’éternitĂ© ! Au reste, ce que je veux surtout te dire, ma pauvre petite, c’est que je quiterai Henriette le 3 ou le 4 pour aller passer quinze jours avec toi Ă  Livet ; je ne viendrai pas par Paris, mais par SĂ©ez. 
Je vais me mettre Ă  Ă©crire quelque chose si je peux
 Henriette va bien ainsi que tous les siens; ils sont enchantĂ©s de mon arrivĂ©e. Kermadio est charmant et trĂšs beau; avec peu de chose on en fera une charmante habitation ; il y a beaucoup de chemins terminĂ©s et sablĂ©s ; un entre autres qui a 2 Ă  3 kilomĂštres, et que je ne connais pas encore. Adieu, chĂšre enfant. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 2 novembre 1863. ChĂšre petite, j’ai reçu ta lettre
 J’espĂšre que tu n’as pas la maladie que croit M. R
 ; ce serait dĂ©plorable avec le manque absolu de ressources dans lequel tu vis forcĂ©ment, le manque absolu de distractions trĂšs honnĂȘtes, comme musique nouvelle, livres nouveaux et anciens, promenades ou courses en voiture, etc. Je pense sans cesse Ă  toi, ma pauvre enfant je peux dire jour et nuit, car je dors mal en gĂ©nĂ©ral et aussitĂŽt Ă©veillĂ©e, ma triste pensĂ©e se reporte vers toi. Et quel temps vous avez Ă  Livet, si c’est comme en Bretagne! pluie, grĂȘle, tempĂȘte, froid, rien n’y manque, depuis l’instant de mon arrivĂ©e par une pluie battante. J’ai pourtant pu sortir deux fois de midi Ă  deux heures. C’est une magnifique propriĂ©tĂ© des landes transformĂ©es en culture admirable. Je vais toujours bien, Dieu merci, et je vais me mettre tout de bon Ă  Ă©crire mon livre pour le terminer avant mon retour Ă  Paris. Henriette et Armand sont trĂšs affectueusement occupĂ©s de toi ; Mlle Heiberger est excellentissime ; Armand dit avec raison que c’est un ange ; et charmante d’esprit et d’apparence ; elle aime Henriette et les enfans d’une affection douce et aimable ; tous l’aiment ici, jusqu’à la fĂ©roce Anna[196]. Adieu, ma bonne chĂšre petite. J’écrirai dans deux jours Ă  Jacquot
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 7 novembre 1863. ChĂšre enfant, j’ai Ă©tĂ© trĂšs touchĂ©e et reconnaissante de ta lettre et des bons et affectueux sentimens qu’elle exprime, tant pour toi que pour Émile. Je persiste dans mon projet primitif, et voici pourquoi ; l’embarras financier dans lequel je me trouve n’est que fictif, c’est-Ă -dire que je n’ai pas de revenus jusqu’au partage des valeurs, mais je puis emprunter quelques milliers de francs pour quelques mois ; la restitution de mes revenus comblera le dĂ©ficit du capital ; ce n’est qu’une affaire de patience et de temps. Je n’accepte donc pas l’offre affectueuse et gĂ©nĂ©reuse d’Émile, qui a besoin de tous ses revenus et de tous ses capitaux. Je n’accepte pas le sĂ©jour d’hiver que tu m’offres, ma bonne chĂšre fille, parce qu’en louant un appartement Ă  Paris, je n’ai pas cĂ©dĂ© Ă  un entraĂźnement personnel, mais aux reprĂ©sentations et aux demandes de tes frĂšres qui dĂ©sirent que je continue Ă  rĂ©unir mes enfans dans l’intĂ©rĂȘt de l’union de la famille, pour les deux gĂ©nĂ©rations vivantes. C’est pourquoi, une fois par semaine, je donnerai Ă  dĂźner Ă  tous les membres de notre famille, petits et grands. Je considĂšre cette rĂ©union comme un devoir maternel, et ce serait mal dĂ©buter que l’éviter une annĂ©e entiĂšre. Secondement, j’irai passer quinze jours chez toi, parce que tu es souffrante, tu es triste, et qu’ayant donnĂ© un mois et plus Ă  Henriette, je puis bien te donner quinze jours ; je t’ai quittĂ©e trois semaines aprĂšs ton malheur[197] ; il s’y joint les souffrances et les tristesses d’une grossesse. . ; j’ai donc tout naturellement le dĂ©sir de te revoir quelques jours et je n’aurais pas la conscience tranquille si j’acceptais le sacrifice gĂ©nĂ©reux que tu fais de ma visite Ă  Livet. Si je vois mes finances en mauvais Ă©tat, je quitterai Paris dĂšs le 2 ou le 3 avril et nous redeviendrons voisines. Henriette et Armand ont Ă©tĂ© fort touchĂ©s de ton abnĂ©gation; et moi, chĂšre petite, j’en ai Ă©tĂ© heureuse et attendrie. La dĂ©pense du voyage est presque nulle, parce que j’irai te rejoindre par SĂ©ez et que, rendue Ă  Paris, en prenant cette route, ce sera peu de chose de plus qu’en m’y rendant directement par Rennes. Il n’y aura de pĂ©nible que ma scĂ©lĂ©rate de patache de Laigle, mais quatre heures sont bien vite passĂ©es
 Je vais trĂšs bien ; le temps s’est remis au beau et, malgrĂ© le loup et la louve cantonnĂ©s Ă  cent pas du chĂąteau, nous faisons tous les jours une grande promenade dans les bois, les prĂ©s, les landes non encore dĂ©frichĂ©es ; le pays est d’un aspect variĂ© et charmant quel dommage que ce soit si loin de Paris, centre et rendez-vous de la famille! J’ai commencĂ© mon livre, le Petit Bossu. Je n’ai pas d’idĂ©es, je n’ai pas de plan, mais j’écris tout de mĂȘme; seulement, je crains pour ma rĂ©putation. J’ai les trois derniĂšres feuilles de Dourakine Ă  corriger et il pourra paraĂźtre en dĂ©cembre. Je t’apporterai un gros volume fort intĂ©ressant pour nous, et que nous lirons haut le soir Ă  Émile. Rostopchine et Koutouzof par ***, j’oublie le nom ; c’est un Russe C’est intĂ©ressant, et malgrĂ© que mon pĂšre y soit sottement interprĂ©tĂ©, c’est fort honorable pour lui et pour nous ; nous le lirons tout haut le soir. Je l’ai achetĂ© Ă  Bruxelles; c’est Paul Galitzine, mon neveu, qui me l’a indiquĂ©. — Adieu, ma bonne chĂšre petite, je t’embrasse bien tendrement et je bĂ©nis Dieu et mon cher petit ange Marguerite des excellens sentimens qui t’animent. Embrasse bien pour moi le bon Émile et les chers enfans. Dis Ă  Jacques qu’Henriette pense beaucoup Ă  lui et qu’elle viendra peut-ĂȘtre aux Nouettes cet Ă©tĂ©. Elle est Ă©tonnante de mĂ©moire et d’intelligence, mais elle n’est pas facile Ă  mener; une rĂ©sistance instinctive Ă  tout ce qui est autoritĂ©, et rĂ©sistance Ă  main armĂ©e[198]. Elle aime le travail d’une maniĂšre extraordinaire ; sa plus terrible punition est d’ĂȘtre privĂ©e d’une ou deux leçons, selon la grandeur du dĂ©lit. Elisabeth est excellente et docile comme un agneau
, la gouvernante est un idĂ©al de l’espĂšce ; le moral aussi charmant que le physique. Adieu, chĂšre bonne petite, que le bon Dieu te bĂ©nisse ! ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 11 novembre 1863. ChĂšre petite, rien de nouveau Ă  te dire de Kermadio ; le temps Ă©pouvantable est aujourd’hui nouvelle lune plus Ă©pouvantable que jamais. Je ne sais mĂȘme si nous pourrons sortir, ce qui serait fĂącheux, car c’est aujourd’hui une pleine mer magnifique de une heure Ă  trois, et ce coup d’Ɠil ne se prĂ©sente qu’aux nouvelles lunes et aux pleines lunes. J’avance mon Petit Bossu malgrĂ© les incursions des deux petits. Henriette a beau dĂ©fendre qu’on les laisse venir Ă  certaines heures, ils font des invasions continuelles et dĂ©rangent le cours de mes idĂ©es qui ne naissent que dans le repos. Je voudrais pourtant finir avant mon dĂ©part. Il me faut absolument avoir livrĂ© mon manuscrit avant le jour de l’an; j’en ai cent pages Ă©crites ; les deux cents autres iront plus vite parce que j’ai enfin trouvĂ© une idĂ©e, au lieu d’errer dans une lande peuplĂ©e de chardons et de joncs marins. Le rĂ©sultat de mon sĂ©jour Ă  Kermadio est la certitude
 que nous pouvons avoir en Normandie, des joncs marins ou ajoncs pour faire haie, et qu’au lieu d’attendre une clĂŽture huit ou dix ans, on peut l’avoir excellente en trois ans. Je ferai donc semer des ajoncs tout le long de mes haies et bois extĂ©rieurs, je me dĂ©fendrai ainsi contre mes honnĂȘtes voisins B. M. et Cie, par ces ajoncs impĂ©nĂ©trables mĂȘme aux chiens. Et toute ma plaine sera entourĂ©e de mĂȘme. – Le Renoncement de Gaston paraĂźtra samedi probablement; il nous l’enverra aussitĂŽt paru, ainsi que les Instructions familiĂšres en deux volumes de six cents pages, plus une petite brochure de trente-six pages pour rĂ©futer Renan populairement, plus une seconde brochure pour la confession des enfans de huit Ă  treize ans examen de conscience, quelques priĂšres et la conduite Ă  tenir pour cet Ăąge-lĂ . Ce sera utile et excellent. Gaston m’écrit, au reste, une lettre que je t’envoie et qui t’expliquera pourquoi il ne t’a pas encore rĂ©pondu. Adieu, ma chĂšre bonne petite, je suis pressĂ©e, Ă  cause de mon Petit Bossu. Nathalie arrive Ă  Paris aujourd’hui par un temps de chien. Quelle tempĂȘte hier ! ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 18 novembre 1863. ChĂšre petite
, je crois prudent pour ma bourse et pour ma santĂ©, trĂšs robuste et peu intĂ©ressante, mais qui pourrait ĂȘtre menacĂ©e par le retour d’une secousse comme celle du jour de l’an dernier, de renoncer Ă  mon projet de Livet dont je me berçais depuis que j’ai quittĂ© Bruxelles. Ce sera un grand sacrifice que je ferai Ă  ma position de chef de famille ; j’aurai prĂ©fĂ©rĂ© de beaucoup pour cette annĂ©e, passer l’hiver Ă  Livet et aux Nouettes ; mais tant que je pourrai, financiĂšrement parlant, habiter Paris, il faut que j’y sois Ă  NoĂ«l jusqu’aprĂšs PĂąques
 Tu fais sagement et chrĂ©tiennement, chĂšre petite, de vivre au jour le jour ; c’est le meilleur moyen pour supporter avec courage les peines et les ennuis de chaque jour ; embrasser plus loin par la pensĂ©e, c’est rĂ©unir sur chaque journĂ©e les souffrances et les calamitĂ©s de toute la vie, que nous prĂ©voyons souvent plus longue et plus terrible qu’elle ne le sera ; souvent aussi nous l’espĂ©rons plus belle et plus heureuse qu’elle ne doit l’ĂȘtre ; alors, ce sont des dĂ©ceptions et des secousses. – Adieu, ma pauvre chĂšre fille, je suis peinĂ©e et contrariĂ©e de devoir renoncer Ă  ma quinzaine Ă  Livet ; j’en ai plus que du regret ; il me semble que je commets une mauvaise action et que je cĂšde lĂąchement Ă  la peur de la fatigue et du froid
 J’écrirai demain Ă  mon pauvre Jeannot et puis Ă  mon pauvre Jacquot ; tous deux seront peinĂ©s de mon changement de projet, mais pas autant que moi. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 21 novembre 1863. ChĂšre petite, je t’ai Ă©crit que j’avais renoncĂ© dĂ©finitivement Ă  ma visite Ă  Livet Ă  cause de la longueur du voyage ; dans la belle saison, les changemens de wagon, les longues stations pour attendre les trains soi-disant correspondans, ne sont qu’un ennui et une perte de temps, mais la susceptibilitĂ© de mon foie et la mauvaise disposition oĂč je me trouve, me rendent lĂąche ou prudente, comme tu voudras; et je retourne tout droit Ă  Paris le i5 dĂ©cembre. Cette rĂ©solution m’a coĂ»tĂ©, de mĂȘme qu’il m’en coĂ»te beaucoup de ne pas m’en aller avant la fin du mois pour revoir Nathalie avant ce long et dangereux voyage par le mont Cenis et cette absence d’au moins dix-huit mois. Je suis ici aussi bien que je peux l’ĂȘtre hors dé’ chez moi, privĂ©e de mes habitudes, de la messe, du Saint-Sacrement, de ce qui m’aide Ă  vivre selon mon goĂ»t. J’ai craint ces jours-ci d’avoir un abcĂšs oĂč quelque chose d’analogue Ă  ce que j’ai eu l’annĂ©e derniĂšre; mais depuis hier, je suis certaine de n’avoir que du rhumatisme. Il fait depuis trois jours un temps atroce, brouillard Ă  ne pas y voir Ă  dix pas, ou pluie battante. Ce grand chĂąteau n’est pas chaud malgrĂ© des feux Ă©normes; mais j’aime mieux l’absence de chaleur, qu’une atmosphĂšre trop Ă©chauffĂ©e. J’avance assez rapidement mon Petit Bossu qui arrive Ă  cent quatre-vingt-dix pages et que j’espĂšre terminer ici. Élisabeth le trouve charmant et amusant; mais il a besoin d’ĂȘtre revu et corrigĂ©, car le dĂ©faut d’idĂ©es et de plan au commencement du livre, amĂšne des incohĂ©rences qui doivent disparaĂźtre
. Adieu, chĂšre bonne petite, je t’embrasse bien tendrement avec Émile et les chers enfans. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 25 novembre 1863. ChĂšre petite, je suis bien contente que tu ailles mieux. En prenant la vie pour ce qu’elle est, une succession de jours pĂ©nibles, qui s’écoulent pour ne plus revenir, et qui mĂšnent infailliblement Ă  la mort de la matiĂšre source de tout mal pour arriver Ă  la vie Ă©ternelle de l’ñme, on trouve force et courage pour bien vivre et pratiquer la piĂ©tĂ© et le Renoncement de Gaston. Tu auras neuf mois pĂ©nibles, une couche plus ou moins douloureuse, une suite de couches trĂšs ennuyeuse ; une annĂ©e ou dix-huit mois de premiers soins trĂšs astreignans, ensuite l’éducation des grands, suivie de celle des petits qui deviendront grands Ă  leur tour ; vue de loin, cette perspective est effrayante ; vue de prĂšs, au jour le jour, elle offre mille consolations, mille compensations, mĂȘme humainement parlant ; et pour l’ñme, quelle rĂ©colte abondante de mĂ©rites, de rĂ©elles satisfactions ! Aucune peine, aucun ennui ne passent inaperçus; tout est rĂ©compensĂ©, paroles douces, actions utiles, pensĂ©es charitables et chrĂ©tiennes, impatience rĂ©primĂ©e, indolence surmontĂ©e, tout enfin porte ses fruits et prĂ©pare une aurĂ©ole de gloire et de bonheur. – Si tu as une fille, appelle-la Christine. Je fais une Christine charmante dans mon Petit Bossu ; et il n’y a pas de danger qu’on te rapproche de la mĂšre de Christine qui est Mme ***. Je n’ai plus qu’une soixantaine de pages pour finir ; je l’apporterai terminĂ© Ă  Paris, le 15 dĂ©cembre
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 26 novembre 1863. ChĂšre petite, un mot pour te dire que j’ai vu ta lettre Ă  Henriette, arrivĂ©e une heure aprĂšs le dĂ©part de la mienne et que je vais Ă©crire de suite Ă  la supĂ©rieure des petites sƓurs, Ă  la Tour prĂšs Rennes[199]. Je comprends ta faiblesse mieux que personne et j’y compatis de tout mon cƓur; mais je te demande instamment de te disposer Ă  accepter ce que le bon Dieu t’enverra; espĂ©rons que ce sera un garçon, mais ne nous dĂ©sespĂ©rons pas si c’est une fille. Quant Ă  Émile, il aimera autant une fille qu’un garçon, peut-ĂȘtre plus mĂȘme, en souvenir de Marguerite. Si tu songes Ă  un nom, choisis pour garçon comme pour fille celui qui porte le plus bonheur Ă  ceux qui l’ont portĂ© ; ainsi pour hommes Louis est un nom heureux, François de mĂȘme, et quels beaux patrons! Pour femmes, Anne, HĂ©lĂšne, Juliette. Recommande d’avance ton enfant aux patrons que tu leur as choisis
 Je t’embrasse bien tendrement, ma pauvre petite. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 20 janvier 1864. ChĂšre petite
 À propos des dĂ©testables quoique Ă©loquents, dangereux rĂ©volutionnaires et sots quoique Ă©loquents discours de Thiers, nous avons eu des disputes furieuses ; d’une part Anatole qui criait comme quatre, M. Naudet, plus dĂ©mocrate 89 que jamais ; d’autre part, Gaston, Edgar, Woldemar, l’AbbĂ© et moi ; c’était affreux ; un mĂ©lange confus de cris, d’interruptions, de petites injures, de colĂšres contenues et colĂšres lancĂ©es ; de guerre lasse, Gaston s’est endormi et je l’ai suivi de prĂšs ; nos larynx affaiblis ne nous permettant pas de dominer la discussion ; les autres criant Ă  qui mieux mieux. Je t’embrasse mille fois, chĂšre petite ; dans deux mois et quelques jours, je vous embrasserai tous. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 11 fĂ©vrier 1864. Eh bien, ma chĂšre bonne fille, qu’as-tu ? Pourquoi n’ai-je pas de tes nouvelles ? Il me semble qu’il y a longtemps que je n’en ai eu. Les miennes sont bonnes ; mais je suis vexĂ©e. Je n’ai pas de domestique depuis dimanche. J’en avais pris un, en attendant un excellent qui Ă©tait Ă  la campagne ; ce provisoire Ă©tait DĂ©sirĂ© qui, aprĂšs toi, a Ă©tĂ© pendant trois ans chez une vieille Mme des R
, morte il y a un mois, lui laissant mille francs de gratification et les meilleures recommandations, renforcĂ©es par celles de son fils qui lui a Ă©crit des lettres Ă©minemment remarquables[200], comme Ă©loges et remerciemens. Dimanche, DĂ©sirĂ©, dont j’étais mĂ©diocrement satisfaite sous le rapport de la propretĂ© et du soin, me fait voir une lettre de sa mĂšre qui lui dit que son pĂšre va en s’affaiblissant, qu’il le demande instamment, qu’il ne lui pardonnerait jamais de ne pas venir, que son oncle est mort d’une apoplexie foudroyante, que sa ferme reste sans culture, que sa tante se retire pour vivre de ses rentes, que son frĂšre prend la ferme, qu’il lui faut un second et qu’il lui demande de s’y Ă©tablir avec lui. Je soupçonne un tour, je l’engage Ă  ne partir que dans quelques jours, quand il aura de son pĂšre des nouvelles plus exactes ; il fait l’inquiet, va voir Gaston, l’apitoie et, bref, demande Ă  partir le soir mĂȘme ; j’exige un remplaçant provisoire, car il refuse absolument, dit-il, de se remettre dans un travail de ferme et me promet son retour le plus prompt possible chez moi. Le provisoire doit venir le soir mĂȘme Ă  huit heures ; il ne vient pas. DĂ©sirĂ© pense qu’il a compris huit heures du matin, lundi, et part Ă  dix heures. Le lendemain, pas de domestique, et trois jours aprĂšs une lettre de DĂ©sirĂ© au cuisinier annonce qu’il ne reviendra pas du tout, qu’il reste pour faire marcher la ferme avec son frĂšre, qu’un ami viendra chercher les effets qu’il a laissĂ©s et qu’au reste il en a emportĂ© la plus grande partie avec lui. — VoilĂ  comment cet excellent, ce saint DĂ©sirĂ© m’a quittĂ©e, sans aucun motif, sans que je lui aie adressĂ© aucun reproche pendant les trois semaines qu’il a Ă©tĂ© chez moi. MĂ©thol est indignĂ© contre lui et jure bien de l’envoyer promener si jamais il lui demande de le recommander ; Gaston est stupĂ©fait ; Woldemar s’y attendait et moi aussi, je l’avoue, d’aprĂšs son air et ses rĂ©ponses ambiguĂ«s. Donc, je cherche ; en attendant, ma femme de chambre fait l’appartement, aidĂ©e d’une femme de mĂ©nage, elle a trĂšs bonne volontĂ© et n’est pas princesse ; jusqu’ici j’en suis trĂšs contente, mais on ne sait jamais avec les Basques si on les traite avec assez de confiance, de bienveillance, d’affection. Es-tu contente de ton domestique ? Prends garde de le froisser ! Il est Basque ! ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, dimanche 10 avril 1864. ChĂšre petite, un mot avant de partir pour vĂȘpres ; j’ai Ă©tĂ© si occupĂ©e au dedans et au dehors avec des domestiques nouveaux, des dĂ©ballages, des range-mens, des surveillances de travaux, etc. et des comptes, terribles comme d’habitude, que je n’ai rĂ©ellement pas pu t’écrire; aujourd’hui dimanche, messe, vĂȘpres, archiconfrĂ©rie. Le facteur attend, je vais trĂšs bien. J’ai vu Émile et Paul vendredi ; le premier ne croit pas te revoir mardi[201] ; il va bien ; il venait de Laigle. Paul a dĂ©jeunĂ© et dormi ici; il est superbe, rose, gras et gentil; mais il n’a pas voulu parler devant moi ; il est restĂ© les yeux modestement baissĂ©s tout le temps, et il n’a pas bougĂ©, ni ouvert la bouche. Il a fait un froid Ă©tonnant depuis que je suis ici ; cette nuit, pour la premiĂšre fois, je me suis rĂ©chauffĂ©e. Je ne tousse plus, je cours comme un lapin, je me porte Ă  merveille, je marche comme un Basque
. Adieu
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 4 janvier 1865. ChĂšre petite, les enfans m’ont empĂȘchĂ©e d’écrire aux parens ; leur tour revient, malgrĂ© Le reliquat de lettres qui tourmentent mon esprit et ma conscience ; mais la quantitĂ© fera tort Ă  la qualité  Je t’attends toujours le i5 et je n’oublierai pas le lait de Françon ; et ce sera du lait comme on n’en boit pas souvent Ă  Paris. Gaston va bien ; il a plus que jamais une affluence de monde Ă  confesser. Son affaire a dĂ©montrĂ© le respect et la sympathie qu’il inspire mĂȘme Ă  des ennemis[202]. À la cour, on lui donne tort comme de raison; G
 est un des organes de ce saint lieu. L’ImpĂ©ratrice souffre d’une gastrite ; on dit qu’elle ira Ă  Nice pendant que l’Empereur fera un voyage en AlgĂ©rie ; en son absence, le prince NapolĂ©on nous gouvernera; j’espĂšre qu’on ne lui laissera pas le petit Prince ImpĂ©rial
. Les petites de X
 sont trĂšs enlaidies; j’espĂšre que cela tient aux absurdes chapeaux collans qu’on porte maintenant et qui rendraient laide VĂ©nus elle-mĂȘme. Mme de C
 est vieillie et courbĂ©e Ă  faire peur ; la pauvre femme ne peut accepter son malheur[203]. E. de M
 est accouchĂ©e d’une fille, le 15 dĂ©cembre ; elle a eu une couche Ă©pouvantable, comme celle de l’ImpĂ©ratrice ; la pauvre malheureuse poussait des hurlemens, et, malgrĂ© ses atroces souffrances, elle criait Sacrifiez-moi; sauvez mon enfant; si vous le tuez, je meurs ! – Elle va bien ainsi que l’enfant, mais elle n’a pas encore mis les pieds Ă  terre, de sorte qu’on ne sait pas si elle pourra marcher. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 7 janvier i865. 
 Ton dĂ©part a fait le vide chez moi ; je le comble par la patience, par la certitude mĂ©ditĂ©e d’une autre vie de rĂ©union et par la confection de mon Évangile, en attendant Le Petit Savoyard
 À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, Dimanche 4 mars 1865. ChĂšre petite, ton oncle AndrĂ©[204] part demain pour Livet; il y restera jusqu’à mercredi; et si on lui fait une douce violence, il y restera jusqu’à jeudi, peut-ĂȘtre plus. Woldemar est absent Ă  partir de demain, jusqu’à jeudi 16. Aujourd’hui, ils sont tous les deux aux courses de La Marche ; il a plu jusqu’à midi ; ce sera un gĂąchis Ă©pouvantable ; les chevaux glisseront et se casseront les jambes, les jockeys se casseront le cou ; ce sera le grand plaisir de cette journĂ©e. Ton oncle est dans l’admiration de l’exĂ©cution ADMIRABLE de la FlĂ»te enchantĂ©e de Mozart. Il te porte la lettre SĂ©gur d’Aguesseau au PrĂ©sident Troplong. Elle est lithographiĂ©e aucun imprimeur n’a voulu l’imprimer. Ton oncle d’Aguesseau l’a envoyĂ©e Ă  tous les sĂ©nateurs, tous les dĂ©putĂ©s ; Ă  Morny, qui la lui a renvoyĂ©e[205]
 Mon nouveau cuisinier me fait l’effet d’ĂȘtre bon et cher; la dĂ©pense est double de ce qu’elle Ă©tait avec Gasparine. Quel ennui! Je vais lui faire lire tous les livres de Gaston, pour tĂącher de le rendre chrĂ©tien et honnĂȘte. Sous ce rapport ma maison est dĂ©sorganisĂ©e. Pascal est baptisĂ© et honnĂȘte ; il va Ă  la messe, mais je crois que c’est tout. Sa femme n’est rien que bĂȘte et dĂ©sagrĂ©able. Le cuisinier est pour le moins indiffĂ©rent, et je crains plus que cela. VoilĂ  ma maison chrĂ©tienne devenue Ă  peu prĂšs paĂŻenne
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 9 mars 1865. ChĂšre petite, je croyais voir arriver ton oncle hier, mais je vois que, nouvelle CircĂ©, tu l’as captivĂ© etgardé  Je ne trouve pas d’Allemande
 les unes ne veulent pas de la campagne, les autres ne veulent pas d’enfans, et presque toutes sont lĂ©gĂšres et quelques-unes mĂȘme mĂšres de famille, pĂšres inconnus
 Je me suis mise un peu en train pour mon livre Jean qui rit et Jean qui rit et Jean qui pleure ; j’ai une donnĂ©e presque certaine. Dis-moi oĂč en est le tien, et si tu pourras me l’envoyer avant mon dĂ©part[206]
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 11 mars 1865. 
 ChĂšre petite
 Tu as su la mort de M. de Morny ; l’ArchevĂȘque y a Ă©tĂ© la veille, aprĂšs l’Empereur et par ordre de l’ImpĂ©ratrice ; il Ă©tait dĂ©jĂ  sans connaissance ; mais Ă  cinq heures de l’aprĂšs-midi, il a repris connaissance et l’ImpĂ©ratrice lui a vite envoyĂ© un prĂȘtre ; on dit qu’il s’est confessĂ© Ă  ce prĂȘtre. Mgr Darboy l’a administrĂ© dans la soirĂ©e ; le lendemain, Ă  huit heures du matin, le malheureux homme est mort. Deux jours avant, il avait pleurĂ© toute la journĂ©e, parce qu’il se sentait mourir ; son ami ***
, prĂ©sent, l’encourageait Ă  la maniĂšre des Cavour, Pinelli, Ratazzi, Garibaldi, Mazzini, etc. La veuve doit ĂȘtre affligĂ©e, mais on dit que la sensibilitĂ© ne l’étouffe pas ; elle a vingt-six ans, 14 millions dont elle est tutrice, et une belle parentĂ©. Elle a quelque religion, car l’annĂ©e derniĂšre elle a fait appeler un prĂȘtre catholique, de son propre mouvement, pour faire baptiser un de ses enfans de deux ou trois ans qui ne l’avait pas encore Ă©tĂ©. Pauvre enfant !
 Adieu, chĂšre petite ; je te quitte pour Jean qui rit et Jean qui pleure ; je n’en ai que quarante pages d’écrites
 Il paraĂźt que notre Ă©glise avance[207]. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 15 mars 1865. ChĂšre petite, un mot, car il est fort tard ; j’ai Ă©tĂ© dĂ©rangĂ©e de mes Ă©critures. Je m’inquiĂšte de ne pas avoir de tes nouvelles depuis plusieurs jours ; j’ai toujours peur de quelque maladie de toi ou des enfans
 On m’a dit que vous croyez lĂ -bas que Louis
 s’est battu ; pas apparence; c’est un capitaine de son rĂ©giment, le vicomte de P
, qui a injuriĂ©, souffletĂ© douze fois au spectacle un inoffensif nĂ©gociant. Ledit nĂ©gociant, outrĂ©, l’a saisi Ă  la gorge et l’a si bien serrĂ© que le capitaine est devenu tout noir; les spectateurs applaudissaient Ă  outrance ; ce n’est que lorsqu’on l’a vu immobile qu’on l’a arrachĂ© Ă  l’étreinte passionnĂ©e de son adversaire ; on l’a emportĂ© inanimĂ© et il a Ă©tĂ© longtemps Ă  revenir Ă  lui. C’est son colonel qui nous l’a racontĂ© et Louis m’a confirmĂ© l’histoire. Le colonel lui a Ă©crit en le mettant aux arrĂȘts forcĂ©s pour un mois, je crois qu’il se battrait avec celui qu’il avait souffletĂ© ou qu’il quitterait le rĂ©giment
 Comment va l’instruction de Jeanne ? Commence-t-elle la haute littĂ©rature et la calligraphie ? Et Jacquot, que fait-il ? Aime-t-il toujours Ă  travailler ?
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 28 mars 1865. ChĂšre petite, toujours des mots jusqu’à ce que j’aie fini mes deux Jean ; ils en sont Ă  la page 175 et j’espĂšre beaucoup finir dans quinze jours, avant PĂąques. Dans tes compositions ne mĂ©nage pas le papier ; dis Ă  M. Anneau[208] d’écrire en caractĂšres lisibles, pas trop petits, et qu’il laisse de la marge pour les corrections et ajoutures. Je suis bien aise que Jeanne lise, qu’elle travaille ; ne l’oblige pas Ă  faire de la tapisserie qu’elle dĂ©teste et ne lui apprend rien-, qu’elle couse, puisqu’elle aime Ă  coudre; cela lui sera toujours utile
 Mardi, Louis Veuillot dĂźne chez moi avec M. Fredault[209], Gaston et Lydie qui sera bien aise d’avoir vu le grand Veuillot. Ton oncle[210] viendra probablement pour le taquiner, aprĂšs dĂźner ; il lui dira des Ă©normitĂ©s et se frottera les mains ensuite. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 1865. ChĂšre petite
 Je trouve que Grands et Petits Normands est parfait, pourvu que les Normands n’y soient pas trop maltraitĂ©s, ce qui ameuterait contre toi la Normandie entiĂšre ; s’il en est ainsi, et si l’ouvrage le comporte, tu pourrais mettre MarchĂ©s normands; ou l’HonnĂȘtetĂ© normande ; mais Grands et Petits Normands vaut mieux que tout cela; c’est un titre original qui frappe et qui fera vendre le livre[211]
 Mon Jean qui rit, etc., m’absorbe; je veux le finir avant la semaine Sainte ; j’ai deux cents pages de faites ; mais il faut relire et corriger, deux fois au moins. À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 6 avril 1865 ChĂšre petite, j’ai fini et je n’ai pas fini ! c’est-Ă -dire qu’ayant lu Ă  Gaston Jean qui rit, nous avons trouvĂ©, indĂ©pendamment des corrections de langage, etc., une rĂ©forme gĂ©nĂ©rale Ă  faire sur le ton trop familier des domestiques et trop amical des maĂźtres ; ils sont trop camarades ; c’est tout Ă  revoir deux fois. Peu de pages Ă  rĂ©crire, mais une foule de mots, d’expressions Ă  changer. Il faut donc que je lise et corrige du matin au soir; je ne sors que pour la messe, je ferme ma porte, je ne vais chez personne. – Ton collyre me rend un service immense; je serais aveugle de fatigue sans ce prĂ©cieux remĂšde. Gaston va assez bien ; la tĂšte reste prise ; mais il va toujours ; u’conrĂ«sse presque toute lĂ  journĂ©e, n’a a’peine le temps de prendre l’air. – Moi, j’ai Ă  peine le temps de manger ; j’espĂšre avoir fini samedi Ă  midi
 Adieu, chĂšre petite, je retourne Ă  ma galĂšre
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 19 avril i865. ChĂšre petite
 Je regrette que tu n’envoies pas ton manuscrit par la poste comme valeur. On fait un paquet ; on cachetĂ© de cinq cachets ; on met dessus dans le coin Ă  droite 
 francs en valeurs, puis l’adresse du destinataire. Si le manuscrit est perdu, on te rembourse
 Il faut affranchir et la valeur est assurĂ©e. Tu gardes le reçu de la poste bien soigneusement pour rĂ©clamer en cas de perte. Je suis fĂąchĂ©e de n’avoir pas pu le lire avant de le livrer Ă  Hachette pour un premier ouvrage surtout, une revue et une censure sont bien nĂ©cessaires. C’est le premier qui Ă©tablit la rĂ©putation. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 25 avril 1865. ChĂšre petite, je t’écris un seul petit mot pour t’annoncer toujours mon arrivĂ©e pour demain mardi. Je dĂźne Ă  Laigle comme d’habitude. Je tousse toujours pas mal et je compte sur les Nouettes pour me guĂ©rir. J’ai pu lire hier quatre-vingts pages de ton manuscrit ; c’est fort joli, gai et en train; mais il y a beaucoup de mots Ă  adoucir ; les Ă©pithĂštes demandent gĂ©nĂ©ralement Ă  ĂȘtre modĂ©rĂ©es
 Du reste, c’est trĂšs bien et je suis sĂ»re que ce volume amusera beaucoup les enfans ; mais il faut que je le remporte aux Nouettes pour le lire jusqu’au bout et faire la table des matiĂšres que tu as oubliĂ©e. La dĂ©dicace a subi une rude mĂ©tamorphose; personne ne doutera que tu m’as fait lire ton livre avant de le publier ; les Ă©loges excessifs que tu me donnes ne peuvent pas rester. Le calme, mĂȘme dans une plume filiale, est toujours plus persuasif et plus insinuant que l’éloge passionnĂ©. Gaston va bien ; je te raconterai son pĂšlerinage. Il est considĂ©rĂ© lĂ -bas comme saint François de Sales numĂ©ro deux MĂ©thol est au quatriĂšme Ciel. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 1865. ChĂšre petite, pas de place en voiture pour moi, puisque tes petits visiteurs d’aujourd’hui ne doivent pas bouger sans leurs bonnes. Je t’écris pour un cuisinier le mien ne peut pas rester chez moi, ma maison de vingt-cinq personnes est trop forte pour sa santĂ©; de plus tous ces domestiques, hommes et femmes, lui font tourner la tĂȘte; l’un est furieux d’avoir du bƓuf; l’autre vomit devant du mouton; le troisiĂšme fait fi de tout; le pauvre cuisinier, tombĂ© au milieu de cette rĂ©publique, ne peut pas y tenir. Il dĂ©sire ardemment entrer chez toi; il paraĂźt bon et serait trĂšs suffisant pour moi sans ce monde Ă©tranger, Ă©lĂ©gant. Ils partent, je t’embrasse. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 17 janvier 1866. ChĂšre petite, si j’avais pensĂ© que tu n’étais pas au courant, je t’aurais racontĂ© ce qui suit. L
 Ă©tait Ă  Tours d’une tristesse, d’un ennui mornes. Marie de L
, femme de son colonel, lui demande pour-quoiil est de jour en jour plus ennuyeux; il rĂ©pond Je m’ennuie Ă  mourir ; chaque soir je me couche en me disant Dieu merci, encore une journĂ©e de moins Ă  vivre ; et chaque matin encore une journĂ©e Ă  passer ! – Il y a un remĂšde, mon cher; devenez amoureux, mais amoureux fou. – Je ne peux pas ; personne ne m’inspire ce sentiment. – Essayez et, si vous ne pouvez pas, employez le dernier remĂšde ; faites-vous trappiste. – Sur ces entrefaites, on se met Ă  Ă©tudier et Ă  chanter, pour je ne sais quelle fĂȘte, un salut composĂ© par L
[212]. Le maestro dirige la musique et les chanteurs; Mlle de 
 chante. L
 est enchantĂ© ; la demoiselle est enchantĂ©e ; aprĂšs le salut il va chez les *** ; on l’accueille trĂšs bien ; la famille est musicienne, la demoiselle est trĂšs bonne musicienne, les atomes crochus se rencontrent, et finalement L
 est amoureux. Les parens prennent des renseignements; ils sont excellens. Le colonel et sa femme rĂ©pondent de lui comme d’eux-mĂȘmes. L
 se prononce; les parens l’agrĂ©ent ; il y va tous les jours ; mais la fille reste incertaine ; elle hĂ©site entre lui et le couvent ; une neuvaine succĂšde Ă  une neuvaine et elle ne se prononce pas. VoilĂ  oĂč en sont les choses ; c’est incomprĂ©hensible, un cĂ©libat Ă©ternel n’est pas sa vocation
 et c’est cruel pour L
 qui est rĂ©ellement amoureux fou. – Tout Paris en parle[213]
 ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY[214] Paris, 8 avril 1866. Merci, mon bon Émile, de ta lettre ; c’est une denrĂ©e rare[215] mais prĂ©cieuse. Je te remercie des dĂ©tails intĂ©ressans qu’elle contient et je suis enchantĂ©e de vous voir Ă  flot ; rien n’est plus pĂ©nible et plus attristant que la prĂ©occupation constante de finances embarrassĂ©es. On a beau faire des efforts de privations de toute sorte, on reste toujours dans ce gouffre du dĂ©ficit. Que doit-ce ĂȘtre pour les malheureux qui se trouvent en prĂ©sence de la famine et du froid et qui s’épuisent en vains efforts pour apaiser les souffrances de leur famille ?
 Je pars demain ; je compte sur vous tous pour aprĂšs-demain dĂ©jeuner. Je ne suis pas du tout gĂȘnĂ©e, cher ami, pour te payer ma dette ; j’étais au contraire Ă  flot comme toi. — Pardonne-moi si je n’allonge pas ma lettre pour la rendre digne de la tienne, mais je viens d’ĂȘtre interrompue
 il est midi
 Je t’embrasse donc ainsi qu’Olga, et les chers petits, et je plie bagage. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 12 mai 1866. Voici une lettre que je reçois de Mme de 
; quand j’ai quittĂ© Paris, le 9 avril, elle s’attendait dĂ©jĂ  chaque jour Ă  recevoir la nouvelle de la mort de sa belle-sƓur; tu sais qu’elles Ă©taient brouillĂ©es depuis les pertes de fortune qu’elles ont Ă©prouvĂ©es. Les regrets que tĂ©moigne Mme de 
 de cette mort prĂ©vue et imminente, ne m’attendrissent pas, parce qu’ils ne peuvent ĂȘtre bien vifs; l’éloge de la dĂ©funte et l’exposĂ© de ses vertus ne m’émeuvent pas davantage; et le dĂ©sespoir de la fille me laisse froide. Elle voyait peu ses parents; le monde l’avait entiĂšrement absorbĂ©e. J’ai eu de la peine Ă  composer une lettre convenable ; il fallait la plaindre sans tremper dans son exagĂ©ration; en parlant du passĂ©, c’est-Ă -dire de son vrai grand chagrin, j’ai tournĂ© la difficulté . Adieu, chĂšre enfant, je pars d’ici le 25, pour arriver Ă  Paris le 26 et aux Nouettes le 29. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 1866. ChĂšre petite, j’ai oubliĂ© de te donner l’affreux portrait du pauvre petit membre du Jockey ; il croit qu’il est beau, et certes il est seul de son avis. On trouve gĂ©nĂ©ralement qu’il est flattĂ© ; il me semble qu’il ne l’est guĂšre. Je t’embrasse bien tendrement avec Émile et les chers petits. Que le bon Dieu vous bĂ©nisse ! ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 5 octobre 1866. Cher Émile, je t’écris quelques mots pour te donner des nouvelles de tes deux gros petits bonnes gens ; ils vont Ă  merveille ; ils dorment bien, ils ont bon appĂ©tit ; ils s’amusent dehors et dedans. Paul a un cheval, un fouet et un couteau de six sous qu’il ne quitte pas. Françon, qui possĂšde les mĂȘmes objets, porte son cheval partout, elle l’a mĂȘme fait coucher sur son lit. M. Hanneau s’occupe beaucoup d’eux ; ils ont Ă©tĂ© enchantĂ©s de le retrouver en arrivant. Olga m’écrit[216] que tu es fort content de l’établissement des Dames de Saint-Maur. J’en suis heureuse pour Jeanne et pour toi. ObligĂ© de t’en sĂ©parer dans son intĂ©rĂȘt, ton sacrifice est et sera rĂ©compensĂ© par la certitude de son bien-ĂȘtre et du grand avantage de cette Ă©ducation douce, sĂ©rieuse et bien dirigĂ©e. Puisse notre cher petit Jacques trouvera Vaugirard les mĂȘmes avantages et la mĂȘme vie douce que trouvera Jeanne Ă  Saint-Maur ! Je te serai bien obligĂ©e, mon bon Émile, si tu m’écris quelques lignes aprĂšs avoir Ă©tĂ© voir Jeanne dans son nouveau domicile ; elle-mĂȘme n’écrit pas encore assez bien pour me donner de ses nouvelles. Tu me diras si elle a pleurĂ© en te quittant et si elle avait encore l’air triste en te revoyant. Et Jacquot ? comment passe-t-il son temps ? Je suis sĂ»re qu’il est enchantĂ© de se trouver seul avec toi. – Il fait toujours le mĂȘme temps, doux, calme et brumeux. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 31 octobre 1866. J’arrive de ma tournĂ©e, chers enfans. Tout va bien. J’ai commencĂ© par Jacques[217], dont la rĂ©crĂ©ation finit Ă  une heure et demie prĂ©cise. Il est arrivĂ© radieux ; il continue Ă  ĂȘtre enchantĂ©. Il s’est battu ferme, m’a-t-il dit, il y a deux jours contre un Ă©lĂšve, de son Ăąge au moins, qui l’ennuyait depuis longtemps. Jacques a commencĂ© par l’envoyer promener ; l’autre revenant toujours Ă  la charge, Jacques lui a donnĂ© une claque solide Ă  laquelle l’autre a ripostĂ©. Jacques est tombĂ© dessus Ă  coups de poings. Et alors, c’est que nous avons eu une bataille fameuse ! J’ai fini par le jeter par terre, et je lui ai donnĂ© une bonne roulĂ©e. Depuis ce temps il me laisse tranquille. » Hier ils ont Ă©tĂ© en promenade au Moulinot. On nous a permis de nous dĂ©bander et de faire ce que nous voulions. Je me suis amusĂ© Ă©normĂ©ment ; nous avons couru, nous nous sommes roulĂ©s ; nous avons jouĂ© Ă  beaucoup de jeux trĂšs amusants. Il a rĂ©pĂ©tĂ© qu’il Ă©tait trĂšs heureux ; il dort tout d’un somme jusqu’à la cloche ; il mange comme un ogre, il travaille trĂšs bien; il n’a Ă©tĂ© puni qu’une fois; on l’a fait travailler seul sur une banquette pendant une demi-heure ainsi que son antagoniste. Voici pourquoi. J’avais fait un devoir trĂšs bien. Celui qui Ă©tait prĂšs de moi me dit Donne-moi ton devoir, que je corrige le mien. – on, je ne veux pas ; le tien est trĂšs mal, et le mien est trĂšs bien. – Je l’aurai tout de mĂȘme, car je vais le prendre de force. – Je te dis que tu ne l’auras pas. Le voisin veut le saisir, Jacques met vite son devoir dans le pupitre ; l’autre veut ouvrir de force ; Jacques ferme Ă  clef et retire la clef ; l’autre pousse, Jacques repousse ; ils font du bruit ; le PĂšre regarde et leur dit de passer sur le banc solitaire. Jacques dit que c’est l’autre qui a voulu copier de force son devoir. Le PĂšre dit Mon petit Jacques, vous avez parlĂ© en Ă©tude ; il faut vous soumettre Ă  la rĂšgle. » Jacques pleure ; cinq minutes aprĂšs le PĂšre lui a fait reprendre sa place ; c’est le seul chagrin qu’il ait eu. – Il a demandĂ© des nouvelles de tout le monde et il m’a chargĂ© de vous embrasser tous, y compris sa bonne. – AprĂšs une demi-heure, je l’ai laissĂ© avec Pierre, Henri et l’abbĂ© Cousin, auxquels il a demandĂ© de rester encore dix minutes. De lĂ , je suis allĂ© chez Jeanne, trĂšs contente de me voir. Elle a bonne mine, est contente de tout, joue trĂšs gaiement avec les petites filles, dit que le temps passe trĂšs vite, qu’elle ne s’ennuie jamais
. Elle a beaucoup gagnĂ©, et fait de petites rĂ©vĂ©rences trĂšs gentilles en entrant et en sortant
. Adieu, mes chers enfants ; je cours vite chez Sabine que je puis voir de quatre Ă  cinq. Je vais bien. Dimanche je vous Ă©crirai. ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY MĂ©ry, 10 novembre 1866. Merci mille fois, mon cher Émile, de m’avoir dĂ©barrassĂ© de ce Des
[218] ; sans toi, j’aurais Ă©tĂ© obligĂ©e sans doute de comparaĂźtre devant le juge de paix. Pour Ă©viter le renouvellement d’aventures pareilles, je m’en tiendrai Ă  mon personnel d’aujourd’hui malgrĂ© ses imperfections ; Ă  chaque changement j’ai des surprises tragi-comiques, qui finiraient par des scĂšnes de forçats Ă©vadĂ©s et du sang rĂ©pandu
 J’irai voir Jacques avec Jeanne qu’on me donnera sans difficultĂ© et que je ramĂšnerai avant ou aprĂšs dĂźner, comme elle aimera mieux. Tu as parfaitement devinĂ© avec ton instinct paternel les sentiments de son petit cƓur. Si elle pouvait vous embrasser tous les jours, elle serait aussi heureuse que Jacques; mais vous lui manquez ; il Ă©tait impossible que cela fĂ»t autrement
 À l’heure qu’il est Woldemar est mariĂ© puisse la bĂ©nĂ©diction de Gaston leur porter bonheur ! – Ils viendront passer vingt-quatre heures aux Nouettes vers le 20. J’espĂšre que tu y seras je compte sur vous tous pour jeudi
 À revoir bientĂŽt, cher ami. Je te remercie encore de l’empressement sĂšment que tu as mis Ă  accomplir la corvĂ©e que je t’avais confiĂ©e. ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Paris, 7 fĂ©vrier 1867. Jacques et Jeanne se sont bien amusĂ©s hier, jour de sortie, avec leurs cousins Pierre et Henri; nous dĂźnions Ă  six heures pour faire partir aprĂšs dĂźner un feu d’artifice de salon que M. Naudet devait tirer et qui a Ă©tĂ© charmant. Mais l’odeur de la poudre et la fumĂ©e ont nĂ©cessitĂ© l’ouverture des fenĂȘtres. Il y a des pluies de feu, des chandelles romaines, des fusĂ©es, des gerbes, des feux de Bengale de toutes couleurs ; c’est en petit un feu d’artifice complet et sans bruit ni danger, mais pas sans fumĂ©e. M. Veuillot va pouvoir fonder un journal d’aprĂšs la nouvelle loi pas votĂ©e, mais dĂ©cidĂ©e ; il est enchantĂ© et il part pour Rome dimanche ou lundi, pour bien des choses essentielles Ă  son nouvel Univers la bĂ©nĂ©diction du Pape, des correspondants intelligents, actifs, et consciencieux, etc. L’empereur a prĂ©sidĂ© hier le Conseil d’État et parfaitement parlĂ© ; il laisse l’armĂ©e comme elle est, avec organisation de la garde nationale, devant marcher jusqu’à trente ans, en cas de guerre d’invasion seulement, et non par dĂ©cret, mais par une loi votĂ©e par les deux Chambres. ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Paris, 17 fĂ©vrier 1867. Mon cher Émile, Olga me prie de te donner des nouvelles des enfans ; les deux petits vont trĂšs bien et sont enchantĂ©s de tout. Paul croit que tout Paris est Ă  ZoĂ© et admire la beautĂ© et la grandeur de sa propriĂ©tĂ©. Nous avons vu tout Ă  l’heure Jacques "et Jeanne qui vont bien. Jacques travaille bien; mais il est souvent puni; il est triste et concentrĂ©; il est vrai qu’il faisait un temps de chien, que les parloirs Ă©taient pleins, combles, qu’on s’y Ă©crasait, qu’on y Ă©touffait, qu’on ne s’entendait pas, ce qui ne dispose pas Ă  la gaietĂ©. Paul et Françoise Ă©taient tout ahuris de cette foule tumultueuse. Chez Jeanne ils se sont amusĂ©s ; il y avait beaucoup de place dans le second parloir
 Paul et Françoise ont pu jouer, rire, causer. Jeanne Ă©tait trĂšs gaie et bien contente de revoir sa mĂšre et les deux petits ; elle est toujours grasse et rose, et se maintient premiĂšre et deuxiĂšme. Adieu, mon cher Émile, je t’embrasse ; les enfans t’embrassent aussi tous les quatre. ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 7 mars 1867. 
 Françoise est gentille Ă  croquer ; elle rit du matin au soir, mange bien, dort bien et joue bien. J’ai mis mon veto sur ses leçons de piano. Mlle Signora FreĂŒlein veut lui faire apprendre le piano. À trois ans ! Il y a de quoi la dĂ©goĂ»ter du piano et de toute musique pour la vie. Que peut faire, de ses petits doigts faibles et de son intelligence minuscule, une pauvre enfant de trois ans ! Paul, pour avoir commencĂ© Ă  lire Ă  quatre ans, ne lira pas couramment avant sept, et jamais il n’aimera la lecture
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les "Nouettes, 9 novembre 1867. ChĂšre petite, les enfans continuent Ă  aller trĂšs bien et le temps continue Ă  ĂȘtre superbe, mais un peu froid. L’arrivĂ©e de Nathalie, avant-hier soir, nous a forcĂ©s de suspendre le charmant jeu du soir Ă©teindre des bougies avec des ballons, d’un bout du corridor Ă  l’autre ; nous nous tenons dans le salon et on joue Ă  des jeux tranquilles, c’est-Ă -dire ennuyeux. Je m’occupe du pauvre Paul pour qu’il ait sa part de joujoux et qu’il ne soit pas molestĂ©. Ils sont du reste tous de bon accord et s’amusent beaucoup ensemble. Françoise se couche pendant que nous dĂźnons ; elle dĂźne seule Ă  six heures, mais elle ne se plaint pas de sa solitude ; avant dĂźner, ils viennent passer une heure chez moi
 La supĂ©rieure de la Visitation est toujours trĂšs malade, d’une faiblesse Ă  ne pouvoir supporter aucun remĂšde. La petite pensionnaire de treize ans est morte de sa mĂ©ningite ; la pauvre mĂšre est au dĂ©sespoir. Paul[219] est ici depuis hier soir neuf heures et demie, et repart ce soir Ă  cinq heures pour voir l’Empereur demain et se mettre en route pour Florence on dĂ©sire qu’il s’y montre comme ministre, Ă  cause de ses discussions avec Ratazzi, lequel Ratazzi est venu exprĂšs Ă  Paris pour ĂȘtre dĂ©barrassĂ© de Paul ; on ne veut pas lui accorder cette satisfaction. – Adieu, chĂšre petite. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Les Nouettes, 14 novembre 1867. ChĂšre petite, je t’envoie les trois gĂ©nĂ©rations que tu m’as demandĂ©e[220] et je te remercie chaudement de vouloir bien t’occuper de ma chĂšre M
 ; je ne comprends pas pourquoi il te faut la mĂšre, la grand’mĂšre et la sƓur ; malgrĂ© que je sois Ă  marier, j’ai pourtant la dĂ©licatesse de ne pas vouloir me mettre en concurrence avec ma petite-fille ; elle pourrait avoir le dessus, ce qui serait une avanie Ă  mes charmes. Ne nous laisse pas courir le monde dans le Midi. – Reçois-tu l’Univers, lĂ -bas ? Quelle belle et charmante sĂ©rie d’articles de L. Veuillot sur les Ă©vĂ©nements d’Italie, Garibaldi et les autres acteurs de ce sanglant mĂ©lodrame ! On nomme ici, au ministĂšre de l’IntĂ©rieur, un excellent chrĂ©tien, chaud partisan du Pape, M. Pinard, qu’Anatole connaĂźt beaucoup et dont il fait un trĂšs grand Ă©loge. Rouher passerait au ministĂšre d’État. Je pense qu’on fourrera les autres au SĂ©nat, moyen honnĂȘte et sĂ»r de se dĂ©barrasser des gens dont on ne sait que faire et qu’on veut museler par la reconnaissance si toutefois ils sont capables d’un gĂ©nĂ©reux sentiment. Adieu, ma chĂšre bonne fille
. Paul est retournĂ© Ă  Florence pour ne pas laisser croire Ă  Ratazzi et au Roi, qu’on a cĂ©dĂ© Ă  leurs sollicitations de les dĂ©barrasser de lui
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 3o dĂ©cembre 1867. ChĂšre petite, je veux te souhaiter la bonne annĂ©e l’avant-veille du jour de l’an, Ă  cause de l’heure tardive des lettres Ă  Livet. Le jour de l’an serait presque passĂ© avant que je me sois rappelĂ©e Ă  ton souvenir
 Aujourd’hui, j’ai expĂ©diĂ© par la poste une petite boĂźte contenant deux autres petites boĂźtes contenant chacune une bague ; le destinataire est indiquĂ© en dessous. C’est Jacques et Jeanne qui m’ont chargĂ©e de l’achat et de l’envoi, et ils y ont pensĂ© tout seuls. Jeanne sort demain Ă  huit heures du matin jusqu’à samedi soir ; elle va bien et elle compte t’écrire dĂšs demain. Quant au pauvre Jacques, il n’aura qu’un jour ; c’est dur pour le jour de l’an. Je m’étonne que le grand Duruy ne fourre pas son nez lĂ  dedans et qu’il n’exige pas un peu plus de condescendance pour les liens de famille. La matinĂ©e de Jacques sera si occupĂ©e par les visites d’oncles et de tantes, qu’il aura difficilement le temps d’écrire ; quelques lignes peut-ĂȘtre tout au plus. Au reste, je te donnerai de leurs nouvelles le lendemain du jour de l’an; le jour mĂȘme, je n’aurai pas le temps bien probablement. Je vais mieux dĂ©cidĂ©ment; ma messe matinale d’hier ne m’a pas fait mal et je recommencerai demain; le verglas et le froid m’ont empĂȘchĂ©e de sortir. Adieu, ma bonne chĂšre fille ; tes livres sont presque tous distribuĂ©s[221]
 ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Paris, 9 janvier 1868. C’est Ă  Olga que j’ai Ă©crit hier, mon cher Émile ; c’est Ă  toi que j’adresse les derniĂšres nouvelles des enfans. Jacques est revenu Ă  cinq heures et demie de son patinage, aprĂšs avoir passĂ© une demi-heure avec Pierre et Henri. Il Ă©tait enchantĂ© de sa journĂ©e. Pierre valet de chambre m’a dit que Jacques patinait admirablement; il s’est beaucoup amusĂ©; plusieurs de ses camarades ont rivalisĂ© d’adresse et de vitesse avec lui ; il les a tous enfoncĂ©s. Pierre le suivait en courant et glissant sur la glace pour ne pas le perdre de vue et pour se rĂ©chauffer. Il a rencontrĂ© aussi quelques jeunes amis de Gaston qui l’ont pris sous leur protection. .. Il n’a quittĂ© son patinage et ses amis qu’à quatre heures et demie; il est revenu en voiture
 Je ne veux pas finir ma lettre sans te remercier de la tienne, qui m’a vivement touchĂ©e ; Ă  mon tour, je te remercie de me si bien remercier et d’exprimer avec l’éloquence du cƓur une tendresse si vraie pour tes enfans ; je t’assure qu’ils savent la reconnaĂźtre et qu’ils parlent de toi avec une tendresse Ă©gale Ă  la tienne. Adieu, mon cher Émile, je t’embrasse bien affectueusement, ainsi que ma pauvre Olga que je ne verrai pas avant le mois prochain
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 10 fĂ©vrier 1868. ChĂšre enfant, j’ai vu hier Jacques et Jeanne, qui vont trĂšs bien et qui sont trĂšs contens. Ils avaient tous les deux la croix et sont portĂ©s tous les deux au n° 1 du tableau d’honneur. La comĂ©die Ă  Vau-girard les a beaucoup amusĂ©s ; Jacques s’est trĂšs bien tirĂ© de son rĂŽle. Ils ont eu comme rĂ©compense une promenade de plus Ă  la maison de campagne des JĂ©suites ; il paraĂźt qu’on s’amuse toujours beaucoup lĂ -bas ; on se dĂ©bande, on court, on joue Ă  colin-maillard, aux barres, etc., on goĂ»te en jouant; on boit de l’eau des petits ruisseaux. L’étĂ©, on s’y baigne dans une piĂšce d’eau qui n’offre aucun danger. J’ai Ă©tĂ© chez l’abbĂ© G
 pour lui demander d’aller voir M. Naudet qui est trĂšs malade, tout en croyant qu’il n’a rien. Avant-hier il a encore eu un Ă©vanouissement de plusieurs minutes, et depuis, il est restĂ© d’une faiblesse telle qu’il ne peut quitter son lit. Je lui ai dit hier qu’il Ă©tait plus malade qu’il ne le pensait, qu’un de ses Ă©vanouissements pouvait l’emporter, que je lui demandais instamment de se mettre en rĂšgle pour paraĂźtre devant le bon Dieu, que je verrais Sabine aujourd’hui, et que j’arrangerais tout pour qu’il puisse se confesser, parce que nous l’aimions tous et que nous ne voulions pas ĂȘtre sĂ©parĂ©s de lui pour l’éternitĂ©. Il a un peu pleurĂ© et m’a dit qu’il n’était pas dans de mauvais sentimens comme nous le pensions, mais qu’il lui fallait du temps. – Et qui vous dit que le bon Dieu vous accordera ce que vous demandez? Et pourquoi remettre Ă  un temps Ă©loignĂ© ce que vous pouvez avoir tout de suite le pardon de Dieu et la paix du cƓur? Vous avez beau vous dĂ©battre, je ne veux pas que vous deveniez la proie du dĂ©mon et que tant de grandes et nobles qualitĂ©s soient perdues pour le ciel. – Il n’a rien dit, et l’abbĂ© G
 ira le voir demain avant midi. Comme il le connaĂźt, j’espĂšre qu’il ne le repoussera pas et qu’il se confessera. J’irai le voir demain et je saurai ce qu’il a fait. Adieu, ma chĂšre bonne petite, je t’aime et je t’embrasse de tout mon cƓur. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 1868. 
 Le pauvre Naudet ne va pas mieux ; l’abbĂ© y a Ă©tĂ© hier ; il a pris jour pour la confession. Gaston y a Ă©tĂ© aussi aprĂšs, et il a Ă©tĂ© trĂšs content des sentimens qu’a exprimĂ©s le malade
 Je vais aller voir Jacquot Ă  midi ; je ne fermerai ma lettre qu’au retour pour te donner de ses nouvelles. Quatre heures. Je reviens aprĂšs avoir vu Jacques qui va trĂšs bien et qui est enchantĂ© ; il a Ă©tĂ© second en latin; il ne sait pas encore quel jour on sort. La semaine prochaine ils ont deux jours de goguette; lundi gras, tirage de la loterie ; il y a de trĂšs beaux lots; mardi, ils ont une sĂ©ance dramatique; onjoue une piĂšce; ils ne savent pas encore quand ils sortiront Ă  cause du carĂȘme. — Nouvelle extraordinaire le mariage de Mlle L*** est rompu ; le jeune homme est un drĂŽle; une conduite affreuse, un hypocrite fini ; l’annĂ©e derniĂšre encore, il a enlevĂ© la femme de chambre de sa mĂšre goĂ»ts relevĂ©s ; elle les a fait rattraper; il n’était pas encore majeur. Tout Paris connaĂźt cette histoire ainsi que l’origine de la fortune; il n’y avait pas moyen de passer outre. C’est la mĂšre de la jeune fille qui a tout rompu. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 25 fĂ©vrier 1868. ChĂšre petite, un mot de nouvelles de Jacques que j’ai vu hier et aujourd’hui. Il est frais comme je ne l’ai jamais vu, et gai et causant. Hier on a tirĂ© la loterie, et les enfans avaient permission de manger tout ce qu’ils voulaient ; j’ai apportĂ© des provisions pour se soutenir pendant le tirage il a mangĂ© quatre oranges, et une foule de bonbons et gĂąteaux; tous les enfans mangeaient Ă  qui mieux mieux ; j’étais trĂšs prĂšs de lui ; il a gagnĂ© trois lots une bonbonniĂšre, un parapluie plein de bonbons, et une autre chose de ce genre; moi j’ai gagnĂ© un pot Ă  tabac que je lui laisse, mais dont il ne pourra rien faire. La sĂ©ance a Ă©tĂ© entremĂȘlĂ©e de musique trĂšs bonne, de chansonnettes trĂšs bien chantĂ©es et mimĂ©es. Je suis partie vers trois heures ; ils n’ont terminĂ© le tirage qu’à cinq heures et demie et tous les beaux lots n’ont pas Ă©tĂ© tirĂ©s. Je ne sais pas ce que les bons PĂšres en feront ; probablement qu’ils resserviront d’appĂąt l’annĂ©e prochaine. Il y a eu aussi des rĂ©jouissances pour le mardi-gras ; ce matin, de neuf heures Ă  midi, une grande promenade pour voir dĂ©filer tout le cortĂšge des quatre bƓufs gras ; il y avait une douzaine de chars avec escortes de toutes les nations du monde civilisĂ© et sauvage ; les quatre bƓufs avaient chacun pour escorte Ă  pied, Ă  cheval et en char, une des quatre parties du monde, et, Ă  la fin, aprĂšs cette multitude de chars et de nations, arrivait une vraie forĂȘt, partagĂ©e en douze compartiments, reprĂ©sentant les douze mois de l’annĂ©e avec leurs produits et leur vĂ©gĂ©tation; c’était trĂšs beau et trĂšs riche. – Il paraĂźt qu’au retour, les enfans ont mangĂ© comme des loups un trĂšs bon dĂ©jeuner; puis deux heures de parloir et de rĂ©crĂ©ation ; puis ils devaient avoir une sĂ©ance dramatique avec comĂ©die, musique, etc. Tu vois que ces pauvres JĂ©suites font ce qu’ils peuvent pour compenser la sortie des jours gras; aussi Jacques disait Comme ils sont bons, ces PĂšres; ils font tout ce qu’ils peu- vent pour nous rendre heureux! » – Adieu, ma chĂšre bonne fille; j’attends ton arrivĂ©e avec une grande impatience et je ne suis pas la seule. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 1868. ChĂšre petite, fais-moi donner des nouvelles de Paul que je n’ai pu aller voir aujourd’hui ; en sortant de chez Sabine je me suis trouvĂ©e si mal Ă  mon aise et j’ai eu si froid et si mal Ă  la gorge que je suis rentrĂ©e je me suis enveloppĂ©e chaudement, je me suis gargarisĂ©e avec de l’eau vinaigrĂ©e et je me sens beaucoup mieux ce soir ; je me coucherai de bonne heure et ce sera fini demain. Sabine me charge de te dire que Françon est un amour Ă  croquer ; comme c’est aussi mon avis, je ne l’ai pas contredite. Je lui mĂšnerai encore cette blondinette charmante avec le gros Paulet qui aura des succĂšs plus masculins. J’irai le voir demain, si je vais bien et s’il ne fait pas trop froid. Je t’embrasse tendrement. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Dimanche, 29 mars 1868. ChĂšre petite
 Sabine
, est trĂšs malade. Le matin une consultation de MM. Simon et Biart notabilitĂ© pour les maladies de poitrine a Ă©tĂ© trĂšs alarmante ; ils ont trouvĂ© tout le poumon droit engagĂ©, surtout du haut; ils trouvent l’état grave, mais pas dĂ©sespĂ©rĂ© ; ils ont ordonnĂ© des vessicatoires, une nourriture substantielle, du vieux vin, et une potion qui doit aider Ă  la cautĂ©risation du poumon
 Je t’écrirai demain ; aujourd’hui j’ai Ă©tĂ© chez Gaston, malade
 Je t’embrasse tendrement et je pars pour aller chercher Henriette, Madeleine et Élisabeth Ă  la gare. – À demain[222]. ―――― Paris, 5 avril 1868. ChĂšre petite
 La pauvre Sabine ne va pas bien ; elle Ă©touffe, tousse et crache horriblement. Henriette sa jumelle est dĂ©solĂ©e. Adieu, chĂšre enfant, je t’embrasse bien tendrement avec Émile et les chers enfans. Nous t’arrivons lundi Ă  cinq heures pour les vacances de PĂąques, la rentrĂ©e est pour mardi soir Ă  huit et demie. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 9 avril 1868. ChĂšre petite
 j’arrive enfin aux chers petits ; j’ai vu Jacquot hier ; il Ă©tait gai et content, mais les oreillons qui rĂšgnent au collĂšge l’avaient atteint ; depuis deux jours il Ă©tait Ă  l’infirmerie, avec une douzaine d’autres infortunĂ©s ; on a changĂ© d’infirmier ; le gros qui y est maintenant a l’air d’un excellent homme ; les enfans riaient et jouaient quand je suis venue ; on les laisse s’amuser et causer. Jacques n’avait pas de fiĂšvre ; il m’a dit qu’il ne souffrait pas ; on m’a permis d’aller le voir demain vendredi ; il pourra sortir dimanche et partir lundi avec Jeanne, qui va bien mais qu’on ne peut pas voir jusqu’à dimanche ; la vacance ne finit que mardi soir 21. Jacques a passĂ© son examen de semestre trĂšs brillamment ; il a tout su ; rien Ă  rapprendre. La pauvre Sabine ne va pas bien ; elle s’affaiblit sensiblement. Henriette a passĂ© quatre jours avec elle; elle est partie navrĂ©e de la quitter en cet Ă©tat ; elle reviendra au mois de juin, et moi je passerai quelques jours au couvent au commencement d’aoĂ»t, Ă  moins que son Ă©tat ne me rappelle plus tĂŽt. Pauvre Sabine ! ou plutĂŽt heureuse Sabine, qui ira recevoir la rĂ©compense de sa vie de sacrifice et de dĂ©vouement et nous attendre au Ciel oĂč elle priera pour nous tous, comme elle le fait depuis tant d’annĂ©es sur la terre. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 2 juin 1868. Je te remercie de ta petite lettre, chĂšre enfant. Voici Jacques sorti pieusement et honorablement des sacremens de l’enfance ; il ne lui reste plus qu’à continuer l’usage des sacremens de tous les Ăąges et de tous les temps, la confession et la communion. Je suis bien aise que tu sois restĂ©e pour sa sortie d’aujourd’hui ; tu auras profitĂ© jusqu’à la fin et Ă  son profit Ă©galement de ton sĂ©jour Ă  Paris. Jeanne s’en donne pendant ce temps ; quand tu seras de retour[223] recommande Ă  FreĂŒlein de lui donner quelques petites leçons de quelque chose, c’est-Ă -dire qu’elle la fasse Ă©crire, lire, allemand et français, mais sans excĂšs ; et quand elle aura sa gouvernante, ne la laisse pas accabler de travail, afin que son corps puisse se dĂ©velopper en mĂȘme temps que son intelligence. Les gouverneurs et gouvernantes ont parfois la manie du travail exagĂ©rĂ©; ce qui n’est jamais le fait d’une femme et ce qui lui fait nĂ©gliger des choses essentielles, comme le travail Ă  l’aiguille, l’ordre dans les tiroirs et effets, etc. Ce n’est pas une grande et inutile instruction de langues diverses, de hautes Ă©tudes, qui fait le mĂ©rite d’une femme dans l’habitude de la vie et dans son mĂ©nage, mais les mille petits travaux fĂ©minins, plus utiles cent fois que le latin, le grec et les je ne sais quoi, qui ne servent Ă  rien qu’à exalter l’amour-propre et Ă  faire perdre le temps. – Je suis bien aise de penser qu’à partir de demain tu commenceras enfin une vie tranquille et reposante. Adieu, ma chĂšre bonne fille. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 16 juillet 1868. ChĂšre petite, j’espĂšre que vous allez tous bien Ă  prĂ©sent, malgrĂ© la grande chaleur et la persistance de la sĂ©cheresse. Tous les jours nous croyons voir venir un, deux, trois gros orages ; les nuages noirs affreux passent sur nous, les coups de tonnerre se succĂšdent au point de briser les arbres et d’avoir tuĂ© deux femmes dans les champs Ă  cĂŽtĂ© de la ferme ; mais tout cela se passe sans eau ; une seule fois, nous avons eu une bonne averse pendant une demi-heure ; aussi la terre est comme de la cendre, et on se dispute l’eau des fontaines. À Auray, la ville envoie chercher de l’eau Ă  une lieue et on la distribue aux habitans, Ă  deux litres par tĂȘte. On n’a pas souvenir dans le pays d’une pareille disette d’eau. Nous autres, aux Nouettes et Ă  Livet, nous ne sommes pas dans cette pĂ©nurie, Ă  cause des Ă©tangs, des mares, des ruisseaux et petites riviĂšres qu’on trouve partout, surtout Ă  Livet. – J’ai Ă©tĂ© prise avant-hier de la nouvelle Ă©pidĂ©mie qui a atteint presque tout le monde Ă  Kermadio ; des crampes d’estomac et maux de cƓur. Aujourd’hui je vais bien ; hier soir j’ai pu manger et je ne me sens que cette grande faiblesse ou fatigue qui ne me quitte pas depuis prĂšs d’un mois ; mais la cause premiĂšre Ă©tant mes soixante-neuf ans, il n’y a pas Ă  la combattre, ni Ă  s’en inquiĂ©ter
 Je ne t’ai pas envoyĂ© la photographie que tu as demandĂ©e, parce qu’elle serait inutile ; oĂč se verrait-on? OĂč se rejoindrait-on[224] ? Elle a dĂ©clarĂ© vingt fois que pour tout l’or du monde elle ne se marierait pas comme sa sƓur ; qu’elle voulait bien connaĂźtre les goĂ»ts, les habitudes, les antĂ©cĂ©dens, le caractĂšre de l’homme qu’elle Ă©pouserait et qu’elle aimait cent fois mieux ne pas se marier du tout qu’épouser un inconnu, ou un sot, ou un mauvais sujet, ou un mauvais cƓur, ou un flĂąneur inoccupĂ©, ou un avare, etc., etc. Elle rĂ©pugne beaucoup Ă  quitter N
 elle sent combien elle lui manquerait, et la pensĂ©e de l’isolement de sa mĂšre dĂ©truirait le bonheur qui lui viendrait de son mari. Elle sera donc trĂšs difficile Ă  marier comme tu vois parce qu’elle n’en a pas envie. À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 31 aoĂ»t 1868. ChĂšre enfant, je sais que tu as des nouvelles par Gaston
 tu as vu que l’état de la pauvre Sabine est Ă  peu prĂšs le mĂȘme, sauf une aggravation de faiblesse et l’enflure des jambes qui augmente tous les jours; aujourd’hui elle ne peut plus poser les pieds Ă  terre tant ils sont douloureux; elle est dans un fauteuil entourĂ© d’oreillers. Les suffocations ne sont pas revenues, Dieu merci, mais elles peuvent reprendre d’un moment Ă  l’autre; c’est le cĂŽtĂ© le plus dangereux de son Ă©tat, quoique entiĂšrement indĂ©pendant de sa maladie[225]. Henriette est arrivĂ©e ce matin Ă  cinq heures, elle est entrĂ©e au couvent avec nous et y a passĂ© une heure Ă  peu prĂšs. Demain, elle et moi, nous y entrons jusqu’à samedi. Si Sabine n’est pas plus mal, Henriette retournera Ă  Kermadio dimanche soir, et moi j’irai lundi Ă  MĂ©ry; j’y resterai la semaine, Ă  moins que Sabine ne me rappelle; ensuite je resterai encore quelques jours avec elle, et je reviendrai aux Nouettes jusqu’au ier ou 3 octobre, selon le jour du dĂ©part de Gaston; je passerai chez toi le peu de jours qui resteront jusqu’à la fin des vacances et je reviendrai Ă  Paris avec mon petit Jacques. Je saurai Ă  cette Ă©poque si je change dĂ©cidĂ©ment d’appartement, et je prĂ©parerai ce qu’il faudra pour cette translation. Adieu, ma chĂšre petite, je t’embrasse tendrement avec tout ton monde. Je vais bien, mais je suis fatiguĂ©e ; je mĂšne une vie agitĂ©e et trĂšs en l’air. Gaston dĂ©jeune et dĂźne chez moi, ce qui me repose aprĂšs ma rentrĂ©e du couvent. M. Naudet va trĂšs mal ; on l’a emmenĂ© Ă  la campagne, je ne sais pas chez qui[226]. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 8 dĂ©cembre 1868. 
 ChĂšre enfant
 Depuis huit jours je suis confinĂ©e chez moi par ma toux annuelle, j’espĂšre qu’elle ne durera pas autant que celle de l’hiver dernier ; et puis le temps est si doux qu’il n’y a pas Ă  craindre de refroidissement. Je n’ai pas pu aller Ă  Vaugirard dimanche, mais LĂ©on m’a remplacĂ©e ; il t’a donnĂ© tous les dĂ©tails possibles sur Jacques et ses triomphes ; il s’était bien amusĂ© mercredi, ainsi qu’Henri qui a Ă©tĂ© son fidĂšle compagnon de promenade. Jacques a dĂ©jĂ  une rĂ©putation parmi ses camarades ; on dit de lui Oh ! Pitray ! c’est un fort ; » il est plus fort que les vĂ©tĂ©rans qui redoublent. Faut-il que ce pauvre petit ait travaillĂ© ! Quand on pense qu’à ses premiĂšres compositions, il Ă©tait dans les quarante ! Je regrette qu’Émile ne puisse pas entendre comment on parie de lui dans la famille et les amis. Et comme il aime le collĂšge et les bons PĂšres! Et quelle mine il a cette annĂ©e! Il fait plaisir Ă  voir quand j’arrive Ă  Vaugirard avec LĂ©on. Ce bon LĂ©on est un trĂ©sor pour Jacques ; il l’aime de plus en plus et Jacques de son cĂŽtĂ© lui tĂ©moigne une grande affection
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 28 janvier 1869. ChĂšre petite, voici des nouvelles de Jacques qui s’est Ă©normĂ©ment amusĂ© en patinant. Il ne m’est arrivĂ© qu’à midi un quart ; il n’avait Ă©tĂ© libĂ©rĂ© du collĂšge qu’à onze heures trois quarts. Il a tout de suite dĂ©jeunĂ© ; il avait une faim terrible qu’il a assouvie avec deux gros bifstakes aux pommes de terre, du poulet froid, du cafĂ© au lait et pain grec pilĂ©, fromage, cerises en compote, etc. Il a ensuite essayĂ© et gardĂ© des bas de laine pour patiner sans avoir froid aux jambes ; puis je l’ai menĂ© chez M. X
[227] pour de petites Ă©corchures au coin de la bouche qui ne veulent pas passer ; c’est bien peu de chose, mais j’aime mieux qu’il n’ait rien. M. X
 qui n’avait personne, nous a si bien fait attendre pour faire croire qu’il avait du monde, que je me suis en allĂ©e en lui laissant un mot ; nous avons pris une voiture pour aller chez LĂ©on qui devait mener Jacques patiner au bois de Boulogne. Jacques s’est amusĂ© Ă©normĂ©ment; toute sa division Ă©tait lĂ  avec trois ou quatre PĂšres qu’il aime beaucoup. Ils ont tous criĂ© VoilĂ  Pitray ! Jacques s’est lancĂ© comme une flĂšche; il a fait des finesses de patinage, pirouettant sur un pied, puis sur l’autre, faisant des huit, des festons, et je ne sais quoi encore. Ils ont patinĂ© sur la plaine de Longchamp qu’on avait inondĂ©e pour le patinage; le lac commençait Ă  ne pas ĂȘtre sĂ»r Ă  cause du dĂ©gel; la glace fondait aux bords ; et un gros monsieur s’est enfoncĂ© jusqu’à la ceinture ; il s’est heureusement jetĂ© Ă  plat ventre sur la glace et il s’est retirĂ© en rampant. En rentrant, Jacques a trouvĂ© Pierre et Henri qui ont dĂźnĂ© avec lui et Ă  huit heures il est parti avec LĂ©on. Adieu, chĂšre enfant, tu ne parles pas de venir Ă  Paris
 Je t’embrasse bien tendrement avec les enfans et Émile. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 10 mars 1869. ChĂšre petite, je reçois ta lettre et je rĂ©ponds tout de suite Ă  la question appartement
 Je te propose toujours la chambre d’en bas, mais je dois te prĂ©venir que j’ai deux Ă©cloppĂ©s pour nous servir. Saint-Jean[228] a manquĂ© mourir d’une pĂ©ritonite. Il marche Ă  peine encore ; il est restĂ© trĂšs faible et trĂšs souffrant ; et il ne sera pas bien vaillant encore aprĂšs PĂąques. Ensuite ma femme de chambre va assez bien moyennant qu’elle ne marche pas, qu’elle ne se fatigue pas, qu’elle ne veille pas. Et avec toi, il faut avoir de bonnes jambes, pouvoir courir, sortir pour des emplettes, des commissions, etc. Tu devras nĂ©cessairement aller en soirĂ©e pour ton sermon[229], courir et faire courir, avoir des toilettes Ă  prĂ©parer, Ă  arranger, etc., envoyer chercher des voitures, enfin recommencer un peu ce que tu as fait l’annĂ©e derniĂšre. Tu serais donc mal servie, mal secondĂ©e chez moi; et pourtant je ne puis m’empĂȘcher de te dire que ce serait bien plus convenable que d’aller chez des Ă©trangers, quelque aimables qu’ils soient. Si donc tu veux t’exposer aux dĂ©sagrĂ©mens que je te signale, tu es sĂ»re d’ĂȘtre reçue comme toujours de tout cƓur et avec empressement. Mais si tu veux ĂȘtre bien matĂ©riellement, tu seras beaucoup mieux chez Mme de C
[230] comme logement, service, etc. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 11 mai 1869. ChĂšre petite, tu peux parfaitement faire venir ma cuisiniĂšre Pauline. Avant de partir je l’ai autorisĂ©e d’avance Ă  quitter Paris pour le service de mes enfans et si tu lui as Ă©crit directement, elle est dĂ©jĂ  chez toi, j’espĂšre bien
 Je ne m’étonne pas des crispations d’Émile devant ces deux insupportables petits garçons[231] ; ils crient, ils se battent, ils s’arrachent tout ce qu’ils ont, ils touchent Ă  tout, ils n’écoutent personne ; la mĂšre ne les reprend jamais, les embrasse au lieu de les claquer ; je ne comprends pas qu’elle ne comprenne pas le mal rĂ©el qu’elle leur fait par cette condescendance qui vaut l’indiffĂ©rence et l’abandon. Ils seront bien malheureux au collĂšge ; maĂźtres et Ă©lĂšves les rĂ©primeront fortement chacun Ă  leur maniĂšre. L’Univers est bien tiĂšde pour l’Orne. D’ailleurs tout est inutile; on fera sans doute comme en Bretagne oĂč on examine les bulletins du scrutin avant que les pauvres paysans ne les mettent dans l’urne ; on dĂ©chire ceux de l’ennemi et on les remplace par ceux de l’officiel, prĂ©parĂ©s d’avance. On remplace aussi les urnes par des soupiĂšres, des paniers ; et quand le scrutin est fermĂ©, on remplace les mauvais par des officiels. Comment gagner la partie avec de tels joueurs ?
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 17 juin 1869. ChĂšre petite, c’est trop fort ! Comment ! ma pauvre Françon a ou a eu la rougeole et ce n’est qu’au bout de dix jours que tu m’en donnes avis ! Je m’étonnais pour la centiĂšme fois de ton silence obstinĂ© et tu ne m’informais mĂȘme pas de la maladie de ma petite fille, de ma chĂšre petite Françon[232]. Je prĂ©sume que Jacques n’en sait pas le premier mot non plus. Je vais lui Ă©crire et le fĂ©liciter en mĂȘme temps sur les derniers n° i qu’il a obtenus. Le PĂšre Argan, que Gaston a vu la veille de son dĂ©part pour Kermadio, lui a dit qu’on en Ă©tait de plus en plus content Ă  Vaugirard, qu’il se faisait aimer de tout le monde et que c’était de plus en plus un charmant enfant. C’est ce que j’ai toujours dit avec tous ceux qui le connaissent, et c’est ce qu’il a toujours Ă©té  Adieu, ma chĂšre petite, je t’embrasse bien tendrement ainsi qu’Émile et les enfans, principalement la pauvre Françon qui a eu cinq ans avant-hier; j’étais loin de penser qu’elle passait ce jour de fĂȘte dans son lit ! ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 12 novembre 1869. ChĂšre enfant, je t’adresse ma premiĂšre lettre[233] ; le mieux marche lentement, mais il marche ; dans quinze jours, j’espĂšre pouvoir sortir ; mes vertiges subsistent, mais diminuĂ©s ; je marche dans le salon et je ne chancelle pas trop. Je lis un peu et tu as mon essai d’écriture, sauf quelques lignes Ă  Jacques pour sa sortie d’avant-hier. Il va trĂšs bien; il a une petite mine excellente; il est sorti avec ses cousins de SĂ©gur et il ne s’est pas ennuyé  Je ne t’en dis pas plus long; la tĂȘte me tourne
 je t’embrasse bien tendrement ainsi qu’Émile et les enfans. Je t’adresse un buvard avec une provision de papier Ă  lettres que Jacques envoie Ă  Jeanne et Ă  Paul. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 10 fĂ©vrier 1870. ChĂšre enfant, je vais bien mieux ; je n’ai plus que de la faiblesse dans la tĂȘte, et une grande susceptibilitĂ©, quant Ă  la fatigue et aux inquiĂ©tudes ou agitations d’esprit et de cƓur. Jacques va trĂšs bien; sa derniĂšre sortie a Ă©tĂ© trĂšs agrĂ©able ; il a eu la visite d’un trĂšs gentil camarade, son ami intime et son rival de croix et de rubans. AprĂšs la visite, il a Ă©tĂ© avec Henri au Jardin d’acclimatation, voir les jeunes Ă©lĂ©phans et un chameau roux, en libertĂ© dans un enclos, qui les a tant amusĂ©s par un tas de fureurs et de courses ridicules, qu’ils se sont promis d’y retourner Ă  la prochaine sortie. J’espĂšre qu’il ne fera pas froid comme aujourd’hui, huit degrĂ©s de glace ; les engelures de la pauvre Françoise doivent la faire souffrir par ce temps ; tu ne lui fais donc pas prendre des bains de mains d’eau de son tiĂšde, soir et matin? c’est une chose excellente et bien simple ; seulement il faut y penser. — Les Ă©meutes de Paris sont ridicules; tous ces gens que Rochefort pousse en avant, se sauvent comme des lapins dĂšs qu’ils aperçoivent un uniforme ; on a pris une vingtaine de chefs et on a coffrĂ© toute la rĂ©daction de la Marseillaise et une partie du Rappel. – Les ministres sont excellens ; ils parlent comme des CicĂ©ron et des DĂ©mosthĂšne, surtout Émile Ollivier ; Buffet, admirablement ; SĂ©gris, idem ; TalhouĂ«t, idem ; Le BƓuf, parfaitement ; Daru, trĂšs bien, en homme loyal, ferme et intelligent ; La ChevandiĂšre, trĂšs bien ; Louvet, mĂ©diocrement ; Richard, ni bien ni mal, mais honnĂȘtement ; Parieu, remarquablement bien
 Viendras-tu Ă  Paris et quand viendras-tu ? Moi, je vais Ă  Kermadio, le lundi ou mardi de PĂąques ; je sacrifie les dix jours de vacances Ă  Livet, parce que je suis encore trop imbĂ©cile et susceptible pour supporter le bruit et l’agitation sans relĂąche. Mon appartement restera Ă  ta disposition, ainsi que ma cuisiniĂšre
 ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 27 mai 1870. Mon cher Émile, je regrette beaucoup de ne pas t’avoir remerciĂ© plus tĂŽt de ta bonne et intĂ©ressante lettre ; j’ai eu une recrudescence de vertiges qui a encore une fois arrĂȘtĂ© ma correspondance ; depuis hier, je vais beaucoup mieux et je me mets un peu en rĂšgle vis-Ă -vis de mes chers correspondans. Les dĂ©tails que tu m’as donnĂ©s sur ton Ă©glise m’ont beaucoup intĂ©ressĂ©e[234]
 Quelle annĂ©e affreuse nous commençons, quant Ă  la tempĂ©rature et Ă  la sĂ©cheresse ici, nous sommes dessĂ©chĂ©s ; glacĂ©s le matin, par lĂšvent nord-est, et trop rĂ©chauffĂ©s aprĂšs midi, par un soleil de juillet; il doit en ĂȘtre de mĂȘme en Normandie, trop voisine de la Bretagne pour ne pas subir les mĂȘmes influences de tempĂ©rature. — Tu as vu dans les journaux que les Ă©lections pour les conseils gĂ©nĂ©raux sont pour le 11 juin. Est-ce que tu ne songes pas Ă  t’y prĂ©parer une place par tes amis ou partisans de Laigle et des environs ? On t’en avait dĂ©jĂ  parlĂ© il y a quelque temps ; il me semble que tu y ferais tout aussi bien que certains prĂ©tendans qui ne sont mĂȘme pas du pays. M. M
 Ă©tant mort, tu prendrais sa place avec avantage. — Il y a bien longtemps que je n’ai eu de nouvelles des tiens. Gaston, plus occupĂ© que jamais de son ministĂšre et des voyages qui s’y rattachent, ne voit personne
. Olga ne m’en a pas dit mot dans ses courtes et rares lettres; je sais que ses yeux en sont cause en grande partie, et j’ai appris avec bonheur par Gaston que le repos forcĂ©, que leur a donnĂ© le sĂ©jour Ă  Paris, leur a fait beaucoup de bien; mais qu’elle continue Ă  ne pas trop s’en servir si elle veut les conserver qu’elle Ă©crive peu, qu’elle lise surtout le moins possible et pas Ă  contre-jour, pas de nuit, pas en s’éveillant, etc. Adieu, mon cher Émile
 Je te quitte pour Jacques qui continue Ă  ĂȘtre classĂ© dans les meilleurs Ă©lĂšves du collĂšge ; je t’embrasse bien tendrement, ainsi qu’Olga et les enfans. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, aoĂ»t 1870. ChĂšre petite
 Un bien grand sujet de consternation est la dĂ©faite du marĂ©chal Mac-Manon, etc. Nos pauvres troupes se sont battues comme des lions, mais que faire un contre dix? C’est le 4, jour du dĂ©part de nos soldats de Rome, qu*ont commencĂ© nos dĂ©faites. J’espĂšre que le bon Dieu ne confondra pas le MaĂźtre avec les troupes et qu’il daignera exaucer les priĂšres de tant de saintes Ăąmes qui prient pour la France
 . Je ne t’écris pas longuement, parce que j’ai la tĂȘte en mauvais Ă©tat; je n’ai pas dormi de la nuit, j’ai eu de forts vertiges, mal au cƓur, tout ce qui accompagne mes crises. J’avais su une demi-heure avant dĂźner les mauvaises nouvelles de l’armĂ©e ; mon dĂźner m’a travaillĂ©e et ma tĂȘte a subi aussi une dĂ©faite. — Gaston arrive demain, Dieu merci. Adieu, chĂšre enfant ; j’ai Ă©crit hier Ă  mon petit Jacques ; je lui demande deux lignes de rĂ©ponse. — La pauvre Marie de L
 est bien inquiĂšte de son mari et de son gendre Etienne
 AglaĂ© est avec elle Ă  M
 À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 23 septembre 1870. ChĂšre enfant, je ne comprends pas le motif de votre silence Ă  tous ; dans les circonstances actuelles, j’aurais plus besoin que jamais de savoir de vos nouvelles souvent[235], et voilĂ  prĂšs de quinze jours que je n’en ai eu ; pas mĂȘme de rĂ©ponses Ă  mes lettres pour la premiĂšre communion de Jeanne[236]. Serait-ce encore un malheur que tu veux me dissimuler le plus longtemps possible? Ce qui augmente mon inquiĂ©tude, c’est le silence absolu que gardent les lettres des Nouettes; pas un mot de Livet, comme si vous Ă©tiez Ă  cent lieues de chez eux. Je te demande instamment, soit Ă  toi, soit Ă  Émile ou Ă  Jacques, ou tout au moins Ă  Mlle B
, de me dire ce qu’il y a, et si vous restez tous dans le pays ou si vous allez dans le Midi. – Ici, nous n’allons pas mal ; j’ai beaucoup d’étourdissemens tous ces temps-ci ; c’est tout naturel, avec les Ă©vĂ©nemens dĂ©plorables et les inquiĂ©tudes de tout genre qui se succĂšdent et s’accumulent. – Adieu, chĂšre enfant, que le bon Dieu te bĂ©nisse, toi et tous les tiens ! À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 1 octobre 1870. ChĂšre enfant, c’est aujourd’hui ta fĂȘte ; les enfans l’auront sans doute cĂ©lĂ©brĂ©e par des bouquets; vous avez certainement tous Ă©tĂ© Ă  la messe ; tes deux grands enfans auront communiĂ© pour toi, comme Gaston et moi nous avons communiĂ© ici Ă  la mĂȘme intention
 Puisses-tu avoir pour bouquet la bienheureuse nouvelle de la dĂ©faite complĂšte des Prussiens ! 
 Nous avons toujours un temps admirable et enrageant par rapport Ă  ces Allemands qui se sĂšchent et se chauffent Ă  notre beau soleil. Il paraĂźt qu’on en tue des milliers, mais pas encore assez. Voici le pauvre hĂ©roĂŻque Strasbourg pris ! Quel sort vont avoir les dix-huit mille prisonniers? Mlle Heyberger[237] est dans la dĂ©solation, un accablement de petit enfant ; elle sait ses sƓurs en sĂ»retĂ© en Suisse ; elle n’a Ă  Strasbourg que son pĂšre et un frĂšre qui sont blottis dans les caves comme le reste des habitans et qui n’ont pas grand’chose Ă  craindre. L’abbĂ© Diringer[238] a peine Ă  dominer sa fureur contre les Prussiens ; il ne veut pas ĂȘtre Prussien, ni que son bien soit Prusse et en Prusse. J’espĂšre que ce ne sera pas, et que le bon Dieu ne permettra pas l’accomplissement de cette grande iniquitĂ© protestante
 J’ai su par Anatole qu’AdĂšle et Arthur Ă©taient encore Ă  Livet ; j’en suis bien contente pour toi et pour eux qui y sont en sĂ»retĂ©. – Adieu, chĂšre petite ; je t’embrasse bien tendrement avec les enfans et tous les tiens. Que deviendra le cher petit Jacques ? Louis rentre Ă  Vannes le 5. Un PĂšre va le chercher Ă  Bordeaux oĂč les parents du Midi lui amĂšnent leurs enfans ; Ă  Vannes, tout est tranquille; c’est un pays religieux ; les prĂȘtres n’y sont jamais inquiĂ©tĂ©s. Adieu, ma chĂšre bonne fille, combien je regrette que nous ne soyons plus voisins comme Jacques serait bien dans ce collĂšge de Vannes, qui est si sain Ă  habiter et qui est si bien composĂ© de toutes les anciennes familles de Bretagne! Je ne vais pas mal. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 4 octobre 1870. ChĂšre petite, j’ai reçu hier une lettre trĂšs longue, trĂšs dĂ©taillĂ©e du pauvre Émile, qui m’annonce ton dĂ©part et les larmes qui l’ont accompagnĂ©[239]
 Je suis inquiĂšte de votre voyage au milieu de ces routes obstruĂ©es par les Ă©claireurs des Prussiens et des interruptions de chemin de fer et des difficultĂ©s de toutes sortes. Vos bagages auront eu de la peine Ă  vous suivre et Ă  vous rejoindre. Quant Ă  Émile, sois tranquille sur son compte[240] ; les Prussiens ne viendront pas se faire tuer dans ce dĂ©dale de haies, de bois, de vallĂ©es, de hauteurs ; c’est ce qu’ils Ă©vitent toujours et ce qui les empĂȘchera d’envahir notre portion de Normandie et de Bretagne[241]. Émile est plein d’énergie et de courage ; je suis sĂ»re qu’il se montrera trĂšs bien pendant tout ce dĂ©sordre. 
Écris-moi le plus que tu pourras. J’espĂšre qu’aprĂšs la pacification et ton retour Ă  Livet, je pourrai y aller passer quelque temps prĂšs de vous ; il y a un an que je ne vous ai vus tous ; mon pauvre Jacques travaille-t-il un peu au milieu de ces dĂ©sordres guerriers ?
 Je t’embrasse bien tendrement avec les enfans
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 19 octobre 1870. ChĂšre enfant, j’ai envoyĂ© Ă  Jacques une lettre que j’avais reçue d’Émile, qui attendait toujours les Prussiens ; mais il n’aura pas eu leur visite, caries grandes pertes qu’ils ont dĂ©jĂ  essuyĂ©es et qu’ils continuent Ă  essuyer tous les jours, les obligent Ă  rappeler leurs corps expĂ©ditionnaires
 J’espĂšre et j’attends l’arrĂȘt de la justice de Dieu[242]. Ils ont voulu vaincre, ruiner et dĂ©membrer la France ; ils ont souillĂ© et brisĂ© les statues de la Sainte Vierge, protectrice de la France, ils ont profanĂ© nos Ă©glises, ils ont rĂ©pandu le sang innocent, en tuant, torturant les habitants inoffensifs de nos villes et de nos villages, ils seront punis
 Tu as vu qu’ils ont brĂ»lĂ© le palais de Saint-Cloud pour venger leur dĂ©faite; pourvu qu’ils n’en fassent pas autant Ă  Versailles ! Leur rage orgueilleuse ne mĂ©nage rien; ils sont plus vandales que les sauvages ; ils ne comprennent pas le beau et le bon ; il paraĂźt que les Bavarois sont plus cruels encore que les Prussiens ; ceux qui n’ont pas reçu leurs visites doivent rendre grĂące Ă  Dieu qui a arrĂȘtĂ© leur marche. Tu as vu dans les journaux le courage des Bretons ; ils se sont aussi bien battus que les vieux soldats et bien peu ont Ă©tĂ© tuĂ©s ou blessĂ©s. Tu as vu aussi la belle proclamation du comte de Chambord aux Français. On dit qu’il a eu la visite en Suisse de ses cousins d’OrlĂ©ans, mais qu’ils n’ont pas pu s’entendre
. S’il en est ainsi, nous retomberons dans l’irrĂ©ligion, l’impiĂ©tĂ©, l’anarchie, la rĂ©volution et le sabbat d’enfer. Puissiez-vous alors vous retirer dans quelque pays tranquille, sage, pieux comme le Val d’Andorre, qui n’a jamais laissĂ© pĂ©nĂ©trer dans son petit territoire ni Ă©tranger, ni mauvaise littĂ©rature. – Nous allons bien ; Gaston nous revient vendredi, aprĂšs avoir prĂȘchĂ© au sĂ©minaire de Redon ; nous attendons Nathalie demain ou aprĂšs ; elle ramĂšne Louis aux JĂ©suites de Vannes
 Le pauvre Jacques se trouve entre deux Ă©cueils ou bien l’ennui de ne pouvoir rien faire qui vaille pour l’avenir, ou bien un travail fatigant, solitaire, sans progrĂšs possible, faute de direction, et par consĂ©quent malsain par l’ennui et le dĂ©couragement
 Si la guerre finit, j’irai passer un bout de temps avec toi et je m’arrangerai pour voir mon cher petit Jacques que j’ai embrassĂ© pour la derniĂšre fois le lundi de PĂąques, 19 avril
 Adieu, chĂšre enfant, ne t’effraye pas des Ă©vĂ©nements
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 23 octobre 1870. Je suis impatiente de connaĂźtre la rĂ©ponse d’Émile au sujet de Vannes pour Jacques ; je n’ose pas trop compter sur son assentiment ; ce serait un trop grand bonheur pour moi juste au moment oĂč je passerai une grande partie de l’hiver et de l’annĂ©e Ă  Kermadio. Je ne le verrais pas si souvent qu’à Paris, mais je l’aurais aux sorties du mois et j’irais le voir au moins une fois par mois dans l’intervalle ; et puis, s’il a besoin de quelque chose, je serais lĂ  pour le lui procurer
 Mais j’aime mieux ne pas nourrir cette espĂ©rance, ce serait trop beau. Je comprends, ma pauvre fille, ton mal du pays et ta prĂ©occupation d’Émile ; mais il est trĂšs peu seul
, il a sans cesse des personnes du pays et des occupations au dehors pour s’entendre sur ce qu’on doit faire et ne pas faire[243]
 J’envoie demain Ă  Jacques et Ă  Jeanne un mandat de 20 francs pour acheter quelques livres, et un autre mandat de 10 francs pour Paul et Françon, pour dessins, crayons, couleurs, ciseaux Ă  dĂ©couper
 Adieu, ma chĂšre petite, ma tĂȘte tourne moins ; je vais bien au total. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 7 novembre 1870. ChĂšre petite, je m’embrouille toujours dans mes dettes de correspondance ; je ne sais plus si c’est Ă  toi ou Ă  Jeanne que je dois Ă©crire; dans le doute je m’adresse Ă  la mĂšre, remettant la fille au prochain numĂ©ro. — Je crains d’avoir Ă©crit Ă  mon pauvre Jacques une lettre trĂšs ennuyeuse et je m’accuse d’avoir oubliĂ© le livre instructif que je lui avais promis et qui me semble bon. J’attends avec une grande impatience la rĂ©ponse d’Émile pour le collĂšge de Vannes dis-moi ce que tu feras dĂšs que tu auras pris une dĂ©cisiĂ©n ; je crains toujours que mon pauvre Jacques ne soit fourrĂ© dans un collĂšge oĂč il serait mal de toutes maniĂšres et oĂč il perdrait sa puretĂ© et sa foi. Je connais quelques personnes qui, sans Ă©gard pour les recommandations de Gaston, ont placĂ© leurs fils dans des pensions ou collĂšges renommĂ©s, et qui ont perdu la moralitĂ©, les mƓurs, le bonheur, la santĂ© et l’affection de leurs enfans ; plusieurs sont Ă  Mettray, ou Ă  l’infanterie de marine, d’autres sont devenus ou en train de devenir des X
, mais aucun n’a pour ses parens ni respect ni affection. Ce que je demande au bon Dieu bien des fois par jour, c’est de retirer Ă  lui ceux de mes petits enfans qui perdraient leur Ăąme par suite de mauvais conseils, de mauvais exemples, de vicieuse direction ; qu’ils meurent en Ă©tat de grĂące, afin que nous soyons rĂ©unis Ă  eux dans le bonheur Ă©ternel. — Je ne te parle pas de l’état de notre pauvre France depuis la trahison de Bazaine
. On devait tuer ce traĂźtre avant qu’il eĂ»t consommĂ© son forfait; et aprĂšs, faire avec toute l’armĂ©e une trouĂ©e Ă  travers les Prussiens et courir au secours de Paris. J’ai Ă©tĂ© interrompue par des Ă©tourdissemens et mal au cƓur; aujourd’hui je vais bien et je termine ma lettre aprĂšs en avoir reçu une de toi. . Le temps est terriblement beau pour ces odieux Prussiens; ils ont proposĂ© un armistice hypocritement abominable ; il a Ă©tĂ© refusĂ© Ă  l’unanimitĂ©. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 18 novembre 1870. ChĂšre petite, voilĂ  trois jours que je veux t’écrire et que je remets, tantĂŽt Ă  cause de vertiges, tantĂŽt par des dĂ©rangemens imprĂ©vus qui me font passer l’heure de la poste ; je tenais pourtant Ă  te remercier de l’offre si bonne que tu m’as faite d’employer pour la pauvre C
[244] la somme que je t’avais promise ; tu es la seule qui ait eu l’idĂ©e de venir activement Ă  son secours
 Je reçois une lettre de Jeanne qui m’apprend que Jacques est parti pour Poitiers. J’espĂšre que quelqu’un l’a accompagnĂ© ; je regrette de ne pas avoir Ă©crit Ă  Poitiers directement ; il aurait du moins eu un souvenir de moi ; mais je ne pensais pas que tu oublierais de me prĂ©venir du jour du dĂ©part et de la maniĂšre dont tu l’enverrais si tu n’y allais pas toi-mĂȘme. Je vais lui Ă©crire directement. Adieu, ma chĂšre petite. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 25 novembre 1870. ChĂšre petite, quelques mots seulement pour te demander si tu as des nouvelles de chez nous
 les Prussiens approchent, ces maudits
 Mon pauvre Jacques m’a Ă©crit de son nouveau collĂšge qu’il trouve trĂšs beau. C’est un vrai bonheur qu’il soit arrivĂ© Ă  bon port, sans mauvaise rencontre et sans accident. Ne connaissant personne Ă  ce collĂšge, il aurait pu ĂȘtre bien embarrassĂ© d’arriver tout seul comme un pauvre abandonnĂ©. En fait d’anciens camarades, il n’a trouvĂ© que Maurice de B
 ; du reste pas un de ses amis de Vaugirard. Il espĂšre avoir de bonnes places, des sorties de faveur, mais Ă  quoi lui serviront les sorties puisqu’il n’a personne pour le faire sortir ? Enfin Ă  la grĂące de Dieu ! le pauvre garçon sera j’espĂšre heureux au collĂšge de Poitiers comme il l’a Ă©tĂ© Ă  celui de Vaugirard. Je lui Ă©crirai le plus souvent que je le pourrai ; je lui ai demandĂ© une lettre par mois; je te demanderai Ă  toi aussi de me donner de ses nouvelles quand tu en auras. – La pauvre Nathalie a une nouvelle inquiĂ©tude. On a fait Ă  Toulouse une liste de proscription dans laquelle sont naturellement compris Paul et Albert. Un ami doit les prĂ©venir quand leur tour d’arrestation arrivera
 dans un autre dĂ©partement, ils seront en sĂ»retĂ©. – Je ne vais pas mal malgrĂ© des Ă©tourdissemens frĂ©quens ; le temps est beau un jour sur deux ou trois. – Adieu, ma chĂšre petite, je t’embrasse bien tendrement ainsi que les enfans
 Tu sais que les chemins de fer sont tous interceptĂ©s depuis Tours pour la Bretagne, la Normandie, etc. Tu ne peux revenir chez toi jusqu’à ce que les routes soient rĂ©tablies. Qu’a donc le pauvre petit Paul[245] ? Est-ce qu’il ne sort pas ? Il faudrait leur faire prendre l’air, ces pauvres petits. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 2 dĂ©cembre 1870. ChĂšre enfant, je t’en prie, ne t’inquiĂšte pas au sujet d’Émile ; les Prussiens ont changĂ© de direction en raison des dangers qu’ils courent dans notre pays de vallĂ©es, de bois et de haies et ravins; vrai pays de francs-tireurs et d’embuscades; d’ailleurs Ă  cause du froid, ils prĂ©fĂšrent se jeter sur le Midi. Et puis voici les grandes batailles qui ne peuvent plus se diffĂ©rer et j’ai toute confiance en Dieu et la Sainte Vierge ; sous peu nous serons dĂ©livrĂ©s des Prussiens ; le reste viendra de la mĂȘme source, et l’ordre et la paix seront rĂ©tablis dans toute[246] notre chĂšre France. Je pense sans cesse Ă  toi, ma pauvre fille, et je prie Dieu de permettre ton prompt retour chez toi. Mon pauvre Jacques seul n’y sera pas, mais j’espĂšre qu’il est heureux chez les bons PĂšres et qu’il continuera ses succĂšs de Vaugirard. On nous apporte la nouvelle officielle de la grande sortie de Trochu
 Que le bon Dieu nous prenne en pitiĂ© et nous donne la victoire ! Que de priĂšres s’élĂšvent aujourd’hui vers le ciel et que de pauvres Ăąmes comparaĂźtront aujourd’hui devant le Dieu de justice et de misĂ©ricorde !
 Si le bon Dieu voulait nous pardonner nos ingratitudes, nos indiffĂ©rences, nos crimes, si nombreux par le temps d’impiĂ©tĂ© et d’indiffĂ©rence qui court, le calme serait si bien rĂ©tabli que dans huit jours tu serais chez toi. Prions ! Que pouvons-nous faire de plus et de mieux ? J’ai Ă©crit hier Ă  la pauvre Jeanne, tout effrayĂ©e pour son pĂšre. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 9 dĂ©cembre 1870. ChĂšre petite, on ne sait pas ce qui s’est fait, ce qui se fait, ce qui se fera ; on sait seulement que la main de Dieu est encore levĂ©e sur nous, mais une heure, un moment suffit pour nous dĂ©livrer et nous ne tarderons pas Ă  l’ĂȘtre bien certainement, malgrĂ© Gambetta et Cie. En attendant, te voilĂ  encore bloquĂ©e loin de Livet, car je ne vois pas de passage pour t’en retourner chez toi, puisqu’il faut passer par Tours, menacĂ© par les hordes prussiennes. Je tremble pour Poitiers ; on m’assure que ce n’est pas probable ; Poitiers ne mĂšne Ă  rien et leur projet est de ne pas pousser plus bas que Tours
 Je m’inquiĂšte de toi, de ton Ă©migration, de l’isolement au pauvre Jacques ; que deviendra-t-il si les Prussiens brĂ»lent, saccagent, bombardent la ville ? Et toi !
 Les voilĂ  Ă  Rouen ; puissent-ils ĂȘtre forcĂ©s d’en dĂ©guerpir bientĂŽt, pour se diriger en fuyards sur l’Allemagne. Je vais assez bien ; je me prĂ©occupe seulement de vous tous, mes pauvres enfans et petits-enfans. Que Dieu vous protĂšge ! prier est le seul secours que je puisse vous donner Ă  tous. – Adieu, ma chĂšre pauvre petite ; mĂ©nage bien tes yeux ; Jeanne m’écrit des lettres trĂšs dĂ©taillĂ©es et trĂšs gentilles ; tu peux parfaitement la charger de ta correspondance. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, i3 dĂ©cembre 1870. ChĂšre enfant, je te prie en grĂące de ne pas te dĂ©soler ni te dĂ©courager comme tu le fais ; aye plus de confiance en Dieu et en la multitude de priĂšres qui s’élĂšvent des Ăąmes pieuses et saintes que contient la France et le monde catholique. Il y a certainement beaucoup de mal dĂ©jĂ  fait, un nombre considĂ©rable de gens ruinĂ©s, malheureux, tuĂ©s mĂȘme ; mais autour de toi, parmi les tiens, il n’y a encore eu que des terreurs, des inquiĂ©tudes ; c’est dĂ©jĂ  une preuve que tu es protĂ©gĂ©e lĂ -haut et un motif de compter sur cette protection divine jusqu’à la fin ; moi, j’y ai pleine confiance ; j’espĂšre et je crois que les Prussiens ne feront Ă  aucun des miens de mal sĂ©rieux
 Le Pape sera sauvĂ© par la France qui rachĂštera par son sang glorieux le crime napolĂ©onien
 en attendant, courage, espĂ©rance, rĂ©signation
 J’attends la fin de la marche des Prussiens vers le Midi pour envoyer Ă  Jacques ses Ă©trennes qui ne seront pas belles cette annĂ©e, mais que je ne voudrais pas voir tomber entre les mains des ennemis. J’enverrai aussi Ă  Jeanne, Paul et Françon, le plus que je pourrai. Il n’y a rien Ă  acheter ici ; Laigle est cent fois mieux montĂ© que Vannes
 Gambetta vient de dĂ©corer ce brigand de Garibaldi ! As-tu su qu’aprĂšs trois mois d’inquiĂ©tudes mĂ©langĂ©es d’espĂ©rance, on a appris dĂ©finitivement la mort de ce charmant Emmanuel d’EsparbĂšs tuĂ© Ă  Gravelotte, en dĂ©fendant sa batterie, aprĂšs l’avoir sauvĂ©e de la main des ennemis ; il s’est battu comme un lion. Les pauvres parens sont au dĂ©sespoir
 ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 16 dĂ©cembre 1870. Mon cher Émile, je t’envoie une lettre de ThĂ©rĂšse Ă  Olga, qui me demande de t’en faire part ; elle porte d’excellentes nouvelles de Jacques ; et il n’est pas heureusement sur l’itinĂ©raire des Prussiens, qui ne comptent pas descendre plus bas que Tours et qui ne veulent pas se risquer dans le centre de la France ; au reste, j’espĂšre que trĂšs prochainement nous serons dĂ©livrĂ©s de ces sauvages visiteurs, et que la pauvre Olga et les enfans seront tranquillement Ă©tablis prĂšs de toi Ă  Livet ; les journaux anglais et belges disent que, depuis huit jours, nous leur avons tuĂ© plus de soixante mille hommes[247]
. Si Ducrot parvient Ă  joindre Trochu, les Prussiens seront perdus, Dieu aidant. – Nous allons tous bien; je vais mieux depuis quelques jours; il fait doux 10 Ă  14 degrĂ©s le jour, 7 Ă  9 dans la nuit, mais beaucoup d’eau. Je te quitte, l’heure me presse. Je t’embrasse bien affectueusement
 AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 20 dĂ©cembre 1870. Encore moi, mon cher Émile, mais en si bonne compagnie que je ne crains pas d’ĂȘtre importune, surtout en me bornant Ă  te dire que je vais bien ainsi que tout mon entourage ; je t’envoie une lettre de Jeanne, que j’ai reçue ce matin, et qui t’intĂ©ressera ; et une autre qui parle de toi avec tant de tendresse que la lecture t’en sera bien agrĂ©able. Jacques m’écrit qu’il est inquiet de toi ; il ne peut plus t’écrire, parce que Olga lui a Ă©crit que tu ne recevrais pas ses lettres et qu’il ferait bien de s’en abstenir; je l’ai rassurĂ© de mon mieux et je lui ai envoyĂ© ta derniĂšre lettre pour lui enlever ses inquiĂ©tudes. Tu verras par la lettre de ThĂ©rĂšse[248] qu’il va trĂšs bien et qu’elle veille sur lui avec une amabilitĂ© pleine de cƓur. Adieu, cher ami, je t’embrasse et j’espĂšre que te voilĂ  en pleine espĂ©rance pour la guerre, que Trochu va terminer lestement avec l’aide de la Sainte Vierge. Dans peu, nous aurons chassĂ© les Allemands de France. Je t’écris sur papier Ă  ballons pour ne pas augmenter mon paquet. ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 23 dĂ©cembre 1870. Cher Émile, voici encore une lettre de ThĂ©rĂšse que je reçois Ă  l’instant par Olga; elle me demande de te l’envoyer, les communications Ă©tant en ce moment-ci plus promptes et plus sĂ»res que celles venues de Bordeaux ; tu verras que Jacques a repris bien vite ses bonnes places de premier et la dĂ©coration qu’il a promenĂ©e dans Poitiers, sous la protection d’Henri qui a Ă©tĂ© excellent pour lui. Je t’annonce un nouveau changement forcĂ© pour le pauvre Jacques ; on ordonne aux JĂ©suites de Poitiers de licencier leur collĂšge, et on s’empare de leur maison pour des soldats et des blessĂ©s. Justice de Gambetta qui vole les propriĂ©tĂ©s particuliĂšres, oubliant qu’il n’est pas plus grand que la loi
 Adieu, cher ami, je t’embrasse bien affectueusement
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 24 dĂ©cembre 1870. ChĂšre petite, je te remercie de me communiquer les lettres de ThĂ©rĂšse, si intĂ©ressantes pour moi ; elle donne des nouvelles dĂ©taillĂ©es de mon cher petit Jacques, et c’est ce qui m’en plaĂźt. Si on l’expulse de Poitiers, qu’en feras-tu ? Ă  Bordeaux, ce sera la mĂȘme persĂ©cution ; dans quinze jours, les Prussiens y seront, et la belle justice de Gambetta, CrĂ©mieux et autres polichinelles adjoints, chassera et volera les JĂ©suites comme ils l’ont fait partout. Fais-moi dire par ma petite Jeanne ce que tu auras dĂ©cidĂ© pour Jacques, et si tu as Ă©crit Ă  ThĂ©rĂšse et au pĂšre Argan ce que tu dĂ©sires qu’ils fassent en cas de licenciement ou d’approche des Prussiens. Quelle plaie que ces Prussiens et que ces rouges impies ! Je remercie bien ma bonne Jeannette de ses aimables lettres qui lui ont dĂ©jĂ  gagnĂ© les cƓurs de Kermadio ; de mĂȘme pour Jacques. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 30 dĂ©cembre 1870. ChĂšre petite, un mot pour toi aussi, aprĂšs avoir Ă©crit aux trois petits. Je t’aime, je t’embrasse ; voici la poste qui part, je serai en retard si j’attends. Je vais bien, Dieu merci. Les affaires vont bien en Normandie ; 40,000 hommes dĂ©faits, battus, poursuivis par nos troupes, plus de blessĂ©s que de vivans ; les vivans marchant Ă  peine, les pieds en sang ; les blessĂ©s criant, demandant la mort, cahotĂ©s dans leurs charrettes ; tous fuyant, ayant les nĂŽtres Ă  leurs trousses ; ne s’arrĂȘtant mĂȘme pas pour manger, pour ramasser les leurs qui tombaient de fatigue, de besoin, de douleurs. VoilĂ  ce que X
 a vu ; tous les ramassĂ©s dĂ©blatĂšrent contre Guillaume et Bismarck, et voudraient les Ă©trangler de leurs mains. VoilĂ  de quoi vous remonter et nous aussi pour le jour de l’an[249]. Adieu, chĂšre enfant, je t’embrasse tendrement ; la famille va bien. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 31 dĂ©cembre 1870. Ma bonne et trĂšs chĂšre fille, Dieu sait quand cette lettre t’arrivera Ă  cause des postes bouleversĂ©es ; mais je ne veux pas finir l’annĂ©e sans t’embrasser. Quel temps de chien pour finir la triste annĂ©e 1870, et comme nous la finissons tristement !
 Le froid continue ; pauvres soldats ! J’ai reçu tout Ă  l’heure ta triste lettre du jour de l’an. Elle est pleine des meilleurs sentimens qui te vaudront bien des bĂ©nĂ©dictions et des grĂąces de Dieu. Je suis bien aise que mes pauvres misĂ©rables petites boĂźtes soient arrivĂ©es Ă  bon port; cela me fait espĂ©rer que mon petit Jacques aura reçu la sienne partie le mĂȘme jour; il m’a dĂ©jĂ  Ă©crit plusieurs fois, le pauvre petit, malgrĂ© le froid rigoureux; maintenant, je crois la poste interceptĂ©e de Tours Ă  Poitiers ; les nouvelles arriveront difficilement. Je vais passer presque toute ma journĂ©e Ă  Ă©crire des lettres Ă  mes enfans ; ne pouvant les embrasser, je leur Ă©cris, c’est quelque chose. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 8 janvier 1871. ChĂšre enfant, voici une lettre d’Émile un peu en retard Ă  cause d’une nouvelle apparition des Prussiens qui sont venus Ă  Laigle, mais qui n’y sont restĂ©s que quelques heures sans avoir visitĂ© les environs ; il paraĂźt qu’ils ont peur de la vallĂ©e de Laigle, des petits bois, des collines, des haies qui peuvent cacher des embuscades. Ils sont en somme trĂšs malmenĂ©s dans tout ce qui n’est pas grande ville ; ils perdent beaucoup de monde, ils sont sans cesse rappelĂ©s vers Paris, dĂ©cimĂ©s par la maladie, dĂ©couragĂ©s
; on les bat, on les shlague
 ; les alliĂ©s de Guillaume payent cher le bonheur de marcher sous ses drapeaux, et le fruit qu’ils en retirent n’est pas encore visible Ă  l’Ɠil nu. Le pauvre Jacques a Ă©crit Ă  son pĂšre quatre lettres qu’il n’a pas reçues ; il est tout triste d’avoir vis-Ă -vis de lui l’apparence de l’oubli. Je t’envoie une lettre que j’ai reçue hier; il me donne des dĂ©tails sur ses trois jour de vacances
 Nous allons bien ici ; le pays est fort tranquille ; on fait beaucoup de pĂšlerinages et de processions pour conjurer les dangers et obtenir la fin de cette terrible guerre, laquelle n’a qu’une fin possible, la destruction de l’armĂ©e ennemie et de ses chefs
 ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 9 janvier 1871. Cher Émile, j’ai reçu ta lettre avant-hier, celle qui m’annonçait les Prussiens Ă  Laigle ; heureusement qu’une lettre d’Anatole et le journal de Rennes nous ont appris en mĂȘme temps leur dĂ©part aprĂšs un sĂ©jour de quelques heures seulement prĂšs de vous tous. J’espĂšre qu’ils n’ont pas emmenĂ© M. Rouyer[250] pour le punir du refus de leur donner 10 000 francs qu’ils demandaient. Je t’envoie la derniĂšre lettre de mon petit Jacques ; tu y trouveras quelques dĂ©tails sur sa sortie de trois jours ; garde-moi cette lettre ; je garde toutes celles de Jacques ; tu me la rendras Ă  Livet. – Rien n’avance du cĂŽtĂ© de Paris et les vivres diminuent ; que fait donc notre brave Trochu ? Il ne gelĂ© plus pourtant ; on dit que la boue empĂȘche de faire marcher les canons. Si le dĂ©gel gĂȘne les mouvements de l’artillerie, et si la gelĂ©e empĂȘche ceux des hommes, Paris mourra d’inanition avant le retour du beau temps. J’espĂšre toujours pourtant ; le bon Dieu finira par Ă©couter les priĂšres des siens et par tirer vengeance des impies et des scĂ©lĂ©rats ! ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 1 fĂ©vrier 1871. ChĂšre enfant, la honteuse paix signĂ©e par Jules Favre avec Bismarck a du moins l’avantage pour toi de rĂ©tablir les communications et de t’ouvrir la route de Livet ; j’ai eu hier par Anatole de bonnes nouvelles du pays. Émile allait bien
. Mais quel coup de foudre que ce traitĂ© signĂ© ! Trochu n’a pas paru dans tout cela, heureusement pour son honneur. On s’est empressĂ© de livrer Ă  l’ennemi les forts de Paris qui Ă©taient restĂ©s intacts devant leur bombardement formidable. Cette livraison inconcevable met la France et l’AssemblĂ©e dans l’impossibilitĂ© de refuser le traitĂ©, quelque diabolique qu’il soit. Officiellement, nous ne savons rien ; mais officieusement nous savons que l’armĂ©e est dĂ©sarmĂ©e et prisonniĂšre dans Paris ; que les forts sont livrĂ©s aux Prussiens, avec tout leur matĂ©riel immense ; que l’Alsace et la Lorraine appartiennent Ă  la Prusse ; que la Champagne leur est abandonnĂ©e provisoirement jusqu’à l’exĂ©cution complĂšte du traitĂ© ; que nous leur payerons trois milliards d’indemnitĂ© et que nous leur livrons vingt vaisseaux de guerre tout Ă©quipĂ©s. – VoilĂ  ce que disent, dans Auray, les voyageurs qui passent. Une telle iniquitĂ© peut-elle ĂȘtre acceptĂ©e par les États civilisĂ©s de l’Europe, au profit d’une nation barbare et sauvage ? Et de quel droit Jules Favre, mĂ©chant avocat, ose-t-il reprĂ© senter la France pour la dĂ©shonorer et la perdre ? Quoi qu’il en soit, la chose est faite et impossible Ă  dĂ©faire Ă  cause de la livraison des forts, des 10 000 canons et des 500 000 chassepots, sans compter les mitrailleuses, l’artillerie de campagne, etc
 . Nous allons bien. Si tu reviens Ă  Livet, je pense que tu passeras une journĂ©e Ă  Poitiers pour voir Jacquot. Le pauvre enfant va ĂȘtre bien seul Ă  Poitiers, mais il ne sera pas trĂšs loin de Livet pour les vacances de PĂąques ; par le Mans et Alençon ce n’est pas plus loin que de Paris. – Il fait doux aujourd’hui 5 degrĂ©s, mais vilain et sombre. Adieu, chĂšre petite. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 4 fĂ©vrier 1871. ChĂšre enfant, j’espĂšre que tu es partie, mais je risque un dernier mot
 pour t’engager Ă  partir pendant que la route est frayĂ©e. J’espĂšre que tu donneras un jour au pauvre Jacques ; vois s’il n’a pas besoin de chaussures, ou de vĂȘtemens, ou de linge, ou d’argent. Je crois qu’Armand[251] va ĂȘtre nommĂ© dĂ©puté  Dieu prĂ©serve Émile de ce triste honneur qui, trop souvent, tourne en dĂ©shonneur et en malheur, quelque puretĂ© d’intention qu’on y apporte ! L’ambition et la vanitĂ© ou l’orgueil sont satisfaits, mais la durĂ©e n’en est pas longue. Dis-moi si tu pars, dis-moi quand tu seras arrivĂ©e des nouvelles des Nouettes, du pays, et surtout de mon pauvre Jacques
 Avec quelle joie je vous embrasserai tous! – Adieu, ma chĂšre bonne fille ; tu trouveras Livet tout comme tu l’as laissĂ©. Tu sais que Ray a Ă©tĂ© pillĂ©, le curĂ© et le maire emmenĂ©s, parce que des francs-tireurs ont tuĂ© un Prussien qu’ils ont mis sur la route, et emmenĂ© deux prisonniers
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, il fĂ©vrier 1871. ChĂšre petite, Armand est nommĂ© dĂ©putĂ© Ă  une grande majoritĂ©, plus de 53000 voix ; toute la bonne liste a passĂ© Ă  la mĂȘme majoritĂ© Ă  peu prĂšs
 . Figure-toi qu’il y a Ă  Vannes 7000 hommes campĂ©s en plein air dans la boue des rues et des places. Ils sont en haillons ; on ne leur donne pas Ă  manger, de sorte qu’ils sont obligĂ©s de mendier un morceau de pain pour ne pas mourir de faim. Comment veut-on que des hommes supportent ce rĂ©gime et obĂ©issent Ă  des chefs aussi insoucians de leur bien-ĂȘtre et de leur vie ? 
 Je t’engage Ă  attendre que les routes soient raccommodĂ©es, du moins en partie. Tu auras la ressource de te reposer Ă  Poitiers pour quelques jours ; tu verras Jacques du moins, et tes quelques jours d’hĂŽtel garni ne te coĂ»teront pas plus cher que les couchĂ©es de la route et les prix exorbitans des voitures qui font deux lieues Ă  l’heure ; de plus, on ne trouve pas Ă  manger, pas mĂȘme du pain ; les Ch***, quand ils sont venus Ă  Auray, de Laval ou du Mans, ont Ă©tĂ© vingt-cinq heures sans pouvoir trouver un morceau de pain
. Nous voici du moins avec une grande bonne majoritĂ© Ă  la Chambre ; la paix sera bientĂŽt conclue et la Chambre remettra de Tordre dans l’administration ; peut-ĂȘtre appellera-t-elle une monarchie qui achĂšvera de rĂ©tablir la paix Ă  l’intĂ©rieur
 Le pauvre curĂ© de Ray a Ă©tĂ© horriblement maltraitĂ© pour avoir eu la sottise de garder le fusil du hulan trouvĂ© mourant sur la route. On l’a battu, dĂ©chirĂ©, traĂźnĂ© Ă  pied pendant onze lieues sans manger ; sa maison a Ă©tĂ© pillĂ©e ; tous ses meubles et effets brisĂ©s, volĂ©s. Tout Ray a Ă©tĂ© traitĂ© de mĂȘme, mais pas dont le maire a Ă©tĂ© aussi emmenĂ© et rossĂ© ; pour celui-lĂ , c’est bien fait. Émile a Ă©tĂ© chercher le pauvre curĂ©, revenu chez lui deux jours aprĂšs, dans un Ă©tat dĂ©plorable, la tĂȘte enflĂ©e comme un boisseau, et ne trouvant plus rien ni personne chez lui; il l’a emmenĂ© Ă  Livet; c’est trĂšs bien Ă  Émile. Adieu, chĂšre enfant. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 23 fĂ©vrier 1871. ChĂšre petite, je te remercie de ta longue lettre fort intĂ©ressante. On dit que la paix est signĂ©e Ă  des conditions inespĂ©rĂ©es. L’Alsace et la Lorraine formeront un pays neutre comme la Suisse, et une indemnitĂ© de guerre de deux milliards, en dĂ©falquant de cette somme environ cinq cents millions de contributions dĂ©jĂ  reçues. Nous ne pouvions espĂ©rer d’aussi bonnes conditions ; l’Angleterre se sera interposĂ©e ; elle aura craint pour elle-mĂȘme la trop grande puissance de la Prusse et son odieuse ambition. Quoi qu’il en soit, Dieu veuille que la nouvelle soit vraie et que nous soyons dĂ©livrĂ©s de ces odieux coquins, barbares et sauvages !
 VoilĂ  le gouvernement bientĂŽt constituĂ© ; il est Ă  peu prĂšs sĂ»r que ce sera le comte de Chambord avec une constitution raisonnable et religieusement solide ; il adopterait le comte de Paris
 J’espĂšre que Victor-Emmanuel sera mis Ă  la rĂ©forme et tous les Ă©tats italiens reformĂ©s comme par le passĂ© ; ce sera la France par le moyen des zouaves de Charette qui fera la contre-rĂ©volution. Il ne manquera pas de volontaires. Il en a dĂ©jĂ  dix mille[252]
 La paix conclue, tous ces brigands Ă©vacueront le pays; je dois dire pourtant qu’Anatole m’écrit que ceux de Laigle sont des Hanovriens trĂšs doux et trĂšs faciles. Ceux d’Edgard aussi, prĂšs de Dieppe, sont polis et doux. Il fait un temps magnifique et pas froid. On travaille Ă  toutes sortes de rĂ©parations de routes, des chemins de fer, etc., qui indiquent une certitude de paix et qui nous rendront bientĂŽt la libertĂ© de la circulation. C’est dans un rayon de six Ă  dix lieues de Paris, que les rĂ©parations seront plus difficiles et plus considĂ©rables. Adieu, ma chĂšre bonne fille. AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 1 mars 1871. J’ai reçu hier, cher Émile, ta lettre du 25. J’y riposte de suite en ajoutant Ă  la mienne celles d’Olga et de la pauvre Jeanne. Tu les as terriblement effrayĂ©es ; quand on est Ă©loignĂ©, on suppose toujours les maux et les dangers plus grands qu’ils ne sont en rĂ©alitĂ© ; il est donc prudent de mĂ©nager les absens ; tu verras par les lettres que je t’envoye combien tes nouvelles les ont consternĂ©es, dans quelle affreuse position elles te supposent et combien elles en sont affligĂ©es. Je leur ai tout de suite Ă©crit pour les rassurer et je leur ai annoncĂ© la paix comme certaine. Garde-moi ou bien renvoie-moi, Ă  ton choix, la lettre de Jeanne ; je conserve leurs lettres
 J’ai aussi Ă©crit Ă  Jacques dans le cas oĂč Jeanne ou Olga l’auraient effrayĂ© Ă  leur tour; je les ai aussi entiĂšrement rassurĂ©es sur ton sort – Je suis bien contente pour Jacques que tu viennes le chercher Ă  Poitiers ; il aura une bonne semaine Ă  passer Ă  Livet. Dieu veuille que je puisse faire comme lui et vous faire une petite visite en attendant les vacances ! Ma santĂ© est bien meilleure depuis deux mois, mais l’ñge se fait sentir ; je marche doucement et pas longtemps ; je suis devenue trĂšs sourde ; je ne peux plus me mĂȘler d’une conversation gĂ©nĂ©rale, et bien d’autres inconvĂ©niens trop longs Ă  analyser et dĂ©crire. Quant Ă  Paris, je ne crois pas pouvoir y aller jusqu’à l’hiver prochain
 Gaston fera comme moi
 Je tĂącherai de louer mon appartement
 On dit que le gouvernement abandonnera Paris et ira s’établir soit Ă  Versailles, soit Ă  Fontainebleau ; Paris l’aura bien mĂ©ritĂ© ; on sera tranquille au moins pour dĂ©libĂ©rer, sans crainte d’un envahissement par l’émeute. Les Ă©lections ont Ă©tĂ© par trop mauvaises ; plus de deux cent mille voix donnĂ©es Ă  un bandit comme Garibaldi et Ă  tous les autres qui ne valent guĂšre mieux ! – Adieu, cher ami, je t’embrasse bien affectueusement. ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 26 mars 1871. Les affaires de Paris vont horriblement comment et quand cela finira-t il ? On a eu l’imbĂ©cillitĂ© de laisser ces sauvages s’emparer des hauteurs, des canons, des mitrailleuses, des forts, des mairies, de l’état-major, des casernes, des gares ; on ne sait plus par oĂč ni comment les prendre ; ils sont maĂźtres de Paris. Il faut avouer que Thiers est un grand homme, un habile homme, un grand stratĂ©giste, un esprit prĂ©voyant, un homme Ă©nergique, etc., etc. Les dĂ©putĂ©s sont des imbĂ©ciles qui ont peur de ce petit homme, et qui prĂ©fĂšrent perdre la France que de dĂ©plaire Ă  cet ambitieux inepte
 Armand avec quelques autres travaillent contre lui tant qu’ils peuvent ; ils ont dĂ©jĂ  ramenĂ© prĂšs de trois cents dĂ©putĂ©s, mais ce n’est pas encore la majoritĂ©, et il la faut, et bien rĂ©solue, pour s’affranchir du pouvoir de cet homme haineux, dangereux et qui ne reculerait devant aucun moyen pour conserver sa dictature. J’ai vu qu’on vous avait dĂ©barrassĂ©s de votre prĂ©fet qui est allĂ© sans doute, lestĂ© de la caisse du dĂ©partement, grossir le nombre des insurgĂ©s de Belleville. On nous a conservĂ© Je nĂŽtre, qui est un rouge fidĂšle et qui ne se contient encore que par la crainte d’ĂȘtre fusillĂ© par le peuple, comme on le lui a signifiĂ© le lendemain de son arrivĂ©e. Les pauvres d’A
 sont dĂ©solĂ©s ; ils viennent de perdre leur derniĂšre petite fille, ĂągĂ©e de deux ans et demi. A
 surtout est dans une dĂ©solation qui fait pitiĂ© ; ils aimaient particuliĂšrement cette petite Jeanne qui Ă©tait charmante ; elle est morte d’une fiĂšvre muqueuse thyphoĂŻque, mal soignĂ©e ; sa maladie a durĂ© quarante-cinq jours, et l’agonie a Ă©tĂ© affreuse. Adieu, chĂšre enfant.. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 27 mars 1871. Mon cher Émile, c’est avec crainte que je t’adresse une pĂ©tition dont le rejet me serait bien pĂ©nible. Je ne peux pas aller Ă  Livet avant le mois d’aoĂ»t
 Je suis donc reculĂ©e jusque-lĂ  pour vous embrasser tous et je viens te demander un grand adoucissement Ă  ce dur sacrifice. Tu iras chercher Jacques pour les vacances de PĂąques ; peux-tu et veux-tu en retournant Ă  Poitiers partir un jour plus tĂŽt de Livet, amener Jacques jusqu’au Mans, oĂč il trouvera Saint-Jean qui me l’amĂšnera immĂ©diatement et qui le ramĂšnera Ă  Poitiers, au collĂšge ? Si un obstacle quelconque il faut tout prĂ©voir t’empĂȘchait de l’aller cherchera Poitiers, fais-le-moi savoir et autorise-moi Ă  l’envoyer chercher pour le garder pendant la vacance ; Saint-Jean le ramĂšnera par Nantes, qui est le plus court chemin jusqu’à Poitiers ; il va sans dire que les frais me regardent du moment qu’il t’aura quittĂ©. J’attends ta dĂ©cision avec inquiĂ©tude. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 31 mars 1871. ChĂšre enfant, la lettre de Jeanne m’apprend que vous ignorez mes changemens de projets ; tu me fais demander par quel train et quel jour j’arriverai. Tu n’as donc pas reçu les lettres que j’ai Ă©crites avant les mĂ©dailles et avec les mĂ©dailles[253] ? Outre les tumultes de Paris qui peuvent se rĂ©pandre et intercepter les chemins, la visite de Camille ne pourra avoir lieu qu’en avril, Ă  cause de celle de Nathalie qui doit lui succĂ©der
 J’ai Ă©tĂ© peinĂ©e de devoir renoncer Ă  vous embrasser tous, mon petit Jacques compris, pendant cette vacance de PĂąques, mais j’ai l’habitude de me rĂ©signer Ă  ce que je ne puis empĂȘcher et je me soumets. Cela me fera une bonne pĂ©nitence pour la semaine sainte; j’ai d’ailleurs votre satisfaction Ă  tous qui me compense la mienne, et c’est trĂšs bien comme cela. Ce qui n’est pas bien, c’est ce qui se passe Ă  Paris et Ă  l’AssemblĂ©e. M. Thiers ne veut rien faire qui contrarie les rouges ; et bien mieux, de concert avec son ami rouge, GrĂ©vy prĂ©sident, il empĂȘche les membres de la droite de parler ; on avait organisĂ© 200 membres de la droite un systĂšme Ă©nergique et facile contre Paris ; une organisation dĂ©fensive des provinces ou dĂ©partemens se tenant entre eux, contre les rouges ; une nouvelle organisation militaire, financiĂšre et administrative. C’était Armand qui devait porter ce projet Ă  la tribune au nom des membres de la droite ; mais Thiers s’y est formellement opposĂ©, ainsi que GrĂ©vy, et l’a empĂȘchĂ© de s’expliquer. Thiers, pour conjurer la colĂšre des 200 de la droite et l’irritation des 3ooindĂ©cis et modĂ©rĂ©s, leur a demandĂ© huit jours pour l’exĂ©cution d’un plan secret et dĂ©cisif. Ce plan aura sans doute le sort de tous les plans de l’annĂ©e de campagne; celui de ChĂąlons, de Bazaine, de Chanzy, de Bourbaki, de Trochu, dĂ©sastre plus complet Ă  chaque plan manquĂ©. Cette Chambre vaut ses prĂ©cĂ©dens acteurs ; tout cela fait un gĂąchis qui finira par nous dĂ©truire et nous mettre au niveau de l’Espagne, du Portugal, de l’Italie, de la GrĂšce, etc. Pauvre France ! quand se mettra-t-elle en mesure d’obtenir le pardon de ses affreuses impiĂ©tĂ©s, immoralitĂ©s et cruautĂ©s ?
 ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 3 avril 1871. 
 Mon cher Émile
 Je reçois ce matin ta rĂ©ponse tĂ©lĂ©graphique du 3o qui m’annonce que je puis envoyer chercher Jacques; je n’y comptais plus. Gaston a vite Ă©crit au PĂšre en envoyant Urruty, qui connaĂźt Poitiers et la maison des JĂ©suites ; il est parti il y a une heure. Je suis trĂšs reconnaissante de ton sacrifice et de celui d’Olga et des pauvres enfans, mais fort combattue dans ma joie par la privation que je vous impose et que je n’aurais jamais demandĂ©e ni acceptĂ©e si complĂšte; je demandais Jacques un ou deux jours dans le cas oĂč sa vacance eĂ»t Ă©tĂ© de quinze Ă  seize jours comme on le disait Ă  Auray ; et je ne demandais Ă  l’envoyer chercher que dans le cas oĂč un Ă©vĂ©nement imprĂ©vu devait t’empĂȘcher de profiter de son congĂ© dehuitjours. Gaston le ramĂšnera Ă  Poitiers mardi, comme il en a prĂ©venu le PĂšre auquel il le remettra lui-mĂȘme pour faire pardonner ces quelques heures de retard. La nouvelle de son arrivĂ©e prochaine a rĂ©pandu la joie dans la maison; le petit Armand surtout ne se possĂšde pas de joie. On a dĂ©jĂ  arrangĂ© plusieurs parties pour voir les choses curieuses du pays le champ des martyrs, oĂč sont les ossemens des vaincus de Quiberon, dans un monument bĂąti par la duchesse d’Angou-lĂȘme. Charles de Lamoignon, le colonel de Som-breuil, etc., avec 800 autres martyrs, sont inscrits sur un catafalque de marbre blanc. Une autre partie Ă  Vannes, au collĂšge des JĂ©suites, oĂč se trouve l’ami de Jacques, le jeune d’H.; les fameuses pierres de Carnac, un rĂ©giment romain pĂ©trifiĂ© par un miracle d saint CornĂ©lis qu’on poursuivait, etc., etc. —Le bon air de la mer lui fera beaucoup de bien pour le reposer de ses grands travaux d’examen de PĂąques. J’écrirai demain aux enfans ; ils doivent ĂȘtre tous bien heureux de te retrouvera Livet; Gaston t’embrasse trĂšs particuliĂšrement. Adieu, mon bon Émile, je te renouvelle mes remercimens bien affectueux pour le sacrifice que tu m’as fait ainsi que vous tous; et je t’embrasse de tout cƓur avec Olga et les enfans
 Henriette vous remercie avec moi; je me porte bien et ma tĂȘte se remet de plus en plus
 Aux premiers jours d’aoĂ»t, Ă  moins que je ne sois paralysĂ©e ou imbĂ©cile, ou morte, j’irai chez vous bien certainement; j’irai passer deux fois quelques jours chez Anatole aux Nouettes, mais mon quartier gĂ©nĂ©ral sera Livet. Dieu vous bĂ©nisse tous et vous garde contre les rouges ! ils sont pis que les Prussiens. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 5 avril 1871. ChĂšre petite, Jacques est arrivĂ© ce matin Ă  onze heures trĂšs bien portant, pas trop fatiguĂ©, trĂšs content de son voyage qu’il a fait en compagnie de trois officiers prisonniers rapatriĂ©s qui lui ont racontĂ© les choses les plus intĂ©ressantes sur la guerre, sur les Prussiens, sur leur prison, etc. Ils ont tous couchĂ© Ă  Nantes, ayant attendu cinq heures Ă  Tours le train du soir; en l’attendant, Jacques a fait avec Urruty[254] tout le tour de la ville, de sorte qu’il connaĂźt Tours sous toutes ses faces. Ils sont arrivĂ©s Ă  Nantes Ă  deux heures du matin; ils ont couchĂ© dans un petit hĂŽtel, les grands Ă©taient pleins ; le leur avait encore deux chambres disponibles; l’une convenable que les officiers se sont adjugĂ©e, l’autre Ă  deux lits, mais si basse que Jacques mĂȘme ne pouvait y entrer que ployĂ© en deux. Ils sont repartis Ă  six^heures et demie. Il est ravi de Nantes et de son quai que longe le chemin de fer dans la plus belle partie de la Loire. Il est arrivĂ© enchantĂ© et suivi d’Armand aussi enchantĂ© que lui; je l’ai fait laver, habiller tout de frais; il a dĂ©jeunĂ© comme un affamĂ©; il a Ă©tĂ© trĂšs gentil et trĂšs aimable Ă  table; il nous a racontĂ© une foule d’histoires intĂ©ressantes de la vie de Poitiers
 AprĂšs dĂ©jeuner, Jacques a Ă©tĂ© voir la mer qui traverse, ou borde le parc
 Demain, aprĂšs l’office, ils iront voir la Chartreuse, le Champ des martyrs, la Chapelle des victimes de Quiberon Ă©rigĂ©e par la duchesse d’AngoulĂȘme et ils reviendront par Sainte-Anne. Le soir Ă  huit heures, ils iront avec nous tous Ă  Auray pour entendre Gaston prĂȘcher la Passion. Il a un succĂšs immense Ă  Auray, oĂč il a prĂȘchĂ© deux retraites, celle des femmes et celle des hommes; il confesse depuis quinze jours du matin au soir ; tout le monde veut se confesser Ă  lui. Adieu, chĂšre petite, je t’embrasse tendrement et je te remercie encore de m’avoir sacrifiĂ© le bonheur de voir Jacques. Je l’ai trouvĂ© grandi; il y a un an que je ne l’avais vu. Il fait un temps admirable, 17 degrĂ©s et pas de vent. J’espĂšre qu’Émile a reçu une lettre de remerciements. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 8 avril 1871. ChĂšre enfant
 Je te demande en grĂące, ainsi qu’à Émile, de ne pas vous tourmenter de la rentrĂ©e de Jacques au collĂšge ; elle sera trĂšs rĂ©guliĂšre, malgrĂ© les vingt-quatre heures de retard, et le PĂšre Argan sera trĂšs content. Gaston lui a Ă©crit qu’il devait partir lundi Ă  deux heures avec Jacques pour arriver Ă  Poitiers Ă  six heures du matin mardi, mais que, par suite d’une grande cĂ©rĂ©monie Ă  laquelle il devait assister Ă  Sainte-Anne, pour recevoir avec l’ÉvĂȘque le gĂ©nĂ©ral Charrette et deux autres gĂ©nĂ©raux suivis de tous leurs zouaves, il lui Ă©tait impossible de partir avant mardi matin ; Charrette a fait le vƓu d’un pĂšlerinage Ă  Sainte-Anne, s’il revenait sain et sauf de cette horrible guerre ; tous ses zouaves ont demandĂ© Ă  l’accompagner; il dĂ©sire voir Gaston qu’il connaĂźt ; et Sainte-Anne leur donne aprĂšs la messe un grand dĂ©jeuner. Gaston doit y assister et prĂ©senter Jacques au gĂ©nĂ©ral. Gaston a ajoutĂ© Ă  sa lettre au PĂšre deux ou trois phrases aimables et plaisantes comme il sait si bien les tourner et il me charge de vous rassurer
. Surtout qu’Émile ne gronde pas le pauvre Jacques, qui n’y peut rien. Quelles horreurs font ces monstres rouges Ă  Paris! Saint Thiers a pour ces abominables scĂ©lĂ©rats des tendresses paternelles
 Les gĂ©nĂ©raux embarquent les prisonniers pour Belle-Isle, Ă  12 kilomĂštres en mer. Nous en voyons passer des trains plusieurs fois par jour. Tu as vu qu’ils ont pris la plupart des curĂ©s de Paris et l’ArchevĂȘque et les pauvres JĂ©suites ; ils vont les fusiller tous, c’est Ă©vident
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 15 avril 1871. ChĂšre enfant, je t’envoye une lettre que je viens de recevoir de Jacques, qui a Ă©tĂ© trĂšs bien reçu par le PĂšre Argan, comme je le pensais. Gaston m’écrit la mĂȘme chose et me dit que Jacques a ri tout le long du voyage avec Jean de Moussac, jeune zouave que Gaston aime beaucoup ; Jacques l’a vu Ă  Kermadio, oĂč il est venu trois fois passer deux ou trois jours. C’est un charmant garçon de vingt-quatre ans, Gaston l’apprĂ©cie tout particuliĂšrement[255]. Je ne t’en Ă©cris pas davantage, Ă©tant pressĂ©e de lettres. Camille arrive demain Ă  onze heures avec Baby. Je t’embrasse bien tendrement, ainsi que les enfans et Émile. AmitiĂ©s Ă  tes excellens hĂŽtes. À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 17 avril 1871. As-tu vu que les scĂ©lĂ©rats d’insurgĂ©s ont dĂ©crĂ©tĂ© la chute, le brisement et la fonte de la colonne VendĂŽme ? Quelle joie pour l’Europe qui avait fourni les matĂ©riaux ! ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 22 mai 1871. ChĂšre petite
 VoilĂ  Paris presque mis Ă  la raison ; aprĂšs Paris, j’espĂšre qu’on s’occupera de remettre M. Thiers Ă  sa place d’ambitieux dĂ©voilĂ©, et qu’on votera une monarchie honnĂȘte, loyale, chrĂ©tienne et stable. H" n’y en a qu’une dĂ© possible et qui ait une perspective de durĂ©e ; aprĂšs la derniĂšre lettre magnifique du comte de Chambord, on a droit de compter sur le consentement de la France pour avoir un bon et vrai roi, un Henri V» . . Gaston et moi, nous prendrons la route de Livet et des Nouettes pour Gaston, au premier jour des vacances. Que je serai heureuse de vous revoir tous et chez vous! . . Il y a Ă  MĂ©ry i5 Prussiens dont 7 officiers qui mettent ton oncle hors de lui, en se servant sans cesse du bateau qu’ils ne rattachent pas, ou pas Ă  sa place ; ensuite, en se promenant Ă  cheval dans le parc qu’ils bouleversent et que ton oncle ne se lasse pas de faire ratisser et nettoyer. Et bien d’autres mĂ©faits de ce genre qu’il ne peut pas empĂȘcher. Du reste, ces ennemis sont convenables et polis. — La prise de Paris va chasser tous ces gens-lĂ , je suppose ; car ils ne se sont rapprochĂ©s que pour tomber sur Paris insurgĂ©, et comme les insurgĂ©s sont en fuite ou tuĂ©s, les Prussiens n’ont plus rien Ă  glaner. — Adieu, ma chĂšre petite
 Il fait chaud et sec ; le pauvre Jacques doit avoir soif d’air, d’eau et de verdure Ă  Poitiers, c’est aride et peu arrosĂ©, mais en revanche brĂ»lant et Ă©touffant. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 5 juin 1871. ChĂšre petite
 Je ne demande pas mieux que de prĂȘter mon appartement Ă  Émile
 d’autant plus que, d’aprĂšs ce que je lis dans les journaux, la destruction de Paris ne tardera pas Ă  se complĂ©ter et qu’on ne saurait trop promptement faire ses affaires et mettre en sĂ»retĂ© tout ce qui peut se retirer de Paris
 Quant Ă  moi, je vais faire emballer et mettre en sĂ»retĂ© je ne sais oĂč encore divers objets auxquels je tiens, tableaux, dessins, pendules et livres. Si les esprits se calment, si les cƓurs se repentent, il sera facile de remettre en place ce qui aura Ă©tĂ© emballé  Certainement, ma chĂšre petite, Ă  moins de mort ou autre empĂȘchement fatal, j’irai passer chez toi le plus de temps que je pourrai des deux mois de vacances
 Adieu, chĂšre enfant. ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 21 juin 1871. Mon cher Émile, Gaston reçoit de toi une lettre bonne, aimable et charmante de toutes les maniĂšres, mais qui ouvre une nouvelle voie de rĂ©union pour les vacances, et cette voie se trouve en opposition avec celle que m’avait indiquĂ©e Olga et sur laquelle compte Jacques. Nous n’avons plus qu’une douzaine de jours pour nous entendre dĂ©finitivement ; voici ce que je peux faire ; vois si tu peux faire autre chose et fais-le-moi savoir. Les vacances commencent le ier aoĂ»t Ă  deux heures et demie, aprĂšs la distribution des prix. Jacques comptait partir seul ce qui me paraĂźt hazardĂ©, rejoindre sa mĂšre Ă  Tours; ils allaient y voir M. Dupont et repartir fe soir pour Livet oĂč ßïs arrivaient pour dĂźner. C’est ce qui Ă©tait Ă  peu prĂšs convenu avec Olga. Seconde combinaison. Jacques part avec le PĂšre ***, qui est de SĂ©ez et qui y va ; le PĂšre *** le dĂ©posera Ă  SĂ©ez, oĂč Jacques prend le train suivant jusqu’à Livet. TroisiĂšme combinaison. .Jacques part avec ce PĂšre ***, en me prĂ©venant Ă  temps du jour et de l’heure de son dĂ©part. Je pars de mon cĂŽtĂ© au jour et Ă  l’heure qui m’amĂšneraient Ă  temps et je vais l’attendre Ă  l’hĂŽtel. J’enverrais Saint-Jean le chercher pour qu’il me l’amĂšne, s’il arrive de nuit; s’il arrive de jour, je vais moi-mĂȘme Ă  la gare et je monte avec lui en wagon pour Livet. — Cette combinaison est imparfaite et inquiĂ©tante, quoique possible ; avec l’inexactitude des trains, depuis la guerre on ne peut compter sur rien
 QuatriĂšme combinaison, la plus simple et la plus naturelle. Tu pars toi-mĂȘme pour arriver le mardi matin ou le lundi soir et tu le ramĂšnes comme un bon pĂšre, sans danger de se croiser, ni crainte pour Jacques, ni inquiĂ©tude de le voir rester dans la gare, sans argent et sans savoir oĂč aller. Choisis, Ă©cris-le Ă  Jacques et Ă  moi ; si j’étais bien portante, ou de vingt ans plus jeune, j’irais le chercher Ă  Poitiers et je le ramĂšnerais Ă  Livet; mais dans mon Ă©tat de santĂ© si prĂ©caire, je ne peux pas risquer ce coup de tĂȘte; si j’avais une attaque en wagon, que deviendrait mon pauvre Jacques ? Dans tous les cas, si Jacques part seul, il faut qu’il emporte une centaine de francs dans sa poche pour pouvoir payer sa place en cas d’imprĂ©vu. J’attends ta rĂ©ponse pour arrĂȘter mes projets de dĂ©part
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 23 juillet 1871. ChĂšre petite, d’aprĂšs la lettre d’Émile, je ne me suis plus mĂȘlĂ©e du voyage de Jacques, ce qui ne m’a pas empĂȘchĂ©e d’y penser avec inquiĂ©tude et de m’en tourmenter nuit et jour. On se moque de moi, mais je ne puis faire autrement
 Je t’apporterai une copie de la lettre que M. le comte de Chambord a Ă©crite Ă  Gaston ; elle est belle, noble, simple, Ă©loquente, affectueuse et digne, comme son manifeste. Je t’embrasse tendrement. Jacques te revient-il Ă  Paris? Et quand?—RĂ©ponds-moi
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 27 juillet 1871. ChĂšre petite, je reçois ta lettre ; Ă©cris Ă  mon portier qu’il ouvre et qu’il nettoyĂ© l’appartement pour te recevoir le 2 et qu’il te prĂ©pare Ă  dĂźner pour trois, qu’il sorte du vin de la cave, qu’il fasse mettre de l’eau dans les fontaines, des bougies dans les flambeaux, du sel dans les saliĂšres, du sucre dans les sucriers, des boĂźtes d’allumettes dans les chambres que tu occuperas, qu’il sorte du linge de table, de toilette, des draps, des taies d’oreiller, des torchons, etc. L’argenterie doit ĂȘtre restĂ©e oĂč j’en avais laissĂ© pour toi, dans les tiroirs du buffet. Moi, je pars le 2 comme toi, mais je couche Ă  Laval et je n’arrive que le 3 pour dĂźner; j’espĂšre trouver mon cher petit Jacques avec vous ; demande Ă  Émile de l’amener Ă  Paris. Le voyage est facile et court de Poitieis Ă  Paris, et outre que Jacques n’aurait pas la tristesse d’arriver Ă  Livet dĂ©sert et d’y rester en enfant abandonnĂ© pendant trois jours au moins, il verra le curieux spectacle des ruines de Paris qui vont ĂȘtre bientĂŽt rebĂąties pour ĂȘtre redĂ©truites
 . Tu trouveras Gaston Ă  Paris ; il en repartira avec moi et probablement, avec vous tous, et il restera aux Nouettes. Je vais bien, Dieu merci; je ne me ressens plus de la petite, trĂšs petite attaque d’il y a quinze jours ou trois semaines ; il Di’en est restĂ© seulement la bouche un peu de tra-"vers ; elle penche Ă  gauche par en bas, mais c’est peu de chose. Au reste, je marche assez bien ; peut-ĂȘtre pourrai-je aller Ă  pied jusqu’à l’église en me reposant un peu au haut de la cĂŽte. Adieu, ma chĂšre petite, Ă  revoir bientĂŽt. ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 12 octobre 1871. ChĂšre enfant, j’ai fait un triste, mais bon voyage; j’étais triste de t’avoir quittĂ©e ainsi que les enfans ; les larmes de ma bonne petite Françoise me poursuivent encore. Je suis arrivĂ©e chez Gaston Ă  sept heures. J’ai bien dormi, je vais trĂšs bien. Dis Ă  Françon que son chocolat m’a fait beaucoup de bien ; j’en ai mangĂ© toute une tablette vers quatre heures. Il a fait vilain temps, mais pas froid. J’ai remis
 ta fourrure au fourreur ; le coquin est Allemand au plus haut degré  Je pars pour les emplettes de Jacques et Paul[256]. Je t’embrasse tendrement, comme je t’aime, et les petites avec toi
 À LA VICOMTESSE ÉMILE DE P1TRAY. MalarEt, 3 dĂ©cembre 1871. 
. Depuis quinze jours je tousse horriblement, nuit et jour ; tout ce que je fais n’y fait rien ; je n’ai pas de fiĂšvre heureusement, ce qui indique qu’il n’y a rien de grave, ni aucun organe lĂ©sĂ©. Mais je ne dors presque pas, je suis fatiguĂ©e ; le froid m’empĂȘche de sortir, je ne prĂ©vois pas la fin de cette vilaine toux que rien ne peut apaiser. A la grĂące de Dieu; je fais de mon mieux pour me soigner; si je ne rĂ©ussis pas, je m’en bats l’Ɠil et le mollet, comme disait le gros cardinal *** j’oublie le nom. Je regrette que la pauvre E
 soit partie sans femme de chambre pour son voyage de trois ou quatre jours. Ne sachant pas se donner un coup de peigne ni un coup de brosse, elle aura un air Ă©bouriffĂ© ridicule et arrivera Ă  *"* comme une folle. — Nous avons un froid inaccoutumĂ© dans le Midi, depuis prĂšs d’un mois, et qui augmente graduellement; je compte sur le dĂ©gel pour finir mon rhume
 Adieu, chĂšre petite, je t’embrasse tendrement avec Émile et les enfans. ―――― AU VICOMTE ÉMILE DE PITRAY Malaret, 27 dĂ©cembre 1871. Cher Émile, je reçois une lettre de Jacques qui m’apprend qu’il rĂšgne au collĂšge de Poitiers une Ă©pidĂ©mie de fiĂšvres muqueuses; dans sa division il y a eu vingt-cinq Ă©lĂšves atteints, de mĂȘme dans les autres divisions; lui et Paul n’ont encore rien heureusement, mais d’un jour Ă  l’autre ils peuvent ĂȘtre pris. On donne huit jours de congĂ© Ă  cause de cette Ă©pidĂ©mie et le collĂšge sera provisoirement licenciĂ© pour une quinzaine de jours si l’épidĂ©mie continue. Jacques doit l’avoir Ă©crit, mais il n’est pas sĂ»r que la lettre t’arrive; je viens d’écrire Ă  Laure[257] pour lui demander des nouvelles des enfans. — Je te remercie de ta lettre bonne et aimable de l’autre jour. Si je n’y ai pas rĂ©pondu tout de suite, c’est que mon doigt me faisait mal et que je ne pouvais guĂšre Ă©crire, il Va mieux aujourd’hui et j’espĂšre n’avoir plus d’autre abcĂšs.
 Adieu, cher ami
 J’espĂšre que tu seras dĂ©jĂ  parti pour emmener tes enfans quand ma lettre t’arrivera [258]
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Paris, 3o avril 1872. ChĂšre petite, j’ai fait bon voyage, et seule dans mon wagon jusqu’à Pont-Chartrain, oĂč j’ai eu une invasion de savans et de guerriers quatre par quatre. Les savans ont discutĂ© violemment le lavage des cochons ; les guerriers ont racontĂ© leurs exploits pendant la guerre ; ils avaient tous commandĂ© des corps d’armĂ©e et tous ont vaincu, culbutĂ© l’ennemi et l’auraient ramenĂ© Ă  Berlin s’ils avaient Ă©tĂ© secondĂ©s. C’est ce que j’ai compris au milieu de leurs cris ; entre les cochons et les oies du Capitole, il n’était pas facile de dĂ©mĂȘler le fil de l’histoire
 Gaston est enchantĂ© que tu sois grosse ; il dit que cela rĂ©pandra de l’animation dans la maison, qu’on n’a jamais trop d’enfants. — Paris est tranquille. M. X
, que je viens de voir et qui est bien informĂ© par les milliers d’ouvriers qu’il emploie, dit qu’il ne se passera rien de grave d’ici Ă  longtemps, que les ordres les plus sĂ©vĂšres sont donnĂ©s pour empoigner les gens qui injurient et attaquent les sentinelles ou les militaires et sergens de ville, et que les ouvriers commencent Ă  comprendre qu’il est plus dans leur intĂ©rĂȘt de travailler tranquillement que de faire de l’insurrection qui paralyse le travail, terrifie le consommateur et ruine l’industriel
 Je ferme ma lettre pour qu’elle parte aujourd’hui
 ―――― À LA VICOMTESSE ÉMILE DE PITRAY Kermadio, 21 juin 1872. ChĂšre petite, Mme X
[259] n’est pas aussi malade qu’elle en a l’air ou la parole
 une quinzaine de courses et haltes fatigantes prouvent que son mal est l’ennui et que lorsqu’elle court et s’amuse, elle a de la force et de la santé  Ils[260] sont enchantĂ©s de leur terre, malgrĂ© le pronostic de Mlle F
[261], qui assurait que Mme X
 n’y resterait pas ; il n’y a pas de chauffe-assiettes pour les repas ; comment vivre sans chauffe-assiettes ? Surtout quand on est de l’illustre race des F
 et C En ↑ Ma mĂšre Ă©tait trĂšs fiĂšrc de la beautĂ© remarquable de mon mari. ↑ C’était le beau-pĂšre de mon frĂšre Anatole. ↑ Un intendant militaire. ↑ M. Naudet, qui Ă©tait un enthousiaste de Garibaldi. ↑ Fille de M. Naudet. ↑ Nouvellement veuve, sentimentale et consolable. ↑ Mgr de Salinis. ↑ Il revenait du Midi, oĂč il avait Ă©tĂ© pour le mariage de son frĂšre Jean. ↑ 1. L’institutrice provisoire ↑ De Hanovre oĂč son mari Ă©tait ministre plĂ©nipotentiaire. ↑ Le fameux directeur de la poste de Laigle, dont j’ai racontĂ© dans Mon bon Gaston les curieux dĂ©mĂȘlĂ©s avec ma mĂšre. ↑ Il expira doucement quatre jours aprĂšs, le 6 janvier, le jour des Rois, jour bien choisi, car il Ă©tait du petit nombre des bons riches, vraiement charitable et gĂ©nĂ©rux pour les pauvres. ↑ De Villeneuve. ↑ Un des rĂ©dacteurs de l’Univers, qui Ă©crivait sans cesse contre l’Angleterre. ↑ En tricot. ↑ C’était une vieille amie de la famille, qui m’avait prise en amitiĂ©. Elle avait bon cƓur, mais son humeur inquiĂšte amenait parfois dans son intĂ©rieur des brouilles bientĂŽt suivies de rĂ©conciliations, de cadeaux et de tendresses. ↑ Une amie intime de ma mĂšre. ↑ Il s’agissait d’un mariage pour un de nos jeunes parents, auquel ma mĂšre s’intĂ©ressait comme moi. ↑ C’était mon domestique, qui Ă©tait affreux. ↑ Suit le dĂ©tail du traitement prescrit. ↑ Une des niĂšces de mon mari que nous aimions tendrement. ↑ Leufroy, la femme du jardinier. ↑ À la compagnie du chemin de l’Est, dont il Ă©tait prĂ©sident. ↑ Ils venaient de perdre deux de leurs enfants, en moins d’un mois, d’angines couenneuses. ↑ Le Directeur de la poste de Laigle. ↑ De Louis Veuillot. ↑ Il s’agissait d’un tapis d’autel pour une chapelle. ↑ Je les avais confiĂ©s Ă  ma mĂšre, dĂ©sirant passer quelques jours Ă  Paris. ↑ Venant de la ferme dans le parc qui leur Ă©tait interdit. ↑ Le curĂ© d’Ars » par l’abbĂ© Monnin. ↑ Je crois qu’il s’agit du livre paru sous le nom de ComĂ©dies et Proverbes. ↑ Mon mari n’était pas dĂ©monstratif et ma mĂšre en plaisante ici. ↑ Mon pĂšre Ă©tait dĂ©shabituĂ© de la campagne depuis qu’il Ă©tait prĂ©sident de la Compagnie de l’Est. ↑ WS typo un mots eulement -> un mot seulement ↑ I1 y avait eu un froid entre ma mĂšre et cette grosse cousine russe qui la fatiguait par ses accĂšs de tendresse exagĂ©rĂ©e. ↑ De Rome, de Louis Veuillot. ↑ FondĂ©es par Mgr de SĂ©gur. ↑ Louis Veuillot. ↑ En pleine rĂ©alisation aujourd’hui. ↑ AprĂšs un choc violent. ↑ D’un superbe discours au SĂ©nat pour dĂ©fendre le Pape et la question religieuse contre les violences du prince NapolĂ©on. ↑ Mon fils Paul, nĂ© le 2 fĂ©vrier. ↑ Une sainte religieuse de la Visitation, amie de Sabine et de toute la famille. ↑ Le jardinier des Nouettes, un parfait serviteur. ↑ Le garde des Nouettes. ↑ Le comte Rostopchine, frĂšre de ma mĂšre. ↑ J’écrivais Ă  ma mĂšre, de Paris, oĂč j’avais Ă©tĂ©, avec Paul que je nourrissais, prĂšs de mon pĂšre souffrant d’une phlĂ©bite. ↑ Le mĂ©decin. ↑ Ce n’était pas le cas dans l’espĂšce. ↑ GĂąteau Ă  la crĂšme ↑ MaĂźtre terrassier, qui fesait des allĂ©es Ă  Livct. ↑ CuisiniĂšre. ↑ Mon pĂšre, se trouvant au chĂąteau du MĂ©ry, chez mon oncle Ă  Lamoignon, avait Ă©tĂ© frappĂ© d’apoplexie, le mardi 15 juillet, et il mourut le lendemain a cinq heures. Ma mĂšre, prĂ©venue par dĂ©pĂȘche, arriva trop tard, ↑ Ma mĂšre avait Ă©tĂ© voir ma sƓur de Malaret dont le mari, ministre plĂ©nipotentiaire Ă  Bruxelles venait d’ĂȘtre nommĂ© Ă  Turin. ↑ Mon beau-frĂšre Ă©tait envoyĂ© Ă  Turin. ↑ Sa santĂ© est devenue et restĂ©e excellente. ↑ Nous venions de perdre ma petite Marguerite. ↑ Le curĂ© d’Aube. ↑ De SĂ©ez. ↑ La bonne. ↑ La mort de ma petite Marguerite. ↑ La piĂ©tĂ© a triomphĂ© de cela, en tournant cette force de volontĂ© de cĂŽtĂ© du devoir et du sacrifice. ↑ Je dĂ©sirais vivement avoir encore un fils et je demandais des priĂšres pour obtenir cette grĂące. ↑ Cette expression, soulignĂ©e gaĂźment par ma mĂšre, Ă©tait familiĂšre Ă  notre ami, M. Naudet. ↑ J’étais Ă  Paris pour quelques jours. ↑ Avec Mgr Darboy, archevĂȘque de Paris. ↑ Elle avait perdu sa fille unique ! ↑ Rostopchine. ↑ C’était une protestation Ă©nergique contre les caprices tyranniques de l’administration. ↑ Les DĂ©buts du Gros PhilĂšas mon premier ouvrage dĂ©diĂ© Ă  ma mĂšre. ↑ L’église d’Aube, complĂštement restaurĂ©e par la piĂ©tĂ© de mon frĂšre Gaston. ↑ A qui je dictais mon livre ↑ MĂ©decin homĂ©opathe. ↑ Rostopchine. ↑ L’éditeur a prĂ©fĂ©rĂ© les DĂ©buts du Gros PhilĂšas. ↑ Aussi bon compositeur que bon oflicier. ↑ Le mariage se fit enfin, pour le bonheur des deux Ă©poux et la joie des deux familles. ↑ WS au vicomte et non Ă  la vicontesse ↑ Mon mari n’aimait pas Ă©crire. ↑ J’étais allĂ©e chez une amie souffrante chercher sa fille et la ramener Ă  Saint-Maur. ↑ Au CollĂšge de Vaugirard. ↑ Un homme d’affaires que ma mĂšre renvoyait et qui ne voulait pas s’en aller. ↑ De Malaret, mon beau-frĂšre. ↑ En photographies. ↑ Les exemplaires d’auteur de mon ouvrage. ↑ Ma sƓur Sabine souffrante depuis longtemps ne se croyait pas ou ne voulait pas se dire malade. La supĂ©rieure de la Visitation, inquiĂšte de son Ă©tat, finit par exiger la consultation dont parle ma mĂšre. ↑ À Livet. ↑ Il s’agissait d’un projet de mariage. ↑ Ma sƓur mourut le 20 octobre, dans les sentiments d’une sainte, entre les bras de ma mĂšre et assitĂ© de notre saint frĂšre Gaston. ↑ Il mourut subitement, peu de temps aprĂšs, mais il avait prĂ©cĂ©demment reçu tous les sacrements avec foi et piĂ©tĂ©. ↑ Le mĂ©decin. ↑ Le valet de chambre de ma mĂšre. ↑ Pour une Ɠuvre de charitĂ©. ↑ Une amie de ma mĂšre. ↑ Les enfants d’une voisine sans doute. ↑ C’était dans la crainte d’ébranler sa santĂ© par l’inquiĂ©tude. ↑ Ma mĂšre venait d’avoir une grave congestion cĂ©rĂ©brale, un an juste aprĂšs la mort de ma sƓur Sabine. ↑ Nous nous occupions beaucoup de l’érection de ce sanctuaire dĂ©diĂ© Ă  la TrĂšs Sainte Vierge, sous le nom de N. D. des Petits Enfants. ↑ La poste Ă©tait alors absolument dĂ©sorganisĂ©e. ↑ Je n’avais pas reçu ces lettres. ↑ Alsacienne, gouvernante chez ma sƓur Henriette. ↑ Alsacien, secrĂ©taire de mon frĂšre Gaston. ↑ Mon mari nous envoyait dans le Midi. ↑ Il voulait se faire franc-tireur, dĂšs que l’invasion aurait atteint Livet. ↑ Ils y sont venus quelques semaines avant l’armistice. ↑ Partout dans la campagne on partageait ces illusions de ma pauvre mĂšre, entretenues par les fausses nouvelles de victoires, mot d’ordre Ă©videmment donnĂ© par M. de Bismarck pour accroĂźtre notre dĂ©couragement et le dĂ©sordre moral universel. ↑ Mon frĂšre Anatole Ă©tait restĂ© aux Nouettes, avec sa femme et ses enfants, Ă  quelques kilomĂštres seulement de Livet. ↑ Une personne de nos parentes qui Ă©tait fort gĂȘnĂ©e. ↑ Il avait une pĂ©nible convalescence aprĂšs sa rougeole. ↑ Ce mot est Ă©crit en grosses lettres. ↑ Comme partout, on rĂ©pandait sans cesse de fausses bonnes nouvelles. ↑ Sa cousine, mariĂ©e et alors Ă  Poitiers. ↑ Toujours et partout les mĂȘmes nouvelles mensongĂšres et le mĂȘme besoin d’y croire. ↑ Maire de Laigle, admirable de courage, de sang-froid et d’énergie. ↑ M. Fresnean. mon beau-frĂšre. ↑ DerniĂšres illusions, aprĂšs toutes les prĂ©cĂ©dentes ! ↑ Ces lettres ne cous Ă©taient pas parvenues. ↑ Qui avait Ă©tĂ© le chercher Ă  Poitiers. ↑ Il est devenu notre neveu. ↑ Jacques Ă©tait rentrĂ© au CollĂšge de Poitiers. Paul y Ă©tait entrĂ© Ă©galement. ↑ Une des sƓurs de mon mari, qui Ă©tait dans le Poitou. ↑ L’affection vigilante d’Henri et de ThĂ©rĂšse avait prĂ©venu ce vƓu, et le premier, faisant partir sa femme pour Paris, nous a ramenĂ© nos pauvres collĂ©giens. Jacques n’avait rien et est retournĂ© Ă  Vaugirard, mais Paul Ă©tait atteint et a Ă©tĂ© longtemps sous le coup des suites de cette fiĂšvre muqueuse. ↑ Une voisine de campagne de ma sƓur. ↑ Cette voisine et son mari. ↑ La dame de compagnie de cette voisine. ↑ Il Ă©tait trĂšs souffrant des suites d’une fiĂšvre muqueuse. ↑ Une de mes parentes. ↑ Nous l’avons retirĂ© du collĂšge et soignĂ© chez nous, oĂč il a fait plus tard ses Ă©tudes. ↑ Il avait Ă©tĂ© amenĂ© Ă  Paris par mon mari pour consulter. ↑ Ma mĂšre arriva en effet chez moi Ă  Livet en septembre 1873. Elle y fut bientĂŽt atteinte de violentes suffocations, et revint Ă  Paris, oĂč elle mourut le 9 fĂ©vrier suivant, aprĂšs deux mois d’affreuses souffrances, supportĂ©es avec un courage hĂ©roĂŻque, au milieu de tous ses enfants et dans des sentiments admirables de foi et d’amour Ă  Dieu. Ces deux mots Dieu et mes enfants », qu’elle rĂ©pĂ©tait sans cesse dans son agonie, sont bien le rĂ©sumĂ© et comme l’expression de toute sa vie. C’est par eux que j’ai commencĂ© ce volume et que je le termine. Avertissements Ce Livre est gratuit et ne peut en aucun cas constituer une source de commerce. Vous ĂȘtes libres de copier ce Livre pour vos prĂ©dications, ou pour le distribuer, ou aussi pour votre ÉvangĂ©lisation sur les RĂ©seaux Sociaux, Ă  condition que son contenu ne soit en aucun cas modifiĂ© ou altĂ©rĂ©, et que le site soit citĂ© comme source. Malheur Ă  vous, agents de satan cupides qui tenterez de commercialiser ces enseignements et ces tĂ©moignages! Malheur Ă  vous, fils de satan qui vous plaisez Ă  publier ces enseignements et ces tĂ©moignages sur les RĂ©seaux Sociaux tout en cachant l'adresse du site Internet ou en falsifiant leurs contenus! Sachez que vous pouvez Ă©chapper Ă  la justice des hommes, mais vous n'Ă©chapperez certainement pas au jugement de Dieu. Serpents, race de vipĂšres! Comment Ă©chapperez-vous au chĂątiment de la gĂ©henne? Matthieu 2333 LE DISCERNEMENT 1- LA PARABOLE DE L'IVRAIE "4Hommes, c'est Ă  vous que je crie, et ma voix s'adresse aux fils de l'homme. 5Stupides, apprenez le discernement; insensĂ©s, apprenez l'intelligence. 6Écoutez, car j'ai de grandes choses Ă  dire, et mes lĂšvres s'ouvrent pour enseigner ce qui est droit. 7Car ma bouche proclame la vĂ©ritĂ©, et mes lĂšvres ont en horreur le mensonge; 8toutes les paroles de ma bouche sont justes, elles n'ont rien de faux ni de dĂ©tournĂ©; 9toutes sont claires pour celui qui est intelligent, et droites pour ceux qui ont trouvĂ© la science." Proverbes 84-9. Bien-aimĂ©s, c'est avec une joie mĂȘlĂ©e de louanges et d'adoration que je rends grĂąces Ă  notre Dieu par JĂ©sus-Christ, pour cette victoire qu'Il m'accorde sur le diable, en permettant que cet enseignement vous soit enfin disponible. Plusieurs fois j'ai voulu mettre cet enseignement Ă  votre disposition par Ă©crit, mais satan m'en a empĂȘchĂ©. Ceci a fait l'objet d'une sĂ©rieuse lutte de plusieurs annĂ©es, mais je peux maintenant dire avec soulagement "C'est l'Éternel qui est Dieu! C'est l'Éternel qui est Dieu!" Si nous avions un peu de discernement, nous souffririons moins. Le discernement, oui le discernement! Un seul petit grain nous aurait fait Ă©chapper aux multiples piĂšges que satan et ses agents nous tendent chaque jour. Combien de fois nous sommes-nous heurtĂ©s aux manƓuvres de satan? Combien de fois sommes-nous tombĂ©s dans le dĂ©couragement, dans des murmures et dans beaucoup d'autres pĂ©chĂ©s, par manque de discernement? Combien d'Enfants de Dieu ont ruinĂ© leur vie spirituelle, et combien de vrais Serviteurs de Dieu ont dĂ©truit leur ministĂšre, par manque de discernement? Combien d'hommes de Dieu se sont retrouvĂ©s dans des adultĂšres et des fornications, et dans d'autres souillures sexuelles, pris au piĂšge par les agents de satan qui prĂ©tendent ĂȘtre Ă  la recherche de la dĂ©livrance? Combien parmi nous se sont retrouvĂ©s dans des mensonges, dans des faux, et dans beaucoup d'autres formes de fraudes et de compromissions pour aider des agents de satan qui savent bien faire pitiĂ© et s'attirer de la compassion? Combien de frĂšres ont ruinĂ© totalement leur vie spirituelle en priant sans discernement sur des agents de satan dĂ©guisĂ©s? Combien d'Enfants de Dieu ont souvent confiĂ© la garde de leurs enfants aux sorciĂšres appelĂ©es sƓurs, pour finalement voir ces enfants ĂȘtre totalement initiĂ©s? Combien de fois sommes-nous tombĂ©s dans le piĂšge de laisser nos enfants dans ces abominations qu'on appelle "Ă©coles du dimanche", Ă  la merci des agents de satan qui aiment bien se dĂ©guiser en ce qu'ils appellent "moniteurs ou monitrices d'Ă©cole du dimanche"? Combien d'Enfants de Dieu passent encore leur temps Ă  suivre les pasteurs sorciers, par manque de discernement? Combien d'hommes de Dieu se croient trĂšs occupĂ©s aujourd'hui par le travail de Dieu, juste parce qu'ils souffrent pour des dĂ©mons et des agents de satan dĂ©guisĂ©s qui viennent les distraire? Combien d'Enfants de Dieu sont tombĂ©s dans des mariages avec des agents de satan dĂ©guisĂ©s en Enfants de Dieu, par manque de discernement? Combien, combien, combien, ...? Sans discernement, le peuple de Dieu est Ă  la merci de satan et de ses agents. Les dĂ©gĂąts créés par le manque de discernement au milieu du peuple de Dieu sont innombrables. Pourtant tout est dans la Parole de Dieu! Pourtant JĂ©sus ne nous a rien cachĂ©. Tout est pourtant bien stockĂ© dans ce merveilleux testament que Dieu nous a laissĂ© La Bible. Pourtant la Bible est Ă  la disposition de tous, aujourd'hui. Mais combien y prĂȘtent attention? Combien y prennent garde? Combien sont encore prĂȘts Ă  payer le prix en mĂ©ditant jour et nuit la Parole de Dieu? Tous se sont dĂ©tournĂ©s, tous courent aprĂšs l'argent, tous pourchassent la vanitĂ©, tous courent aprĂšs la facilitĂ©. Tous ne courent que vers des livres dĂ©nuĂ©s de sens que les cupides fabriquent et vendent. "... Ils abandonnent la source d'eau vive, pour se creuser des citernes, des citernes crevassĂ©es, qui ne retiennent pas l'eau." JĂ©rĂ©mie 213. VoilĂ  Mon peuple, dit l'Éternel! Les faux livres aux diverses doctrines sataniques, sont devenus la source d'enseignements de plusieurs enseignants aujourd'hui. Les instituts sataniques, que l'on appelle instituts bibliques sont devenus des lieux oĂč des soi-disant Serviteurs de Dieu sont formĂ©s. MĂȘme les quelques-uns qui appartiennent au Seigneur ne trouvent plus l'importance d'aller eux-mĂȘmes dans la Bible chercher Ă  comprendre. Ils ne trouvent plus l'intĂ©rĂȘt de se former aux pieds de JĂ©sus. Tous se ruent vers les temples de cupiditĂ© et d'Ă©garement qu'on appelle Ă©coles bibliques, pour recevoir les enseignements des dĂ©mons, qui n'ont aucun fondement biblique. Ils trouvent plus facile de se rabattre sur les mauvais enseignements que les gens de satan ont soigneusement sĂ©lectionnĂ©s pour eux. C'est pour cela qu'on a des faux enseignements passe-partout maintenant, et qui font l'unanimitĂ© dans les milieux dits chrĂ©tiens, et le jour que la vĂ©ritĂ© arrive, tous sont Ă©tonnĂ©s, et dĂ©couvrent comme pour la premiĂšre fois les merveilles de la Bible. Peuple de Dieu, retournez Ă  la source pendant qu'il est encore temps. Je vais lire et Ă©tudier avec vous ce tout petit passage de la Bible, passage qui, s'il Ă©tait bien compris, nous aurait fait Ă©chapper Ă  beaucoup d'Ă©checs et de frustrations que nous font subir satan et ses agents Matthieu 1324-30, 36-43 Matthieu 1324-30 "24Il leur proposa une autre parabole, et il dit Le royaume des cieux est semblable Ă  un homme qui a semĂ© une bonne semence dans son champ. 25Mais, pendant que les gens dormaient, son ennemi vint, sema de l'ivraie parmi le blĂ©, et s'en alla. 26Lorsque l'herbe eut poussĂ© et donnĂ© du fruit, l'ivraie parut aussi. 27Les serviteurs du maĂźtre de la maison vinrent lui dire Seigneur, n'as-tu pas semĂ© une bonne semence dans ton champ? D'oĂč vient donc qu'il y a de l'ivraie? 28Il leur rĂ©pondit C'est un ennemi qui a fait cela. Et les serviteurs lui dirent Veux-tu que nous allions l'arracher? 29Non, dit-il, de peur qu'en arrachant l'ivraie, vous ne dĂ©raciniez en mĂȘme temps le blĂ©. 30Laissez croĂźtre ensemble l'un et l'autre jusqu'Ă  la moisson, et, Ă  l'Ă©poque de la moisson, je dirai aux moissonneurs Arrachez d'abord l'ivraie, et liez-la en gerbes pour la brĂ»ler, mais amassez le blĂ© dans mon grenier." Le Seigneur JĂ©sus nous rĂ©vĂšle dans ce passage l'essentiel de ce qu'il faut comprendre, pour ne pas souffrir inutilement dans Son service Il s'agit de l'origine des hommes qui sont dans le monde. Et dans Matthieu 1336-43, nous avons l'explication de cette parabole. Matthieu 1336-43 "36Alors il renvoya la foule, et entra dans la maison. Ses disciples s'approchĂšrent de lui, et dirent Explique-nous la parabole de l'ivraie du champ. 37Il rĂ©pondit Celui qui sĂšme la bonne semence, c'est le Fils de l'homme; 38le champ, c'est le monde; la bonne semence, ce sont les fils du royaume; l'ivraie, ce sont les fils du malin; 39l'ennemi qui l'a semĂ©e, c'est le diable; la moisson, c'est la fin du monde; les moissonneurs, ce sont les anges. 40Or, comme on arrache l'ivraie et qu'on la jette au feu, il en sera de mĂȘme Ă  la fin du monde..." Le Seigneur nous donne clairement l'explication de cette parabole, afin que nul ne tente de l'interprĂ©ter Ă  sa maniĂšre. Nous comprenons donc de cette explication de JĂ©sus, qu'il y a deux catĂ©gories de personnes dans le monde D'une part, celles qui ont Ă©tĂ© semĂ©es par Dieu Lui-mĂȘme, que la Bible appelle blĂ©, ou bonne semence, ou semence de Dieu, ou Enfants de Dieu, ou brebis du Seigneur. D'autre part, celles qui sont semĂ©es par satan. La Bible les appelle Ivraie, ou semence de satan ou enfants du diable, ou fils du malin, ou dĂ©mons. Vous comprenez donc clairement que tous les hommes qui sont dans le monde, les grands et les petits, les riches et les pauvres, les libres et les esclaves, ne constituent que ces deux groupes D'un cĂŽtĂ© les hommes semĂ©s dans le monde par Dieu, ce sont les brebis du Seigneur, et de l'autre cĂŽtĂ© les hommes semĂ©s dans le monde par satan, ce sont des dĂ©mons. Comprenez donc, bien-aimĂ©s, que le terme dĂ©mon ou l'appellation dĂ©mon que j'ai utilisĂ© dans mes premiĂšres lettres n'est pas une injure. C'est juste parce que vous ne compreniez pas encore, que vous trouviez mon langage dur. Beaucoup d'hommes sur la terre sont des dĂ©mons, c'est-Ă -dire l'ivraie, c'est-Ă -dire la semence de satan. L'appellation dĂ©mons n'est donc pas une insulte, et elle n'est pas seulement pour les dĂ©mons en esprit. Elle est aussi pour les dĂ©mons en chair. Que l'on les appelle ivraie, ou enfants de satan, ou fils du diable, ou semence de satan, ou dĂ©mons, c'est la mĂȘme chose. De cet enseignement il ressort donc clairement qu'il y a sur la terre des gens qui ne seront jamais sauvĂ©s. Ceci n'a rien Ă  voir avec la notion de la prĂ©destination telle que beaucoup de frĂšres l'entendent. Je vais m'attarder un peu sur cette notion, pour rendre les choses plus claires. Mais avant de parler de la prĂ©destination, je voudrais d'abord faire une mise en garde par rapport Ă  la mauvaise interprĂ©tation du passage de Matthieu 1328-29. Mise en Garde Comme vous l'avez lu dans la parabole de l'ivraie ci-dessus, le Seigneur a demandĂ© Ă  Ses Serviteurs de ne pas arracher l'ivraie du champ, mais de laisser le blĂ© et l'ivraie croĂźtre ensemble jusqu'Ă  la moisson
 Les faux pasteurs choisissent chaque fois de tordre expressĂ©ment le sens de ce passage, pour justifier leur folie. Dieu a demandĂ© aux pasteurs, de chasser de l'Église tous les mĂ©chants, c'est-Ă -dire, tous ceux qui se font appeler chrĂ©tiens, et qui refusent d'obĂ©ir Ă  la parole de Dieu. Cet enseignement nous est clairement donnĂ© dans 1Corinthiens 59-13. "9Je vous ai Ă©crit dans ma lettre de ne pas avoir des relations avec les impudiques, - 10non pas d'une maniĂšre absolue avec les impudiques de ce monde, ou avec les cupides et les ravisseurs, ou avec les idolĂątres; autrement, il vous faudrait sortir du monde. 11Maintenant, ce que je vous ai Ă©crit, c'est de ne pas avoir des relations avec quelqu'un qui, se nommant frĂšre, est impudique, ou cupide, ou idolĂątre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur, de ne pas mĂȘme manger avec un tel homme. 12Qu'ai-je, en effet, Ă  juger ceux du dehors? N'est-ce pas ceux du dedans que vous avez Ă  juger? 13Pour ceux du dehors, Dieu les juge. Ôtez le mĂ©chant du milieu de vous." 1Corinthiens 59-13. Mais Ă  cause de la cupiditĂ©, Ă  cause des recettes des dĂźmes et offrandes que ces sorciers pasteurs veulent prĂ©server, ils refusent de chasser les mĂ©chants de l'Église. Et quand on les confronte avec cet enseignement, en expliquant que la place des mĂ©chants n'est pas dans l'Église, mais bel et bien hors de l'Église, ces pasteurs cupides disent que Dieu a dit de laisser les mĂ©chants jusqu'au dernier jour, et que c'est Lui-mĂȘme Dieu qui viendra S'en occuper. Bien-aimĂ©s, voici le piĂšge dans lequel vous ne devrez plus jamais tomber. Dans Matthieu 1338, le Seigneur prĂ©cise que le champ, c'est le monde, comme je l'ai soulignĂ© dans le verset plus haut, et non pas l'Église. Le champ, c'est le monde, et non pas l'Église. Dieu n'a pas demandĂ© de laisser les mĂ©chants dans l'Église jusqu'au temps de la moisson, Il a plutĂŽt demandĂ© de laisser les mĂ©chants dans le monde jusqu'au temps de la moisson. Nous ne pouvons pas ĂŽter les agents de satan de ce monde, car nous sommes dans leur monde. C'est le Seigneur qui s'occupera d'eux au jour du jugement. Mais l'Église quant Ă  elle, est le territoire de Dieu, c'est le territoire des Enfants de Dieu. Et nous ne devons pas laisser dans ce territoire, des mĂ©chants qui choisissent, volontairement, de vivre Ă  leur maniĂšre, et non pas Ă  la maniĂšre de Dieu. Retenez donc clairement que dans 1Corinthiens 5, il n'est plus question du monde, il est plutĂŽt question de l'Église. Et lĂ  Dieu nous demande de chasser du milieu de nous, tous les mĂ©chants, c'est-Ă -dire tous ceux qui se nomment frĂšres, et qui choisissent, volontairement, de vivre Ă  leur maniĂšre. Leur place est hors de l'Église, et non dans l'Église. Pourquoi? La rĂ©ponse nous est donnĂ©e dans 1Corinthiens 56 "C'est bien Ă  tort que vous vous glorifiez. Ne savez-vous pas qu'un peu de levain fait lever toute la pĂąte?" et dans 1Corinthiens 1533 "Ne vous y trompez pas Les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mƓurs." Sachez donc que c'est Ă  cause de l'amour de l'argent que ces pasteurs sorciers tordent le sens de Matthieu 1338 pour garder dans l'Église, tous les mĂ©chants. Ce n'est pas parce qu'ils sont ignorants. Chaque fois qu'ils pensent chasser un mĂ©chant de l'Église, ils pensent deux fois au montant de dĂźmes et offrandes qu'ils vont perdre. C'est donc Ă  vous de sortir de tous ces faux milieux appelĂ©s Ă  tort Ă©glises. Revenons maintenant Ă  la notion de la prĂ©destination. La prĂ©destination Quand la Bible parle de prĂ©destination, beaucoup de frĂšres le comprennent toujours comme signifiant qu'il y a des gens que Dieu a créés pour le paradis, et des gens qu'Il a créés uniquement pour l'Enfer. Non bien-aimĂ©s, cette notion de la prĂ©destination est erronĂ©e. Ce n'est pas cela la pensĂ©e de Dieu, et ce n'est pas cela le plan de Dieu. Dieu ne S'est pas organisĂ© Ă  crĂ©er certaines personnes juste pour le feu, et d'autres pour le salut. Que signifie donc la prĂ©destination telle que la Bible nous l'enseigne? Pour mieux comprendre la notion de la prĂ©destination, il faut faire appel Ă  la Justice de Dieu. Dieu est Juste. Et dans Sa Justice, Il donne l'occasion Ă  chaque homme, d'ĂȘtre sauvĂ©. Jean 316 nous dit "Car Dieu a tant aimĂ© le monde qu'il a donnĂ© son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne pĂ©risse point, mais qu'il ait la vie Ă©ternelle." Dans plusieurs passages de la Bible tels que Romains 829-30; ÉphĂ©siens 13-5, 11; 1Pierre 119-21; Apocalypse 137-9; Matthieu 2533-35; Jean 1723-25; Apocalypse 177-9 etc. la parole de Dieu nous donne des rĂ©fĂ©rences sur cette notion. Ce que la Bible nous enseigne, c'est que Dieu dans Sa grandeur connaĂźt d'avance ceux qui sont Ă  Lui, et aussi ceux qui sont du malin. Il les connaĂźt tous, et peut en parler au prĂ©sent, avant la fin de toute chose, comme si l'on Ă©tait dĂ©jĂ  parvenu Ă  la fin. Chaque personne dans le monde est donc soit une semence de Dieu, c'est-Ă -dire une brebis de JĂ©sus-Christ, soit une semence de satan, c'est-Ă -dire un dĂ©mon. Combien sont-ils? L'on peut ĂȘtre tentĂ© de se demander quel pourcentage de personnes sur la terre est la semence de satan. Sachez qu'en termes de pourcentage, il n'y a sur la terre qu'un tout petit pourcentage qui appartient Ă  Dieu. JĂ©sus nous l'a rĂ©vĂ©lĂ© dans Matthieu 713-14 oĂč Il nous parle des deux portes "13Entrez par la porte Ă©troite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mĂšnent Ă  la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par lĂ . 14Mais Ă©troite est la porte, resserrĂ© le chemin qui mĂšnent Ă  la vie, et il y en a peu qui les trouvent." La porte qui mĂšne Ă  la perdition est large, et beaucoup passent par-lĂ , puisque beaucoup de ceux qui peuplent le monde sont des enfants du diable. Celle qui mĂšne Ă  la vie est toute petite, et il y en a peu qui passent par-lĂ , parce qu'il y a trop peu de personnes sur la terre qui sont la semence du Seigneur. Ne soyez donc pas Ă©tonnĂ©s qu'il y en ait trop peu sur la terre qui acceptent l'Évangile de JĂ©sus-Christ. Et mĂȘme parmi ceux qui acceptent l'Évangile, il y a trop peu qui demeurent dans la VĂ©ritĂ©. Retenez donc qu'il y a dans le monde des gens qui ne seront jamais sauvĂ©s, c'est-Ă -dire des gens qui n'iront qu'en Enfer. Une fois de plus je prĂ©cise, pas parce que Dieu les a faits pour l'Enfer, mais plutĂŽt parce qu'ils sont de l'Enfer, ils sont du malin, ce sont les enfants de satan, les fils de la perdition. Et comme nous le dit la Bible, "... le monde entier est sous la puissance du malin." 1Jean 519. En fait, ils n'ont jamais Ă©tĂ© des vrais hommes, bien que ressemblant Ă  l'homme normal, semence de Dieu. C'est pourquoi Dieu les appelle ivraie, c'est-Ă -dire un faux blĂ©, ressemblant pourtant beaucoup au blĂ©. Pourquoi satan les envoie-t-il dans le monde? Pour semer la confusion, et rendre le travail des Enfants de Dieu plus compliquĂ©, et la vie sur terre trĂšs difficile. Satan a ratĂ© le Ciel, et n'a maintenant qu'un seul objectif, gagner tout le monde pour l'Enfer. Et pour faire ce travail il lui faut toute une grande Ă©quipe, beaucoup de ruses et de tactiques. Dans son Ă©quipe, il a des dĂ©mons en esprit que nous ne voyons pas, et qui nous combattent jour et nuit, et des dĂ©mons en chair qui habitent avec nous et au milieu de nous. Et ces derniers sont lĂ  pour nous casser les pieds, pour nous rompre la tĂȘte, pour nous pousser Ă  abandonner Dieu, si cela Ă©tait possible. Ils sont lĂ  pour nous rendre la vie extrĂȘmement compliquĂ©e. Peuvent-ils accepter la vĂ©ritĂ©? Ils n'acceptent pas la VĂ©ritĂ©, pour la plupart. Plusieurs sont farouchement contre la Parole de Dieu, et combattent l'Évangile de toutes leurs forces. Beaucoup n'aiment mĂȘme pas entendre parler de Dieu, et ne supportent mĂȘme pas le faux Ă©vangile. Ne soyez donc pas Ă©tonnĂ©s de voir que quand vous prĂȘchez l'Évangile, ou quand vous commencez Ă  parler des choses de Dieu, il y a des gens qui n'aiment mĂȘme pas Ă©couter, avant de refuser. Peuvent-ils demeurer dans la vĂ©ritĂ©? Il y a aussi un bon nombre parmi eux qui acceptent la VĂ©ritĂ©, mais ils ne peuvent pas demeurer dans la VĂ©ritĂ©. Quand la VĂ©ritĂ© est enseignĂ©e, ils sont contents, et s'engagent aussi Ă  suivre la saine doctrine. Mais n'Ă©tant pas de la VĂ©ritĂ©, ils ne peuvent pas tenir. AprĂšs quelques temps, ils se retirent. 1Jean 219 nous dit "Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n'Ă©taient pas des nĂŽtres; car s'ils avaient Ă©tĂ© des nĂŽtres, ils seraient demeurĂ©s avec nous, mais cela est arrivĂ© afin qu'il soit manifeste que tous ne sont pas des nĂŽtres." 2- L'IVRAIE DANS L'ÉGLISE "29Je sais qu'il s'introduira parmi vous, aprĂšs mon dĂ©part, des loups cruels qui n'Ă©pargneront pas le troupeau, 30et qu'il s'Ă©lĂšvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses, pour entraĂźner les disciples aprĂšs eux." Actes 2029-30. Dans la premiĂšre partie de cet enseignement, nous avons Ă©tudiĂ© la parabole de l'ivraie, et ceci nous a permis de comprendre le mystĂšre cachĂ© derriĂšre l'origine des hommes qui sont sur la terre. Comme nous l'avons Ă©tudiĂ©, plusieurs de ceux qui nous entourent, sont la semence de satan, c'est-Ă -dire l'ivraie, ou des dĂ©mons. Et l'une des questions qu'on se pose, est celle de savoir s'il y a de l'ivraie au milieu du peuple de Dieu. Y a-t-il l'ivraie dans l'Église? Si la rĂ©ponse Ă©tait non, cet enseignement n'aurait presque pas d'importance. Dans les Ă©glises ou encore dans les assemblĂ©es dites chrĂ©tiennes aujourd'hui, il y a plus d'ivraie que de blĂ©, c'est-Ă -dire qu'il y a plus de dĂ©mons que de vrais Enfants de Dieu. La plupart de ce qu'on appelle chrĂ©tiens nĂ©s de nouveau aujourd'hui, sont des gens qui ne seront jamais sauvĂ©s, c'est-Ă -dire des gens qui en rĂ©alitĂ© ne croient point en JĂ©sus, bien que donnant l'impression d'ĂȘtre en train de suivre JĂ©sus. Mais en attendant, on les appelle chrĂ©tiens nĂ©s de nouveau, on les appelle frĂšres et sƓurs. Et beaucoup parmi eux ont des titres de Serviteurs de Dieu c'est-Ă -dire apĂŽtres, prophĂštes, docteurs, Ă©vangĂ©listes, pasteurs, et autres anciens; sans compter des diacres et des leaders des diffĂ©rents groupes de folie qu'on a créés dans les assemblĂ©es aujourd'hui. Vous comprenez plus facilement maintenant, que beaucoup de pasteurs et autres soi-disant Serviteurs de Dieu qui remplissent la terre aujourd'hui, sont de la semence de satan. De la mĂȘme maniĂšre, beaucoup de chrĂ©tiens et autres soi-disant Enfants de Dieu qui remplissent la terre aujourd'hui, sont de l'ivraie. C'est pour cela que la VĂ©ritĂ© a disparu de la terre. Si vous voulez des Ă©glises aujourd'hui, vous en trouverez des millions. Mais si vous cherchez quelques groupes de vrais Enfants de Dieu, vous en trouverez trop peu. Si vous voulez des pasteurs, prophĂštes, Ă©vangĂ©listes et autres soi-disant Serviteurs de Dieu aujourd'hui, vous en trouverez des millions. Mais si vous cherchez quelques vrais Serviteurs de Dieu, prĂȘts Ă  enseigner la VĂ©ritĂ© et vivre la VĂ©ritĂ©, vous en trouverez trop peu. Ceci nous aide Ă  mieux comprendre la prophĂ©tie que le Seigneur nous a donnĂ©e dans 2TimothĂ©e 43-4 "3Car il viendra un temps oĂč les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la dĂ©mangeaison d'entendre des choses agrĂ©ables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres dĂ©sirs, 4dĂ©tourneront l'oreille de la vĂ©ritĂ©, et se tourneront vers les fables." Maintenant que nous savons que dans les Ă©glises et dans les assemblĂ©es dites chrĂ©tiennes il y a plus d'ivraie que de blĂ©, c'est-Ă -dire qu'il y a plus de dĂ©mons que de vrais Enfants de Dieu, il serait encore plus important pour nous de savoir comment les reconnaĂźtre. Comment les reconnaĂźtre? Du fait que la VĂ©ritĂ© n'est plus prĂȘchĂ©e, beaucoup de ces dĂ©mons se sentent Ă  l'aise dans des Ă©glises. Par manque de discernement, on ne les distingue plus des vrais Enfants de Dieu, ce qui crĂ©e une sĂ©rieuse confusion. Gloire Ă  Dieu, nous examinerons maintenant, les Ă©lĂ©ments de discernement qui nous aident Ă  les reconnaĂźtre. Matthieu 715-20 "15Gardez-vous des faux prophĂštes. Ils viennent Ă  vous en vĂȘtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs. 16Vous les reconnaĂźtrez Ă  leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des Ă©pines, ou des figues sur des chardons? 17Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. 18Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. 19Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupĂ© et jetĂ© au feu. 20C'est donc Ă  leurs fruits que vous les reconnaĂźtrez." Le Seigneur dans ce passage, nous met en garde contre les faux prophĂštes, c'est-Ă -dire contre tous les enfants de satan, qui se feront passer pour Serviteurs de Dieu, ou tout simplement pour Enfants de Dieu. Le Seigneur ne se contente pas seulement de nous mettre en garde. Dans Son amour Il nous donne l'Ă©lĂ©ment le plus prĂ©cieux qu'il nous faut pour les reconnaĂźtre Leurs fruits. Et comme tout arbre est reconnu par son fruit, tout ce qu'il nous faut, c'est d'apprendre Ă  reconnaĂźtre leurs fruits, et nous les reconnaĂźtrons facilement. Les fruits Sachez bien-aimĂ©s, avant qu'on n'Ă©tudie leurs diffĂ©rents fruits, qu'il y a des fruits qu'un vrai Enfant de Dieu ne peut pas porter, qu'il y a des fruits qu'un enfant de satan ne peut pas porter, et qu'il y a des fruits que j'appelle fruits communs entre les Enfants de Dieu et les enfants de satan. Pour gagner du temps, je n'insisterai pas sur les fruits qui caractĂ©risent les vrais Enfants de Dieu. En un mot, c'est l'Amour et tous les fruits dĂ©rivĂ©s de l'Amour. Nous les connaissons; c'est en fait le contraire des fruits que portent les enfants du diable, fruits que nous citerons plus bas. Pour ce qui est des fruits que j'ai appelĂ©s communs, il s'agit d'une part, des fruits de satan que, les Enfants de Dieu, pendant les moments de faiblesse, portent, et d'autre part, des fruits de Dieu que les agents de satan dans leurs ruses, font semblant de porter. Les fruits de satan que les Enfants de Dieu portent souvent, c'est le pĂ©chĂ©, sous toutes ses formes. Le pĂ©chĂ© est du diable. "Celui qui pĂšche est du diable, car le diable pĂšche dĂšs le commencement" 1Jean 38. Il n'y a point de pĂ©chĂ© en Dieu, et les vrais Enfants de Dieu sont supposĂ©s ne commettre aucun pĂ©chĂ©. Mais Ă  cause de notre nature, il nous arrive dans des moments de faiblesse, de commettre des pĂ©chĂ©s devant Dieu. Mais quand nous sommes vraiment de Dieu, nous avons la haine du pĂ©chĂ©, et nous faisons toujours tous nos efforts pour fuir le pĂ©chĂ©. 1Jean 39-10 "9Quiconque est nĂ© de Dieu ne pratique pas le pĂ©chĂ©, parce que la semence de Dieu demeure en lui; et il ne peut pĂ©cher, parce qu'il est nĂ© de Dieu. 10C'est par-lĂ  que se font reconnaĂźtre les Enfants de Dieu et les enfants du diable. Quiconque ne pratique pas la justice n'est pas de Dieu, non plus que celui qui n'aime pas son frĂšre." Les fruits de Dieu que les enfants de satan dans leurs ruses, font semblant de porter, sont la libĂ©ralitĂ©, l'hospitalitĂ©, et quelques autres bonnes Ɠuvres. Je prĂ©cise bien, que les enfants du diable font plutĂŽt semblant de porter ces fruits, puisqu'en fait, ils ne peuvent pas les porter. La vraie libĂ©ralitĂ© a pour base l'Amour. Et comme ces gens n'ont pas d'amour en eux, parce que n'Ă©tant pas de Dieu, mĂȘme leurs soi-disant bonnes Ɠuvres sont souillĂ©es, elles ne sont pas faites avec un motif pur. Quand les agents de satan qui sont dans les Ă©glises font quelques bonnes Ɠuvres telles la libĂ©ralitĂ© et l'hospitalitĂ©, c'est toujours accompagnĂ© d'incantations. Ce sont gĂ©nĂ©ralement des bonnes occasions pour eux pour initier Ă  la sorcellerie les Enfants de Dieu. Retenez encore que quand la Bible parle d'Amour, cela n'a rien affaire avec ce que le monde appelle par aveuglement, amour, c'est-Ă -dire, un amour rempli d'hypocrisie et de mensonge. L'Amour n'a rien affaire avec les soi-disant bonnes Ɠuvres que les gens pratiquent dans le monde. L'Amour, c'est Dieu, et l'Amour consiste Ă  marcher selon les commandements de Dieu. Retenez trĂšs bien que les enfants du diable n'ont aucun grain d'amour en eux, parce que n'Ă©tant pas la semence de Dieu, ils n'ont pas Dieu. Ce faisant, tout ce que vous voyez de vos yeux et que vous appelez amour, n'est qu'un semblant d'amour. Et c'est ce semblant d'amour qui a rempli le monde aujourd'hui. Le vrai Amour, vous ne le trouverez que chez les vrais Enfants de Dieu, parce que la semence de Dieu demeure en eux Un amour basĂ© sur la crainte de Dieu et sur la VĂ©ritĂ©. Revenons maintenant aux fruits qui nous aident Ă  reconnaĂźtre les agents de satan dans les Ă©glises Ils ne peuvent pas accepter la vĂ©ritĂ© Dans le premier enseignement, j'ai parlĂ© du cas de ceux qui ne sont pas prĂȘts Ă  supporter mĂȘme le faux Ă©vangile. D'autres par contre, acceptent le faux Ă©vangile, c'est-Ă -dire l'Ă©vangile fondĂ© sur le mensonge, sur la fausse doctrine. Et ils se rĂ©jouissent trĂšs bien dans ce mensonge, ils sont Ă  l'aise dans ce genre d'Ă©vangile. Mais ils n'aiment pas sentir la VĂ©ritĂ©. Ce sont eux qui combattent sauvagement la VĂ©ritĂ©. Ils persĂ©cutent fĂ©rocement ceux qui prĂȘchent la VĂ©ritĂ©, s'appelant pourtant chrĂ©tiens. S'ils sont donc trĂšs nombreux dans des Ă©glises aujourd'hui, c'est parce que la VĂ©ritĂ© a disparu du milieu dit chrĂ©tien. C'est le mensonge, c'est-Ă -dire la fausse doctrine, qui se prĂȘche et se pratique dans des Ă©glises. Et comme ces gens sont du mensonge, ils sont Ă  l'aise dans ces assemblĂ©es oĂč la fausse doctrine est enseignĂ©e. Ils ne sont pas dans les assemblĂ©es parce qu'ils ont acceptĂ© JĂ©sus-Christ, ils y sont parce que ces milieux de mensonge leur siĂ©ent bien. Quand la VĂ©ritĂ© arrive, ils la combattent de tout leur cƓur, et combattent sauvagement les prĂ©dicateurs de la VĂ©ritĂ©. Le milieu chrĂ©tien est rempli de ceux-lĂ . Ce sont eux qui remplissent toutes les grandes assemblĂ©es de folie que vous connaissez aujourd'hui. Ils se montrent tellement "zĂ©lĂ©s pour le Seigneur", mais malheur Ă  toi si tu leur apportes la VĂ©ritĂ©. Ils te demanderont comme Pilate Qu'est-ce que la VĂ©ritĂ©? Vous les reconnaĂźtrez dĂšs maintenant, mĂȘme s'ils se font appeler Serviteurs de Dieu. Ne vous Ă©tonnez donc plus qu'il y ait dans le monde beaucoup de ce qu'on appelle Serviteurs de Dieu, avec tous les grands titres, mĂȘme les titres que Dieu n'a jamais attribuĂ©s, avec des millions de soi-disant chrĂ©tiens nĂ©s de nouveau, mais avec trop peu qui soient prĂȘts Ă  accepter la VĂ©ritĂ©. Il n'est pas Ă©tonnant de rencontrer des grandes assemblĂ©es de plusieurs centaines de fidĂšles, sans une seule semence de Dieu. Bien-aimĂ©s, ne soyez pas Ă©tonnĂ©s de ce que, quand vous visitez une de ces assemblĂ©es de folie le dimanche, vous avez la nausĂ©e en voyant ce qui se passe, et au mĂȘme moment vous voyez d'autres personnes se rĂ©jouir et vous raconter comment il y a l'onction dans la salle. De la mĂȘme maniĂšre qu'une semence de Dieu ne peut pas s'Ă©panouir dans le mensonge, une semence de satan ne peut pas se rĂ©jouir dans la VĂ©ritĂ©. Retenez bien, que le mensonge, c'est la fausse doctrine, c'est-Ă -dire toute doctrine non conforme Ă  la parole de Dieu, ces faux enseignements non conformes Ă  la Bible que la religion humaine vĂ©hicule aujourd'hui. La VĂ©ritĂ© par contre, c'est la parole de Dieu telle qu'elle est Ă©crite, c'est la saine doctrine. Si vous crĂ©ez une assemblĂ©e de folie aujourd'hui, elle va se remplir immĂ©diatement. Mais tentez de rester sur la doctrine de JĂ©sus, tous vont s'en aller, et les persĂ©cutions vous viendront de partout. Vous comprenez maintenant plus facilement que toutes les grandes assemblĂ©es des milliers de membres que vous connaissez aujourd'hui, sont des assemblĂ©es de dĂ©mons. Ce sont des assemblĂ©es créées pour distraire et sĂ©duire les vrais Enfants de Dieu, et pour prĂ©parer l'Ă©glise apostate de l'antĂ©christ. C'est pour cela que tout est enseignĂ© dans ces assemblĂ©es, sauf la VĂ©ritĂ©. Les fondateurs de ces assemblĂ©es utilisent juste le nom de JĂ©sus comme une couverture pour faire leurs folies. La Bible nous dit qu'ils ont l'apparence de la piĂ©tĂ©, mais renient ce qui en fait la force. 2TimothĂ©e 35. Quand on leur prĂȘche la VĂ©ritĂ©, ils sont furieux, et ils la combattent violemment, persĂ©cutent celui qui prĂȘche cette VĂ©ritĂ©. Et aprĂšs cela, ils organisent ce qu'ils appellent "rĂ©unions de priĂšre" et "veillĂ©es de priĂšre". Ils se sĂ©duisent en disant qu'ils prient Dieu. Retenez que "Si quelqu'un dĂ©tourne l'oreille pour ne pas Ă©couter la loi, sa priĂšre mĂȘme est une abomination." Proverbes 289. Les milieux appelĂ©s Ă©glises sont tellement pourris aujourd'hui, que les vrais Enfants de Dieu ne savent plus que faire. D'ailleurs, dans presque chaque pays du monde actuellement, les vrais Enfants de Dieu sont dĂ©jĂ  sortis de toutes ces assemblĂ©es de dĂ©mons, et se rĂ©unissent en petits groupes dans des maisons, pour se sanctifier en attendant le son de la trompette. Ceci n'est pas Ă©tonnant, la parole de Dieu nous dit que "L'homme inique est en abomination aux justes, et celui dont la voie est droite est en abomination aux mĂ©chants." Proverbes 2927. Si vous voyez quelqu'un ĂȘtre Ă  l'aise dans ces milieux apostats, sachez qu'il est dans son milieu. Aucune vraie semence du Seigneur ne peut supporter la fausse doctrine et l'abomination qui se pratiquent dans ces assemblĂ©es apostates aujourd'hui. Leur folie est devenue si manifeste que quelqu'un habitĂ© par l'Esprit de Dieu ne peut supporter ce qu'il voit et entend. Et mĂȘme les quelques Enfants de Dieu qui par ignorance vont encore dans ces milieux, sortiront bientĂŽt, avec l'aide du Saint-Esprit. Ils ne peuvent pas demeurer dans la vĂ©ritĂ© Il y a aussi un bon nombre parmi eux qui acceptent la VĂ©ritĂ©, mais ils ne peuvent pas demeurer dans la VĂ©ritĂ©. Examinons ce passage de 1Jean 219 "Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n'Ă©taient pas des nĂŽtres; car s'ils avaient Ă©tĂ© des nĂŽtres, ils seraient demeurĂ©s avec nous, mais cela est arrivĂ© afin qu'il soit manifeste que tous ne sont pas des nĂŽtres." Examinons aussi ces passages de l'Évangile de Jean Jean 660-70. "Plusieurs de ses disciples, aprĂšs l'avoir entendu, dirent Cette parole est dure; qui peut l'Ă©couter? 61JĂ©sus, sachant en lui-mĂȘme que ses disciples murmuraient Ă  ce sujet, leur dit Cela vous scandalise-t-il? 62Et si vous voyez le Fils de l'homme monter oĂč il Ă©tait auparavant? 63C'est l'esprit qui vivifie; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. 64Mais il en est parmi vous quelques-uns qui ne croient point. Car JĂ©sus savait dĂšs le commencement qui Ă©taient ceux qui ne croyaient point, et qui Ă©tait celui qui le livrerait. 65Et il ajouta C'est pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir Ă  moi, si cela ne lui a Ă©tĂ© donnĂ© par le PĂšre. 66DĂšs ce moment, plusieurs de ses disciples se retirĂšrent, et ils n'allaient plus avec lui. 67JĂ©sus donc dit aux douze Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller? 68Simon Pierre lui rĂ©pondit Seigneur, Ă  qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie Ă©ternelle. 69Et nous avons cru et nous avons connu que tu es le Christ, le Saint de Dieu. 70JĂ©sus leur rĂ©pondit N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les douze? Et l'un de vous est un dĂ©mon!" N'Ă©tant pas de la VĂ©ritĂ©, ils trouvent toujours la VĂ©ritĂ© trop dure, et ne peuvent pas la supporter. Il y a un Ă©lĂ©ment frappant ici, c'est le fait que JĂ©sus ne soit pas surpris de leur attitude vis-Ă -vis de la VĂ©ritĂ©. En plus, quand ces gens choisissent de fuir la VĂ©ritĂ©, JĂ©sus ne s'en inquiĂšte pas du tout. Il ne court pas aprĂšs eux, pour les supplier de revenir, mais au contraire Il demande mĂȘme Ă  ceux qui sont restĂ©s, pourquoi ils ne partent pas aussi. Si l'on compare le Pasteur JĂ©sus aux pasteurs d'aujourd'hui, on serait tentĂ© de croire que JĂ©sus Ă©tait un mauvais pasteur, qui ne savait pas prendre soin de Ses brebis, et qui ne courait pas aprĂšs les fidĂšles qui se dĂ©courageaient. Nous savons pourtant qu'il n'y a pas de meilleur Berger que JĂ©sus. La diffĂ©rence avec les pasteurs d'aujourd'hui, c'est que JĂ©sus avait le discernement. Il savait qu'il y a des gens qui ne croient point, c'est-Ă -dire des gens qui ne peuvent pas ĂȘtre sauvĂ©s, tout simplement parce qu'ils ne sont pas de la semence de Dieu. JĂ©sus savait aussi que mĂȘme en se compromettant, l'on ne pouvait pas gagner des gens pareils, parce qu'ils ne peuvent ĂȘtre gagnĂ©s du tout. Combien de Pasteurs aujourd'hui, par manque de discernement, passent le temps Ă  courir aprĂšs les dĂ©mons qui ne peuvent pas supporter la VĂ©ritĂ©, et souffrent en vain pour tenter de les gagner! Pour les faux pasteurs, leur cas n'a rien Ă  voir avec le manque de discernement. Ils ont plutĂŽt la cupiditĂ© pour mobile. C'est l'amour de l'argent qui les anime. À cause de la cupiditĂ©, Ă  cause de l'amour de l'argent, pour mieux collecter les dĂźmes et offrandes, ces pasteurs passent leur temps Ă  courir derriĂšre des gens qui ne peuvent pas supporter la VĂ©ritĂ©. D'autres mĂȘme vont jusqu'Ă  changer leurs messages, pour faire revenir les gens qui sont partis, et aussi pour bloquer ceux qui veulent partir. Non pas par soucis de sauver les Ăąmes, mais pour ne pas perdre les dĂźmes et offrandes. Jean 830-44 "Comme JĂ©sus parlait ainsi, plusieurs crurent en lui. 31Et il dit aux Juifs qui avaient cru en lui Si vous demeurez dans ma parole, vous ĂȘtes vraiment mes disciples; 32vous connaĂźtrez la vĂ©ritĂ©, et la vĂ©ritĂ© vous affranchira. 33Ils lui rĂ©pondirent Nous sommes la postĂ©ritĂ© d'Abraham, et nous ne fĂ»mes jamais esclaves de personne; comment dis-tu Vous deviendrez libres? 
 37Je sais que vous ĂȘtes la postĂ©ritĂ© d'Abraham; mais vous cherchez Ă  me faire mourir, parce que ma parole ne pĂ©nĂštre pas en vous. 38Je dis ce que j'ai vu chez mon PĂšre; et vous, vous faites ce que vous avez entendu de la part de votre pĂšre. 39Ils lui rĂ©pondirent Notre pĂšre, c'est Abraham. JĂ©sus leur dit Si vous Ă©tiez enfants d'Abraham, vous feriez les Ɠuvres d'Abraham. 40Mais maintenant vous cherchez Ă  me faire mourir, moi qui vous ai dit la vĂ©ritĂ© que j'ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l'a point fait. 41Vous faites les Ɠuvres de votre pĂšre. Ils lui dirent Nous ne sommes pas des enfants illĂ©gitimes; nous avons un seul PĂšre, Dieu. 42JĂ©sus leur dit Si Dieu Ă©tait votre PĂšre, vous m'aimeriez, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens; je ne suis pas venu de moi-mĂȘme, mais c'est lui qui m'a envoyĂ©. 43Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage? Parce que vous ne pouvez Ă©couter ma parole. 44Vous avez pour pĂšre le diable, et vous voulez accomplir les dĂ©sirs de votre pĂšre. Il a Ă©tĂ© meurtrier dĂšs le commencement, et il ne se tient pas dans la vĂ©ritĂ©, parce qu'il n'y a pas de vĂ©ritĂ© en lui. Lorsqu'il profĂšre le mensonge, il parle de son propre fonds; car il est menteur et le pĂšre du mensonge." Ils peuvent accepter la VĂ©ritĂ©, ils peuvent croire en JĂ©sus. C'est pour cela que quand l'on prĂȘche la VĂ©ritĂ©, il y a beaucoup parmi eux qui croient. Mais ils ne peuvent pas demeurer dans la VĂ©ritĂ©, tout simplement parce qu'ils ne sont pas de la VĂ©ritĂ©. Ils finissent toujours par se retirer de la VĂ©ritĂ©. Ils combattent la vĂ©ritĂ© Ils sont trĂšs zĂ©lĂ©s et engagĂ©s pour la lutte contre la VĂ©ritĂ©, et ils utilisent tous les moyens Ă  leur disposition pour cela. Ils ont comme armes La calomnie, le sabotage, la dĂ©sinformation, le mensonge, l'intimidation, et les menaces. Ils utilisent souvent les radios sataniques qu'ils appellent radios chrĂ©tiennes, pour combattre la VĂ©ritĂ©. Quand ils tombent sur des livres comme ceux-ci qui dĂ©noncent leurs Ɠuvres, ils vont sur les antennes de leurs radios, font des annonces, et demandent aux gens de ne pas les lire. Plusieurs fois, des journalistes dits chrĂ©tiens, ont fait des annonces sur des antennes de ces radios de prostitution, demandant aux gens de ne pas lire nos livres. Avec ces mĂȘmes radios ƓcumĂ©niques qu'ils appellent radios chrĂ©tiennes, oĂč chaque secte a sa tranche d'antenne, ils polluent le monde avec la fausse doctrine, prĂ©parant ainsi le terrain sur lequel l'antĂ©christ va opĂ©rer. Pour eux, les adorateurs du dĂ©mon appelĂ© "vierge marie" sont des chrĂ©tiens, les pĂ©dophiles sont des chrĂ©tiens, les homosexuels sont des chrĂ©tiens, les gens qui pratiquent la magie sont des chrĂ©tiens, ceux qui pratiquent la sorcellerie sont des chrĂ©tiens, ceux qui adorent les idoles sont des chrĂ©tiens. Voyez jusqu'Ă  quel point la sĂ©duction a envahi le milieu dit chrĂ©tien. Et ils n'Ă©prouvent aucune honte Ă  combattre la vĂ©ritĂ©, eux qui prĂ©tendent ĂȘtre en train de servir Dieu. Plusieurs chefs religieux appelĂ©s pasteurs, ont saisi nos livres pour les dĂ©chirer, d'autres ont interdit Ă  leurs fidĂšles de les lire. Il y en a qui ont brandi la menace d'expulsion Ă  quiconque lira ces livres. Et comme ils ont une autre arme d'intimidation qu'ils appellent "excommunication", ils ont dit aux fidĂšles que celui qui lira ces livres, sera "excommuniĂ©". VoilĂ  comment vous reconnaissez les pasteurs dĂ©mons. Si vous avez quelques doutes lĂ -dessus, posez-vous cette question Qu'y a-t-il de si grave dans ces livres, que les ChrĂ©tiens ne peuvent pas lire et juger par rapport Ă  la Bible? D'autres encore ont menacĂ© les fidĂšles, leur promettant de placer "sous discipline" quiconque lira ces livres. VoilĂ  comment les gourous des sectes sataniques que vous appelez Ă  tort Ă©glises, tiennent les gens captifs, sous prĂ©texte qu'ils sont en train de les protĂ©ger. Ils ont le mĂȘme langage satanique, vous les entendrez dire qu'ils protĂšgent leurs "membres". Les membres du corps de Christ sont ainsi devenus les membres de ces dĂ©mons. Au lieu de dire qu'ils veillent sur leurs recettes des dĂźmes et offrandes, ces hypocrites disent qu'ils veillent sur les brebis. Il y a eu des Ă©glises dans lesquelles nous avons distribuĂ© ces livres, et aprĂšs nous, ces pasteurs dĂ©mons ont dit aux fidĂšles de ramener tous ces livres, pour ĂȘtre dĂ©chirĂ©s. D'autres encore qui ont trouvĂ© un peu risquĂ© de rĂ©cupĂ©rer ce que les fidĂšles avaient dĂ©jĂ , ont plutĂŽt collectĂ© le restant qu'il y avait Ă  distribuer, pour le dĂ©truire. VoilĂ  comment vous reconnaissez les dĂ©mons. Et si vous doutez un seul instant qu'ils soient des dĂ©mons, demandez-leur quel esprit les anime pour qu'ils versent ces enseignements que vous apprĂ©ciez tant, dans la poubelle. Demandez-leur de vous montrer ce qui est bibliquement faux dans ces enseignements, pour que la seule solution soit de les dĂ©truire au plus vite. Un autre dĂ©mon plus zĂ©lĂ© encore, ne s'est pas limitĂ© Ă  interdire la lecture de ces enseignements Ă  ses fidĂšles, il s'est aussi engagĂ© Ă  faire le tour de tout un grand quartier, pour frapper Ă  chaque porte, rĂ©cupĂ©rer des habitants tous les livres qu'ils avaient reçus, parce qu'il avait appris que les livres avaient Ă©tĂ© distribuĂ©s dans ce quartier. Et son problĂšme Ă©tait que dans ces livres, il est dit qu'il faut se faire baptiser, alors que lui, grand pasteur d'une Ă©glise dite pentecĂŽtiste, ne croyait pas au baptĂȘme. Il y en a d'autres encore, qui se sont montrĂ©s un peu plus astucieux, et qui ont interdit aux fidĂšles de lire ces livres, en leur disant que ces enseignements sont destinĂ©s seulement aux anciens. Regardez jusqu'Ă  quel point les dĂ©mons sont acharnĂ©s contre la VĂ©ritĂ©. Quand on n'avait pas de discernement, on se demandait "quel genre de pasteur peut-il ĂȘtre contre la VĂ©ritĂ© Ă  ce point?" Puisqu'on a toujours cru qu'ils Ă©taient des vrais pasteurs. On n'a jamais imaginĂ© qu'il y avait des pasteurs qui Ă©taient des semences de satan, pourtant ce sont eux les plus nombreux. Je bĂ©nis le Seigneur parce qu'Il nous ouvre enfin les yeux. Ces dĂ©mons ont des titres dans des Ă©glises, des titres de pasteurs, d'Ă©vangĂ©listes, de docteurs, de prophĂštes, d'apĂŽtres, etc. MĂȘme leur compagnon Judas Iscariot, une autre semence de satan, avait le titre d'apĂŽtre. Ce n'est donc pas Ă©tonnant! Vous les verrez se dĂ©placer sur des kilomĂštres, aller de ville en ville, juste pour empĂȘcher les gens d'Ă©couter la VĂ©ritĂ©. TrĂšs souvent quand je dois voyager quelque part, il y en a qui y vont avant moi, sensibiliser les gens contre les messages que je vais prĂȘcher. D'autres s'organisent plutĂŽt Ă  ĂȘtre lĂ  pendant que j'enseigne, pour me contredire, et empĂȘcher les Enfants de Dieu d'Ă©couter le message. Et d'autres encore, chaque fois qu'ils apprennent que je vais tenir des sĂ©minaires ou des confĂ©rences quelque part, ils planifient rapidement un autre Ă©vĂ©nement pendant la mĂȘme pĂ©riode, pour distraire les gens et les empĂȘcher d'y assister. Tous les mensonges et les calomnies possibles sont dits contre nous, pour convaincre les gens, et les empĂȘcher d'Ă©couter la VĂ©ritĂ©. Et tous les piĂšges possibles nous attendent partout oĂč nous passons. Ce que nous vivons aujourd'hui, c'est ce que nos premiers frĂšres ont vĂ©cu avant nous. Si vous voulez le comprendre, lisez entiĂšrement les passages de Actes 171-13, et Actes 23. Actes 171-13 "1Paul et Silas passĂšrent par Amphipolis et Apollonie, et ils arrivĂšrent Ă  Thessalonique, oĂč les Juifs avaient une synagogue. 2Paul y entra, selon sa coutume. Pendant trois sabbats, il discuta avec eux, d'aprĂšs les Écritures, 3expliquant et Ă©tablissant que le Christ devait souffrir et ressusciter des morts. Et JĂ©sus que je vous annonce, disait-il, c'est lui qui est le Christ. 4Quelques-uns d'entre eux furent persuadĂ©s, et se joignirent Ă  Paul et Ă  Silas, ainsi qu'une grande multitude de Grecs craignant Dieu, et beaucoup de femmes de qualitĂ©. 5Mais les Juifs, jaloux prirent avec eux quelques mĂ©chants hommes de la populace, provoquĂšrent des attroupements, et rĂ©pandirent l'agitation dans la ville. Ils se portĂšrent Ă  la maison de Jason, et ils cherchĂšrent Paul et Silas, pour les amener vers le peuple ... 13Mais, quand les Juifs de Thessalonique surent que Paul annonçait aussi Ă  BĂ©rĂ©e la parole de Dieu, ils vinrent y agiter la foule." Actes 231-35 "... 12Quand le jour fut venu, les Juifs formĂšrent un complot, et firent des imprĂ©cations contre eux-mĂȘmes, en disant qu'ils s'abstiendraient de manger et de boire jusqu'Ă  ce qu'ils aient tuĂ© Paul. 13Ceux qui formĂšrent ce complot Ă©taient plus de quarante, ..." Mais, je m'en rĂ©jouis bien-aimĂ©s, et je m'en rĂ©jouirai toujours, car la VĂ©ritĂ© ne sera jamais Ă©touffĂ©e, AllĂ©luia! AllĂ©luia! AllĂ©luia! Si cette VĂ©ritĂ© pouvait ĂȘtre Ă©touffĂ©e, elle ne serait pas arrivĂ©e jusqu'Ă  nous. Car les dĂ©mons qui ont Ă©tĂ© avant ceux-ci, ont travaillĂ© plus dur que ceux-ci pour dĂ©truire la VĂ©ritĂ©, mais leurs efforts ont Ă©tĂ© vains. Gloire soit rendue Ă  Dieu le PĂšre, au nom de JĂ©sus-Christ le Fils du PĂšre, de ce que toute lutte contre la VĂ©ritĂ©, est une lutte perdue d'avance. La Parole de Dieu est la VĂ©ritĂ©, et Dieu a promis de veiller sur Sa Parole, de la garder, et de la protĂ©ger. Tous ceux qui combattent la VĂ©ritĂ©, sont plutĂŽt en train de couper un arbre, avec une lame de rasoir, ils sont en train de vider la mer, avec un gobelet. Quelle tĂąche fatigante! Que Dieu soit louĂ©! AllĂ©luia! Je me rĂ©jouis encore bien-aimĂ©s, de ce que, en nous empĂȘchant de parler aux paĂŻens pour qu'ils soient sauvĂ©s, et aux captifs pour qu'ils soient libĂ©rĂ©s, ces dĂ©mons qui nous persĂ©cutent, ne cessent de mettre le comble Ă  leurs pĂ©chĂ©s. Mais ils n'Ă©chapperont pas Ă  la terrible colĂšre de Dieu. Ils combattent l'enseignement sur le discernement L'enseignement sur le discernement est celui que les dĂ©mons combattent le plus. Ils se sont tellement acharnĂ©s contre cet enseignement, qu'ils tentent dĂ©sespĂ©rĂ©ment, et par tous les moyens, de le dĂ©truire. Cet enseignement les a tellement mis Ă  nu, qu'il est devenu impossible pour eux de continuer de se cacher. Se sentir totalement dĂ©masquĂ©s de cette maniĂšre, c'est la chose que ces dĂ©mons ne sont pas prĂȘts Ă  digĂ©rer. Plusieurs sont allĂ©s dans la Bible, espĂ©rant y trouver quelques passages dont ils tordraient le sens, pour combattre et Ă©touffer cet enseignement. Mais ils n'en trouvent pas, et ne peuvent pas en trouver. L'Éternel est vivant! L'enseignement sur le discernement est tellement clair et le Seigneur nous l'a tellement bien prĂ©sentĂ© que mĂȘme les gens de mauvaise foi reconnaissent son authenticitĂ©. Le fait que quelques-uns choisissent de ne pas le reconnaĂźtre, ne rendra pas l'enseignement faux pour autant. Quand c'est Dieu qui fait, Il le fait bien. Et ce que l'Éternel fait, nul ne peut dĂ©faire. Dieu sait que cet enseignement est vrai, nous Ses enfants nous le savons aussi. Satan et ses agents aussi savent que cet enseignement est vrai, mĂȘme si quelques-uns s'efforcent en vain de le dĂ©monter. Aucun vrai enfant de Dieu ne peut combattre cet enseignement si bien expliquĂ©, et aucun ne peut user de ruse pour le discrĂ©diter. Ce n'est pas cela le travail des Enfants de Dieu. Il n'y a donc que les gens de satan, qui, pour mettre un comble Ă  leurs pĂ©chĂ©s, se lancent dans cette absurde campagne de destruction et de dĂ©nigrement. Si donc vous entendez un soi-disant chrĂ©tien ou pasteur soutenir que les dĂ©mons en chair n'existent pas, ne soyez pas Ă©tonnĂ©s. Sachez tout simplement que ce soi-disant chrĂ©tien ou pasteur, est un dĂ©mon. C'est de cette maniĂšre que ces fils de la perdition aiment se sĂ©duire. Non pas qu'ils soient ignorants, mais plutĂŽt parce que l'enseignement sur le discernement les a mis Ă  nu. Ils essayent autant qu'ils le peuvent de combattre cet enseignement, alors qu'ils savent qu'ils seront toujours incapables de prouver le contraire par la Bible. Ils espĂšrent qu'en combattant l'enseignement et en dĂ©montrant que les dĂ©mons en chair n'existent pas, ils pourront se cacher, ou mĂȘme brouiller les idĂ©es des gens, par rapport Ă  ce qu'on connaĂźt dĂ©jĂ  d'eux. C'est ainsi que leurs premiers frĂšres dĂ©mons tentaient de prouver Ă  JĂ©sus qu'ils n'Ă©taient pas des dĂ©mons, et que les dĂ©mons en chair n'existaient pas. Ils se faisaient plutĂŽt passer pour des Enfants de Dieu, et accusaient JĂ©sus d'avoir un dĂ©mon, comme vous pouvez le lire dans le passage suivant "38Je dis ce que j'ai vu chez mon PĂšre; et vous, vous faites ce que vous avez entendu de la part de votre pĂšre. 39Ils lui rĂ©pondirent Notre pĂšre, c'est Abraham. JĂ©sus leur dit Si vous Ă©tiez enfants d'Abraham, vous feriez les Ɠuvres d'Abraham. ... 41Vous faites les Ɠuvres de votre pĂšre. Ils lui dirent Nous ne sommes pas des enfants illĂ©gitimes; nous avons un seul PĂšre, Dieu. 42JĂ©sus leur dit Si Dieu Ă©tait votre PĂšre, vous m'aimeriez, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens; je ne suis pas venu de moi-mĂȘme, mais c'est lui qui m'a envoyĂ©. 43Pourquoi ne comprenez-vous pas Mon langage? Parce que vous ne pouvez Ă©couter Ma parole. 44Vous avez pour pĂšre le diable, et vous voulez accomplir les dĂ©sirs de votre pĂšre. Il a Ă©tĂ© meurtrier dĂšs le commencement, et il ne se tient pas dans la vĂ©ritĂ©, parce qu'il n'y a pas de vĂ©ritĂ© en lui. Lorsqu'il profĂšre le mensonge, il parle de son propre fonds; car il est menteur et le pĂšre du mensonge
 48Les Juifs lui rĂ©pondirent N'avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain, et que tu as un dĂ©mon?" Jean 838-39, 41-44, 48. Retenez donc, bien-aimĂ©s, que tous ces soi-disant pasteurs ou chrĂ©tiens qui tentent de prouver que les dĂ©mons en chair n'existent pas, sont des dĂ©mons. Ils savent trĂšs bien que les dĂ©mons en chair existent. Ils reconnaissent que l'enseignement sur le discernement est tellement clair que nul, par la Bible, ne peut prouver le contraire. Mais ils sont embarrassĂ©s lorsqu'ils se retrouvent incapables de cacher leurs fruits. Et comme les chrĂ©tiens arrivent Ă  les reconnaĂźtre plus facilement maintenant, avec les Ă©lĂ©ments de discernement que le Seigneur nous a donnĂ©s, ces dĂ©mons tentent de brouiller les cartes. Ils tentent de semer la confusion dans tout ce que nous avons reçu. Ils pensent qu'ils peuvent rĂ©ussir Ă  faire croire aux gens que cet enseignement est faux. Mais comme le Seigneur est vivant, chaque fois que ces dĂ©mons tentent de prouver que l'enseignement sur le discernement est faux, ils se retrouvent plutĂŽt en train de confirmer que cet enseignement est vrai. Tous les arguments qu'ils tentent d'utiliser pour nous confondre, les confondent davantage, et prouvent que le Seigneur a vraiment parlĂ© Ă  travers nous. AllĂ©luia! N'oubliez pas que les dĂ©mons ont toujours combattu la vĂ©ritĂ©, et ont toujours essayĂ© de dĂ©truire ou d'annuler la parole de Dieu. Mais depuis des milliers d'annĂ©es, ils en ont Ă©tĂ© incapables. Et comme satan s'entĂȘte toujours, lui et ses agents continuent le mĂȘme travail. Soyez-en rassurĂ©s, c'est peine perdue. Aucun dĂ©mon ne rĂ©ussira jamais Ă  dĂ©truire la vĂ©ritĂ©. La lutte contre la vĂ©ritĂ©, est une lutte perdue d'avance. C'est aussi en cela que nous reconnaissons que notre Dieu est le seul vrai Dieu. AllĂ©luia! L'un de ces dĂ©mons, pour tenter de prouver que les dĂ©mons en chair n'existent pas, a mĂȘme dĂ©clarĂ© que Judas Iscariot s'Ă©tait repenti, en parlant de repentance dans le sens du salut. Quand les gens lui ont demandĂ© comment il pouvait dire de telles grossiĂšretĂ©s, il a rĂ©pondu en disant que dans Matthieu 273, il est dit que Judas s'Ă©tait repenti, ou en d'autres termes, que Judas avait Ă©tĂ© pris de remords lorsque JĂ©sus avait Ă©tĂ© condamnĂ©. Ce que ce serpent oublie, c'est que, aprĂšs ce qu'il appelle repentance de Judas dans le verset 3, ce mĂȘme Judas est allĂ© se pendre, dans le verset 5. VoilĂ  jusqu'oĂč vont les dĂ©mons pour tenter de nous contredire. Si le mot "repentir" ou l'expression "ĂȘtre pris de remords" dont il est question dans le verset 3 voulait dire repentance dans le sens du salut, Judas ne se serait pas suicidĂ©. Or, nous savons tous, que Judas s'Ă©tait pendu. Mais ce serpent dĂ©clare que Judas s'Ă©tait repenti, c'est-Ă -dire qu'il est sauvĂ©. Il veut par-lĂ  vous dire que tous ceux qui se pendent, ou qui se suicident, vont au Ciel, ou que quelqu'un peut se pendre ou se suicider, et aller quand mĂȘme au Ciel. Le degrĂ© d'idiotie de ces dĂ©mons est pathologique. Un autre dĂ©mon, toujours pour tenter de prouver que les dĂ©mons en chair n'existent pas, a dĂ©clarĂ© que "Si satan avait la puissance de faire naĂźtre des dĂ©mons en chair sur la terre, l'on devrait alors en dĂ©duire que Dieu est vraiment vicieux et cruel, et s'amuse Ă  nous faire naĂźtre sur une terre infestĂ©e de dĂ©mons en chair, pour voir ensuite qui s'en sortirait." Quand ces serpents veulent blasphĂ©mer, ils font semblant de ne pas savoir ce qu'ils font. Car ce dĂ©mon s'en prend au Seigneur ici, et tente de vous dire que Dieu est vicieux et cruel, parce qu'Il nous fait naĂźtre sur une terre infestĂ©e de dĂ©mons en chair. JĂ©sus nous dit dans Luc 103 "Voici, je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups". Et ce serpent, qui fait semblant de ne pas savoir que JĂ©sus nous a expressĂ©ment envoyĂ©s sur une terre remplie de loups et de serpents, dit que Dieu est vraiment vicieux et cruel, pour avoir fait cela. Ne vous Ă©tonnez pas de ce que ces dĂ©mons blasphĂšment si aisĂ©ment; c'est parce qu'ils savent qu'ils n'ont rien Ă  perdre. Ne les imitez surtout pas! Ce mĂȘme dĂ©mon va jusqu'Ă  dire que "La bonne semence c'est la Parole de Dieu. Ceux qui la reçoivent deviennent Enfants de Dieu, ils deviennent donc des fils de Dieu ou semence de Dieu." Quand JĂ©sus nous dit que la bonne semence, ce sont les fils du royaume. Maintenant Ă  vous de juger, qui du Seigneur JĂ©sus ou de ce dĂ©mon connaĂźt le mieux. Ce serpent continue en disant que "Nous sommes tous de l'ivraie Ă  la naissance, et c'est en cours de chemin, que certains acceptent l'Évangile et deviennent le blĂ©." Pour lui, le fait que j'ai dit que l'ivraie ne peut pas devenir le blĂ©, est une preuve que mon enseignement est faux. Je vous ai dit plus haut, bien-aimĂ©s, que chaque fois que ces dĂ©mons tentent de prouver que l'enseignement sur le discernement est faux, ils se retrouvent plutĂŽt en train de confirmer que cet enseignement est vrai. Tous les arguments qu'ils utilisent pour tenter de nous confondre, les exposent davantage. Dire que "Nous sommes tous de l'ivraie Ă  notre naissance", c'est juste une autre idiotie. Le Seigneur JĂ©sus dit qu'Il n'a semĂ© que le blĂ© dans Son champ, et que c'est l'ennemi qui est venu pendant la nuit, semer l'ivraie. Ce fils du malin affirme que l'ivraie peut devenir le blĂ©. Si l'ivraie pouvait vraiment se changer en blĂ©, Dieu aurait changĂ© cette ivraie en blĂ©, au lieu de dire Ă  Ses serviteurs de laisser croĂźtre ensemble l'ivraie et le blĂ©, jusqu'Ă  la moisson, pour qu'Ă  l'Ă©poque de la moisson, l'ivraie soit arrachĂ©e, liĂ©e en gerbes pour ĂȘtre brĂ»lĂ©e. Lisez encore bien cette parabole de l'ivraie dans Matthieu 1324-43, et vous verrez jusqu'Ă  quel point ces dĂ©mons, qui se croient aussi sages que nous, sont idiots. Ils blasphĂšment contre le Saint-Esprit La mission des dĂ©mons en chair dans le monde en gĂ©nĂ©ral, et dans l'Église en particulier, est de tout faire pour que personne n'entre au Ciel. Ces serpents font donc tout ce qu'ils peuvent, soit pour empĂȘcher les gens de croire en JĂ©sus-Christ, soit pour dĂ©tourner de JĂ©sus-Christ ceux qui ont dĂ©jĂ  cru. C'est ainsi qu'ils fabriquent tout genre de mensonges et de calomnies mensongĂšres contre la saine doctrine, et contre les vrais Serviteurs de Dieu qui enseignent la saine doctrine. Ces dĂ©mons ne se lancent pas dans ce genre de mĂ©chancetĂ© par ignorance ou par faiblesse; ils le font consciemment et volontairement, dans le but de dĂ©tourner les gens de JĂ©sus-Christ, le seul vrai Dieu et le seul vrai Sauveur, pour les conduire avec eux en Enfer. Vu la difficultĂ© de comprĂ©hension que plusieurs Enfants de Dieu Ă©prouvent par rapport Ă  l'enseignement du BlasphĂšme contre le Saint-Esprit, j'ai jugĂ© mieux de le traiter de maniĂšre complĂšte dans un enseignement Ă  part, intitulĂ© "Le BlasphĂšme Contre le Saint-Esprit", que vous trouverez sur le site Je vous le recommande. Les autres fruits Pour connaĂźtre les autres fruits, nous Ă©tudierons 1Corinthiens 13, Jude, Romains 1617-18, Tite 310-11, 2Pierre 2, 1Rois 18, et 1Rois 22. Étude de 1Corinthiens 13 "1Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas l'amour, je suis un airain qui rĂ©sonne, ou une cymbale qui retentit. 2Et quand j'aurais le don de prophĂ©tie, la science de tous les mystĂšres et toute la connaissance, quand j'aurais mĂȘme toute la foi jusqu'Ă  transporter des montagnes, si je n'ai pas l'amour, je ne suis rien. 3Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais mĂȘme mon corps pour ĂȘtre brĂ»lĂ©, si je n'ai pas l'amour, cela ne me sert de rien." Dans les versets 1 Ă  3, le Seigneur attire notre attention sur le fait que manifester quelques dons ne signifie nullement que l'on est de la semence de Dieu. Ce n'est pas le nombre de dons que nous manifestons qui font de nous des Enfants de Dieu, c'est plutĂŽt le fruit de Dieu en nous qui prouve que nous sommes de la semence de Dieu. Beaucoup d'enfants du diable manifestent des dons, et c'est cela qui trompe les Enfants de Dieu. Au lieu de regarder Ă  leurs fruits, ils regardent aux dons. S'il fallait regarder aux dons, nous arriverions Ă  la conclusion que ces gens de satan servent Dieu plus que les vrais Enfants de Dieu, puisqu'ils sont gĂ©nĂ©ralement les plus nombreux Ă  manifester les dons. Ce n'est donc pas Ă  leurs dons que vous les reconnaĂźtrez, c'est Ă  leurs fruits. Dans les versets 4 Ă  7, le Seigneur nous rĂ©vĂšle un autre fruit que les enfants du diable ne peuvent pas porter. Ce fruit, c'est l'Amour, et toutes ses branches. Examinons ceci ensemble "4L'amour est patient, il est plein de bontĂ©; l'amour n'est point envieux; l'amour ne se vante point, il ne s'enfle point d'orgueil, 5il ne fait rien de malhonnĂȘte, il ne cherche point son intĂ©rĂȘt, il ne s'irrite point, il ne soupçonne point le mal, 6il ne se rĂ©jouit point de l'injustice, mais il se rĂ©jouit de la vĂ©ritĂ©; 7il excuse tout, il croit tout, il espĂšre tout, il supporte tout." À ceci vous reconnaĂźtrez les gens de satan au milieu de vous - Ils manquent de patience, et de bontĂ©. - Ils sont remplis de mĂ©chancetĂ© et d'envie de toute sorte, ils ne sont jamais satisfaits. Ils sont trop attachĂ©s aux choses du monde. - Ils sont enflĂ©s d'orgueil, et aiment s'attirer la gloire qu'ils n'ont pas du tout. - Ils sont malhonnĂȘtes, Ă©goĂŻstes, et ne cherchent que leurs intĂ©rĂȘts. - Ils ont le cƓur rempli de convoitises de toute sorte. Si les Ă©glises d'aujourd'hui sont remplies d'Ă©goĂŻsme et de mĂ©chancetĂ©, c'est parce que ces Ă©glises sont remplies de dĂ©mons. Dans les assemblĂ©es des vrais Enfants de Dieu, c'est l'amour qui rĂšgne, le partage, la communion fraternelle etc. Aujourd'hui, vous rencontrez des gens suffisamment riches, et des gens suffisamment pauvres, dans la mĂȘme Ă©glise. Nul n'est prĂȘt Ă  partager avec l'autre. Les pasteurs et les dirigeants eux-mĂȘmes cumulent, cumulent, cumulent encore, au point de devenir excessivement riches, et ils se glorifient de leurs richesses, ils sont fiers des biens matĂ©riels qui les entourent, et du luxe insolent dans lequel ils vivent. Ils se mettent Ă  l'aise, mettent leurs enfants Ă  l'aise, et mettent leurs familles Ă  l'aise. Pendant ce temps, certains des fidĂšles sont pauvres, parfois pauvres Ă  l'excĂšs. Tous ne cherchent que leurs propres intĂ©rĂȘts. - Ils passent leur temps Ă  soupçonner le mal Si vous ĂȘtes vigilants, vous reconnaĂźtrez ces gens plus facilement par ce critĂšre. Ils sont toujours en train de soupçonner le mal. Parfois ils vous accusent du mal, avant de se rendre compte aprĂšs qu'ils se sont trompĂ©s. Et gĂ©nĂ©ralement, ils trouvent le mal partout, mĂȘme lĂ  oĂč il n'y en a pas du tout. - Ils se rĂ©jouissent de l'injustice Ils sont gĂ©nĂ©ralement trĂšs contents quand il nous arrive quelques malheurs, trĂšs mĂ©contents quand il nous arrive le bonheur. Ils sont frustrĂ©s quand ils voient les frĂšres rĂ©ussir. Ils se rĂ©jouissent quand ils nous voient embarrassĂ©s. VoilĂ  pourquoi, chaque fois que nous enseignons la VĂ©ritĂ©, ils sont lĂ , et font l'effort de suivre attentivement les enseignements; non pas pour ĂȘtre Ă©difiĂ©s, mais pour chercher dans l'enseignement quelques points avec lesquels ils vont nous contredire et nous embarrasser si possible. C'est ce qu'ils faisaient derriĂšre JĂ©sus. Pendant que les gens suivaient JĂ©sus chaque jour pour ĂȘtre Ă©difiĂ©s et dĂ©livrĂ©s, ils suivaient aussi JĂ©sus chaque jour, pour lui tendre des piĂšges, pour lui poser quelques questions afin de l'embarrasser. - Ils ont le cƓur rempli de jalousie, incapables de se rĂ©jouir quand les frĂšres rĂ©ussissent. Ils sont mĂ©contents quand les frĂšres sont bĂ©nis. Ils suivent les traces de leur frĂšre CaĂŻn. Quand ils apprennent qu'un frĂšre est tombĂ© dans un pĂ©chĂ© quelconque, ils cĂ©lĂšbrent; ils sont tellement contents, et cela devient un sujet de mĂ©ditation et de partage pour eux. Ils en font un grand sujet de consolation. - Ils ont le cƓur rempli de concurrence et de rivalitĂ© de toute sorte. Vous les reconnaĂźtrez maintenant au milieu de vous, l'Éternel est vivant. Ce n'est pas Ă  leurs dons que vous les reconnaĂźtrez, c'est Ă  leurs fruits. Étude de Romains 1617-18 "17Je vous exhorte, frĂšres, Ă  prendre garde Ă  ceux qui causent des divisions et des scandales, au prĂ©judice de l'enseignement que vous avez reçu. Éloignez-vous d'eux. 18Car de tels hommes ne servent point Christ notre Seigneur, mais leur propre ventre; et, par des paroles douces et flatteuses, ils sĂ©duisent les cƓurs des simples." - Ces semences de satan passent leur temps Ă  causer des divisions et des scandales au milieu des Enfants de Dieu. Sachez que la division est un fruit de satan, les scandales aussi. Parlant des scandales, Luc 171-2 dit "1Il est impossible qu'il n'arrive pas des scandales; mais malheur Ă  celui par qui ils arrivent! 2Il vaudrait mieux pour lui qu'on mĂźt Ă  son cou une pierre de moulin et qu'on le jetĂąt dans la mer, que s'il scandalisait un de ces petits." Quand vous voyez ce qui attend ceux qui causent des scandales, vous comprenez que c'est un fruit que seuls les enfants du diable peuvent porter. Pour revenir Ă  la division, je vais faire une prĂ©cision Ă  ce niveau avant de continuer Le Seigneur dĂ©clare dans Luc 1251-53 "51Pensez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre? Non, vous dis-je, mais la division. 52Car dĂ©sormais cinq dans une maison seront divisĂ©s, trois contre deux, et deux contre trois; 53le pĂšre contre le fils et le fils contre le pĂšre, la mĂšre contre la fille et la fille contre la mĂšre, la belle-mĂšre contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mĂšre." Et Matthieu 1036 continue en disant "Et l'homme aura pour ennemis les gens de sa maison." Le Seigneur est donc venu mettre la division sur la terre, et nous, Serviteurs de Dieu qui suivons les pas du Seigneur JĂ©sus, c'est la division que nous sommes appelĂ©s Ă  mettre. Mais quel genre de division? La division entre le bien et le mal, la division entre les Enfants de Dieu et les enfants du diable, la division entre la lumiĂšre et les tĂ©nĂšbres, la division entre la vĂ©ritĂ© et le mensonge. Ne soyez donc pas Ă©tonnĂ©s que les agents de satan soient en train de nous accuser de semer la division partout oĂč nous passons. Ils nous accusent de semer la division dans les Ă©glises, dans les familles, etc. En fait ce n'est pas nous qui semons la division, c'est l'Évangile de JĂ©sus-Christ qui expose les Ɠuvres des tĂ©nĂšbres, et divise ceux qui veulent abandonner ces Ɠuvres d'avec ceux qui dĂ©sirent y demeurer. La division qui est le fruit de satan, est celle qui divise les vrais Enfants de Dieu entre eux. C'est l'une des armes les plus puissantes de satan. Comme il sait que le Seigneur ne se glorifie que dans l'UnitĂ©, il s'arrange toujours Ă  semer la discorde entre les Enfants de Dieu. Ses agents dans les assemblĂ©es, passent tout leur temps dans les commĂ©rages et les calomnies de toute sorte, ils passent le temps Ă  monter les Enfants de Dieu les uns contre les autres. Si vous connaissez des soi-disant frĂšres ou sƓurs qui sont spĂ©cialisĂ©s dans la calomnie, sachez que ce sont des dĂ©mons. Vous rencontrez dans ce groupe beaucoup de pasteurs et leurs femmes. Parfois ce sont des pasteurs et des dirigeants eux-mĂȘmes, qui entretiennent des commĂ©rages dans des Ă©glises, et souvent aussi ce sont leurs femmes qui sont dirigeantes des diffĂ©rents groupes de calomnies, et toutes les calomnies de l'assemblĂ©e passent par elles. Si vous connaissez de telles femmes, sachez que ce sont des sorciĂšres. - Leur ventre passe avant tout Que ce soit ceux qui se font appeler simples chrĂ©tiens ou ceux qui se font appeler Serviteurs de Dieu, ils sont tous pareils. Ils ont pour dieu leur ventre. Pour ceux qui se font appeler Serviteurs de Dieu, il vous sera encore plus facile de les reconnaĂźtre. Les choses de Dieu ne constituent pas une prioritĂ© pour eux. MĂȘme quand ils sont dans le ministĂšre, c'est juste pour avoir de quoi manger, et non pas pour servir Dieu. VoilĂ  pourquoi beaucoup ne sont pas prĂȘts Ă  faire le moindre sacrifice pour Dieu. Ils se compromettent chaque fois que leurs intĂ©rĂȘts sont menacĂ©s. Étude de Jude "Car il s'est glissĂ© parmi vous certains hommes, dont la condamnation est Ă©crite depuis longtemps, des impies, qui changent la grĂące de notre Dieu en dissolution, et qui renient notre seul maĂźtre et Seigneur JĂ©sus-Christ." Jude 4. Dieu dit bien qu'il s'est glissĂ© parmi nous ... Il ne nous parle pas de ceux qui sont dans le monde, mais de ceux qui sont dans les Ă©glises. Le Seigneur prĂ©cise que ce sont des impies, dont la condamnation est Ă©crite depuis longtemps, c'est-Ă -dire des gens de l'Enfer, des gens qui ne peuvent pas ĂȘtre sauvĂ©s. Ces gens changent la grĂące de notre Dieu en dissolution et renient notre seul maĂźtre et Seigneur JĂ©sus-Christ. Plusieurs de ceux-lĂ  sont ce que l'on appelle aujourd'hui, grands hommes de Dieu. Ils parcourent le monde, dĂ©nigrent et sabotent l'Évangile de JĂ©sus, dĂ©truisent la foi des personnes mal affermies, enseignant pour un gain honteux ce qu'on ne doit pas enseigner. Ils ne prĂȘchent que l'argent et la puissance. Beaucoup parmi eux sont des prĂ©dicateurs des diffĂ©rentes folies que vous entendez. Ils ont pour messages La prospĂ©ritĂ©, les miracles, la foi qui permet d'obtenir les choses matĂ©rielles, l'ƓcumĂ©nisme, c'est-Ă -dire la fusion de toutes les diffĂ©rentes poubelles appelĂ©es Ă©glises, etc. Vous les reconnaĂźtrez. Certains vont partout pour vendre les dons, ils vendent l'onction, ils vendent la puissance, ils vendent des bĂ©nĂ©dictions, ils vendent des bĂ©nĂ©dictions spĂ©ciales, etc. des choses qu'ils n'ont pas eux-mĂȘmes. Si au moins ils vendaient ce qu'ils avaient! Ils vendent des guĂ©risons aux malades. Les malades payent la priĂšre en fonction du type de maladie qu'ils ont. D'autres se dĂ©placent en promettant des miracles aux gens, pour les attirer et collecter de l'argent. Il y en a qui vendent aux fidĂšles des Ă©toffes dites bĂ©nites, des huiles dites bĂ©nites, des eaux dites bĂ©nites, des flacons d'huiles appelĂ©es huiles d'onction, etc. D'autres vendent des autocollants dits bĂ©nits aux fidĂšles, pour coller dans les maisons et sur les voitures, afin d'attirer selon eux, le bonheur dans leurs maisons et sur leurs voitures. Tout petit objet d'incantation est vendu. Ils vendent la dĂ©livrance. Il y en a qui font ce qu'ils appellent "cure d'Ăąmes", et la consultation est payĂ©e, le prix dĂ©pendant de chaque cas. AprĂšs la consultation, le prix de la dĂ©livrance est fixĂ© en fonction de combien compliquĂ© est le cas. Je me demande comment les religieux peuvent suivre des gens pareils sans se rendre compte qu'ils ont affaire aux dĂ©mons. Est-ce que vous avez besoin qu'on vous dise que ces gens sont des dĂ©mons? D'autres encore sont des pasteurs des Ă©glises. Ils vendent tout. Dans les assemblĂ©es, tous se sont dĂ©jĂ  Ă©quipĂ©s d'appareils d'enregistrement assez sophistiquĂ©s, pour enregistrer les messages vides de contenus qu'ils font, et les vendre. Quand vous visitez l'une de ces assemblĂ©es de satan, dĂšs la fin du message, avant de sortir de la salle, on vous annonce que les CDs du message du jour sont dĂ©jĂ  en vente. Les messages sont prĂ©parĂ©s longtemps Ă  l'avance, avec des titres bien choisis Ă  l'avance, les Ă©tuis des CDs prĂ©parĂ©s Ă  l'avance, les Ă©tiquettes prĂ©parĂ©es Ă  l'avance, tout est prĂȘt pour que chaque petit sou soit collectĂ© Ă  temps. Matthieu 108 dit "Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement." Mais eux, ils suivent la voie de leur maĂźtre satan. La cupiditĂ©, l'amour de l'argent, est l'unique chose qui les anime. Ils ne sont pas diffĂ©rents de leur frĂšre Judas, ils sont tous cupides Ă  l'excĂšs. Ils ont transformĂ© les Ă©glises en centres commerciaux. Chacun d'eux cherche quoi vendre. Tous se ruent vers la fabrication et la vente des livres. MĂȘme ceux parmi eux qui n'ont jamais fini de lire leur Bible, ont dĂ©jĂ  Ă©crit ce qu'ils appellent livres chrĂ©tiens, pour vendre. D'autres fabriquent des musiques d'incantation qu'ils appellent louanges, les mettent rapidement sur CDs, pour vendre. Dans les Ă©glises, vous trouvez mĂȘme des distributeurs automatiques oĂč vous pouvez acheter des biscuits et des boissons, et manger et boire tranquillement pendant que le message passe. Aujourd'hui, pour aller Ă  l'Ă©glise, il ne faut surtout pas oublier de prendre assez d'argent, et le chĂ©quier. AprĂšs la distraction qu'ils appellent culte, le commerce commence. Commerce de livres, de Bibles, de CDs, de Tee Shirt avec des Ă©critures religieuses dessus, d'autres petits gadgets avec des Ă©critures religieuses dessus, de posters, commerce de choses Ă  manger, etc. Ils ont fait de la maison de Dieu une caverne de voleurs, Luc 1945-46. Certaines de ces grandes Ă©glises de satan se sont mĂȘme dĂ©jĂ  Ă©quipĂ©es de machines pour des transactions par cartes bancaires. Elles sont devenues des vrais supermarchĂ©s, tout modernes. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. N'osez pas leur tenir ce langage, ils vous lapideront. Quand ils font un message qui peut tenir sur un CD, ils le dĂ©coupent en morceaux, le mettent sur plusieurs CDs, pour avoir plus de recettes. VoilĂ  pourquoi les librairies religieuses sont remplies des CDs qui durent moins d'une heure de temps. MĂȘme certains CDs qui Ă©taient dĂ©jĂ  faits, et qui avaient la durĂ©e normale, ils sont en train de les refaire, pour les dĂ©couper en morceaux, et en faire beaucoup de CDs Une cupiditĂ© qui ne peut trouver son explication qu'en satan. Aujourd'hui, ils sont tous en train d'ouvrir des boutiques, qu'ils appellent "librairies chrĂ©tiennes". Vous allez dans ces librairies dites chrĂ©tiennes, vous trouvez toutes les abominations du monde Des livres de magie, des livres de sorcellerie, des bibles sataniques, des jeux dĂ©moniaques, des CDs de musiques sataniques, des statues, des masques en bois, en argile, en acier, etc. des gadgets inutiles, etc. Toute forme d'abomination est vendue dans ces librairies dites chrĂ©tiennes. Et chaque assemblĂ©e fait l'effort d'ouvrir sa boutique. C'est une vraie course vers la richesse, une cupiditĂ© Ă  l'excĂšs. Pour vous qui aviez besoin de plus de discernement pour les reconnaĂźtre, vous l'avez maintenant. À Dieu soit la gloire! C'est Ă  leurs fruits que vous les reconnaĂźtrez, et non pas Ă  leur popularitĂ©. Certains de ces dĂ©mons que vous appelez Serviteurs de Dieu, ont mĂȘme des avions privĂ©s, d'autres ont des chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision dites chrĂ©tiennes. C'est Ă  leurs fruits que vous les reconnaĂźtrez et non Ă  leurs richesses. Je profite pour vous mettre en garde contre ce qu'on appelle "tĂ©lĂ©visions chrĂ©tiennes". Sachez qu'il n'y a pas de tĂ©lĂ©vision chrĂ©tienne. C'est de la pure sĂ©duction satanique. D'autres ont des gardes du corps. Chaque fois qu'ils se dĂ©placent, vous les voyez entourĂ©s des gardes du corps. Ils vous montrent ainsi qu'ils sont des dĂ©mons, et ne peuvent pas s'attendre Ă  la protection de Dieu. Les vrais Serviteurs de Dieu ont pour gardes du corps les anges de Dieu. Vous reconnaĂźtrez certains de ces pasteurs sorciers avec des grosses bagues aux doigts, d'autres avec des chaĂźnes au cou. Jude 11 "Malheur Ă  eux! Car ils ont suivi la voie de CaĂŻn, ils se sont jetĂ©s pour un salaire dans l'Ă©garement de Balaam, ils se sont perdus par la rĂ©volte de CorĂ©." Vous les reconnaĂźtrez. Ils sont trĂšs nombreux parmi les pasteurs d'aujourd'hui. À cause de leurs salaires et de quelques avantages matĂ©riels ou mĂȘme pour prĂ©server leurs titres, ils sont prĂȘts Ă  enseigner tous les mensonges possibles, et Ă  dire tout genre de calomnies contre ceux qui prĂȘchent la VĂ©ritĂ©. Jude 12-13 "Ce sont des Ă©cueils dans vos agapes, ..." Quand vous avez l'ivraie au milieu de vous, vous n'Ă©chappez pas aux scandales. Satan passe rĂ©guliĂšrement par eux pour frustrer vos fĂȘtes, refroidir votre joie, vous crĂ©er quelques ennuis, et vous causer de l'amertume. Comme je l'ai dĂ©jĂ  expliquĂ© plus haut, ces gens sont des instruments de satan, et satan les utilise librement. Si vous avez des soi-disant Enfants de Dieu au milieu de vous, qui chaque fois sont sujets Ă  scandales, vous n'aurez plus de doute. "... Ce sont des nuĂ©es sans eau, poussĂ©es par les vents; des arbres d'automne sans fruits, deux fois morts, dĂ©racinĂ©s; 13des vagues furieuses de la mer, rejetant l'Ă©cume de leurs impuretĂ©s; des astres errants, auxquels l'obscuritĂ© des tĂ©nĂšbres est rĂ©servĂ©e pour l'Ă©ternitĂ©." Jude 16 "Ce sont des gens qui murmurent, qui se plaignent de leur sort, qui marchent selon leurs convoitises, qui ont Ă  la bouche des paroles hautaines, qui admirent les personnes par motif d'intĂ©rĂȘt." Jude 19 "Ce sont ceux qui provoquent des divisions, hommes sensuels, n'ayant pas l'esprit." Étude de Tite 310-11 "10Éloigne de toi, aprĂšs un premier et un second avertissement, celui qui provoque des divisions, 11sachant qu'un homme de cette espĂšce est perverti, et qu'il pĂšche, en se condamnant lui-mĂȘme." Si le Seigneur met tant d'accent sur la division, et nous demande de nous Ă©loigner des gens qui la crĂ©ent, c'est parce qu'Il sait que seuls les enfants du diable portent ce fruit-lĂ . Aucune vraie semence de Dieu ne portera ce fruit. Vous ne verrez jamais, je dis bien jamais, un vrai enfant de Dieu, chercher intentionnellement, Ă  opposer deux autres vrais Enfants de Dieu, dans le but de les diviser. Ce sont les enfants de satan qui, intentionnellement, s'arrangent Ă  monter les Enfants de Dieu les uns contre les autres. Et tout ceci n'a qu'un seul but, les diviser. N'oubliez pas que satan et ses agents sont totalement opposĂ©s Ă  l'unitĂ© des Enfants de Dieu. Et Dieu nous demande clairement de nous Ă©loigner aprĂšs un premier et un second avertissement de ces gens-lĂ . Pensez-vous que le Seigneur qui ne dĂ©sire que l'unitĂ© de Ses enfants, puisse encore nous demander de nous Ă©loigner des autres Enfants de Dieu? La rĂ©ponse est absolument NON. Il s'agit donc des enfants de satan; c'est pour cela que Dieu nous demande de nous Ă©loigner d'eux. Il faut que cet enseignement soit trĂšs clair pour vous maintenant. Autres Ă©lĂ©ments pour les reconnaitre Voici quelques autres points avec lesquels vous pouvez reconnaĂźtre l'ivraie dans les Ă©glises Le mensonge Ils mentent tellement que mĂȘme dans la maison de Dieu, ils mentent. Et mĂȘme quand vous les attrapez, ils soutiennent avec fermetĂ© leur mensonge. Ce n'est pas Ă©tonnant. La semence de leur pĂšre le diable est en eux. Vous savez bien-aimĂ©s, mĂȘme quand il nous arrive de laisser Ă©chapper quelques paroles fausses de nos bouches, nous faisons au moins attention quand nous sommes dans la maison de Dieu. Pour eux c'est diffĂ©rent; la maison de Dieu ou la prĂ©sence de Dieu n'y changent rien. Plusieurs fois je suis tombĂ© sur certains qu'on appelle pasteurs. DĂšs qu'ils se sont rendu compte que mon enseignement pouvait ouvrir les yeux des Enfants de Dieu, ils m'ont chassĂ©, et ont menti aux Enfants de Dieu en leur disant que je m'Ă©tais excusĂ©, et qu'Ă  cause de certaines urgences, j'avais changĂ© de programme, en leur promettant que je reviendrais plus tard. Un autre qui, avant le premier enseignement que je devais faire, m'avait dĂ©jĂ  programmĂ© pour un second, s'est retrouvĂ© pris dans son propre piĂšge. Son peuple a Ă©tĂ© captivĂ© par le premier enseignement que j'avais donnĂ©, et attendait le second enseignement avec impatience. Les rumeurs ont fait le tour de la ville, disant qu'il y a un nouvel homme de Dieu qui est venu, et qui prĂȘche des messages diffĂ©rents du levain des pharisiens qu'ils ont l'habitude d'Ă©couter. Le second jour de l'enseignement, la salle Ă©tait pleine Ă  craquer. Les gens sont sortis de partout. Maintenant, il fallait faire quelque chose. Il fallait prĂ©parer un mensonge, pas n'importe lequel, de peur de se faire lapider. "Heureusement", ils n'en manquent jamais. Lui et son Ă©quipe de dirigeants, se sont arrangĂ©s trĂšs rapidement avec un autre soi-disant pasteur, pour qu'il vienne enseigner sur le mĂȘme sujet que celui sur lequel j'Ă©tais supposĂ© enseigner, en m'excusant auprĂšs de la foule qui s'Ă©tait dĂ©placĂ©e, lui disant que j'ai eu un empĂȘchement brusque de derniĂšre minute, et que malgrĂ© toute ma volontĂ© d'ĂȘtre lĂ , je n'ai pas pu. Regardez avec quel sang-froid les dĂ©mons disent le mensonge au peuple de Dieu, bien-aimĂ©s! Un autre encore qui m'avait programmĂ© pour enseigner le dimanche qui suivait, et qui avait commis l'erreur d'annoncer cela Ă  ses fidĂšles, a annulĂ© mon enseignement, quand il s'est rendu compte que je n'Ă©tais pas prĂȘt Ă  laisser la vĂ©ritĂ© de JĂ©sus-Christ pour dire plutĂŽt sa vĂ©ritĂ© Ă  lui. Et comme ses fidĂšles qui avaient entendu parler de moi, et auxquels j'avais donnĂ© quelques exhortations auparavant m'attendaient dimanche, l'embarras a commencĂ©. Il fallait rapidement fabriquer un mensonge. Et comme ce sont des experts en la matiĂšre, ils sont toujours inspirĂ©s. Il est venu ce dimanche, s'excuser auprĂšs de ses fidĂšles, en leur disant qu'avant de me programmer pour ce jour-lĂ , il avait oubliĂ© que cela ferait le deuxiĂšme dimanche qu'il ne prĂȘcherait pas, en ajoutant que selon la bible de leur pĂšre, un pasteur ne peut pas passer deux dimanches sans parler Ă  son peuple. Vous savez que ce sont des pasteurs du dimanche. Les autres jours ne leur servent Ă  rien. Cela a Ă©tĂ© tellement flagrant que ceux qui Ă©taient de la semence de Dieu dans cette Ă©glise, ont compris que leur pasteur Ă©tait du diable. Les commĂ©rages et les calomnies Sachez qu'aucun vrai enfant de Dieu ne peut porter ce fruit. Ce sont les enfants de satan qui passent tout leur temps dans les commĂ©rages et calomnies. Ils ne font ceci que dans le but de crĂ©er la division entre les Enfants de Dieu. Ce pĂ©chĂ© fait partie des pĂ©chĂ©s qu'on ne peut pas commettre accidentellement ou par faiblesse. Aucun enfant de Dieu dans la faiblesse ne peut intentionnellement chercher Ă  diviser les autres Enfants de Dieu. Ne vous laissez donc plus sĂ©duire par ces soi-disant repentances que ces agents de satan font lorsque vous les avez attrapĂ©s en train de monter des histoires de toute piĂšce pour tenter de diviser les frĂšres. La fausse libĂ©ralitĂ© Ils s'agitent Ă  pratiquer la libĂ©ralitĂ©, pour sĂ©duire et se faire voir. Avec un peu de vigilance, vous distinguerez ce genre de libĂ©ralitĂ©. Une libĂ©ralitĂ© trop artificielle, qui manque de naturel. Les fausses prophĂ©ties et les fausses visions Je vous exhorte, frĂšres, Ă  prendre garde Ă  ceux qui donnent des fausses prophĂ©ties, des fausses visions, et des faux songes. L'unique but recherchĂ©, est de vous Ă©carter du droit chemin. La traitrise Ils jouent le rĂŽle de leur pĂšre le diable, au milieu de nous. Ils sont lĂ  pour nous trahir. Quand ils sont avec vous, vous croyez qu'ils sont vos frĂšres, alors qu'ils sont lĂ  pour vous espionner, et vous trahir. Les accusations La semence de leur pĂšre est en eux, n'oubliez plus cela. Ils ne cherchent qu'Ă  nous accuser. Nous avons beau faire des bonnes Ɠuvres, ils n'en sont pas Ă©merveillĂ©s. Tout ce qu'ils attendent, c'est la moindre erreur que nous commettrons. Et mĂȘme quand ils ne trouvent pas de fautes en nous, ils en crĂ©ent. Quand leurs collĂšgues qui Ă©taient avec JĂ©sus n'ont pas trouvĂ© de quoi accuser JĂ©sus, ils ont dit que JĂ©sus s'Ă©tait appelĂ© Fils de Dieu, et qu'Il avait dit qu'Il allait reconstruire le temple en trois jours. Et quand leurs frĂšres qui Ă©taient avec Daniel n'ont rien trouvĂ© contre Daniel, ils ont dit que Daniel priait trois fois le jour. Ils ne manquent jamais quoi dire contre nous. Le fait de tenter Dieu Ils savent bien tenter Dieu. Pendant que certains sorciers nomment les JĂ©zabels qu'on appelle femmes pasteurs, femmes Ă©vangĂ©listes, femmes docteurs, etc. ce sont d'autres sorciĂšres qui se nomment elles-mĂȘmes pasteurs, Ă©vangĂ©listes, docteurs, prophĂ©tesses avec un ministĂšre d'autoritĂ©, et mĂȘme apĂŽtres. Jusqu'Ă  rĂ©cemment, mĂȘme la secte catholique qui sert satan activement et sans complexe, et qui est bien reconnue comme une Ă©glise morte qui n'a point d'Ă©gard pour Dieu, n'osait pas Ă©lever les femmes "prĂȘtres". Mais les soi-disant Ă©glises rĂ©veillĂ©es, ont des femmes pasteurs, femmes Ă©vangĂ©listes, femmes docteurs ou enseignants, etc. Ne soyez pas Ă©tonnĂ©s, bien-aimĂ©s; ce sont des dĂ©mons entre eux. Ils sont lĂ  pour semer la confusion dans le travail de Dieu. La Bible n'est pourtant pas trĂšs difficile Ă  comprendre. Dans la Bible, Dieu interdit formellement Ă  la femme d'enseigner ou de prendre de l'autoritĂ© sur l'homme. C'est ce que vous lisez dans 1TimothĂ©e 211-14 "11Que la femme Ă©coute l'instruction en silence, avec une entiĂšre soumission. 12Je ne permets pas Ă  la femme d'enseigner, ni de prendre de l'autoritĂ© sur l'homme; mais elle doit demeurer dans le silence. 13Car Adam a Ă©tĂ© formĂ© le premier, Ève ensuite; 14et ce n'est pas Adam qui a Ă©tĂ© sĂ©duit, c'est la femme qui, sĂ©duite, s'est rendue coupable de transgression." Vous venez lĂ , de lire ce que Dieu a dit. Mais les dĂ©mons essaient chaque fois de vous prouver que ce n'est pas Dieu qui a dit, mais plutĂŽt Paul. Laissez-moi vous prouver que ce n'est pas Paul qui a dit, mais bien Dieu, et laissez-moi fermer la bouche Ă  ces dĂ©mons par la parole de Dieu, et vous prouver comment Dieu dĂšs le commencement avait dĂ©jĂ  fermĂ© la bouche Ă  ces dĂ©mons, parce qu'Il les connait depuis la crĂ©ation. C'est bien Ă  tort que je perds souvent le temps pour donner tout un enseignement Ă  part sur le ministĂšre de la femme. Parce que ce sujet est le plus simple Ă  expliquer par la Bible. Certains dĂ©mons vous disent que c'est Paul qui a dit, et d'autres vous disent que c'Ă©tait pour les Corinthiens. PremiĂšrement, la dĂ©cision de Dieu d'interdire Ă  la femme d'enseigner ou de prendre de l'autoritĂ© sur l'homme, n'a pas Ă©tĂ© prise au temps de Paul. Cette dĂ©cision date de la crĂ©ation. Le pauvre Paul n'existait pas encore. DeuxiĂšmement, la dĂ©cision de Dieu d'interdire Ă  la femme d'enseigner ou de prendre de l'autoritĂ© sur l'homme, n'Ă©tait pas pour les Corinthiens, parce que quand Dieu prenait cette dĂ©cision, les Corinthiens n'existaient pas encore. Cette dĂ©cision de Dieu transcende donc les Ă©poques. Elle n'est influencĂ©e ni par l'Ancienne Alliance ou Ancien Testament, ni par la Nouvelle Alliance ou Nouveau Testament. Cette dĂ©cision vient tout droit du Plan initial de Dieu. Elle vient de la crĂ©ation, et Dieu nous rĂ©vĂšle le pourquoi de cette dĂ©cision, dans ce verset 13 "Car Adam a Ă©tĂ© formĂ© le premier, Ève ensuite." La dĂ©cision de Dieu d'interdire Ă  la femme d'enseigner ou de prendre de l'autoritĂ© sur l'homme est donc une dĂ©cision que Dieu a prise dĂšs la crĂ©ation, en crĂ©ant Adam le premier. Cette dĂ©cision ne dĂ©pend donc ni de l'Ancien Testament, ni du Nouveau; elle ne dĂ©pend ni de Paul, ni des Corinthiens; elle ne dĂ©pend ni de la prophĂ©tie de JoĂ«l dans JoĂ«l 228-32, ni de l'accomplissement de la prophĂ©tie de JoĂ«l dans Actes 21-21. Elle prend son origine depuis la crĂ©ation. Paul n'a donc pas interdit Ă  la femme d'enseigner ou de prendre de l'autoritĂ© sur l'homme parce que les femmes Corinthiennes bavardaient beaucoup ou parce qu'il y avait du dĂ©sordre dans l'Ă©glise des Corinthiens; c'est Dieu qui a interdit Ă  la femme d'enseigner ou de prendre de l'autoritĂ© sur l'homme parce qu'Il a choisi de crĂ©er Adam en premier. Cet enseignement est-il si difficile Ă  comprendre? Vous comprenez alors que ces petits plaisantins qui s'agitent partout et se font passer pour des enseignants de la parole de Dieu, sont des dĂ©mons qui n'enseigneraient pas la vĂ©ritĂ©, mĂȘme s'ils la connaissaient. Ils sont lĂ  pour accomplir le ministĂšre de lucifer leur maitre. Ils veulent recruter le plus grand nombre de personnes pour l'Enfer, et ils veulent le faire trĂšs rapidement, car leur temps est fini. Ne vous laissez donc plus impressionner par ces serpents vaniteux qui vous parlent d'"exĂ©gĂšse", ou d'"hermĂ©neutique", et qui alignent des petits mots dont ils en ignorent le sens, juste pour Ă©pater les ingĂ©nus. Pour vous donner l'impression qu'ils sont vraiment des savants, ils dĂ©bitent des inepties du genre "un texte hors de son contexte n’est qu’un prĂ©texte". Et les ignorants applaudissent et se laissent avaler. Certains de ces serpents vont jusqu'Ă  vous dire que l'apĂŽtre paul a Ă©tĂ© Ă  plusieurs reprises enseignĂ© par des femmes. Quand vous entendez ces dĂ©mons parler, n'oubliez pas que les noms bibliques qu'ils citent ne sont pas les noms que nous connaissons, mais plutĂŽt les noms des dĂ©mons de leur monde, qu'ils utilisent pour embrouiller les enfants de Dieu ignorants. Donc cet apĂŽtre paul dont ils parlent, est un dĂ©mon de leur monde des tĂ©nĂšbres, et non le vrai ApĂŽtre Paul de la Bible. L'opposition Ă  Dieu Ces enfants du malin s'opposent toujours Ă  Dieu, comme leurs anciens collĂšgues KorĂ©, Dathan, et Abiram savaient le faire Nombres 16. Ils contestent l'autoritĂ© de Dieu, s'opposent aux vrais Serviteurs de Dieu, et se prennent eux-aussi pour des Serviteurs de Dieu. C'est ainsi qu'ils s'Ă©lĂšvent anciens et Ă©lĂšvent anciens des gens qui comme eux sont disqualifiĂ©s du titre d'Anciens de l'Église, selon la parole de Dieu. Il vous suffit de connaitre l'enseignement de la Bible concernant les Anciens de l'Église, vous comprendrez qu'aucun de ces dĂ©mons n'est qualifiĂ© pour ĂȘtre appelĂ© Serviteur de Dieu. Vous trouverez l'enseignement sur "Les Anciens de l'Église" sur le site Je vous conseille de le lire. Il vous affranchira et vous aidera Ă  ne plus tomber dans le piĂšge de ces dĂ©mons qui vous Ă©garent. N'oubliez pas que votre salut est prĂ©cieux, et que l'Enfer est rĂ©el et Ă©ternel. Le fait de guetter les fautes des frĂšres Ils passent tout leur temps Ă  guetter les fautes des Enfants de Dieu. Aucune de vos fautes ne passera inaperçue Ă  leurs yeux. Ils ne voient pas les nombreuses bonnes actions que vous faites, ils ne voient que vos quelques fautes, et ils savent les amplifier. Avec nos fautes, ces mĂ©chants se consolent. Le fait de se rĂ©jouir des pĂ©chĂ©s des frĂšres Si vous avez au milieu de vous, des soi-disant chrĂ©tiens qui sont contents chaque fois qu'ils entendent qu'un enfant de Dieu a commis un pĂ©chĂ©, sachez que ce sont des dĂ©mons. Ils se rĂ©jouissent toujours quand un malheur nous arrive. DĂšs qu'ils entendent que nous avons commis un pĂ©chĂ©, ils propagent la nouvelle partout, et en font le sujet principal de toutes leurs conversations. Retenez qu'un vrai enfant de Dieu est plutĂŽt dans la tristesse quand il entend qu'un frĂšre a pĂ©chĂ©. Ce sont les gens de satan qui sont dans la joie chaque fois que leur maĂźtre rĂ©ussit Ă  nous prendre dans un de ses piĂšges. L'insoumission, la rĂ©bellion, la rĂ©volte, l'arrogance, le manque de pardon, l'excĂšs de saletĂ© et de dĂ©sordre, et la gloutonnerie, sont autant de choses qui les caractĂ©risent. Secret pour fermer la bouche aux pasteurs dĂ©mons Je sais qu'il y a plusieurs enfants de Dieu ignorants qui se laissent trĂšs souvent perturber par des agents de satan habiles Ă  jouer avec des mots dans la Bible. Ces agents de l'Enfer ont conçu dans leur monde des faux enseignements devant les aider Ă  Ă©garer les enfants de Dieu naĂŻfs et ignorants. Et comme ils savent dĂ©jĂ  que leurs doctrines des dĂ©mons ne se trouvent pas dans la Bible, et qu'ils ne trouveront jamais un verset dans la Bible pour soutenir ces doctrines sataniques, ils ont conçu toute une philosophie qui leur permet de trop parler pour ne rien dire, de maniĂšre Ă  embrouiller les enfants de Dieu naĂŻfs, et leur donner l'impression au final, qu'ils ont dit de bonnes choses. Je vous donnerai un secret qui vous permettra de fermer la bouche Ă  ces serpents chaque fois, et ne plus jamais tomber dans le piĂšge de se faire embobiner par les dĂ©mons. DĂšs que les pasteurs dĂ©mons et autres agents de satan commencent Ă  dĂ©velopper une doctrine qui est contraire Ă  la doctrine de Christ Ă©noncĂ©e dans la Bible, vous devez garder Ă  l'esprit que ces pasteurs de satan excellent dans l'art de la divagation. Ils ont des discours extravagants. Et quand ils sont coincĂ©s et ne savent plus quoi dire, ils perdent complĂštement la tĂȘte. Lorsqu'ils se retrouvent Ă  court d'arguments, ils commencent Ă  aller dans tous les sens; ils s'Ă©garent en vous Ă©garant. Ils commencent par agencer des mots sans sens dans une incohĂ©rence Ă  couper le souffle; ils essaient de vous impressionner en faisant usage des mots dont ils en ignorent le sens eux-mĂȘmes. Eux qui ne comprennent rien de ce que dit la Bible dans leur langue, se mettent Ă  vous donner l'interprĂ©tation de la Bible en Grec et en HĂ©breu. Plusieurs de ces dĂ©mons sont tellement prĂ©tentieux qu'ils ne portent que des titres extravagants. Certains se font appeler grand bishop, d'autres gĂ©nĂ©ral de dieu. Je tiens Ă  vous rappeler que quand ils se font appeler gĂ©nĂ©ral de dieu, il ne s'agit pas de notre Dieu. Ils parlent bien de leur dieu lucifer. Notre Dieu n'a donnĂ© le titre de gĂ©nĂ©ral Ă  personne sur la terre. Que ce message soit clair une fois pour de bon. Sachez donc que tous ces petits plaisantins qui se font appeler gĂ©nĂ©ral de dieu et tous ceux qui portent des grandes toges pour impressionner la foule, sont des dĂ©mons. Ce sont des agents de l'Enfer. Ce sont des gens formĂ©s dans le monde des tĂ©nĂšbres et envoyĂ©s dans le champ de Dieu pour crĂ©er la diversion et dĂ©tourner le maximum d'enfants de Dieu. À les entendre parler, vous n'avez pas besoin de discernement pour comprendre que ce ne sont pas eux qui parlent. Ce sont des dĂ©mons en eux qui parlent chaque fois que ces serpents ouvrent la bouche. Malheur Ă  ceux qui les Ă©coutent. Pour Ă©viter de faire chaque fois des enseignements inutilement longs dans le but de contredire ces dĂ©mons, je vous donne un secret. Pour clouer le bec Ă  ces dĂ©mons une bonne fois pour toutes, voici ce que vous devez faire. Chaque fois que ces dĂ©mons commencent Ă  vous perdre par des arguments qui ne sont fondĂ©s que sur le vent, et qui ne trouvent leur origine que dans le monde de satan, demandez-leur de vous donner juste un seul verset de la Bible qui soutient leur folie. Par exemple DĂšs que vous ĂȘtes en face de ces dĂ©mons qui vous disent que JĂ©sus-Christ est Dieu le PĂšre, le Fils et le Saint-Esprit, ne les laissez pas vous embrouiller avec leur philosophie satanique qui consiste Ă  parler pendant des heures pour ne rien dire. Donnez-leur le verset qui est Ă©crit noir sur blanc et qui dit que JĂ©sus-Christ est le Fils de Dieu, ... ou que JĂ©sus-Christ est Dieu, ... ou que JĂ©sus est le Christ. Demandez-leur en retour un seul verset qui est Ă©crit noir sur blanc et qui dit que JĂ©sus-Christ est Dieu le PĂšre, et un autre qui est Ă©crit noir sur blanc et qui dit que JĂ©sus-Christ est le Saint-Esprit. Et s'ils ne vous donnent pas ce verset, chassez ces dĂ©mons et ne perdez plus une seule seconde Ă  les Ă©couter. Vous trouverez l'enseignement complet concernant la divinitĂ© de Christ sur le site De la mĂȘme maniĂšre, lorsqu'ils vous disent que la femme doit enseigner, faites pareil. Montrez-leur lĂ  oĂč cela est Ă©crit noir sur blanc que la femme ne doit pas enseigner, et demandez-leur de vous donner aussi un seul verset oĂč il est Ă©crit noir sur blanc, que la femme doit enseigner. S'ils n'en sont pas capables, chassez-les. Je vous dis dĂ©jĂ  que ces dĂ©mons ne seront jamais capables de vous donner de tels versets bibliques, puisque cela n'existe pas. C'est de cette maniĂšre que vous attrapez les pasteurs de satan. Ils laissent chaque fois ce que le Seigneur a dit, et ils n'enseignent que le contraire, et tentent dĂ©sespĂ©rĂ©ment de prouver que le contraire de la parole de Dieu est vrai. "
 Nous empĂȘchant de parler aux paĂŻens pour qu'ils soient sauvĂ©s, en sorte qu'ils ne cessent de mettre le comble Ă  leurs pĂ©chĂ©s..." 1Thessaloniciens 216. 3- LES SÉDUCTEURS "13Ces hommes-lĂ  sont de faux apĂŽtres, des ouvriers trompeurs, dĂ©guisĂ©s en apĂŽtres de Christ. 14Et cela n'est pas Ă©tonnant, puisque satan lui-mĂȘme se dĂ©guise en ange de lumiĂšre. 15Il n'est donc pas Ă©trange que ses ministres aussi se dĂ©guisent en ministres de justice. Leur fin sera selon leurs Ɠuvres." 2Corinthiens 1113-15. Ces soi-disant grands hommes de Dieu qui sont populaires et qui inondent le monde de nos jours, sont des sĂ©ducteurs, c'est-Ă -dire des agents de satan. Ce sont des dĂ©mons. Ce n'est pas JĂ©sus-Christ qu'ils servent, mais lucifer leur maitre. Voici quelques Ă©lĂ©ments qui vous permettent de reconnaitre ces sĂ©ducteurs, c'est-Ă -dire ces dĂ©mons soi-disant grands hommes de Dieu Ils sont extrĂȘmement cupides Pour mieux comprendre cette notion de cupiditĂ©, nous allons Ă©tudier le passage de 2Pierre 2. "1Il y a eu parmi le peuple de faux prophĂštes, et il y aura de mĂȘme parmi vous de faux docteurs, qui introduiront des sectes pernicieuses, et qui, reniant le maĂźtre qui les a rachetĂ©s, attireront sur eux une ruine soudaine. 2Plusieurs les suivront dans leurs dissolutions, et la voie de la vĂ©ritĂ© sera calomniĂ©e Ă  cause d'eux. 3Par cupiditĂ©, ils trafiqueront de vous au moyen de paroles trompeuses, eux que menace depuis longtemps la condamnation, et dont la ruine ne sommeille point." 2Pierre 21-3. Bien-aimĂ©s, vous rĂ©alisez vous-mĂȘmes maintenant, que le peuple de Dieu pĂ©rit, parce qu'il a abandonnĂ© la connaissance. Dieu n'a pas choisi de faire de toute cette rĂ©vĂ©lation un secret. Il a tout mis Ă  notre disposition. Tout est clair dans la Bible. Mais combien de personnes cherchent encore Dieu de tout leur cƓur? Dieu nous a dit dans JĂ©rĂ©mie 2913-14 "13Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre cƓur. 14Je me laisserai trouver par vous, dit l'Éternel..." Examinons ces 3 premiers versets. Dieu nous dit clairement que de la mĂȘme maniĂšre qu'il y a eu des faux prophĂštes parmi le peuple, il y aura parmi nous de faux enseignants, qui vont crĂ©er des Ă©glises avec des structures qui n'ont rien Ă  faire avec Dieu, enseignant des doctrines qui n'ont rien Ă  faire avec la doctrine de Christ. Malheureusement plusieurs les suivent dans leurs folies. À cause d'eux, la vĂ©ritĂ© est totalement calomniĂ©e. Il n'y a plus de diffĂ©rence entre une Ă©glise et une entreprise privĂ©e. Il n'y a plus de diffĂ©rence entre une assemblĂ©e dite chrĂ©tienne et une boutique. Vous entendez aujourd'hui les mondains vous dire que si vous voulez devenir riches, il faut juste crĂ©er une Ă©glise. Quelle honte! Beaucoup de gens ne veulent plus croire en Dieu, ils disent que les pasteurs sont des escrocs, que c'est du vrai business que font les Serviteurs de Dieu; parce que sans discernement, les gens les appellent Serviteurs de Dieu. Retenez maintenant que ce sont des serviteurs de satan, des dĂ©mons en chair. Par cupiditĂ©, ils trafiqueront de vous au moyen de paroles trompeuses. Ils ont plusieurs mĂ©thodes aujourd'hui, pour escroquer et voler les ignorants, et pour ruiner le peuple de Dieu. Ils envoient des lettres aux gens en dĂ©sordre, pour demander de l'argent. Et pour sĂ©duire ces gens, ils les appellent partenaires. Des partenaires qu'ils n'ont jamais connus, des partenaires dont la vie leur est totalement inconnue. Ils ne savent rien de votre Ă©tat spirituel, mais ils vous appellent des partenaires. Par cupiditĂ©, ils voyagent avec des livres, pour vendre. Et dĂšs qu'ils arrivent, ils prennent le temps qui est supposĂ© ĂȘtre le temps d'enseignement, pour faire la publicitĂ© de leurs livres. Ils vous diront que ces livres coĂ»tent normalement plus chers, mais que pour la circonstance, ils vous les vendront Ă  prix rĂ©duits. Et ils vous encouragent Ă  ne pas rater cette occasion. Leurs paroles de sĂ©duction vous poussent Ă  acheter rapidement ces versets sataniques, ces gribouillis qu'ils appellent livres chrĂ©tiens. Il y en a mĂȘme qui demandent aux fidĂšles de lire plutĂŽt leurs livres, leur mentant que la Bible est dure Ă  comprendre, et qu'ils ont bien simplifiĂ© les choses pour eux dans leurs livres. Ils ne sont plus diffĂ©rents des sectes des TĂ©moins de JĂ©hovah et des Mormons. Par cupiditĂ©, ils voyagent avec des enveloppes prĂ©-imprimĂ©es pour demander l'argent. Ils ont souvent des titres de leurs messages dĂ©jĂ  imprimĂ©s sur des enveloppes, des crayons, et autres gadgets... pour collecter de l'argent. Ils vous promettent des bĂ©nĂ©dictions et des bĂ©nĂ©dictions spĂ©ciales, si vous donnez beaucoup d'argent. Ils font la promotion de leurs livres et de leurs CDs. Ils organisent des sĂ©ances de ventes aux enchĂšres dans des Ă©glises. Ils encouragent les fidĂšles Ă  lire des livres Ă©crits soit par eux, soit par leurs compagnons. Ils passent tout leur temps Ă  vanter des livres auprĂšs des fidĂšles, pour les dĂ©tourner de la lecture de la Bible, parce qu'ils savent que si vous lisez la Bible, vous serez affranchis. Vous les reconnaĂźtrez maintenant. Qu'est-ce qu'ils sont nombreux! Par cupiditĂ©, ils ouvrent ce qu'ils appellent Ă©coles et instituts bibliques, pour collecter l'argent des ignorants fidĂšles, en leur promettant de faire d'eux des "serviteurs de Dieu", des "vainqueurs", des "champions" etc. C'est dans des Ă©coles que les serviteurs de leurs dieux sont formĂ©s. Il y a d'autres dĂ©mons qui ont créé des Ă©coles d'initiation Ă  la sorcellerie, qu'ils appellent "Ă©coles de prophĂštes". Ce n'est plus Dieu qui fait des prophĂštes, c'est dans des Ă©coles qu'on les fabrique aujourd'hui. L'un des points forts de ces pasteurs de satan, consiste Ă  donner rapidement des titres aux gens dĂšs qu'ils arrivent dans l'Ă©glise, les nommer et les responsabiliser le plus rapidement possible, pour les empĂȘcher de repartir. VoilĂ  pourquoi mĂȘme quand on attire l'attention des gens aujourd'hui sur l'Ă©tat pourri du milieu dans lequel ils sont, ils se rendent compte que c'est vrai. Mais quand ils veulent sortir de lĂ , ils pensent Ă  leurs titres qu'ils vont perdre, et ils restent sur place. Satan a bien rĂ©ussi son coup. Un autre point fort de ces dĂ©mons, c'est l'intimidation. Quand vos yeux s'ouvrent sur leurs folies, et que vous voulez rĂ©agir, ils utilisent l'intimidation, ils brandissent la menace et la malĂ©diction. Ils vous disent qu'ils vont vous maudire, et que Dieu va vous frapper. Ils citent pour cela le cas de MoĂŻse, Aaron et Miriam. Ils vous effrayent, en disant qu'ils vont prier, et vous allez sĂ©cher. Ils brandissent l'autoritĂ© qu'ils n'ont pas du tout. Et comme les ignorants ne connaissent rien de la Parole de Dieu, ils se mettent Ă  trembler, et demeurent esclaves de ces dĂ©mons. Oh bien-aimĂ©s, si seulement vous saviez que ces gens ne sont mĂȘme pas connus de Dieu! Vous tremblez devant ceux qui doivent trembler devant vous. Quelle folie! N'est-ce pas lĂ  le monde Ă  l'envers? Vous avez peur des malĂ©dictions qui ne peuvent jamais avoir d'effets. La parole de Dieu nous dit dans Proverbes 262 "Comme l'oiseau s'Ă©chappe, comme l'hirondelle s'envole, ainsi la malĂ©diction sans cause n'a point d'effet." Ils exploitent bien l'ignorance des Enfants de Dieu par rapport Ă  la Parole de Dieu. Comme ils savent que les Enfants de Dieu ne lisent plus la Bible, ils exploitent quelques versets, en tordent le sens, pour garder les Enfants de Dieu captifs. DĂšs que les Enfants de Dieu se rendent eux-mĂȘmes compte que ce qu'ils appellent Ă©glise est devenue un milieu insupportable, et veulent sortir, ces dĂ©mons leur citent HĂ©breux 1025 qui dit "N'abandonnons pas notre assemblĂ©e, comme c'est la coutume de quelques-uns; mais exhortons-nous rĂ©ciproquement, et cela d'autant plus que vous voyez s'approcher le jour." Et comme dans l'ignorance ces Enfants de Dieu ne savent pas qu'ils sont dans des assemblĂ©es sataniques, ils tombent dans le piĂšge, et ils restent dans ces assemblĂ©es, pour passer tout le temps Ă  murmurer. Toutes les pensĂ©es de leur cƓur se portent chaque jour uniquement vers le commerce, vers la recherche de l'argent. Ils ont le cƓur exercĂ© Ă  la cupiditĂ© et Ă  l'amour des choses du monde. Pourtant la Bible nous dit dans 1Jean 215 "N'aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde..." Eux que menace depuis longtemps la condamnation ... Je vous ai dĂ©jĂ  dit que ces gens sont des enfants de la condamnation, ce sont des fils de la perdition. Ce sont des dĂ©mons. Ils sont en train de faire leur travail. Leur temps Ă©tant venu, ils sont en train de s'organiser, pour former la grande Ă©glise universelle sur laquelle l'antĂ©christ va rĂ©gner. Il y a quelques temps, ils condamnaient les Catholiques, ils appelaient le catholicisme secte. Ils accusaient les Catholiques d'ĂȘtre en train d'adorer un dĂ©mon appelĂ© "vierge marie", et d'ĂȘtre en train de se prosterner devant les statues et les idoles muettes. Leur langage a changĂ©. Ils disent maintenant "Nos frĂšres les Catholiques". Comme le temps est venu de mettre de l'ordre dans les activitĂ©s de leur maĂźtre satan, ils sont en train de s'unir. "4Car, si Dieu n'a pas Ă©pargnĂ© les anges qui ont pĂ©chĂ©, mais s'il les a prĂ©cipitĂ©s dans les abĂźmes de tĂ©nĂšbres et les rĂ©serve pour le jugement; 5s'il n'a pas Ă©pargnĂ© l'ancien monde, mais s'il a sauvĂ© NoĂ©, lui huitiĂšme, ce prĂ©dicateur de la justice, lorsqu'il fit venir le dĂ©luge sur un monde d'impies; 6s'il a condamnĂ© Ă  la destruction et rĂ©duit en cendres les villes de Sodome et de Gomorrhe, les donnant comme exemple aux impies Ă  venir, 7et s'il a dĂ©livrĂ© le juste Lot, profondĂ©ment attristĂ© de la conduite de ces hommes sans frein dans leur dissolution 8car ce juste, qui habitait au milieu d'eux, tourmentait journellement son Ăąme juste Ă  cause de ce qu'il voyait et entendait de leurs Ɠuvres criminelles; 9le Seigneur sait dĂ©livrer de l'Ă©preuve les hommes pieux, et rĂ©server les injustes pour ĂȘtre punis au jour du jugement, 10ceux surtout qui vont aprĂšs la chair dans un dĂ©sir d'impuretĂ© et qui mĂ©prisent l'autoritĂ©. Audacieux et arrogants, ils ne craignent pas d'injurier les gloires, 11tandis que les anges, supĂ©rieurs en force et en puissance, ne portent pas contre elles de jugement injurieux devant le Seigneur. 12Mais eux, semblables Ă  des brutes qui s'abandonnent Ă  leurs penchants naturels et qui sont nĂ©es pour ĂȘtre prises et dĂ©truites, ils parlent d'une maniĂšre injurieuse de ce qu'ils ignorent, et ils pĂ©riront par leur propre corruption, 13recevant ainsi le salaire de leur iniquitĂ©. Ils trouvent leurs dĂ©lices Ă  se livrer au plaisir en plein jour; hommes tarĂ©s et souillĂ©s, ils se dĂ©lectent dans leurs tromperies, en faisant bonne chĂšre avec vous. 14Ils ont les yeux pleins d'adultĂšre et insatiables de pĂ©chĂ©; ils amorcent les Ăąmes mal affermies; ils ont le cƓur exercĂ© Ă  la cupiditĂ©; ce sont des enfants de malĂ©diction. 15AprĂšs avoir quittĂ© le droit chemin, ils se sont Ă©garĂ©s en suivant la voie de Balaam, fils de Bosor, qui aima le salaire de l'iniquitĂ©, 16mais qui fut repris pour sa transgression Une Ăąnesse muette, faisant entendre une voix d'homme, arrĂȘta la dĂ©mence du prophĂšte. 17Ces gens-lĂ  sont des fontaines sans eau, des nuĂ©es que chasse un tourbillon L'obscuritĂ© des tĂ©nĂšbres leur est rĂ©servĂ©e. 18Avec des discours enflĂ©s de vanitĂ©, ils amorcent par les convoitises de la chair, par les dissolutions, ceux qui viennent Ă  peine d'Ă©chapper aux hommes qui vivent dans l'Ă©garement; 19ils leur promettent la libertĂ©, quand ils sont eux-mĂȘmes esclaves de la corruption, car chacun est esclave de ce qui a triomphĂ© de lui. 20En effet, si, aprĂšs s'ĂȘtre retirĂ©s des souillures du monde, par la connaissance du Seigneur et Sauveur JĂ©sus Christ, ils s'y engagent de nouveau et sont vaincus, leur derniĂšre condition est pire que la premiĂšre. 21Car mieux valait pour eux n'avoir pas connu la voie de la justice, que de se dĂ©tourner, aprĂšs l'avoir connue, du saint commandement qui leur avait Ă©tĂ© donnĂ©. 22Il leur est arrivĂ© ce que dit un proverbe vrai Le chien est retournĂ© Ă  ce qu'il avait vomi, et la truie lavĂ©e s'est vautrĂ©e dans le bourbier." Ils recherchent la gloire des hommes Ils trouvent, tous, leur gloire dans le nombre de personnes qu'ils ont dans leurs poubelles qu'ils appellent Ă©glises. Ils ont mĂȘme dĂ©jĂ  des gens qui se chargent de faire le dĂ©nombrement chaque dimanche, pour voir combien de personnes il y avait dans la salle. Vous les reconnaĂźtrez. Ils ne parlent qu'en termes de croissance de l'Ă©glise. Ils sont tous en compĂ©tition, pour voir celui qui a le plus grand marchĂ© central, et celui qui va prĂȘcher devant le plus grand public. Ce qui devrait faire leur honte, fait plutĂŽt leur joie. Ils se vantent de prĂȘcher devant des milliers de personnes. Ils font la publicitĂ© de leurs Ɠuvres. Et pour cette raison, chaque fois qu'ils se dĂ©placent, ils se font prĂ©senter par les diffĂ©rents miracles qu'ils prĂ©tendent avoir opĂ©rĂ©s; par des prĂ©dications qu'ils ont faites devant cent ou deux cents mille personnes; par les photos des bĂ©quilles, chaises roulantes et autres objets qu'ils disent avoir collectĂ©s aprĂšs leurs prĂ©dications; par le nombre de milliers de personnes qu'ils ont dans leurs poubelles; etc. Entre eux, le respect de chacun est fonction, soit de la grandeur de sa poubelle, soit de sa richesse, soit de sa popularitĂ©, soit du nombre des succursales qu'il a, etc. Vous savez qu'ils ont beaucoup de succursales aujourd'hui, qu'ils appellent branches. Ils se donnent des titres de gloire. Ils s'apprĂ©cient les uns les autres. Ils s'appellent entre eux, des "oints de Dieu". VoilĂ  pourquoi aucun d'eux ne peut croire Ă  la vĂ©ritĂ©, aucun ne peut enseigner la vĂ©ritĂ©, de peur que les gens ne quittent l'assemblĂ©e, et que le nombre ne diminue. Jean 544 "Comment pouvez-vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez point la gloire qui vient de Dieu seul?" Luc 1615 "JĂ©sus leur dit Vous, vous cherchez Ă  paraĂźtre justes devant les hommes, mais Dieu connaĂźt vos cƓurs; car ce qui est Ă©levĂ© parmi les hommes est une abomination devant Dieu." Ils Ă©garent le peuple de Dieu Ils sont actuellement en train de se regrouper en fĂ©dĂ©rations et en confĂ©dĂ©rations, comme les prophĂštes de Baal le faisaient. Ils se sont entendus d'un commun accord, pour prophĂ©tiser du bien au peuple, c'est-Ă -dire tromper les fidĂšles en leur disant que Dieu les aime, qu'ils sont un peuple choisi, qu'ils sont sauvĂ©s par la grĂące, et qu'ils ne sont plus sous la condamnation, que Dieu va les bĂ©nir s'ils donnent beaucoup de dĂźmes et d'offrandes, en leur promettant les richesses matĂ©rielles, la puissance, les guĂ©risons, les miracles, les dĂ©livrances, etc. "16Ainsi parle l'Éternel ... N'Ă©coutez pas les paroles des prophĂštes qui vous prophĂ©tisent! Ils vous entraĂźnent Ă  des choses de nĂ©ant; ils disent les visions de leur cƓur, et non ce qui vient de la bouche de l'Éternel. 17Ils disent Ă  ceux qui me mĂ©prisent L'Éternel a dit Vous aurez la paix; et ils disent Ă  tous ceux qui suivent les penchants de leur cƓur Il ne vous arrivera aucun mal." JĂ©rĂ©mie 2316-17. Ils se sont dĂ©jĂ  entendus sur les fausses doctrines de l'Ă©garement qu'ils enseignent. Comme ils ont des fausses doctrines diffĂ©rentes les unes des autres, ils sont arrivĂ©s Ă  un point de compromis, oĂč chacun doit tolĂ©rer les Ă©garements des autres. C'est sur cette base-lĂ , qu'ils se regroupent, et ils vous disent qu'ils servent Dieu. Vous trouvez au milieu d'eux, ceux qui enseignent que la femme doit se voiler, et ceux qui enseignent que la femme ne doit pas se voiler; ceux qui enseignent que la femme doit enseigner, et ceux qui enseignent que la femme ne doit pas enseigner; ceux qui enseignent qu'il faut se faire baptiser, et ceux qui enseignent qu'il ne faut pas se faire baptiser. Tous ont des doctrines contradictoires, mais en attendant, ils sont ensemble, servant tous, le mĂȘme dieu. Quel dĂ©sordre! Et pour soutenir leur folie, ils citent le passage de Philippiens 315 qui dit "Nous tous donc qui sommes parfaits, ayons cette mĂȘme pensĂ©e; et si vous ĂȘtes en quelque point d'un autre avis, Dieu vous Ă©clairera aussi lĂ -dessus." Une maniĂšre de nous dire qu'ils sont en quelque point d'un autre avis. Mais ce qui est terrible, c'est que jusqu'Ă  prĂ©sent, leur dieu ne les a pas Ă©clairĂ©s lĂ -dessus. Ne soyez plus surpris! Si vous croyez ĂȘtre de Dieu, sortez du milieu de ces dĂ©mons pendant qu'il est encore temps. Ils combattent les vrais serviteurs de Dieu Ils se regroupent pour combattre les quelques vrais Serviteurs de Dieu, qui marchent dans la VĂ©ritĂ©. Vous rencontrez des fĂ©dĂ©rations d'environ quatre cents Ă  cinq cents pasteurs, toutes dĂ©nominations confondues, exactement comme les prophĂštes de Baal faisaient. Et dĂšs qu'ils rencontrent un seul vrai Serviteur de Dieu, ils s'organisent pour le combattre Ă  mort. Vous comprenez donc bien-aimĂ©s, qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Nous sommes en train de souffrir ce que nos premiers frĂšres les vrais prophĂštes ont souffert, comme vous le constaterez dans l'Ă©tude de 1Rois 18 et de 1Rois 22. Tous ces dĂ©mons qui persĂ©cutaient les vrais prophĂštes de Dieu et Ă©garaient le peuple de Dieu, ne se faisaient jamais passer pour des paĂŻens, ou pour des ennemis de Dieu. Ils se faisaient toujours passer pour des "chrĂ©tiens", pour des Enfants de Dieu, et pour des prophĂštes de Dieu. Ne vous attendez donc pas Ă  ce que nos vrais persĂ©cuteurs soient du nombre de ceux qui sont reconnus comme paĂŻens. C'est au milieu des religieux que l'on trouve les pires persĂ©cuteurs, c'est-Ă -dire les ennemis jurĂ©s de la VĂ©ritĂ©. Vous ne devez donc pas ĂȘtre Ă©tonnĂ©s d'apprendre que plusieurs de ceux qui prĂ©tendent servir Dieu, sont des vrais agents de satan. Les pharisiens et les scribes que le Seigneur JĂ©sus appelait serpents et races de vipĂšres, parce que c'est exactement ce qu'ils Ă©taient, se faisaient passer pour des Serviteurs de Dieu. Ils donnaient l'impression au peuple que c'est JĂ©sus qui n'est pas de Dieu. Ils tentaient de prouver au peuple que ce sont les enseignements de JĂ©sus qui Ă©taient faux. C'est ce qu'ils continuent de faire de nos jours, en tentant dĂ©sespĂ©rĂ©ment de prouver aux gens que ce sont nos enseignements qui sont faux. Les gens de satan n'ont donc pas changĂ©, parce qu'ils ne peuvent pas changer, et mĂȘme les techniques de satan n'ont pas changĂ©. Vous, vrais Enfants de Dieu, et vous, vrais Serviteurs de Dieu, devez donc vous attendre Ă  subir ce que vos premiers frĂšres ont subi. Dans Jean 1520 le Seigneur JĂ©sus nous dit "Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite Le serviteur n'est pas plus grand que son maĂźtre. S'ils m'ont persĂ©cutĂ©, ils vous persĂ©cuteront aussi; s'ils ont gardĂ© ma parole, ils garderont aussi la vĂŽtre." "1Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. 2Car les hommes seront Ă©goĂŻstes, amis de l'argent, fanfarons, hautains, blasphĂ©mateurs, rebelles Ă  leurs parents, ingrats, irrĂ©ligieux, 3insensibles, dĂ©loyaux, calomniateurs, intempĂ©rants, cruels, ennemis des gens de bien, 4traĂźtres, emportĂ©s, enflĂ©s d'orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, 5ayant l'apparence de la piĂ©tĂ©, mais reniant ce qui en fait la force. Éloigne-toi de ces hommes-lĂ ." 2TimothĂ©e 31-5. 4- LES FAUX PROPHÈTES "Voici, dit l'Éternel, J'en veux Ă  ceux qui prophĂ©tisent des songes faux, qui les racontent, et qui Ă©garent Mon peuple par leurs mensonges et par leur tĂ©mĂ©ritĂ©; Je ne les ai point envoyĂ©s, Je ne leur ai point donnĂ© d'ordre, et ils ne sont d'aucune utilitĂ© Ă  ce peuple, dit l'Éternel." JĂ©rĂ©mie 2332. Étude de 1Rois 18 "... 2... La famine Ă©tait grande Ă  Samarie. 3Et Achab fit appeler Abdias, chef de sa maison. -Or Abdias craignait beaucoup l'Éternel; 4et lorsque JĂ©zabel extermina les prophĂštes de l'Éternel, Abdias prit cent prophĂštes qu'il cacha cinquante par cinquante dans une caverne, et il les avait nourris de pain et d'eau. - ... 7Comme Abdias Ă©tait en route, voici, Élie le rencontra. Abdias, l'ayant reconnu, tomba sur son visage, et dit Est-ce toi, mon seigneur Élie? 8Il lui rĂ©pondit C'est moi; va, dis Ă  ton maĂźtre Voici Élie! 9Et Abdias dit Quel pĂ©chĂ© ai-je commis, pour que tu livres ton serviteur entre les mains d'Achab, qui me fera mourir? ... 13N'a-t-on pas dit Ă  mon seigneur ce que j'ai fait quand JĂ©zabel tua les prophĂštes de l'Éternel? J'ai cachĂ© cent prophĂštes de l'Éternel, cinquante par cinquante dans une caverne, et je les ai nourris de pain et d'eau. 14Et maintenant tu dis Va, dis Ă  ton maĂźtre Voici Élie! Il me tuera. 15Mais Élie dit L'Éternel des armĂ©es, dont je suis le serviteur, est vivant! aujourd'hui je me prĂ©senterai devant Achab. ... 17À peine Achab aperçut-il Élie qu'il lui dit Est-ce toi, qui jettes le trouble en IsraĂ«l? 18Élie rĂ©pondit Je ne trouble point IsraĂ«l; c'est toi, au contraire, et la maison de ton pĂšre, puisque vous avez abandonnĂ© les commandements de l'Éternel et que tu es allĂ© aprĂšs les Baals. 19Fais maintenant rassembler tout IsraĂ«l auprĂšs de moi, Ă  la montagne du Carmel, et aussi les quatre cent cinquante prophĂštes de Baal et les quatre cents prophĂštes d'AstartĂ© qui mangent Ă  la table de JĂ©zabel. 20Achab envoya des messagers vers tous les enfants d'IsraĂ«l, et il rassembla les prophĂštes Ă  la montagne du Carmel. 21Alors Élie s'approcha de tout le peuple, et dit Jusqu'Ă  quand clocherez-vous des deux cĂŽtĂ©s? Si l'Éternel est Dieu, allez aprĂšs lui; si c'est Baal, allez aprĂšs lui! .... 22Et Élie dit au peuple Je suis restĂ© seul des prophĂštes de l'Éternel, et il y a quatre cent cinquante prophĂštes de Baal. 23Que l'on nous donne deux taureaux; qu'ils choisissent pour eux l'un des taureaux, qu'ils le coupent par morceaux, et qu'ils le placent sur le bois, sans y mettre le feu; et moi, je prĂ©parerai l'autre taureau, et je le placerai sur le bois, sans y mettre le feu. 24Puis invoquez le nom de votre dieu; et moi, j'invoquerai le nom de l'Éternel. Le dieu qui rĂ©pondra par le feu, c'est celui-lĂ  qui sera Dieu. Et tout le peuple rĂ©pondit, en disant C'est bien! 25Élie dit aux prophĂštes de Baal Choisissez pour vous l'un des taureaux, prĂ©parez-le les premiers, car vous ĂȘtes les plus nombreux, et invoquez le nom de votre dieu; mais ne mettez pas le feu. 26Ils prirent le taureau qu'on leur donna, et le prĂ©parĂšrent; et ils invoquĂšrent le nom de Baal, depuis le matin jusqu'Ă  midi, en disant Baal rĂ©ponds nous! Mais il n'y eut ni voix ni rĂ©ponse. Et ils sautaient devant l'autel qu'ils avaient fait. 27À midi, Élie se moqua d'eux, et dit Criez Ă  haute voix, puisqu'il est dieu; il pense Ă  quelque chose, ou il est occupĂ©, ou il est en voyage; peut-ĂȘtre qu'il dort, et il se rĂ©veillera. 28Et ils criĂšrent Ă  haute voix, et ils se firent, selon leur coutume, des incisions avec des Ă©pĂ©es et avec des lances, jusqu'Ă  ce que le sang coulĂąt sur eux. 29Lorsque midi fut passĂ©, ils prophĂ©tisĂšrent jusqu'au moment de la prĂ©sentation de l'offrande. Mais il n'y eut ni voix, ni rĂ©ponse, ni signe d'attention. 30Élie dit alors Ă  tout le peuple Approchez-vous de moi! Tout le peuple s'approcha de lui. Et Élie rĂ©tablit l'autel de l'Éternel, qui avait Ă©tĂ© renversĂ©. 31Il prit douze pierres d'aprĂšs le nombre des tribus des fils de Jacob, auquel l'Éternel avait dit IsraĂ«l sera ton nom; 32et il bĂątit avec ces pierres un autel au nom de l'Éternel. Il fit autour de l'autel un fossĂ© de la capacitĂ© de deux mesures de semence. 33Il arrangea le bois, coupa le taureau par morceaux, et le plaça sur le bois. Puis il dit Remplissez d'eau quatre cruches, et versez-les sur l'holocauste et sur le bois. 34Il dit Faites-le une seconde fois. Et ils le firent une seconde fois. Il dit Faites-le une troisiĂšme fois. Et ils le firent une troisiĂšme fois. 35L'eau coula autour de l'autel, et l'on remplit aussi d'eau le fossĂ©. 36Au moment de la prĂ©sentation de l'offrande, Élie, le prophĂšte, s'avança et dit Éternel, Dieu d'Abraham, d'Isaac et d'IsraĂ«l! que l'on sache aujourd'hui que tu es Dieu en IsraĂ«l, que je suis ton serviteur, et que j'ai fait toutes ces choses par ta parole! 37RĂ©ponds-moi, Éternel, rĂ©ponds-moi, afin que ce peuple reconnaisse que c'est toi, Éternel, qui es Dieu, et que c'est toi qui ramĂšnes leur cƓur! 38Et le feu de l'Éternel tomba, et il consuma l'holocauste, le bois, les pierres et la terre, et il absorba l'eau qui Ă©tait dans le fossĂ©. 39Quand tout le peuple vit cela, ils tombĂšrent sur leur visage et dirent C'est l'Éternel qui est Dieu! C'est l'Éternel qui est Dieu! 40Saisissez les prophĂštes de Baal, leur dit Élie; qu'aucun d'eux n'Ă©chappe! Et ils les saisirent. Élie les fit descendre au torrent de Kison, oĂč il les Ă©gorgea. ..." Bien-aimĂ©s, aprĂšs avoir lu ensemble ce premier passage, essayons d'en tirer quelques conclusions La diffĂ©rence entre les enfants de Dieu et ceux de satan Les Enfants de Dieu ont toujours la crainte de Dieu et la crainte des vrais Serviteurs de Dieu. Vous le voyez avec l'exemple d'Abdias. Dans sa crainte de Dieu et des ProphĂštes de Dieu, il a refusĂ© de participer au crime de la sorciĂšre JĂ©zabel, et il a risquĂ© sa vie en sauvant certains ProphĂštes de Dieu, et en s'occupant d'eux en cachette. L'esprit JĂ©zabel JĂ©zabel n'avait officiellement aucun pouvoir, puisque ce n'est pas elle qui Ă©tait "roi"; elle Ă©tait juste la femme du roi. Pourtant, comme vous le constatez, face Ă  ses dĂ©cisions, le roi Ă©tait presque inexistant, et totalement impuissant. VoilĂ  le pouvoir de JĂ©zabel, voilĂ  l'esprit de rĂ©bellion, d'insoumission, et de domination qui anime les femmes servantes de satan. Quand vous avez le malheur d'en Ă©pouser une, votre cas devient comme celui du roi Achab. Toutes ces femmes possĂ©dĂ©es de l'esprit de satan, n'ont qu'un dĂ©sir, celui de s'Ă©lever contre l'autoritĂ© de Dieu. Ce faisant, elles contestent toutes les lois, les prescriptions, et les dĂ©cisions de Dieu. C'est pour cela que vous les voyez aujourd'hui revendiquer l'Ă©galitĂ© entre l'homme et la femme. Dieu a interdit Ă  la femme d'enseigner et de prendre l'autoritĂ© sur l'homme. Ce message est clair dans la parole de Dieu. Pourtant vous avez aujourd'hui, des milliers de JĂ©zabels, qui se sont Ă©levĂ©es contre l'autoritĂ© de Dieu, et qui s'appellent et se font appeler femmes pasteurs, femmes Ă©vangĂ©listes, femmes docteurs, prophĂ©tesses avec des ministĂšres indĂ©pendants, et mĂȘme femmes apĂŽtres. C'est ici un Ă©lĂ©ment de discernement que le Seigneur vous donne. Toutes ces femmes, qui se font appeler anciens d'Ă©glises, c'est-Ă -dire qui portent l'un des titres que nous venons de mentionner, ou tout simplement qui exercent un ministĂšre ayant autoritĂ© sur les hommes dans l'Église, sont des sorciĂšres. Ce sont des dĂ©mons envoyĂ©s dans le monde pour tenter Dieu, sĂ©duire et Ă©garer le maximum de personnes. Si vous Ă©tiez encore dans l'ignorance et suiviez de telles sorciĂšres, les prenant pour des servantes de Dieu, repentez-vous maintenant, et fuyez-les rapidement. Elles ne sont pas des servantes de Dieu, mais plutĂŽt des agents de l'Enfer. Fuyez ces sorciĂšres si vous Ă©tiez dans l'ignorance. Du moment que vous connaissez la vĂ©ritĂ©, vous n'avez plus d'excuses. La proportion des vrais serviteurs de Dieu au milieu des prophĂštes de satan N'ĂȘtes-vous pas marquĂ©s par la grande proportion des prophĂštes de satan face aux prophĂštes de Dieu? S'il fallait parler de proportion, il n'y aurait chaque fois qu'un prophĂšte de Dieu sur plusieurs centaines de prophĂštes de satan. Cela n'est pas Ă©tonnant, les vrais Enfants de Dieu sont en trĂšs petit nombre dans ce monde. Le monde est sous le rĂšgne de satan, et il partage ce rĂšgne avec ses agents. L'acceptation des faux prophĂštes par le peuple Les prophĂštes de satan sont toujours ceux qui sont acceptĂ©s par les autoritĂ©s de ce monde, et par le peuple. Puisque ces autoritĂ©s ont rejetĂ© Dieu et n'aiment pas qu'on leur parle de Dieu, et puisque le peuple n'aime pas la VĂ©ritĂ© et prĂ©fĂšre Ă©couter des choses agrĂ©ables, les faux prophĂštes sont ceux qui sont prĂȘts Ă  leur offrir leur genre de messages. Étude de 1Rois 221-38 "... 2La troisiĂšme annĂ©e, Josaphat, roi de Juda, descendit auprĂšs du roi d'IsraĂ«l. 3Le roi d'IsraĂ«l dit Ă  ses serviteurs Savez-vous que Ramoth en Galaad est Ă  nous? Et nous ne nous inquiĂ©tons pas de la reprendre des mains du roi de Syrie! 4Et il dit Ă  Josaphat Veux-tu venir avec moi attaquer Ramoth en Galaad? Josaphat rĂ©pondit au roi d'IsraĂ«l Nous irons, moi comme toi, mon peuple comme ton peuple, mes chevaux comme tes chevaux. 5Puis Josaphat dit au roi d'IsraĂ«l Consulte maintenant, je te prie, la parole de l'Éternel. 6Le roi d'IsraĂ«l assembla les prophĂštes, au nombre d'environ quatre cents, et leur dit Irai-je attaquer Ramoth en Galaad, ou dois-je y renoncer? Et ils rĂ©pondirent Monte, et le Seigneur la livrera entre les mains du roi. 7Mais Josaphat dit N'y a-t-il plus ici aucun prophĂšte de l'Éternel, par qui nous puissions le consulter? 8Le roi d'IsraĂ«l rĂ©pondit Ă  Josaphat Il y a encore un homme par qui l'on pourrait consulter l'Éternel; mais je le hais, car il ne prophĂ©tise que du mal c'est MichĂ©e, fils de Jimla. Et Josaphat dit Que le roi ne parle pas ainsi! 9Alors le roi d'IsraĂ«l appela un eunuque, et dit Fais venir de suite MichĂ©e, fils de Jimla. 10Le roi d'IsraĂ«l et Josaphat, roi de Juda, Ă©taient assis chacun sur son trĂŽne, ... Et tous les prophĂštes prophĂ©tisaient devant eux. 11SĂ©dĂ©cias, fils de Kenaana, s'Ă©tait fait des cornes de fer, et il dit Ainsi parle l'Éternel Avec ces cornes tu frapperas les Syriens jusqu'Ă  les dĂ©truire. 12Et tous les prophĂštes prophĂ©tisaient de mĂȘme, en disant Monte Ă  Ramoth en Galaad! tu auras du succĂšs, et l'Éternel la livrera entre les mains du roi. 13Le messager qui Ă©tait allĂ© appeler MichĂ©e lui parla ainsi Voici, les prophĂštes, d'un commun accord, prophĂ©tisent du bien au roi; que ta parole soit donc comme la parole de chacun d'eux! Annonce du bien! ... 15Lorsqu'il fut arrivĂ© auprĂšs du roi, le roi lui dit MichĂ©e, irons-nous attaquer Ramoth en Galaad, ou devons-nous y renoncer? Il lui rĂ©pondit Monte! Tu auras du succĂšs, et l'Éternel la livrera entre les mains du roi. 16Et le roi lui dit Combien de fois me faudra-t-il te faire jurer de ne me dire que la vĂ©ritĂ© au nom de l'Éternel? 17MichĂ©e rĂ©pondit Je vois tout IsraĂ«l dispersĂ© sur les montagnes, comme des brebis qui n'ont point de berger; et l'Éternel dit Ces gens n'ont point de maĂźtre, que chacun retourne en paix dans sa maison! 18Le roi d'IsraĂ«l dit Ă  Josaphat Ne te l'ai-je pas dit? Il ne prophĂ©tise sur moi rien de bon, il ne prophĂ©tise que du mal. 19Et MichĂ©e dit Écoute donc la parole de l'Éternel! J'ai vu l'Éternel assis sur son trĂŽne, et toute l'armĂ©e des cieux se tenant auprĂšs de lui, Ă  sa droite et Ă  sa gauche. 20Et l'Éternel dit Qui sĂ©duira Achab, pour qu'il monte Ă  Ramoth en Galaad et qu'il y pĂ©risse? Ils rĂ©pondirent l'un d'une maniĂšre, l'autre d'une autre. 21Et un esprit vint se prĂ©senter devant l'Éternel, et dit Moi, je le sĂ©duirai. 22 L'Éternel lui dit Comment? Je sortirai, rĂ©pondit-il, et je serai un esprit de mensonge dans la bouche de tous ses prophĂštes. L'Éternel dit Tu le sĂ©duiras, et tu en viendras Ă  bout; sors, et fais ainsi! 23Et maintenant, voici, l'Éternel a mis un esprit de mensonge dans la bouche de tous tes prophĂštes qui sont lĂ . Et l'Éternel a prononcĂ© du mal contre toi. 24Alors SĂ©dĂ©cias, fils de Kenaana, s'Ă©tant approchĂ©, frappa MichĂ©e sur la joue, et dit Par oĂč l'esprit de l'Éternel est-il sorti de moi pour te parler? 25MichĂ©e rĂ©pondit Tu le verras au jour oĂč tu iras de chambre en chambre pour te cacher. 26Le roi d'IsraĂ«l dit Prends MichĂ©e, et emmĂšne-le vers Amon, chef de la ville, et vers Joas, fils du roi. 27Tu diras Ainsi parle le roi Mettez cet homme en prison, et nourrissez-le du pain et de l'eau d'affliction, jusqu'Ă  ce que je revienne en paix. 28Et MichĂ©e dit Si tu reviens en paix, l'Éternel n'a point parlĂ© par moi. ... 37Ainsi mourut le roi, qui fut ramenĂ© Ă  Samarie; et on enterra le roi Ă  Samarie. 38Lorsqu'on lava le char Ă  l'Ă©tang de Samarie, les chiens lĂ©chĂšrent le sang d'Achab, et les prostituĂ©es s'y baignĂšrent, selon la parole que l'Éternel avait prononcĂ©e." Voici quelques autres leçons que nous tirons de ce second passage Le choix volontaire de mentir Les prophĂštes de satan choisissent volontairement de prophĂ©tiser le mensonge au peuple, dans le but d'Ă©garer tous ceux qui les Ă©coutent. Ils ne sont donc pas ignorants, contrairement Ă  ce que l'on a toujours pensĂ©. Le Seigneur nous donne une autre preuve dans ces passages. Retenez donc que tous les faux enseignements que les pasteurs de satan donnent de nos jours, ne sont pas une preuve de leur ignorance, mais une preuve de leur mĂ©chancetĂ©. Ils choisissent volontairement d'enseigner le mensonge aux chrĂ©tiens. Le dĂ©sir d'entendre les fables Les autoritĂ©s de ce monde reconnaissent qui est vrai Serviteur de Dieu et qui ne l'est pas. Mais elles se sentent plus Ă  l'aise avec les pasteurs et prĂ©dicateurs de satan, parce que ces faux prophĂštes leur prophĂ©tisent ce qu'elles veulent bien entendre. Les serviteurs de satan appelĂ©s pasteurs ou prophĂštes ou prĂ©dicateurs, ne disent jamais aux autoritĂ©s de ce monde ce que Dieu attend d'elles. Ils prĂ©fĂšrent leur prophĂ©tiser du bien, et obtenir leurs faveurs. Les religieux eux aussi reconnaissent qui est vrai Serviteur de Dieu et qui ne l'est pas. Mais puisqu'ils ne sont pas prĂȘts Ă  mettre la parole de Dieu en pratique, ils prĂ©fĂšrent les agents de satan qui vont leur donner des enseignements pour les amuser, des messages pour les conforter dans leurs pĂ©chĂ©s; tout en leur promettant des bĂ©nĂ©dictions de toutes sortes, pour tous ceux qui donneront fidĂšlement beaucoup de dĂźmes et offrandes. Plusieurs de ces soi-disant chrĂ©tiens qui suivent ces prĂ©dicateurs et pasteurs de satan, ne sont donc pas innocents, et ils ne sont pas ignorants. Ils trouvent leur compte dans ces assemblĂ©es sataniques. L'Éternel nous l'a dit dans 2TimothĂ©e 43-4. Dans leur incapacitĂ© d'accepter et de vivre dans la VĂ©ritĂ©, ils sont remplis de jalousie pour les quelques vrais Serviteurs de Dieu, et font d'eux leur cible principale. C'est pour cela que tous les quelques vrais Serviteurs de Dieu qui sont restĂ©s fidĂšles Ă  Dieu comme Elie et MichĂ©e citĂ©s ci-dessus, sont l'objet de toutes les calomnies, commĂ©rages, incantations, persĂ©cutions, et blasphĂšmes de la part de ces dĂ©mons. L'orgueil et la sĂ©duction des agents de satan Ces pasteurs et autres prophĂštes dĂ©mons savent se sĂ©duire, et pousser leur orgueil loin. C'est avec aisance qu'ils disent Ă  qui veut les entendre, que Dieu leur parle, et que c'est Ă  eux seuls que Dieu parle. L'exemple du faux prophĂšte SĂ©dĂ©cias, fils de Kenaana, vous aide Ă  bien comprendre ce caractĂšre des agents de satan. Ce dĂ©mon ose frapper le Serviteur de Dieu, et lui demander par oĂč l'esprit de l'Éternel est sorti de lui pour parler au Serviteur de Dieu. C'est tout simplement ahurissant. Et avec ce courage satanique, ils finissent par faire croire Ă  quelques chrĂ©tiens faibles dans la foi, qu'ils ont rĂ©ellement reçu quelque autoritĂ© de Dieu. C'est pour cela que quelques ignorants prennent ces dĂ©mons pour de vrais Serviteurs de Dieu. La triste rĂ©alitĂ© Ce n'est pas parce que les hommes refusent de croire en Dieu, que Dieu n'existe pas pour autant. Et le fait que tous rejettent la parole de Dieu, ne rend pas cette parole nulle. Ce n'est non plus parce que le grand nombre prĂȘche et enseigne le mensonge, que ce mensonge peut devenir VĂ©ritĂ©. Le fait de ne pas croire aux prophĂ©ties de Dieu, n'annulera pas ces prophĂ©ties, et ne les empĂȘchera pas de s'accomplir. Se fermer les oreilles pour ne pas Ă©couter la sentence de Dieu, n'empĂȘchera pas cette sentence de s'appliquer. Le roi Achab, en fermant son cƓur pour ne pas croire Ă  la parole de l'Éternel prononcĂ©e par le prophĂšte, croyait qu'il pouvait Ă©chapper. Il l'a finalement compris Ă  ses dĂ©pens. Lui qui voulait mĂ©priser le Serviteur de Dieu et ses paroles, et revenir malgrĂ© tout de la guerre en paix, est mort selon les paroles du prophĂšte. Les chiens ont lĂ©chĂ© son sang, et les prostituĂ©es s'y sont baignĂ©es, selon la parole que l'Éternel avait prononcĂ©e. Tous les agents de satan qui s'Ă©lĂšvent contre Dieu et nous combattent croyant qu'ils peuvent rĂ©ussir Ă  transformer la VĂ©ritĂ© en mensonge, et tous ceux qui les suivent, le comprendront Ă  leurs dĂ©pens dans les prochains jours. Que tous ceux qui sont de Dieu se repentent pendant qu'il est encore temps. "3Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel Malheur aux prophĂštes insensĂ©s, qui suivent leur propre esprit et qui ne voient rien! 4Tels des renards au milieu des ruines, tels sont tes prophĂštes, ĂŽ IsraĂ«l! 
 6Leurs visions sont vaines, et leurs oracles menteurs; ils disent L'Éternel a dit! Et l'Éternel ne les a point envoyĂ©s; et ils font espĂ©rer que leur parole s'accomplira." ÉzĂ©chiel 133, 4, 6. 5- LES SORCIERS "1Au reste, mes frĂšres, rĂ©jouissez-vous dans le Seigneur. Je ne me lasse point de vous Ă©crire les mĂȘmes choses, et pour vous cela est salutaire. 2Prenez garde aux chiens, prenez garde aux mauvais ouvriers, prenez garde aux faux circoncis. 3Car les circoncis, c'est nous, qui rendons Ă  Dieu notre culte par l'Esprit de Dieu, qui nous glorifions en JĂ©sus-Christ, et qui ne mettons point notre confiance en la chair." Philippiens 31-3. DiffĂ©rence entre sorciers et dĂ©mons Un dĂ©mon est une semence du diable comme nous l'avons dĂ©jĂ  Ă©tudiĂ©. Un sorcier par contre, c'est quelqu'un qui pratique la sorcellerie, qui sait utiliser et manipuler la puissance de satan. Un dĂ©mon n'est pas nĂ©cessairement un sorcier. Beaucoup de dĂ©mons ne sont pas des sorciers, c'est-Ă -dire qu'ils ne connaissent pas la pratique de la sorcellerie. Mais Ă©tant la semence de satan, c'est-Ă -dire la propriĂ©tĂ© du diable, ils sont des instruments que satan peut utiliser Ă  volontĂ©. C'est en cela qu'ils constituent un problĂšme pour le peuple de Dieu. Un sorcier par contre, est un Ă©lĂ©ment extrĂȘmement dangereux pour le peuple de Dieu. Les sorciers n'ont jamais une seule minute Ă  perdre. Lorsqu'ils sont dans une Ă©glise, ils n'ont qu'une seule mission, dĂ©truire le peuple de Dieu le plus rapidement possible. Les sorciers et leurs Ɠuvres Actuellement, les sorciers sont trĂšs nombreux dans les Ă©glises, et ils sont en majoritĂ© des femmes. Beaucoup ont des dons de prophĂ©tie, d'autres manifestent des talents de musique. Vous les rencontrez trĂšs nombreux dans les groupes de folie qu'ils appellent groupes de chorale, groupes de louange, groupes d'adoration, groupes de femmes, groupes d'intercession, moniteurs d'Ă©cole du dimanche, etc. Vous reconnaĂźtrez ces sorciers par leur attachement Ă  la vanitĂ©, aux choses du monde, Ă  la recherche de la gloire, et aux objets de sĂ©duction tels que les bagues, les bracelets, les chaĂźnes et autres bijoux, les parfums, etc. Voici un Ă©lĂ©ment qui vous aidera Ă  reconnaĂźtre certains de ces sorciers. Ils sont constamment en train de mĂącher du chewing-gum, mĂȘme pendant les messages. Plusieurs de ceux que vous appelez leaders des groupes de louanges et d'adorations, sont des grands satanistes, des sorciers redoutables. C'est avec leurs incantations et leur pouvoir d'hypnotisme qu'ils sĂ©duisent la foule; et vous entendez les gens les apprĂ©cier, en disant que quand ils chantent, il y a tellement d'onction, le "saint esprit" descend. Et ce sont leurs chansons qui attirent la foule dans les Ă©glises. Ils travaillent en collaboration avec les pasteurs sorciers, pour gagner Ă  satan les gens qui ont fui le monde. Ne soyez pas Ă©tonnĂ©s que toutes ces Ă©glises aujourd'hui, aient largement investi dans les instruments et autres Ă©quipements de musique. Parfois vous rencontrez des Ă©glises plus Ă©quipĂ©es en instruments de musique que des boĂźtes de nuit. Ne croyez pas qu'ils sont fous bien-aimĂ©s. Ce n'est pas un investissement inutile qu'ils font, c'est avec tout cela qu'ils tiennent la foule captive. C'est la raison pour laquelle mĂȘme quand les gens voient toutes les abominations qui se passent dans ces lieux, ils n'arrivent pas Ă  prendre la dĂ©cision de ne plus y aller. Ils sont liĂ©s et complĂštement sĂ©duits. La plupart des femmes que vous appelez prophĂ©tesses dans les assemblĂ©es, sont de redoutables vampires. Des femmes qui sont soit des dĂ©mons des eaux, soit des dĂ©mons de forĂȘts, soit des dĂ©mons de cimetiĂšres. Et les prophĂ©ties qu'elles donnent, sont des prophĂ©ties fabriquĂ©es dans le monde des tĂ©nĂšbres. C'est avec tout cela qu'elles se font accepter dans les assemblĂ©es. Elles se font toutes adopter par des pasteurs, et elles sont apprĂ©ciĂ©es. Avec leurs "dons", elles aveuglent les gens, au point oĂč mĂȘme quand elles font des grosses bĂȘtises, tout passe inaperçu, personne n'en fait cas. Ces sorciers essayent toujours de s'intĂ©grer sans perdre le temps, dans les diffĂ©rents aspects des assemblĂ©es, pour initier et dĂ©truire rapidement les quelques Enfants de Dieu qui sont dans ces lieux. Pendant que certains s'occupent de l'initiation des adultes, d'autres s'occupent des enfants. VoilĂ  pourquoi c'est un trĂšs grand danger pour un enfant de Dieu, de rester dans une assemblĂ©e qui marche dans la fausse doctrine. Voici une autre incantation que ceux parmi eux qui se font appeler Serviteurs de Dieu, font sur le peuple de Dieu. Chaque fois que ces sorciers passent dans les assemblĂ©es, ils demandent Ă  prier pour les gens, et les appellent devant par catĂ©gories. Dans les diffĂ©rentes catĂ©gories qu'ils appellent devant, il y a la catĂ©gorie des gens qui ne sont pas encore mariĂ©s. Ils leur disent qu'ils vont prier pour eux pour qu'ils se marient. Ils font des incantations sur les ignorants, en leur mentant qu'ils prient pour que Dieu leur donne un partenaire. DĂšs qu'ils tournent le dos, les gens pour qui ils ont priĂ©, se mettent Ă  brĂ»ler, et n'arrivent plus Ă  se retenir; ils commencent Ă  chercher un partenaire avec empressement. Pourquoi les sorciers opĂšrent-ils librement dans les assemblĂ©es aujourd'hui? C'est Ă  cause de la fausse doctrine. Dieu n'est nulle part dans l'Ă©vangile de mensonge. Ce n'est que sous la couverture de la fausse doctrine que les sorciers peuvent opĂ©rer librement; car dans la fausse doctrine, on a créé des structures qui leur sont favorables On a créé des modĂšles qui n'ont rien Ă  voir avec le modĂšle de JĂ©sus-Christ Les programmes de cultes rythmĂ©s et cadencĂ©s, les hommes qui prennent la place du Saint-Esprit en dĂ©signant chaque fois qui doit chanter; qui doit prophĂ©tiser, qui doit prier; ce que doit dire celui qui prie; quand se mettre debout et quand s'asseoir; quand fermer les yeux et quand les ouvrir; quand lever les mains et quand les baisser... Dans certaines de ces sectes, mĂȘme les cantiques et les chants qu'on doit chanter, sont choisis longtemps Ă  l'avance. Si au cours de la semaine vous allez dans la salle oĂč ils font le culte, vous trouverez sur un tableau les numĂ©ros de cantiques qui seront chantĂ©s le dimanche. Certains prĂ©cisent mĂȘme Ă  cĂŽtĂ© de ces morceaux choisis, le chant qui sera accompagnĂ© du piano, et celui qui ne sera pas accompagnĂ©. VoilĂ  des hommes saint-esprit. Le Saint-Esprit de Dieu n'a plus rien Ă  faire au milieu d'eux. Ils peuvent tout faire seuls. Ils peuvent tout programmer, et tout coordonner Ă  la lettre. Pour eux, JĂ©sus a perdu Son temps en nous envoyant le Saint-Esprit. On a créé les Ă©coles et les instituts bibliques, les diffĂ©rents groupes de folies, qu'ils appellent groupes de chorale, groupes de louange, groupes d'adoration, groupes d'intercession, groupes de priĂšres, groupes de femmes, groupes de jeunes, groupes de dĂ©livrance, groupes de cure d'Ăąmes, groupes d'accueil, groupes de conseillers, groupes de vente de CDs, groupes de vente de livres, groupes d'Ă©vangĂ©lisation, groupes de commandos, moniteurs d'Ă©cole du dimanche, etc. Je me demande dans quelle bible ils ont trouvĂ© toutes ces folies. Et ce qui est Ă©tonnant, c'est que dans tous ces groupes, vous ne verrez jamais un groupe de Lecture de la Bible. Les pasteurs sorciers font tout pour que les Enfants de Dieu ne lisent pas la Bible. Ils s'organisent toujours Ă  distraire les Enfants de Dieu et Ă  leur faire perdre le temps avec des choses inutiles. La plupart de ces pasteurs sorciers jouent de la musique. La musique est l'un des principaux moyens de sĂ©ductions qu'ils ont. Ils organisent constamment des cours de musique et des sĂ©ances de rĂ©pĂ©titions. Ils encouragent les fidĂšles Ă  apprendre Ă  jouer les divers instruments de musique tels que la guitare, le piano, etc. Et ces pauvres fidĂšles passent tout leur temps Ă  faire des rĂ©pĂ©titions, Ă  apprendre Ă  jouer de ces instruments. Ils se laissent flatter par l'orgueil de se tenir devant pour chanter, et n'ont aucun temps pour la lecture et la mĂ©ditation de la Parole de Dieu. C'est de cette maniĂšre que ces agents de satan tiennent les fidĂšles captifs dans les liens de l'ignorance. Ils savent que si vous lisiez la Bible, vous connaĂźtriez la VĂ©ritĂ©, et la VĂ©ritĂ© vous affranchirait. VoilĂ  pourquoi ils utilisent toutes les mĂ©thodes de sĂ©duction et de distraction, pour vous empĂȘcher de passer du temps dans ce qui sauve, dans ce qui peut vous ouvrir les yeux. Les instruments de musique sont devenus la Bible de ces sorciers. Dans ces fausses assemblĂ©es on a en outre, des nominations basĂ©es sur la cupiditĂ©, les considĂ©rations fondĂ©es sur la recherche du matĂ©riel, la gestion charnelle des choses spirituelles, les messages inspirĂ©s par la soif de l'argent et l'escroquerie. DĂšs que vous arrivez dans ces assemblĂ©es, si vous ĂȘtes un cadre d'entreprise, on vous nomme diacre ou ancien. Si vous ĂȘtes un homme d'affaires, on vous nomme diacre ou ancien. Si vous ĂȘtes un peu riche matĂ©riellement, on vous nomme diacre ou ancien ou leader d'un de ces groupes de folie. Et si vous ĂȘtes pauvre, mĂȘme si vous mouriez, l'on ne s'en rendrait pas compte. Toutes ces structures sont sataniques, et satan les utilise Ă  sa guise. Dans des telles structures, l'enfant de Dieu n'est pas protĂ©gĂ© du tout. "17C'est pourquoi, sortez du milieu d'eux, et sĂ©parez-vous, dit le Seigneur; ne touchez pas Ă  ce qui est impur, et je vous accueillerai. 18Je serai pour vous un pĂšre, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout puissant." 2Corinthiens 617-18. "Et j'entendis du Ciel une autre voix qui disait Sortez du milieu d'elle, mon peuple, afin que vous ne participiez point Ă  ses pĂ©chĂ©s, et que vous n'ayez point de part Ă  ses flĂ©aux." Apocalypse 184. PiĂšges Ă  Ă©viter La dĂ©livrance Sachez que chaque fois que vous attrapez les sorciĂšres, Ă©tant coincĂ©es, elles se dĂ©guisent en innocentes qui demandent la dĂ©livrance. Ne tombez jamais dans le piĂšge de prier pour de tels vampires. C'est tout simplement du temps que vous perdez. Ce sont des dĂ©mons, et vous ne rĂ©ussirez jamais Ă  les dĂ©livrer. C'est encore une autre ruse pour vous vider spirituellement, et bien vous sĂ©duire. Laissez-moi maintenant vous Ă©tablir la diffĂ©rence qu'il y a entre les sorciers qu'on peut dĂ©livrer, et ceux qu'on ne peut pas dĂ©livrer. Il y a des sorciers semence de Dieu, et des sorciers semence de satan. Les sorciers semence de Dieu peuvent ĂȘtre dĂ©livrĂ©s, les sorciers semence de satan sont des dĂ©mons, et ne peuvent en aucun cas ĂȘtre dĂ©livrĂ©s. Comment reconnaĂźtre un sorcier semence de Dieu? Un sorcier semence de Dieu n'est sorcier que dans le monde, c'est-Ă -dire qu'il n'est sorcier que quand il ne connaĂźt pas encore le Seigneur JĂ©sus-Christ. Sachez que pour devenir sorcier, il suffit d'avoir le malheur de naĂźtre ou de grandir dans un milieu oĂč les gens pratiquent la sorcellerie. Dans de tels milieux, l'on peut ĂȘtre initiĂ©. Ceci veut dire que vous ne pouvez pas facilement dire si un sorcier paĂŻen est dĂ©mon ou s'il est rĂ©cupĂ©rable. C'est face Ă  l'Évangile que le discernement devient plus clair. Un sorcier semence de Dieu, lorsqu'il rencontre l'Évangile, il donne sa vie au Seigneur JĂ©sus-Christ, se repent d'un cƓur honnĂȘte, confesse ses Ɠuvres, et obtient la dĂ©livrance. Vous ne rencontrerez donc jamais une semence de Dieu en train de pratiquer la sorcellerie dans une Église. Comment reconnaĂźtre un sorcier semence de satan? Par contre, les dĂ©mons comme nous l'avons dĂ©jĂ  Ă©tudiĂ©, sont des menteurs. Pour venir nuire dans des Ă©glises, ils prĂ©tendent accepter l'Évangile. Ils cachent volontairement leur sorcellerie, et donnent l'impression d'ĂȘtre des vrais chrĂ©tiens. Ils se montrent zĂ©lĂ©s dans le but de sĂ©duire le peuple de Dieu pour bien opĂ©rer librement. Ils passent donc leur temps Ă  dĂ©truire l'AssemblĂ©e par leurs multiples incantations. Ce sont eux qui par leurs incantations crĂ©ent des divisions dans les assemblĂ©es, des calomnies, des querelles, des scandales, des divorces, des dĂ©couragements, des refroidissements, des adultĂšres, des fornications, des maladies, des dĂ©cĂšs, etc. Ce sont eux qui par leurs incantations tissent des faux mariages entre eux et les vrais Enfants de Dieu. Ce sont eux qui dans leurs sorcelleries fabriquent des fausses prophĂ©ties et des fausses visions qui sont gĂ©nĂ©ralement Ă  l'origine des mauvais mariages, et des autres erreurs des assemblĂ©es. Ce sont eux qui initient les enfants Ă  la sorcellerie dans les assemblĂ©es. Ils rĂ©ussissent Ă  initier mĂȘme des adultes Ă  la sorcellerie. Quand le Seigneur par amour pour Son peuple finit par les dĂ©voiler, soit par une prophĂ©tie, soit par un songe, soit par une rĂ©vĂ©lation, soit par une vision, soit par une parole de connaissance, ces sorciers, se sentant mis Ă  nu, font semblant de regretter leurs actions, et demandent la dĂ©livrance. Ce sont en majoritĂ© des femmes. Je le redis encore, ne tombez pas dans le piĂšge de prier pour ces vampires. Mettez-les rapidement hors de l'AssemblĂ©e. Ces sorciĂšres passent leur temps Ă  porter les enfants, Ă  donner des bonbons, et autres petits cadeaux aux enfants, des objets sur lesquels elles ont fait des incantations. Elles passent leur temps Ă  sonder les frĂšres pour voir qui est dans le besoin, afin de mieux planifier le genre de piĂšge Ă  tendre. Elles passent leur temps Ă  offrir des cadeaux aux gens dans l'assemblĂ©e, pour les sĂ©duire et gagner leur confiance. Et quand elles arrivent dans les Ă©glises, elles font des incantations pour se faire accepter dans les diffĂ©rents groupes, gĂ©nĂ©ralement comme leaders, pour mieux opĂ©rer, et contrĂŽler la situation. Leurs Ɠuvres sont tellement nombreuses que je ne peux tout citer. L'unique chose que je peux encore vous dire, c'est que les sorciers n'opĂšrent que s'ils trouvent un cadre appropriĂ©. Et le cadre n'est appropriĂ© pour eux que dans les milieux oĂč la vĂ©ritĂ© est abandonnĂ©e au profit du mensonge, au profit de la fausse doctrine. Les Enfants de Dieu sont terriblement en danger dans des assemblĂ©es oĂč opĂšrent ces sorciers. Sachez que toute Ă©glise grande en nombre, est un cadre idĂ©al pour les sorciers. Toute Ă©glise mondainement structurĂ©e, est un cadre idĂ©al pour les sorciers. Toute Ă©glise charnellement organisĂ©e, est un cadre idĂ©al pour les sorciers. Toute Ă©glise aux programmes rythmĂ©s et cadencĂ©s, est un cadre idĂ©al pour les sorciers. Toute Ă©glise qui renie les dons du Saint-Esprit, est un cadre idĂ©al pour les sorciers. C'est pourquoi, "... Sortez du milieu d'elle, mon peuple, afin que vous ne participiez point Ă  ses pĂ©chĂ©s, et que vous n'ayez point de part Ă  ses flĂ©aux." Apocalypse 184. Sortez du milieu de toutes ces assemblĂ©es aux portes largement ouvertes Ă  satan et ses agents. PrĂ©parez-vous, le Seigneur est Ă  la porte. La trompette va bientĂŽt sonner. "17... Sortez du milieu d'eux, et sĂ©parez-vous, dit le Seigneur; ne touchez pas Ă  ce qui est impur, et je vous accueillerai. 18Je serai pour vous un pĂšre, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout puissant." 2Corinthiens 617-18. Voici quelques autres piĂšges que les sorciĂšres vous tendent dans les assemblĂ©es Pleurs Les sorciĂšres ont pour meilleure arme les pleurs. DĂšs que vous les attrapez, elles pleurent tellement que vous ĂȘtes encore confus. Elles vous sĂ©duisent par les larmes, et vous vous demandez si ce que Dieu vous a rĂ©vĂ©lĂ© est bien exact. Vous finissez par douter de toutes les preuves que vous avez devant vous. Et elles savent pleurer, et elles ont des larmes disponibles, prĂȘtes Ă  couler en ruisseaux. Bien-aimĂ©s, faites attention! Ne tombez plus dans le piĂšge de ces agents de l'Enfer. PitiĂ© L'une de leurs ruses consiste Ă  s'attirer la pitiĂ©. Vous les verrez trĂšs souvent venir crier "Pasteur, prie pour moi, prie pour moi...", faisant comme si elles souffraient tellement qu'elles risquent de mourir. Bien-aimĂ©s, ne tombez pas dans le piĂšge de ces vampires. Ce sont des incantations qu'elles font sur vous. D'autres sont toujours en train de demander les mĂȘmes priĂšres. Vous priez, et elles ne sont jamais soulagĂ©es. D'autres encore ont toujours besoin de dĂ©livrance, et ne sont jamais dĂ©livrĂ©es. DĂ©livrance Ces sorciĂšres savent exploiter votre ignorance. Elles viennent chaque fois, se font passer pour des gens qui veulent la dĂ©livrance. Et comme elles savent que vous ĂȘtes totalement aveugles aujourd'hui, elles sont sĂ»res de vous prendre au piĂšge. Elles viennent avec la complicitĂ© de plusieurs autres dĂ©mons, crĂ©er des spectacles, pour vous Ă©puiser, vous faire perdre du temps, et ruiner votre puissance spirituelle. Comme elles connaissent la naĂŻvetĂ© de beaucoup de pasteurs d'aujourd'hui, certaines viennent Ă  vous avec des habits bien prĂ©parĂ©s Ă  l'avance, sans aucun sous-vĂȘtement. DĂšs que par ignorance vous commencez Ă  prier pour elles, elles tombent et se mettent Ă  rouler par terre, et s'arrangent Ă  s'exposer, pour vous contaminer par leurs pourritures. Confession des pĂ©chĂ©s Vous comprendrez aprĂšs ces enseignements, que quand vous vous dĂ©tournez de la doctrine de Christ pour enseigner et vivre des fausses doctrines qui n'ont rien Ă  voir avec la Bible, vous en payez le prix. Satan exploite chaque dĂ©rapage que vous faites, chaque fausse doctrine que vous avez inventĂ©e. Les pasteurs dĂ©mons ont créé ce qu'ils appellent "cure d'Ăąmes", et beaucoup de pasteurs de Dieu, Ă  cause de l'ignorance, suivent aussi cette doctrine satanique. C'est devenu la mode dans toutes les poubelles appelĂ©es Ă©glises, aujourd'hui. Chaque personne qui arrive pour la premiĂšre fois, doit faire faire sa "cure d'Ăąme". Les sorciĂšres savent bien exploiter votre folie. Chaque fois elles se prĂ©sentent Ă  vous, pour leur "cure d'Ăąme", avec des mensonges et des grossiĂšretĂ©s bien prĂ©parĂ©s Ă  l'avance. Et quand vous leur donnez l'occasion, elles vous racontent plein de souillures et de saletĂ©s de toutes sortes, pour vous souiller la pensĂ©e complĂštement, et vous contaminer, et vous tenir captifs avec ces pensĂ©es souillĂ©es, jusqu'au jour oĂč le Seigneur vous en dĂ©livrera. Bien-aimĂ©s, fuyez la fausse doctrine, et vous Ă©chapperez aux piĂšges de satan et de ses agents. SĂ©duction Plusieurs vont dans des Ă©glises en jupes courtes, avec d'autres accoutrements sataniques, avec des maquillages de toutes sortes, du rouge Ă  lĂšvres, du fard Ă  leurs yeux, les cils tirĂ©s, de la poudre au visage, des coiffures extravagantes, des cheveux colorĂ©s, des habillements bizarres, somptueux et extravagants, et toute autre forme de sĂ©duction, pour sĂ©duire les Enfants de Dieu, et les amener dans des adultĂšres et des fornications. Vous en trouvez qui teignent leurs cheveux en diffĂ©rentes couleurs, pour les marier soit avec leurs habits, soit avec leurs chaussures, soit avec leurs vernis, soit avec leurs boucles d'oreilles, etc. Il y en a aussi qui changent de vernis en fonction de la couleur de leurs boucles d'oreilles, ou de leurs sacs, ou des grosses ceintures qu'elles portent. Il y en a aussi qui Ă©pilent les sourcils, et Ă  la place du poil, elles font un trait au crayon noir. Vous les reconnaĂźtrez aussi avec divers bijoux de sĂ©ductions Des boucles d'oreilles, des chaĂźnes au cou, des chaĂźnes aux pieds, des chaĂźnes aux bras, des bagues... Vous les voyez ressembler aux filles des boites de nuit. La raison pour laquelle elles ne peuvent plus se voiler aujourd'hui, c'est parce qu'il faut que les coiffures de sĂ©duction qu'elles font sur leur tĂȘte, soient vues. Quand vous vous tenez en bordure de route un dimanche matin, puisque dimanche est leur unique jour de folie, vous avez l'impression d'ĂȘtre en bordure de route le samedi soir, jour oĂč beaucoup vont dans des boites de nuit. Quand vous allez dans certaines de ces assemblĂ©es le dimanche matin, puisque ce n'est que le dimanche qu'ils se retrouvent, vous avez l'impression d'ĂȘtre dans une boite de nuit le samedi soir. Parfois il y a plus d'extravagance dans les soi-disant Ă©glises rĂ©veillĂ©es, que dans des boites de nuit. VoilĂ  une abomination qui manque d'adjectif. "21Je n'ai point envoyĂ© ces prophĂštes, et ils ont couru; Je ne leur ai point parlĂ©, et ils ont prophĂ©tisĂ©. 22S'ils avaient assistĂ© Ă  Mon conseil, ils auraient dĂ» faire entendre Mes paroles Ă  Mon peuple, et les faire revenir de leur mauvaise voie, de la mĂ©chancetĂ© de leurs actions." JĂ©rĂ©mie 2321-22. 6- LA PROSTITUTION "14GrĂąces soient rendues Ă  Dieu, qui nous fait toujours triompher en Christ, et qui rĂ©pand par nous en tout lieu l'odeur de sa connaissance! 15Nous sommes, en effet, pour Dieu la bonne odeur de Christ, parmi ceux qui sont sauvĂ©s et parmi ceux qui pĂ©rissent 16Aux uns, une odeur de mort, donnant la mort; aux autres, une odeur de vie, donnant la vie. - Et qui est suffisant pour ces choses? - 17Car nous ne falsifions point la parole de Dieu, comme font plusieurs; mais c'est avec sincĂ©ritĂ©, mais c'est de la part de Dieu, que nous parlons en Christ devant Dieu." 2Corinthiens 214-17. Les assemblĂ©es prostituĂ©es Quand tu visites ces assemblĂ©es aujourd'hui, tu n'arrives plus Ă  distinguer qui est femme et qui est homme. Tous sont en pantalon. DĂšs que tu les reprends, certains te disent que Dieu ne regarde qu'au cƓur; d'autres te disent que tu vis encore sous la loi; d'autres encore te disent que rien ne prouve que le pantalon est un habillement d'homme; les plus intelligents t'expliquent plutĂŽt qu'il y a des pantalons "modĂšle femme". Pour vous qui voulez craindre Dieu, sachez que c'est une abomination aux yeux de Dieu, que d'ĂȘtre au milieu des saints, sans ĂȘtre en mesure de distinguer clairement qui est femme et qui est homme. Quand vous allez dans une assemblĂ©e des dĂ©mons, vous n'arrivez pas Ă  distinguer qui est homme et qui est femme. Les hommes comme les femmes sont en pantalon, ont des cheveux tressĂ©s, des oreilles percĂ©es portant des boucles, etc. Vous voyez des hommes avec des cheveux longs, parfois attachĂ©s derriĂšre la tĂȘte, vous voyez des femmes avec des cheveux courts, etc. Quand vous allez dans une assemblĂ©e des religieux qui Ă©vitent certaines des abominations que je viens de citer, vous n'arrivez toujours pas Ă  distinguer qui est homme et qui est femme. Les hommes comme les femmes sont en pantalon. Parfois les hommes portent des chapeaux quand les femmes ont les tĂȘtes non voilĂ©es. Ils sont incapables de demeurer fidĂšles Ă  Dieu dans des moindres choses. Ils sont incapables de se montrer diffĂ©rents de ceux qui ont ouvertement fait le choix de se moquer de Dieu; ils sont incapables de se conduire comme la lumiĂšre du monde; ils sont incapables de se conduire comme le sel de la terre; ils sont incapables d'ĂȘtre un modĂšle pour le monde. OĂč est donc la diffĂ©rence entre vous qui prĂ©tendez connaitre Dieu, et les paĂŻens qui ne Le connaissent pas encore? Et quand tu attires l'attention de ces religieux sur ces Ă©garements, ils dĂ©montrent que tu es encore sous la loi. Tout ce que les gens ne veulent pas mettre en pratique, ils le balancent dans la loi. Ils ont une poubelle aujourd'hui qui s'appelle "la loi", dans laquelle ils balancent tous les aspects de la parole de Dieu dont la pratique ne les arrange pas. Que le Seigneur touche le cƓur de Ses Enfants! Que dit Dieu de la tenue de la femme? DeutĂ©ronome 225 "Une femme ne portera point un habillement d'homme, et un homme ne mettra point des vĂȘtements de femme; car quiconque fait ces choses est en abomination Ă  l'Éternel, ton Dieu." Retenez que Dieu avait voulu expressĂ©ment faire de l'homme ce qu'il est, et de la femme ce qu'elle est. Dieu ayant volontairement fait l'homme et la femme diffĂ©rents, avait choisi de marquer cette diffĂ©rence mĂȘme dans leurs vĂȘtements respectifs. Si vous craignez Dieu, ne tentez pas de Lui prouver que vous raisonnez mieux que Lui. Ceux qui tentent de crĂ©er des polĂ©miques autour du pantalon, n'ont qu'Ă  se rĂ©fĂ©rer Ă  l'histoire, et ils comprendront que c'est au dĂ©but de cette derniĂšre gĂ©nĂ©ration qui devait prĂ©parer le rĂšgne de l'antĂ©christ, que les femmes ont commencĂ© Ă  porter le pantalon. C'Ă©tait un signe d'Ă©mancipation de la femme, c'est-Ă -dire un signe de rĂ©bellion devant Dieu. Sachez que ce que vous appelez Ă©mancipation ici, n'est autre chose qu'une vraie rĂ©volte devant Dieu. 1TimothĂ©e 29-10 "9Je veux aussi que les femmes, vĂȘtues d'une maniĂšre dĂ©cente, avec pudeur et modestie, ne se parent ni de tresses, ni d'or, ni de perles, ni d'habits somptueux, 10mais qu'elles se parent de bonnes Ɠuvres, comme il convient Ă  des femmes qui font profession de servir Dieu." 1Pierre 33-6 "3Ayez, non cette parure extĂ©rieure qui consiste dans les cheveux tressĂ©s, les ornements d'or ou les habits qu'on revĂȘt, 4mais la parure intĂ©rieure et cachĂ©e dans le cƓur, la puretĂ© incorruptible d'un esprit doux et paisible, qui est d'un grand prix devant Dieu. 5Ainsi se paraient autrefois les saintes femmes qui espĂ©raient en Dieu, soumises Ă  leurs maris, 6comme Sara, qui obĂ©issait Ă  Abraham et l'appelait son seigneur. C'est d'elle que vous ĂȘtes devenues les filles, en faisant ce qui est bien, sans vous laisser troubler par aucune crainte." Dans ces assemblĂ©es prostituĂ©es, les femmes ne se voilent pas. Les agents de satan leur ont enseignĂ© que leur chevelure suffit comme voile. Pourtant quand vous lisez 1Corinthiens 11, l'enseignement est absolument clair. Revoyons cet enseignement ensemble 1Corinthiens 113-16 "3Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef de tout homme, que l'homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ. 4Tout homme qui prie ou qui prophĂ©tise, la tĂȘte couverte, dĂ©shonore son chef. 5Toute femme, au contraire, qui prie ou qui prophĂ©tise, la tĂȘte non voilĂ©e, dĂ©shonore son chef C'est comme si elle Ă©tait rasĂ©e. 6Car si une femme n'est pas voilĂ©e, qu'elle se coupe aussi les cheveux. Or, s'il est honteux pour une femme d'avoir les cheveux coupĂ©s ou d'ĂȘtre rasĂ©e, qu'elle se voile. 7L'homme ne doit pas se couvrir la tĂȘte, puisqu'il est l'image et la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l'homme. 8En effet, l'homme n'a pas Ă©tĂ© tirĂ© de la femme, mais la femme a Ă©tĂ© tirĂ©e de l'homme; 9et l'homme n'a pas Ă©tĂ© créé Ă  cause de la femme, mais la femme a Ă©tĂ© créée Ă  cause de l'homme. 10C'est pourquoi la femme, Ă  cause des anges, doit avoir sur la tĂȘte une marque de l'autoritĂ© dont elle dĂ©pend. 11Toutefois, dans le Seigneur, la femme n'est point sans l'homme, ni l'homme sans la femme. 12Car, de mĂȘme que la femme a Ă©tĂ© tirĂ©e de l'homme, de mĂȘme l'homme existe par la femme, et tout vient de Dieu. 13Jugez-en vous-mĂȘmes est-il convenable qu'une femme prie Dieu sans ĂȘtre voilĂ©e? 14La nature elle-mĂȘme ne vous enseigne-t-elle pas que c'est une honte pour l'homme de porter de longs cheveux, 15mais que c'est une gloire pour la femme d'en porter, parce que la chevelure lui a Ă©tĂ© donnĂ©e comme voile? 16Si quelqu'un se plaĂźt Ă  contester, nous n'avons pas cette habitude, non plus que les Églises de Dieu." Chaque fois les agents de satan laissent tout ce qui est enseignĂ© du verset 3 au verset 14, et s'acharnent sur le verset 15, dont ils tordent le sens, comme ils le font des autres passages, chaque fois que cela ne les arrange pas. Dans le verset 15, le Seigneur nous rappelle encore bien la place de la femme dans Son plan. DĂšs la crĂ©ation, Dieu a donnĂ© Ă  la femme une position de soumission par rapport Ă  l'homme. Et la longue chevelure de la femme est lĂ , pour lui rappeler chaque fois sa position par rapport Ă  l'homme, qui est son chef. Ceci veut dire que de maniĂšre naturelle, la femme avec la longue chevelure, est voilĂ©e devant l'homme. Parce que cette chevelure lui a Ă©tĂ© donnĂ©e comme voile, c'est-Ă -dire comme signe de soumission. Mais dans la prĂ©sence de Dieu, la femme doit se voiler, ce qui n'a plus rien affaire avec le voile que reprĂ©sente sa chevelure. Et comme satan ne peut jamais rĂ©ussir Ă  dĂ©tourner la Parole de Dieu, les versets 5 et 6 rendent l'enseignement plus que clair, et ferment dĂ©finitivement les bouches de ces dĂ©mons. Pour vous aider Ă  mieux comprendre la stupiditĂ© de ces sorciers pasteurs qui s'obstinent Ă  dĂ©montrer que le voile dont il est question ici, c'est la chevelure de la femme, je vous invite Ă  faire cette petite vĂ©rification. Dans les versets 5 et 6, remplacez chaque mot "voile" que vous rencontrerez, par le mot "cheveux", et vous aurez le rĂ©sultat suivant Verset 5 Toute femme, au contraire, qui prie ou qui prophĂ©tise, la tĂȘte "sans cheveux", dĂ©shonore son chef C'est comme si elle Ă©tait rasĂ©e. Verset 6 Car si une femme "n'a pas de cheveux", qu'elle se coupe aussi les cheveux. Or, s'il est honteux pour une femme d'avoir les cheveux coupĂ©s ou d'ĂȘtre rasĂ©e, qu'elle se "...." Je vous laisse combler le vide. Vous venez de dĂ©couvrir lĂ , la grande idiotie des agents de satan. En essayant de dĂ©tourner la parole de Dieu pour Ă©garer le peuple, ils se rendent bien idiots. En d'autres termes, pour rĂ©ussir Ă  tordre le sens de la parole de Dieu dans le but de perdre ceux qui les suivent, ces dĂ©mons sont obligĂ©s de flirter avec l'imbĂ©cillitĂ©, comme vous venez de le constater. MalgrĂ© le fait que Dieu a choisi de rendre cet enseignement absolument clair, les pasteurs dĂ©mons, comme ils sont lĂ  pour s'opposer Ă  Dieu, ne manquent pas quoi dire pour dĂ©tourner les Enfants de Dieu. Certains dĂ©mons vous diront que c'Ă©tait pour les Corinthiens, en vous expliquant des bĂȘtises, d'autres vous diront que c'est Paul qui avait dit. Autres Ă©lĂ©ments pour reconnaĂźtre les pasteurs dĂ©mons "C'est Paul qui a dit" - "C'Ă©tait pour les Corinthiens" À ceci, bien-aimĂ©s, vous reconnaĂźtrez des pasteurs sorciers DĂšs que vous rencontrez un pasteur qui vous dĂ©tourne de la Parole de Dieu en vous disant que "C'est Paul qui a dit" ou que "C'Ă©tait pour les Corinthiens" sachez que vous avez affaire Ă  un dĂ©mon. Il n'y a dans la Bible ni parole de Pierre, ni celle de Jean, ni celle de Jacques, ni celle de Paul. La Bible tout entiĂšre est la Parole de Dieu. Retenez aussi qu'il n'y a dans la Bible ni parole pour les Corinthiens, ni parole pour les Galates, ni parole pour les ÉphĂ©siens, toute la Parole de Dieu s'adresse Ă  chaque Enfant de Dieu, et tout vrai Serviteur de Dieu, semence de JĂ©sus-Christ, le sait. Ne tombez donc plus jamais dans les piĂšges des dĂ©mons qui n'ont pour mission que de vous monter contre Dieu afin que vous soyez frappĂ©s. Voici un autre Ă©lĂ©ment qui vous aidera Ă  reconnaĂźtre des pasteurs sorciers. Chaque fois qu'ils sont incapables de soutenir par la Bible la folie qu'ils enseignent, ils vous disent que "certains manuscrits ont dit que..." DĂšs que vous rencontrez un pasteur qui vous dĂ©tourne de la Parole de Dieu en vous Ă©voquant ce que certains manuscrits ont dit, sachez que vous avez affaire Ă  un dĂ©mon. La Bible que Dieu nous a laissĂ©e, ils ne la connaissent pas, ce sont les autres manuscrits qu'ils croient connaĂźtre. La Bible, seul et unique livre que Dieu a mis Ă  notre disposition, ils sont incapables de la comprendre, mais ils enseignent mĂȘme ce que disent d'autres manuscrits. Avec cela vous reconnaissez les dĂ©mons. "Il a volĂ© mes membres" Voici un langage avec lequel vous reconnaĂźtrez les serviteurs de satan "Il a volĂ© mes membres". DĂšs que vous entendez un soi-disant pasteur tenir ce langage, sachez qu'il est du malin. Tous sont tellement animĂ©s par la cupiditĂ©, que les choses de Dieu leur sont totalement Ă©trangĂšres. Ils passent leur temps Ă  se disputer les hommes, Ă  cause de ce qu'ils appellent dĂźmes et offrandes. Ils deviennent ennemis les uns des autres, en s'accusant les uns les autres de ce qu'ils appellent "vol des membres"; un vrai langage abominable. Les hommes sont devenus leurs propriĂ©tĂ©s. Et chaque fois que vous les croisez, vous n'avez pas besoin de passer dix minutes avec eux, avant d'entendre ce cri profond de leur cƓur, ce soupir qu'ils ne peuvent s'empĂȘcher d'exprimer "Ce sont mes membres qui sont dans l'Ă©glise d'un tel"; "Un tel a volĂ© mes membres"; "Mon Ă©glise Ă©tait remplie auparavant, dĂšs qu'il est venu, il a tout volĂ©". "Ce pasteur-lĂ , c'est un voleur d'Ăąmes"; "Il ne m'appelle mĂȘme plus, parce qu'il a volĂ© mes Ăąmes". La Bible nous dit que chacun de nous a une seule Ăąme, eux, ils en ont plusieurs. Ils font tout pour tenir les gens captifs, Ă  cause des dĂźmes et offrandes. Ils mettent leurs femmes au-dessus de tous Vous les reconnaĂźtrez. Ces chiens mettent leurs femmes au-dessus de tout le monde. S'ils se font appeler apĂŽtres, leurs femmes seront apĂŽtres assistants, s'ils se font appeler pasteurs, leurs femmes seront pasteurs assistants, etc. Ils ont des grandes assemblĂ©es avec des milliers de fidĂšles, avec des centaines d'hommes. Mais quand ils ne sont pas lĂ , ce sont leurs femmes qui contrĂŽlent l'assemblĂ©e. Il y a quelques renards, un peu plus malins, qui, pour prouver aux gens qu'ils respectent les consignes selon lesquelles la femme ne doit pas prendre de l'autoritĂ© sur l'homme, ont plutĂŽt nommĂ© leurs femmes "enseignantes des femmes". D'autres dĂ©mons plus grands encore, font mĂȘme dĂ©jĂ  appeler leurs femmes "PremiĂšres Dames". Il y a mĂȘme dĂ©jĂ  des couples de dĂ©mons plus extravagants, dans lesquels l'homme est plutĂŽt pasteur, et c'est sa femme qui prend le titre d'apĂŽtre. C'est donc la sorciĂšre qui distribue les titres dans l'Ă©glise, et donne Ă  son petit dĂ©mon de mari le titre qu'elle veut. C'est elle qui passe la parole au mari dans l'Ă©glise, quand elle le veut. VoilĂ  jusqu'oĂč l'abomination est arrivĂ©e. Avec cela vous n'avez plus besoin que l'on vous dise que nous vivons la fin des temps. Si vous croyez ĂȘtre de Dieu, sortez de toutes ces poubelles appelĂ©es Ă©glises, et sanctifiez vos vies pour l'enlĂšvement. La Bible dit Comme dans toutes les Églises des saints, que les femmes se taisent dans les assemblĂ©es. Mais dans les Ă©glises des dĂ©mons, l'abomination est autorisĂ©e. VoilĂ  pourquoi les JĂ©zabel peuvent faire tout ce qu'elles veulent. Elles sont constamment devant avec le micro en mains. Vous les entendrez donner des ordres aux hommes; "Maintenant levez-vous, on va chanter... asseyez-vous..." Les dĂ©mons pour vous dĂ©tourner vont vous parler de Kathryn Kuhlman, de DĂ©borah, des femmes qui ont Ă©tĂ© les premiĂšres Ă  voir JĂ©sus aprĂšs la rĂ©surrection, du verset de JoĂ«l 228 qui dit que "AprĂšs cela, je rĂ©pandrai mon esprit sur toute chair; vos fils et vos filles prophĂ©tiseront, vos vieillards auront des songes, et vos jeunes gens des visions", etc. D'autres dĂ©mons vous diront que la femme samaritaine dans Jean 4, Ă©tait la premiĂšre femme Ă©vangĂ©liste. Retenez une fois pour toutes, que la femme n'a aucun droit d'enseigner, ni de prendre de l'autoritĂ© sur l'homme. Ne tombez donc plus dans les piĂšges des dĂ©mons. Tout ce que vous appelez "femmes pasteurs", "femmes Ă©vangĂ©listes", "femmes docteurs", femmes prophĂ©tesses qui ont un ministĂšre indĂ©pendant d'une assemblĂ©e locale, "femmes apĂŽtres" ou tout simplement "femmes anciens", sont des sorciĂšres; ce sont des agents de l'Enfer. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende. Et si quelqu'un se plaĂźt Ă  contester, nous n'avons pas cette habitude, non plus que les Églises de Dieu. "33Car Dieu n'est pas un Dieu de dĂ©sordre, mais de paix. Comme dans toutes les Églises des saints, 34que les femmes se taisent dans les assemblĂ©es, car il ne leur est pas permis d'y parler; mais qu'elles soient soumises, selon que le dit aussi la loi." 1Corinthiens 1433-34. 1TimothĂ©e 211-12 "11Que la femme Ă©coute l'instruction en silence, avec une entiĂšre soumission. 12Je ne permets pas Ă  la femme d'enseigner, ni de prendre de l'autoritĂ© sur l'homme; mais elle doit demeurer dans le silence." TĂ©moignages Je vous donne deux tĂ©moignages, pour vous montrer jusqu'Ă  quel point les dĂ©mons ont le sang-froid quand ils s'opposent Ă  Dieu. Premier TĂ©moignage J'ai Ă©tĂ© invitĂ© un jour dans une petite assemblĂ©e des soi-disant chrĂ©tiens rĂ©veillĂ©s qui ont fui la folie de ces Ă©glises pourries, et qui se retrouvent plutĂŽt dans leurs maisons pour prier. DĂšs que je suis arrivĂ©, je me suis rendu compte que ces "frĂšres Ă©clairĂ©s" qui ont fui l'aveuglement dans les grandes assemblĂ©es, Ă©taient mĂȘme plus aveuglĂ©s que ceux qu'ils avaient fuis. DĂšs qu'ils ont fini de chanter c'est-Ă -dire de "louer Dieu", ils m'ont passĂ© la parole. Croyant que j'Ă©tais en face de mes frĂšres, avec amour et douceur je leur ai demandĂ© pourquoi les femmes n'Ă©taient pas voilĂ©es. J'ai donc commencĂ© par cette exhortation. DĂšs que j'ai fini, Ă  ma grande surprise, ce sont les hommes eux-mĂȘmes qui m'ont dit que les femmes n'ont pas besoin de se voiler, que leur chevelure suffisait. Je les ai ramenĂ©s dans le passage de 1Corinthiens 11, que j'avais pourtant dĂ©jĂ  Ă©tudiĂ© avec eux. Je leur ai demandĂ© de m'expliquer les versets 5 et 6. DĂšs que les dirigeants ont bien relu les versets 5 et 6, ils se sont rendu compte de leur folie. Je m'attendais donc logiquement, Ă  ce qu'ils se repentent pour donner gloire au Seigneur. Mais qu'est-ce qu'ils ont fait, ils se sont mis plutĂŽt Ă  rĂ©citer les mĂȘmes versets plusieurs fois, sans arrĂȘt. Et finalement ils sont restĂ©s sur leur ancienne position. C'est terrible! Et aprĂšs, je me suis rendu compte avec la question que l'un d'eux m'a posĂ©e, que c'Ă©tait une petite branche de cette secte satanique qui enseigne que JĂ©sus-Christ est menteur, et qu'Il n'a jamais eu de PĂšre. Pour eux, JĂ©sus-Christ qui a passĂ© tout Son temps sur terre Ă  ne parler que de Son PĂšre, avait perdu la tĂȘte. Car disent-ils, JĂ©sus-Christ est Dieu le PĂšre, JĂ©sus-Christ est le Fils, JĂ©sus-Christ est le Saint-Esprit. Et ils se glorifient d'ĂȘtre les seuls qui comprennent le secret et le mystĂšre cachĂ©s derriĂšre la Personne de Dieu, du Fils et du Saint-Esprit, du moins ce que les Catholiques ont choisi d'appeler TrinitĂ©. DeuxiĂšme TĂ©moignage Le deuxiĂšme tĂ©moignage concerne un autre pasteur, qui se glorifiait d'ĂȘtre le seul qui craignait Dieu et qui enseignait la sanctification, parmi tous les pasteurs de sa rĂ©gion. DĂšs que je me suis rendu compte que dans son assemblĂ©e les femmes ne se voilaient pas, je me suis assis avec lui en privĂ©, avec un autre pasteur, pour examiner ce sujet. Il a commencĂ© Ă  Ă©taler les thĂ©ories des instituts sataniques qu'ils appellent instituts bibliques, dans lesquels ils apprennent Ă  s'Ă©garer et Ă  Ă©garer les autres. Il nous a dĂ©montrĂ© comment les femmes ne doivent pas se voiler, comment c'est quelque chose de passĂ©, comment c'Ă©tait pour les Corinthiens, comment Paul avait dit cela pour certaines raisons, comment se voiler est diffĂ©rent de se couvrir la tĂȘte, comment le foulard est diffĂ©rent du voile, ce que certains manuscrits auraient dit, et ce que certaines recherches auraient rĂ©vĂ©lĂ©, etc. DĂšs qu'il a fini la philosophie, nous l'avons ramenĂ© dans la Bible. Calmement, nous avons examinĂ© le passage de 1Corinthiens 11, du verset 1 au verset 16. Quand on a fini, il Ă©tait coincĂ©, et il a arrĂȘtĂ© la philosophie. Il a alors acceptĂ© que l'enseignement Ă©tait clair, et il s'est exprimĂ© clairement. Il nous a donc expliquĂ© qu'auparavant, il enseignait lui-mĂȘme que les femmes devaient se voiler, et que toutes les femmes de ses anciennes assemblĂ©es, puisqu'il en avait plusieurs, se voilaient. Il continua en disant qu'il Ă©tait maintenant dans une nouvelle dĂ©nomination, et que les gourous de cette nouvelle secte Ă©taient contre le voile. Et pour rester en harmonie avec ses dieux les gourous qu'il appelait les fondateurs et les bishops, ce dĂ©mon avait choisi de mĂ©priser Dieu. Nous avions mĂȘme cru qu'aprĂšs notre partage il devait se repentir, et demander pardon Ă  Dieu. Attendre que ces gens-lĂ  se repentent, c’est en fait ne pas les connaĂźtre du tout. Il a juste conclu en nous disant que l'enseignement Ă©tait vraiment clair, et que nul ne pouvait dĂ©montrer le contraire. Il a ajoutĂ© que s'il voulait mettre cet enseignement en pratique, cela le mettrait en mauvaise position vis-Ă -vis de la secte mĂšre. Pour sauvegarder son titre et ses intĂ©rĂȘts personnels, ce pasteur, "unique prĂ©dicateur de la sanctification de la rĂ©gion", n'a pas eu froid aux yeux quand il mĂ©prisait volontairement le Dieu vĂ©ritable, et induisait volontairement les Enfants de Dieu en erreur. Ce qui comptait pour lui, c'Ă©tait d'ĂȘtre en harmonie avec ses compagnons. VoilĂ  comment vous les reconnaissez. Et ils sont tellement nombreux, Ă  dĂ©tourner volontairement la Parole de Dieu, et Ă  tenir la vĂ©ritĂ© captive, Ă  cause de leur ventre. Si seulement ils Ă©taient ignorants! "La vĂ©ritĂ© a disparu, elle s'est retirĂ©e de leur bouche." JĂ©rĂ©mie 728. 7- LES ENFANTS DÉMONS "Je parlerai de Tes prĂ©ceptes devant les rois, et je ne rougirai point." Psaume 11946. Qui sont-ils? Les enfants dĂ©mons sont des esprits sataniques qui viennent dans le monde des humains, en prenant des formes humaines, et qui, une fois sur la terre, vivent comme n'importe quel autre enfant normal. Ils naissent, grandissent, vivent, et meurent, normalement. Ils sont semĂ©s dans le monde par satan comme nous l'avons Ă©tudiĂ© dans la parabole de l'ivraie au dĂ©but de cet enseignement. Comment viennent-ils dans le monde? Ils viennent dans le monde des humains soit volontairement, soit envoyĂ©s par le diable, et arrivent par la voie naturelle de l'accouchement. Ils viennent donc dans le monde avec des formes humaines, et sont nĂ©s de femmes, comme n'importe quel autre enfant normal semence de Dieu. Certains viennent avec une mission bien prĂ©cise, d'autres viennent juste pour ĂȘtre des simples instruments au service de lucifer leur maĂźtre. Que ce soit ceux qui viennent volontairement ou ceux qui viennent comme simples agents au service de satan, tous sont semĂ©s dans le monde par satan pour contrecarrer le plan de Dieu, et essayer de perpĂ©tuer la guerre que satan et son camp mĂšnent contre Dieu depuis la crĂ©ation. Satan avec sa puissance de manipulation sĂšme donc ses enfants dans le monde en se servant de femmes, comme Dieu Lui-mĂȘme le fait. Et le fait que ces dĂ©mons viennent aussi sous des formes humaines, crĂ©e tellement de confusion qu'il devient trĂšs difficile de les distinguer. C'est ce qui justifie le recours au discernement pour les reconnaĂźtre. Rappelons avant de continuer, que satan n'a aucun pouvoir de crĂ©ation. Satan n'a jamais rien créé, et ne peut d'ailleurs rien crĂ©er. Tout ce qu'il sait faire, c'est copier, c'est falsifier, c'est manipuler. Il rĂ©ussit donc avec son pouvoir de manipulation, Ă  semer le dĂ©sordre dans le champ de Dieu, en inondant le champ de Dieu des humains artificiels. Comme dit ci-dessus, certains de ces dĂ©mons viennent dans le monde volontairement, avec une mission bien prĂ©cise. Ceux-lĂ  sont trĂšs dangereux, et sont trĂšs conscients de leur mission dans ce monde. Ils savent donc trĂšs bien pourquoi ils sont dans ce monde. Certains parmi eux viennent avec la complicitĂ© soit de l'un de leurs parents, soit des deux. Nous avons eu affaire aux cas des dĂ©mons mĂąles venus avec la complicitĂ© de leurs mĂšres sorciĂšres; ces dĂ©mons Ă©tant en fait les maris de leurs mĂšres dans le monde des tĂ©nĂšbres. GĂ©nĂ©ralement ces dĂ©mons arrivent de cette maniĂšre-lĂ  quand leurs mĂšres sorciĂšres se trouvent en difficultĂ© par rapport Ă  la mission que satan leur avait confiĂ©e, et ont besoin de renfort. Donc quand elles font venir leurs maris du monde des tĂ©nĂšbres sous forme d'enfants dans ce monde-ci, c'est quand leur mission a Ă©chouĂ© et elles se trouvent en danger. Ces dĂ©mons arrivent alors trĂšs bien prĂ©parĂ©s et trĂšs Ă©quipĂ©s. Ils arrivent avec une puissance plus grande que celle de leur Ă©pouse de mĂšre. Et quand ces petits dĂ©mons arrivent, ils redeviennent les vrais maris de leurs mĂšres, et les maris officiels deviennent des simples figurants. Le monde de satan est rĂ©ellement abominable bien-aimĂ©s! Heureux sont ceux qui n'ont jamais connu les profondeurs de satan. Apocalypse 224-25 "24À vous, Ă  tous les autres de Thyatire, qui ne reçoivent pas cette doctrine, et qui n'ont pas connu les profondeurs de satan, comme ils les appellent, je vous dis Je ne mets pas sur vous d'autre fardeau; 25seulement, ce que vous avez, retenez-le jusqu'Ă  ce que Je vienne." Il y a des dĂ©mons qui viennent plusieurs fois dans le monde. Cela veut dire qu'ils viennent, vivent, meurent, et une fois enterrĂ©s, reviennent dans le monde par une autre naissance. Ils ont le pouvoir de faire ces va-et-vient autant de fois qu'ils le veulent. Dans certaines rĂ©gions du monde, les parents les reconnaissent, et essaient mĂȘme de les combattre, car ils sont conscients du fait que ces enfants dĂ©mons, sont extrĂȘmement dangereux. Il y a des rĂ©gions du monde oĂč les dispositions sont prises pour empĂȘcher ces enfants dĂ©mons une fois morts, de revenir. Parfois on leur coupe les doigts avant de les enterrer, parfois ce sont les orteils qui sont coupĂ©s, parfois aussi ce sont des incisions et des marques qui sont faites sur certaines parties de leur corps. Mais malgrĂ© toutes ces dispositions, il y a des dĂ©mons tĂ©mĂ©raires qui reviennent avec les marques qui avaient Ă©tĂ© faites sur eux. Si certains reviennent en se faisant naitre dans des familles diffĂ©rentes et mĂȘme dans des pays diffĂ©rents, d'autres se permettent de revenir carrĂ©ment dans les mĂȘmes familles oĂč ils ont vĂ©cu avant. On se retrouve alors avec des enfants qui naissent sans les doigts ou les orteils qui Ă©taient coupĂ©s avant leur dernier enterrement, ou avec toutes les incisions et autres marques qu'on avait faites sur leur corps, exactement aux mĂȘmes endroits. Le phĂ©nomĂšne d'enfants dĂ©mons n'est donc pas nouveau, il n'est non plus Ă©trange. Plusieurs traditions ont fini par s'y habituer, et chacune de ces traditions a sa propre maniĂšre de s'occuper de ces petits dĂ©mons. Chez les Juifs, il y a mĂȘme un nom spĂ©cial pour dĂ©signer de tels enfants. Ce nom traduit mot Ă  mot signifie "Quatre yeux". On estime que ces dĂ©mons Ă©tant mystiquement puissants, ont quatre yeux, dont deux yeux comme tout ĂȘtre normal, et deux autres pour voir et gĂ©rer le monde des tĂ©nĂšbres. Si certains dĂ©mons viennent dans le monde de leur propre grĂ©, d'autres par contre sont envoyĂ©s dans le monde par satan, et sont durant tout leur temps sur terre, des instruments que satan peut utiliser Ă  volontĂ©. Ceux-lĂ  sont les plus nombreux. Plusieurs parmi eux peuvent ĂȘtre ignorants de leur vraie nature, jusqu'Ă  un certain niveau. Qui peut faire un enfant dĂ©mon? Satan peut se servir de n'importe quelle femme non couverte par le sang de JĂ©sus pour semer dans le monde. Et comme beaucoup de femmes ne sont pas couvertes par le sang de JĂ©sus, l'on comprend la facilitĂ© avec laquelle il a rempli le monde de dĂ©mons en chair. Les seules femmes qui ne peuvent pas ĂȘtre utilisĂ©es par satan, c'est-Ă -dire qui ne peuvent pas servir de portes ouvertes Ă  satan pour faire venir les dĂ©mons dans le monde, ce sont les femmes, semences de Dieu, qui sont couvertes par le sang de JĂ©sus. Les portes ouvertes J'entends par portes ouvertes, les diffĂ©rents Ă©lĂ©ments qui donnent accĂšs Ă  satan, ou encore les diffĂ©rentes failles que satan exploite pour faire venir sa semence dans le monde. On peut classer ces portes en deux catĂ©gories Les portes non ouvertes par l'homme, et les portes ouvertes par l'homme. Les portes non ouvertes par l'homme Il s'agit d'un cĂŽtĂ©, du cas naturel des femmes semences de satan, et de l'autre cĂŽtĂ©, du cas normal des femmes non couvertes par le sang de JĂ©sus. Toute femme non couverte par le sang de JĂ©sus, qu'elle soit paĂŻenne ou prĂ©tendue chrĂ©tienne, peut ĂȘtre utilisĂ©e par satan. Mais ceci ne veut pas dire qu'une femme paĂŻenne ne peut pas faire des vrais enfants. Les femmes paĂŻennes semences de Dieu peuvent par la grĂące de Dieu faire des vrais enfants, mĂȘme quand elles n'ont pas encore donnĂ© leur vie a Christ. Les portes ouvertes par l'homme Il s'agit du cas de tous ces gens qui, dans leur ignorance ou dans leur folie, croient qu'il y a plusieurs Dieux CrĂ©ateurs. Ils arrivent donc, par une alchimie qu'ils sont les seuls Ă  maitriser, Ă  se convaincre qu'en dehors du vrai Dieu CrĂ©ateur JĂ©sus-Christ, quelques crĂ©atures sont aussi capables de crĂ©er des enfants. Ce faisant, ils courent vers des mĂ©thodes non naturelles pour avoir des enfants. Ces mĂ©thodes non naturelles sont le satanisme et la science. Le satanisme Il y a le cas des gens qui recherchent des enfants en faisant recours au mysticisme, c'est-Ă -dire Ă  la puissance de satan. Certains vont chez des sorciers et des marabouts chercher des enfants, d'autres font des pactes avec des dĂ©mons. TrĂšs souvent, soit par manque de patience, soit sous la pression de l'entourage, les gens courent vers les marabouts et les sorciers, ou vers les esprits impurs dans les lieux dits sacrĂ©s, quand aprĂšs quelques temps dans le mariage ils n'ont pas d'enfants. De ce nombre, on rencontre mĂȘme des soi-disant chrĂ©tiens nĂ©s de nouveau. Quand vous courez vers les marabouts et les sorciers Ă  la recherche des enfants, oĂč pensez-vous que ces gens qui ne sont que des crĂ©atures comme vous, vont prendre les enfants pour vous les donner? Et quand vous faites des pactes avec des esprits impurs dans le monde des tĂ©nĂšbres, tels que les esprits des eaux, les esprits de forĂȘts, les esprits de cimetiĂšres, etc. vous ouvrez automatiquement des portes Ă  satan afin qu'il se serve de vous pour faire venir ses dĂ©mons dans le monde. Tous les enfants que vous allez chercher chez les marabouts et les sorciers, ou au bord des eaux, ou dans des forĂȘts, ou dans des lieux dits sacrĂ©s, en offrant des sacrifices aux dieux de ces lieux, sont tous des dĂ©mons. La science Il y a le cas des stupides qui font recours Ă  la mĂ©decine pour avoir des enfants. Est-il nĂ©cessaire que je vous rappelle que c'est Dieu qui a créé l'homme et non pas la mĂ©decine? Ai-je vraiment besoin de vous dire que c'est par Sa puissance que Dieu a créé l'homme, et non pas dans des laboratoires humains? Vous Ă©tonnerais-je si je vous disais que ce sont des dĂ©mons que l'on fabrique dans des tubes Ă  essai? Sachez donc que tous les enfants que vous concevez avec l'aide ou le concours des mĂ©decins, ne sont que des dĂ©mons. Conclusion InsensĂ©s, quand vous allez soit chez les marabouts, soit dans des lieux sataniques dits lieux sacrĂ©s, soit dans des cliniques et des hĂŽpitaux chercher des enfants, oĂč pensez-vous qu'ils prendront des enfants pour vous les donner? Ces gens vers qui vous allez, ne sont eux aussi que des crĂ©atures. Comment pouvez-vous ĂȘtre stupides au point de croire qu'une simple crĂ©ature peut crĂ©er un enfant pour vous? Maintenant que vous avez compris que les marabouts, les mĂ©decins, et les esprits impurs des lieux sataniques dits sacrĂ©s ne peuvent fabriquer aucun enfant, comprenez que ce sont des dĂ©mons que vous recevez d'eux. Retenez donc clairement que tous les enfants que vous avez eus avec l'aide ou le concours des marabouts, des sorciers, et des mĂ©decins, ne sont que des dĂ©mons. RĂ©ponses aux questions qui me sont souvent posĂ©es Toutes les fois que je me suis retrouvĂ© devant les enfants de Dieu en train de donner cet enseignement sur le Discernement, leur stupĂ©faction a Ă©tĂ© grande d'entendre ces mystĂšres qui nous ont longtemps Ă©tĂ© cachĂ©s, et leur joie a Ă©tĂ© encore plus grande, de recevoir enfin ces rĂ©vĂ©lations qui les affranchiront totalement de l'ignorance qui faisait d'eux des Ă©ternels prisonniers de satan. Et chaque fois, Ă  la fin de l'enseignement, ce sont presque les mĂȘmes questions qui reviennent. J'ai donc trouvĂ© nĂ©cessaire de regrouper toutes ces questions, et de rĂ©pondre Ă  chacune d'elles, afin de libĂ©rer tous les fils et filles d'Abraham qui ont longtemps Ă©tĂ© victimes de la ruse et de la sĂ©duction des agents de l'Enfer. Est-ce qu'une femme, vraie semence de Dieu peut accoucher d'un enfant dĂ©mon? La rĂ©ponse est oui, si elle n'est pas couverte par le sang de JĂ©sus, c'est-Ă -dire si elle n'est pas encore nĂ©e de nouveau, c'est-Ă -dire si elle n'a pas encore acceptĂ© JĂ©sus-Christ comme Seigneur et Sauveur Ă  travers une vraie repentance, un vrai baptĂȘme dans l'eau, et une vraie dĂ©livrance. Est-ce qu'un couple de vrais Enfants de Dieu peut faire des enfants dĂ©mons? Tout dĂ©pend de ce que l'on entend par couple de vrais Enfants de Dieu. Si nous considĂ©rons l'expression "couple de vrais Enfants de Dieu" comme signifiant deux personnes, semences de Dieu, qui ont dĂ©jĂ  toutes les deux donnĂ© leur vie Ă  JĂ©sus-Christ, et sont passĂ©s par un vrai baptĂȘme dans l'eau et une vraie dĂ©livrance, et qui ont fait leurs enfants Ă©tant dĂ©jĂ  nĂ©s de nouveau, la rĂ©ponse est catĂ©goriquement NON. Si donc vous rencontrez un couple de soi-disant chrĂ©tiens nĂ©s de nouveau, tous deux baptisĂ©s dans l'eau et baptisĂ©s dans le Saint-Esprit, qui a fait un ou des enfants dĂ©mons, Ă©tant dĂ©jĂ  nĂ©s de nouveau, sachez qu'en rĂ©alitĂ© ils n'Ă©taient pas rĂ©ellement nĂ©s de nouveau avant la conception de ces enfants. Et si vous avez quelques preuves qu'ils avaient rĂ©ellement cru en JĂ©sus-Christ, c'est que l'unique raison pouvant justifier ce genre de situation, est que la femme Ă©tait encore possĂ©dĂ©e avant la conception de ces enfants dĂ©mons. Et tant qu'elle restera possĂ©dĂ©e, tous les autres enfants qu'elle fera, seront malheureusement des dĂ©mons. Est-ce qu'un couple de chrĂ©tiens nĂ©s de nouveau peut avoir des enfants dĂ©mons? La rĂ©ponse est oui. Mais cela n'est possible que s'ils ont eu cet enfant ou ces enfants dans le monde, c'est-Ă -dire quand ils n'avaient pas encore donnĂ© leur vie Ă  JĂ©sus-Christ. Est-ce qu'une femme peut faire des enfants dĂ©mons et des enfants normaux? La rĂ©ponse est oui. Une femme semence de Dieu, peut avoir des enfants parmi lesquels certains sont des dĂ©mons, et d'autres des enfants de Dieu. Cela arrive si elle n'est pas encore nĂ©e de nouveau. N'oubliez pas que d'Ève sont sortis des enfants semence de Dieu et semence de satan, comme vous pouvez le lire dans le passage de 1Jean 311-12. "11Car ce qui vous a Ă©tĂ© annoncĂ© et ce que vous avez entendu dĂšs le commencement, c'est que nous devons nous aimer les uns les autres, 12et ne pas ressembler Ă  CaĂŻn, qui Ă©tait du malin, et qui tua son frĂšre. ..." N'oubliez non plus que des deux jumeaux de Rebecca, la femme d'Isaac, l'un Ă©tait de Dieu et l'autre pas, comme vous pouvez le lire dans le passage de Malachie 12-4. "2Je vous ai aimĂ©s, dit l'Éternel. Et vous dites En quoi nous as-tu aimĂ©s? ÉsaĂŒ n'est-il pas frĂšre de Jacob? dit l'Éternel. Cependant j'ai aimĂ© Jacob, 3et J'ai eu de la haine pour ÉsaĂŒ, J'ai fait de ses montagnes une solitude, J'ai livrĂ© son hĂ©ritage aux chacals du dĂ©sert. 4Si Édom dit Nous sommes dĂ©truits, nous relĂšverons les ruines! Ainsi parle l'Éternel des armĂ©es Qu'ils bĂątissent, je renverserai, et on les appellera pays de la mĂ©chancetĂ©, peuple contre lequel l'Éternel est irritĂ© pour toujours." Il est donc Ă©tabli qu'une seule et mĂȘme femme peut faire des enfants parmi lesquels certains sont des dĂ©mons, et d'autres des enfants de Dieu. Est-ce qu'un enfant nĂ© avec une anomalie est un dĂ©mon? La rĂ©ponse est non. Le fait qu'un enfant naisse avec une anomalie corporelle ou physique ne fait pas de lui un dĂ©mon. Il y a quelques Ă©lĂ©ments qui peuvent justifier l'anomalie de certains enfants Ă  la naissance; nous ne les Ă©tudierons pas dans le cadre de cet enseignement. Mais il y a des formes d'anomalie qui prouvent que l'enfant concernĂ© est un dĂ©mon; vous saurez reconnaĂźtre de tels cas, car ils sont gĂ©nĂ©ralement flagrants. Il y en a qui viennent avec un seul Ɠil ouvert et l'autre fermĂ©, d'autres viennent avec un seul bras, d'autres encore qui naissent tout vieux, d'autres mĂȘme avec des dents, etc. Les jumeaux sont-ils tous des dĂ©mons? Les jumeaux sont pour la plupart des sorciers nĂ©s, c'est-Ă -dire des dĂ©mons. Plusieurs traditions reconnaissent les jumeaux comme des ĂȘtres venus au monde avec une certaine puissance, et qui pour cela mĂ©ritent une attention toute particuliĂšre. Dans certaines rĂ©gions du monde ils sont vĂ©nĂ©rĂ©s, et dans d'autres il y a mĂȘme des cĂ©rĂ©monies spĂ©ciales rĂ©servĂ©es aux jumeaux nouveau-nĂ©s. Mais peut-on dire que tous les jumeaux sont des dĂ©mons comme certaines personnes l'affirment? Non. Une telle gĂ©nĂ©ralisation n'est pas basĂ©e sur la sagesse. Est-ce qu'un enfant dĂ©mon peut ĂȘtre dĂ©livrĂ©? Ne vous laissez pas tromper par le mot "enfant". Un dĂ©mon est un dĂ©mon, et ne peut pas ĂȘtre dĂ©livrĂ©. Comment les reconnaĂźtre? S'il est un peu plus facile de reconnaĂźtre les dĂ©mons en chair lorsqu'ils sont dĂ©jĂ  grands, ce n'est pas le cas quand ils sont encore tout petits. Le fait de les prendre pour des bĂ©bĂ©s ou des petits enfants, masque beaucoup de choses, et rend le discernement un peu difficile. Mais quand nous aimons Dieu, Il nous donne toujours de reconnaĂźtre ces dĂ©mons, quel que soit leur degrĂ© de dissimulation. Les Ă©lĂ©ments de discernement qui nous aident Ă  les reconnaĂźtre, sont presque les mĂȘmes que ceux que nous utilisons pour les dĂ©mons adultes Il s'agit de leurs Fruits. Mais comme par moment il faut du temps avant de commencer Ă  observer leurs fruits, Dieu dans Son amour intervient par la rĂ©vĂ©lation. En attendant donc que leurs fruits deviennent naturellement visibles, le Seigneur trĂšs souvent, nous rĂ©vĂšle soit par un songe, soit par une vision, soit par une prophĂ©tie, soit par une rĂ©vĂ©lation, la nature de ces enfants. Pour ce qui est des fruits, ces petits dĂ©mons prĂ©sentent toujours le caractĂšre de leur maĂźtre satan, et portent toujours les mĂȘmes fruits que leur pĂšre le diable. Il y a beaucoup d'Ă©lĂ©ments de discernement qui nous aident Ă  les reconnaĂźtre. La liste est longue, et je ne pourrai pas tout Ă©numĂ©rer. Je vais nĂ©anmoins vous donner suffisamment d'Ă©lĂ©ments de discernement qui vous aideront Ă  les reconnaĂźtre. Et s'il y a quelques cas qui vous Ă©chappent, Dieu est fidĂšle, Il vous les rĂ©vĂ©lera Intelligence Certains sont trop intelligents par rapport Ă  leur Ăąge. L'enfant normal doit ĂȘtre intelligent, mais nous savons que notre intelligence se dĂ©veloppe au fur et Ă  mesure que nous grandissons. Idiotie D'autres aussi sont trop idiots par rapport Ă  leur Ăąge. Il y a une marge d'idiotie qu'on peut tolĂ©rer chez un enfant normal. Il y a un autre degrĂ© qui nous montre que quelque chose ne va plus. MĂ©chancetĂ© D'autres encore sont trop mĂ©chants. Quand vous les observez, leur mĂ©chancetĂ© vous Ă©tonne. Ruse Vous en trouvez qui sont trop rusĂ©s, comme leur pĂšre satan. Leur niveau de ruse est toujours trop Ă©levĂ© par rapport Ă  leur Ăąge. Tendance Ă  faire le mal Beaucoup se distinguent aussi par leur tendance Ă  faire le mal. Violence et brutalitĂ© Vous en trouvez aussi qui sont trop violents, et trop brutaux. Quand vous les observez jouer avec les autres enfants, leur degrĂ© de brutalitĂ© et de violence vous fait peur. IndocilitĂ© Certains de ces dĂ©mons sont extrĂȘmement indociles. Sachez qu'un enfant normal peut ĂȘtre indocile. D'une maniĂšre ou d'une autre nous avons tous Ă©tĂ© indociles dans l'enfance. Mais la Bible nous enseigne que le seul vrai remĂšde que Dieu a prĂ©vu pour l'indocilitĂ© de l'enfant, c'est la correction. Un petit fouet suffit pour redresser l'enfant normal. "La folie est attachĂ©e au cƓur de l'enfant; la verge de la correction l'Ă©loignera de lui." Proverbes 2215. Mais avec les enfants dĂ©mons, ni le fouet, ni la correction ne changent rien. VoilĂ  pourquoi dans l'ancienne alliance, Dieu avait plutĂŽt demandĂ© de lapider de tels enfants. "18Si un homme a un fils indocile et rebelle, n'Ă©coutant ni la voix de son pĂšre, ni la voix de sa mĂšre, et ne leur obĂ©issant pas mĂȘme aprĂšs qu'ils l'ont chĂątiĂ©, 19le pĂšre et la mĂšre le prendront, et le mĂšneront vers les anciens de sa ville et Ă  la porte du lieu qu'il habite. 20Ils diront aux anciens de sa ville Voici notre fils qui est indocile et rebelle, qui n'Ă©coute pas notre voix, et qui se livre Ă  des excĂšs et Ă  l'ivrognerie. 21Et tous les hommes de sa ville le lapideront, et il mourra. Tu ĂŽteras ainsi le mal du milieu de toi, afin que tout IsraĂ«l entende et craigne." DeutĂ©ronome 2118-21. RĂ©volte, rĂ©bellion Beaucoup de ces dĂ©mons sont remplis de rĂ©volte et de rĂ©bellion. Comme nous venons de le voir plus haut, les vrais Enfants de Dieu se redressent facilement devant la correction. Si vous avez donc des soi-disant enfants que vous n'arrivez pas Ă  maĂźtriser, sachez que vous avez affaire aux dĂ©mons. Ce que vous appelez souvent enfants insupportables, sont des dĂ©mons. Ils n'ont jamais Ă©tĂ© des enfants. Les vrais enfants sont supportables. Gloutonnerie Un autre Ă©lĂ©ment qui vous aide Ă  reconnaĂźtre facilement plusieurs de ces enfants, c'est la gloutonnerie. Parfois vous rencontrez des enfants qui mangent deux Ă  trois fois ce qu'un adulte peut manger. Vous vous demandez gĂ©nĂ©ralement comment ils font, et dans quels ventres ils mettent tout cela. Mensonge Beaucoup de ces enfants mentent excessivement. Quand un enfant normal ment, si vous prenez un petit fouet, la vĂ©ritĂ© sortira de sa bouche immĂ©diatement. Mais avec un enfant dĂ©mon, mĂȘme quand vous l'avez vu faire sa bĂȘtise, quand vous lui demandez, il nie jusqu'Ă  jurer. Et mĂȘme quand vous le frappez, il ne cĂšde pas. Vices sexuels Vous savez vous-mĂȘmes qu'Ă  un certain Ăąge, l'enfant ne sait rien du sexe. Pourtant, si vous avez des petits dĂ©mons, vous les surprendrez souvent dans des actes qui vous Ă©tonneront. Écart entre attitude et Ăąge Beaucoup sont reconnus par le grand Ă©cart qui existe entre leur attitude et leur Ăąge. Nuisibles, destructeurs Plusieurs sont trop nuisibles, et destructeurs. Ils vous casseront tout ce que vous avez dans la maison. Scandales GĂ©nĂ©ralement ce sont de vrais sujets de scandales. Ils vous font honte, vous mettent dans l'embarras Ă  tout moment. Ils vous mettent en confrontation avec votre entourage. Et avec leurs incantations, ils vous amĂšnent Ă  les supporter dans leurs bĂȘtises, et Ă  vous faire beaucoup d'ennemis pour rien. Maladifs Il y en a qui sont constamment malades. Ceux-lĂ  font partie de ceux qui viennent avec des missions bien prĂ©cises. Ils sont tout le temps malades. DĂšs que vous avez de l'argent, ils tombent malades, et quand vous avez fini de dĂ©penser, ils font semblant de guĂ©rir, et rechutent quand vous avez de nouveau de l'argent. D'autres mĂȘme viennent au monde avec des maladies bizarres. Parfois des maladies qui ne se justifient, ni ne s'expliquent. Pleurs Beaucoup passent tout leur temps Ă  pleurer, et parfois Ă  des heures bizarres, et parfois Ă  contre temps. Certains de ces enfants, vous ne pouvez pas les contenter, vous ne pouvez pas leur faire plaisir. Vous leur donnez Ă  manger, ils pleurent; vous les lavez, ils pleurent; vous tentez de les amuser, ils pleurent. Leurs dĂ©sirs n'Ă©tant que de vous distraire et de vous perturber au maximum. Ceci s'accentue quand ils sont Ă  l'Église. Dans la prĂ©sence de Dieu, c'est-Ă -dire en plein culte, ces enfants pleurent toujours plus qu'il n'en faut, pour distraire le culte. Si vous avez donc des enfants qui pleurent chaque fois que vous ĂȘtes Ă  la priĂšre, sachez que ce sont des dĂ©mons. L'esprit des vrais enfants se sent toujours en repos dans la prĂ©sence de Dieu. Ce sont les enfants de satan qui ont toujours l'esprit agitĂ© dans la prĂ©sence de Dieu. Il vous sera donc plus facile maintenant de les reconnaĂźtre. Vol Certains de ces petits dĂ©mons sont de grands voleurs. Sachez qu'un enfant normal dans la misĂšre peut voler. Mais quand vous avez des enfants qui ne manquent de rien, mais qui volent, comprenez que c'est anormal. Certains de ces cas peuvent provenir d'une possession dĂ©moniaque; ces cas-lĂ  peuvent ĂȘtre rĂ©glĂ©s par la priĂšre. Peur de la prĂ©sence de Dieu Plusieurs de ces dĂ©mons ont extrĂȘmement peur de la prĂ©sence de Dieu. Vous saurez reconnaĂźtre de tels enfants si vous en avez. Si vous avez des enfants qui ont peur de la prĂ©sence de Dieu, et qui ne s'Ă©panouissent que hors de la prĂ©sence de Dieu, comprenez qu'ils ne sont pas de Dieu. Les vrais Enfants de Dieu s'Ă©panouissent toujours dans la prĂ©sence de Dieu. Enfants insupportables Je l'ai dĂ©jĂ  mentionnĂ©, mais je voudrais me rĂ©pĂ©ter. Sachez que ce que vous appelez enfants insupportables, ne sont autres que des dĂ©mons. Ils ont l'esprit de leur pĂšre satan. Ils ne flĂ©chissent devant rien. Ils n'ont peur de rien, et ils n'ont aucun respect pour les grandes personnes. Si vous rencontrez des enfants qui n'ont aucune considĂ©ration pour des grandes personnes, sachez que ce sont des dĂ©mons. Les vrais enfants ont toujours du respect pour les personnes adultes. Autres Ă©lĂ©ments Beaucoup d'autres Ă©lĂ©ments des caractĂšres des enfants dĂ©mons frappent aux yeux L'orgueil, l'esprit de domination, le gaspillage, les jeux bizarres, l'esprit de rejet, l'attitude adulte, l'esprit d'accusation, le renfermement sur soi, la tendance Ă  initier d'autres enfants, etc. Dans l'ensemble, les personnes les mieux placĂ©es pour dĂ©tecter ces enfants dĂ©mons, sont les femmes. D'abord parce que ce sont elles qui sont lĂ  lors des accouchements, ensuite parce que ce sont elles qui prennent soin des bĂ©bĂ©s et veillent sur eux de jour comme de nuit. Il y a des Ă©lĂ©ments observables lors de l'accouchement de certains de ces dĂ©mons. Les sages-femmes avisĂ©es dĂ©tectent certains au moment de l'accouchement; soit par la maniĂšre dont ils viennent au monde, soit par d'autres signes rĂ©vĂ©lateurs. Il y a aussi des Ă©lĂ©ments observables par les mamans qui s'occupent de ces petits serpents. Les femmes Ă  cause de leur proximitĂ© avec les enfants, ont plus de facilitĂ© Ă  reconnaitre les dĂ©mons quand ils sont encore tout petits. Plusieurs femmes ont dĂ©tectĂ© certains de ces dĂ©mons pendant qu'elles les lavaient. Des femmes nous ont donnĂ© les tĂ©moignages des enfants filles dont le sexe Ă©tait comme le sexe d'une femme qui non seulement a dĂ©jĂ  connu les hommes, mais qui a mĂȘme dĂ©jĂ  accouchĂ©. Pendant qu'elles lavent certains bĂ©bĂ©s filles, elles se rendent compte que leur sexe est bien plus usĂ© que le sexe des femmes qui ont dĂ©jĂ  plusieurs enfants. Elles ont aussi attrapĂ© d'autres enfants dĂ©mons en les observant dormir. Plusieurs femmes ont constatĂ© que lorsqu'elles mettent le bĂ©bĂ© au lit, elles sont surprises de constater que le petit bĂ©bĂ© qui est supposĂ© ĂȘtre en train de dormir, se lance plutĂŽt dans des mouvements dĂ©montrant qu'ils sont en plein rapport sexuel, avec un partenaire invisible. Plusieurs femmes ont Ă©tĂ© traumatisĂ©es de vivre ces abominations-lĂ . Elles se retrouvent malgrĂ© elles, en train de voir des scĂšnes pornographiques jouĂ©es par des gens qu'elles croyaient ĂȘtre des bĂ©bĂ©s. C'est de cette maniĂšre que, mĂȘme sans ĂȘtre spirituelles, ces femmes ont pu dĂ©tecter des enfants dĂ©mons. Et quand l'enseignement sur le discernement est venu, elles n'ont pas eu du mal Ă  l'accepter. Elles ont mĂȘme aidĂ© les autres personnes Ă  bien comprendre l'enseignement, en leur partageant les expĂ©riences et les preuves qu'elles avaient des enfants dĂ©mons. Il y a Ă©galement des parents qui ont trĂšs vite reconnu l'enseignement sur le discernement comme vrai, parce qu'ils en avaient les preuves. Ils ont expliquĂ© comment certains de leurs enfants tombaient malades chaque fois que le pĂšre touchait son salaire, et tout l'argent Ă©tait dilapidĂ© sur ces maladies. Et dĂšs que l'argent finissait, la maladie disparaissait. DĂšs que le prochain salaire arrivait, la mĂȘme situation recommençait. Ils ont fini, mĂȘme sans ĂȘtre spirituels, par comprendre qu'ils avaient affaire aux fantĂŽmes, et non aux enfants. Et ils ont dĂ©cidĂ© de ne plus tomber dans le piĂšge de ces dĂ©mons. Les prochaines fois que ces dĂ©mons sont tombĂ©s malades, ils leur ont dit clairement de mourir, en leur jurant qu'ils ne dĂ©penseraient plus le moindre sous sur eux. Et aprĂšs ces paroles fermes, les malades imaginaires ont Ă©tĂ© instantanĂ©ment guĂ©ris. Il y a beaucoup d'indices bien-aimĂ©s, pour les reconnaitre. Mais je crois vous en avoir donnĂ© assez. Sachez donc qu'il est possible de reconnaitre ces enfants dĂ©mons. Les mamans sont gĂ©nĂ©ralement bien renseignĂ©es sur la nature de chacun de leurs enfants, et le tĂ©moignage d'une femme honnĂȘte sur ses enfants doit ĂȘtre pris trĂšs au sĂ©rieux. Laissez-moi vous donner un tĂ©moignage Ă  ce propos. TĂ©moignage Il y a quelques annĂ©es de cela, nous avions parmi nous un frĂšre trĂšs zĂ©lĂ©. Ce frĂšre nous avait rejoints aprĂšs avoir lu et apprĂ©ciĂ© nos enseignements. DĂšs qu'il nous avait contactĂ©s, le zĂšle et l'engagement dont il faisait preuve, m'avaient poussĂ© Ă  l'accepter au milieu de nous avec joie, et Ă  organiser une rencontre avec lui. DĂšs que ce frĂšre s'Ă©tait engagĂ© Ă  suivre la saine doctrine, j'avais fait avec lui ce que je fais avec tous ceux qui s'engagent sur le chemin du Seigneur. Je lui avais demandĂ© si ses parents Ă©taient encore en vie, s'ils avaient dĂ©jĂ  donnĂ© leurs vies Ă  JĂ©sus-Christ, etc. Il ressortait de notre partage que sa mĂšre Ă©tait encore en vie, mais n'avait pas encore acceptĂ© le Seigneur. Je l'ai donc encouragĂ© Ă  prĂȘcher l'Évangile Ă  sa mĂšre. Il s'Ă©tait montrĂ© rĂ©ticent, disant que sa mĂšre Ă©tait une femme difficile, et qu'il n'Ă©tait pas sĂ»r qu'elle croirait. Je lui avais dit que tant qu'on n'a pas prĂȘchĂ© le vrai Évangile Ă  une personne, et de bonne maniĂšre, on ne peut pas conclure que cette personne ne peut pas croire. Dans sa rĂ©ticence et son hĂ©sitation, je lui ai demandĂ© de prendre un moment de jeĂ»ne pour sa maman, et lui ai promis de l'accompagner dans ce moment de jeĂ»ne. Nous avons alors pris trois jours de jeĂ»ne pour cette maman. AprĂšs ce moment de jeĂ»ne et d'intercession, nous avons organisĂ© une rencontre avec cette maman. Je m'Ă©tais dĂ©placĂ© particuliĂšrement pour son pays pour apporter moi-mĂȘme l'Évangile Ă  sa mĂšre. Nous avions passĂ© un magnifique moment dans la prĂ©sence de Dieu avec cette maman, et Ă  la plus grande surprise de ce frĂšre, sa maman a cru et a acceptĂ© JĂ©sus-Christ comme son Seigneur et son Sauveur. AprĂšs le baptĂȘme nous avons bĂ©ni le Seigneur pour Sa grĂące, et pour la confirmation de Sa parole. Le frĂšre avait alors compris ce que je lui avais dit Ă  plusieurs reprises. Je lui avais dĂ©jĂ  dit que je n'accepte jamais le tĂ©moignage selon lequel une personne ne peut pas croire, tant que je n'ai pas eu l'occasion de prĂȘcher moi-mĂȘme Ă  cette personne. Nous avons donc glorifiĂ© le Seigneur, et quelques jours aprĂšs je suis retournĂ© dans mon pays. Les frĂšres sont restĂ©s continuer avec la pratique de la parole de Dieu telle que je leur avais enseignĂ©e. Et je les appelais rĂ©guliĂšrement pour les encourager. Un jour la maman de ce frĂšre m'a appelĂ©. Elle m'a dit qu'elle avait quelques inquiĂ©tudes qu'elle tenait Ă  m'expliquer. Et je lui ai dit que j'Ă©tais disposĂ© Ă  l'Ă©couter. Elle a dit qu'elle voulait me parler de son fils. Elle a commencĂ© par me dire que de toute sa vie, elle n'avait jamais rencontrĂ© un homme de Dieu comme moi, et que le simple fait qu'elle ait cru en JĂ©sus aprĂšs ma prĂ©dication en Ă©tait une preuve. Elle a ajoutĂ© que personne ne pouvait s'imaginer qu'elle croirait un jour Ă  JĂ©sus. Je lui ai dit que j'Ă©tais trĂšs heureux d'entendre tout ce tĂ©moignage. Elle a continuĂ© en disant qu'elle avait vu en moi un homme de Dieu qui Ă©tait rempli de sagesse, et qui avait beaucoup de discernement. Je lui dis "À Dieu soit la gloire!" Elle continua et dit qu'elle ne comprenait pas pourquoi avec tout le discernement que j'avais, je n'avais pas rĂ©ussi Ă  discerner qui Ă©tait son fils. Ces propos m'ont un peu refroidi quant au tĂ©moignage qu'elle Ă©tait sur le point de me donner sur son fils. J'avais immĂ©diatement appelĂ© ce frĂšre, et je l'avais mis en ligne, afin qu'il Ă©coutĂąt en direct ce que sa mĂšre avait Ă  me dire le concernant. Le frĂšre s'Ă©tait mis en ligne et nous Ă©coutait. Sa maman avait alors commencĂ© son tĂ©moignage. Elle me dit "ApĂŽtre, comment peux-tu marcher avec un monstre sans le savoir? Je suis convaincu que tu es un vrai Serviteur de Dieu, mais je ne comprends pas comment tu n'as pas pu discerner qui est mon fils. C'est un dĂ©mon." Je l'ai interrompue avec douceur et lui ai dit "Maman, ne dit pas des choses pareilles. Ce frĂšre est trĂšs zĂ©lĂ© pour le Seigneur, et son zĂšle est trĂšs encourageant." Elle me dit "Tu ne le connais pas". Je lui rĂ©ponds "Maman, il a peut-ĂȘtre Ă©tĂ© un mauvais enfant dans le passĂ©, mais il est devenu un homme qui a mĂȘme dĂ©jĂ  fondĂ© une famille; en plus il a acceptĂ© le Seigneur, et le Seigneur pardonne, et change les cƓurs." Elle me dit "ApĂŽtre, c'est mon fils. Je le connais. L'amour que tu as pour lui t'aveugle. ..." Avec toutes les paroles difficiles Ă  Ă©couter qu'elle profĂ©rait, je lui ai dit "Maman, maman, ne sois pas si amĂšre. Ton fils a changĂ©. Il n'est plus le dĂ©mon que tu connaissais, il est devenu un enfant de Dieu." Elle me dit encore "ApĂŽtre, tu ferais mieux de me croire, mon fils est un dĂ©mon, c'est le diable en personne." J'ai dit "D'accord maman, j'ai compris." Je l'ai exhortĂ©e, et aprĂšs j'ai pris congĂ© d'elle. DĂšs que j'ai fini avec elle, j'ai dit Ă  ce frĂšre qui Ă©tait toujours en ligne et qui avait tout Ă©coutĂ© "Bien-aimĂ©, tu viens d'entendre en direct ce que ta mĂšre a dit de toi. Je suis heureux que le Seigneur ait permis que tu Ă©coutes en direct. Qu'as-tu fait pour que le tĂ©moignage de ta mĂšre te concernant soit si triste?" Il a essayĂ© de s'expliquer autant qu'il le pouvait. Quelques temps aprĂšs, sa maman m'a dit qu'elle ne pouvait pas rester dans une Ă©glise avec ce genre de dĂ©mon. Et comme je ne pouvais pas chasser le frĂšre de l'Église juste Ă  cause du tĂ©moignage de sa mĂšre, la pauvre a prĂ©fĂ©rĂ© quitter l'Église. Jour aprĂšs jour, les mauvais fruits de ce prĂ©tendu frĂšre devenaient visibles, mais je faisais l'effort d'ĂȘtre patient et tolĂ©rant. Quand le Seigneur a vu que je n'Ă©tais pas prĂȘt Ă  abandonner ce soi-disant frĂšre, Il l'a mis totalement Ă  nu, en exposant toutes ses Ɠuvres et son cƓur pourri. Le Seigneur l'avait tellement exposĂ© que je n'ai eu d'autres choix que de le chasser immĂ©diatement de l'Église. C'est alors que j'ai pris le tĂ©moignage que sa mĂšre m'avait donnĂ© de lui, au sĂ©rieux. Les paroles de sa mĂšre que j'avais cru ĂȘtre les paroles d'une maman en colĂšre contre son enfant, se sont confirmĂ©es. Ceci vous amĂšne Ă  comprendre, bien-aimĂ©s, qu'il est difficile aux gens de connaitre un enfant mieux que sa propre mĂšre. MĂȘme quand les mamans ne disent rien concernant leurs enfants, trĂšs souvent c'est parce qu'elles ne veulent rien dire, et non pas parce qu'elles ne le savent pas. Que faire quand on a des enfants dĂ©mons? Si vous avez de tels enfants, vous n'aurez d'autres solutions que de prier Dieu pour la dĂ©livrance. Pas pour leur dĂ©livrance, mais pour votre dĂ©livrance. Ne tombez surtout pas dans le piĂšge d'imiter les mĂ©thodes de l'ancienne alliance. Dans l'Ancien Testament, il Ă©tait permis de lapider de tels enfants. Dans la nouvelle alliance, ce n'est plus le cas. Vous ne pouvez donc pas vous permettre, soit de tuer ces enfants, soit de les torturer. Ce serait un grave pĂ©chĂ© devant Dieu. Ne cherchez pas Ă  rĂ©soudre les problĂšmes spirituels par des mĂ©thodes physiques. C'est seulement avec la priĂšre que vous pouvez Ă©touffer les Ɠuvres de tels enfants, et non par la violence. Tuer un enfant, mĂȘme s'il s'agit d'un dĂ©mon, est un crime aux yeux de Dieu. Et torturer un enfant, mĂȘme s'il s'agit d'un dĂ©mon, est un pĂ©chĂ© devant Dieu. Ce n'est pas Ă  nous d'ĂŽter ces enfants du monde, c'est Ă  Dieu seul de le faire. Le Seigneur l'a bien prĂ©cisĂ© dans le passage ci-dessous Matthieu 1327-30 "27Les serviteurs du maĂźtre de la maison vinrent lui dire Seigneur, n'as-tu pas semĂ© une bonne semence dans ton champ? D'oĂč vient donc qu'il y a de l'ivraie? 28Il leur rĂ©pondit C'est un ennemi qui a fait cela. Et les serviteurs lui dirent Veux-tu que nous allions l'arracher? 29Non, dit-il, de peur qu'en arrachant l'ivraie, vous ne dĂ©raciniez en mĂȘme temps le blĂ©. 30Laissez croĂźtre ensemble l'un et l'autre jusqu'Ă  la moisson
" Retenez donc trĂšs clairement que vous n'avez aucun droit de tuer un enfant dĂ©mon, et vous ne devez pas les torturer non plus. Le combat que nous devons mener contre ces gens-lĂ , est spirituel, et non charnel. Ne brĂ»lez pas les enfants dĂ©mons comme dans certaines rĂ©gions du monde. Si la justice de votre pays ferme les yeux sur des choses pareilles, Dieu vous punira pour tout crime. Sachez qu'un dĂ©mon, dĂšs qu'il prend dĂ©jĂ  la forme humaine, est considĂ©rĂ© aux yeux de Dieu comme un homme, et le tuer, peu importe la raison, est vu aux yeux de Dieu comme un crime. Je tiens donc Ă  avertir ceux qui habitent dans ces rĂ©gions dans lesquelles tuer les sorciers n'est pas un crime. Je vous rappelle que vous ne devez pas seulement vous soumettre Ă  la justice des hommes, vous devez encore mieux vous soumettre Ă  celle de Dieu. Si la justice des hommes est en contradiction avec la justice de Dieu, c'est la justice de Dieu que vous devez appliquer. Et dans le cas d'espĂšce, la justice de Dieu demande de laisser les dĂ©mons en chair en vie, jusqu'au temps de la moisson. Les anges de Dieu s'en occuperont. Enfants sorciers Il y a une diffĂ©rence entre les enfants dĂ©mons et les enfants sorciers. Dans l'ensemble, les enfants sorciers sont des dĂ©mons. Mais il n'est pas exclu de rencontrer quelques rares cas d'enfants sorciers, qui ne sont pas des dĂ©mons. Il s'agirait lĂ  du cas des quelques enfants normaux qui auraient Ă©tĂ© initiĂ©s Ă  la sorcellerie. Ceux-lĂ  peuvent ĂȘtre dĂ©livrĂ©s. Ce sont nĂ©anmoins des cas rares. Conclusion Pour finir cet enseignement sur les enfants dĂ©mons, je voudrais encore rendre grĂące Ă  Dieu le PĂšre, par Son Fils JĂ©sus-Christ notre Sauveur, pour la rĂ©vĂ©lation de Sa Parole. Et comme dit l'Écriture, "La rĂ©vĂ©lation de Tes paroles Ă©claire, elle donne de l'intelligence aux simples." Psaume 119130. 8- QUELQU'UN PEUT-IL SAVOIR QU'IL EST UN DÉMON? Ma bouche va faire entendre des paroles sages, et mon cƓur a des pensĂ©es pleines de sens. Psaume 493 Cette question fait partie des questions qui m'ont souvent Ă©tĂ© posĂ©es lors des confĂ©rences et des sĂ©minaires portant sur le Discernement. L'enseignement sur le Discernement est l'un des enseignements les plus captivants, qui chaque fois suscite beaucoup de questions, parmi lesquelles celle Ă  laquelle nous voulons rĂ©pondre. Pendant que certains cherchent juste par curiositĂ© Ă  savoir si un dĂ©mon en chair peut se reconnaitre comme tel, d'autres ne se posent cette question que pour ce qui les concerne, c'est-Ă -dire qu'ils veulent savoir s'ils sont des dĂ©mons. Ils sont donc nombreux Ă  me demander chaque fois s'ils sont des dĂ©mons. À ceux-lĂ , j'ai toujours dit que Dieu ne m'a pas nommĂ© pour dĂ©signer qui est dĂ©mon en chair et qui ne l'est pas, et que Dieu ne m'a non plus fait consultant pour consulter les gens chaque fois dans le but de leur rĂ©vĂ©ler leur nature spirituelle. Je leur rappelle toujours que je ne me prendrai jamais pour ce que je ne suis pas, et que ce n'est pas de moi qu'ils auront la rĂ©ponse Ă  cette question purement personnelle. NĂ©anmoins, pour rendre cet enseignement le plus clair possible, je me dois de rĂ©pondre de façon gĂ©nĂ©rale Ă  cette question, de maniĂšre Ă  ce que toute personne soit en mesure de connaitre sa nature spirituelle, pour ceux qui en ont encore le doute. La question "S'il te plait ApĂŽtre, dis-moi; est-ce que je suis un dĂ©mon?" vient d'une part, des dĂ©mons qui s'ignorent, c'est-Ă -dire des gens de satan qui ne sont pas convaincus de leur appartenance au camp du diable, et d'autre part, des enfants de Dieu pendant les moments de grands dĂ©couragements, ou quand ils font face aux Ă©preuves excessives. Je m'en vais maintenant rĂ©pondre Ă  votre question. Quelqu'un peut-il savoir qu'il est un dĂ©mon? La rĂ©ponse est OUI. Comment? Si Dieu vous a donnĂ© cet enseignement sur le discernement, ce n'est pas pour que vous discerniez les autres, comme plusieurs aiment le faire; c'est d'abord pour que vous vous discerniez vous-mĂȘmes. Les dĂ©mons en chair qui s'ignorent Comme je l'ai dit dans l'enseignement sur Les Enfants DĂ©mons, en dehors des grands dĂ©mons puissants qui viennent dans le monde volontairement et consciemment, avec une mission prĂ©cise, il y a beaucoup d'autres petits dĂ©mons qui sont plutĂŽt envoyĂ©s par satan, trĂšs souvent sans leur permission et sans leur avis. Certains parmi eux ignorent leur nature de dĂ©mon, et c'est face Ă  l'enseignement sur le Discernement qu'ils commencent Ă  se poser des questions, au regard de certaines choses qu'ils vivent. Les Ă©lĂ©ments ci-dessous vous aideront Ă  savoir si vous appartenez Ă  Dieu ou pas. Haine profonde de JĂ©sus-Christ Si vous avez une haine profonde de JĂ©sus-Christ, si vous dĂ©testez JĂ©sus-Christ sans rĂ©ellement comprendre pourquoi vous le dĂ©testez tant, c'est que vous ĂȘtes un dĂ©mon. DĂ©goĂ»t pour le travail de Dieu Si vous Ă©prouvez un vrai dĂ©goĂ»t pour le travail de Dieu, s'il vous arrive de dire ou de penser que Dieu serait en train de vous exploiter en vous demandant de faire Son travail, c'est que vous ĂȘtes un dĂ©mon. Nous avons connu ce genre de prĂ©tendus enfants de Dieu dans le passĂ©, qui n'avaient pas honte de dĂ©clarer Ă  haute et intelligible voix, qu'ils ressentaient profondĂ©ment au fond d'eux, que Dieu Ă©tait juste en train de les exploiter. Cet Ă©lĂ©ment Ă©tait suffisant pour nous, pour savoir que nous avions affaire aux dĂ©mons. Et justement cela s'est confirmĂ© par la suite, parce que dĂšs que Dieu a mis leurs Ɠuvres Ă  nu, nous les avons chassĂ©s de l'Église. Si vous choisissez volontairement de travestir ou de falsifier le travail de Dieu, ou si vous ĂȘtes souvent poussĂ©s Ă  vouloir saboter volontairement et consciemment le travail de Dieu, c'est que vous n'ĂȘtes pas de Dieu. Dans ce cas-ci, vous n'ĂȘtes pas trĂšs diffĂ©rents de ceux qui enseignent volontairement et consciemment la fausse doctrine aux gens. Vous n'ĂȘtes donc pas diffĂ©rents de ceux qui blasphĂšment contre le Saint-Esprit. Vous ĂȘtes un dĂ©mon! La joie de voir des innocents souffrir Si vous Ă©prouvez chaque fois de la joie Ă  voir des innocents souffrir, ou si vous aimez torturer les gens en Ă©prouvant de la joie Ă  voir vos victimes souffrir et gĂ©mir, c'est que vous ĂȘtes un dĂ©mon. Les prĂ©tendus vrais chrĂ©tiens non baptisĂ©s dans le Saint-Esprit Si vous vous dites chrĂ©tiens nĂ©s de nouveau, baptisĂ©s dans l'eau depuis longtemps, mais non baptisĂ©s dans le Saint-Esprit, alors que, non seulement vous connaissez bien l'enseignement sur le baptĂȘme du Saint-Esprit, mais en plus, vous avez Ă©tĂ© plusieurs fois aux sĂ©ances de priĂšres organisĂ©es pour le baptĂȘme dans le Saint-Esprit, c'est que vous n'ĂȘtes pas de Dieu. Un vrai enfant de Dieu quand il n'est pas encore baptisĂ© dans le Saint-Esprit, c'est soit quand on ne lui a pas encore bien expliquĂ© l'enseignement sur le baptĂȘme du Saint-Esprit, soit quand il n'a pas eu la grĂące de rencontrer un vrai serviteur de Dieu pour prier pour lui. Les prĂ©tendus vrais chrĂ©tiens qui combattent le baptĂȘme du Saint-Esprit Comme vous l'avez lu dans l'enseignement sur le baptĂȘme du Saint-Esprit et le parler en langues, si vous vous dites chrĂ©tiens nĂ©s de nouveau, baptisĂ©s dans l'eau et connaissant bien l'enseignement sur le baptĂȘme du Saint-Esprit, et vous ĂȘtes contre le baptĂȘme du Saint-Esprit et le parler en langues, c'est que vous ĂȘtes un dĂ©mon. Les prĂ©tendus vrais chrĂ©tiens qui Ă©vitent le baptĂȘme du Saint-Esprit Si vous vous dites chrĂ©tiens nĂ©s de nouveau, et vous ĂȘtes indiffĂ©rents au baptĂȘme du Saint-Esprit, c'est-Ă -dire que le baptĂȘme du Saint-Esprit ne vous dit rien, ou si vous Ă©vitez le baptĂȘme du Saint-Esprit, en usant de la ruse pour fuir les sĂ©ances de priĂšres faites pour le baptĂȘme du Saint-Esprit, c'est que vous ĂȘtes un dĂ©mon. Un vrai enfant de Dieu ne fuit pas le Saint-Esprit, et ne se sent pas Ă  l'aise sans le Saint-Esprit et sans l'onction du Saint-Esprit. Les gens heureux d'ĂȘtre mĂ©chants Si vous ĂȘtes mĂ©chants et en Ă©prouvez un grand plaisir, c'est que vous ĂȘtes un dĂ©mon. Les prĂ©tendus vrais chrĂ©tiens qui pratiquent la sorcellerie Si vous vous dites chrĂ©tiens nĂ©s de nouveau, baptisĂ©s dans l'eau et mĂȘme dans le Saint-Esprit, et vous pratiquez la sorcellerie dans l'Église, et rĂ©sistez aux diffĂ©rents appels Ă  la repentance qui sont lancĂ©s, c'est que vous ĂȘtes un dĂ©mon, un vrai agent de l'Enfer. Si un chrĂ©tien semence de Dieu peut ĂȘtre possĂ©dĂ© et se retrouver encore, pour des raisons inexplicables, en train de pratiquer la sorcellerie au milieu des enfants de Dieu, ce chrĂ©tien semence de Dieu saisira la toute premiĂšre occasion qui lui est donnĂ©e, pour confesser ses Ɠuvres, et renoncer Ă  la sorcellerie. Vous ne verrez jamais un chrĂ©tien nĂ© de nouveau, vraie semence de Dieu, rester volontairement et consciemment dans l'Église, pratiquer la sorcellerie, et attendre que Dieu l'expose d'abord, avant qu'il ne fasse semblant de se repentir. Les prĂ©tendus vrais chrĂ©tiens qui combattent les vrais enfants de Dieu Si votre cƓur est rempli de haine, de jalousie et de mĂ©chancetĂ© envers les vrais enfants de Dieu, alors que vous vous dites chrĂ©tiens nĂ©s de nouveau, baptisĂ©s dans l'eau et mĂȘme peut-ĂȘtre dans le Saint-Esprit, c'est que vous ĂȘtes un dĂ©mon. Les prĂ©tendus vrais chrĂ©tiens qui ne sont jamais dĂ©livrĂ©s Si vous vous dites chrĂ©tiens nĂ©s de nouveau, baptisĂ©s dans l'eau, mais non dĂ©livrĂ©s, alors que, non seulement vous connaissez bien l'enseignement sur la dĂ©livrance, mais en plus, vous avez eu la grĂące d'assister Ă  au moins une sĂ©ance de priĂšres organisĂ©e spĂ©cialement pour la dĂ©livrance, c'est que vous n'ĂȘtes pas de Dieu. Ces Ă©ternels possĂ©dĂ©s, qui se disent chrĂ©tiens nĂ©s de nouveau, baptisĂ©s dans l'eau, et qui chaque fois recherchent la dĂ©livrance, et ne sont jamais dĂ©livrĂ©s aprĂšs de multiples priĂšres de dĂ©livrance, ne sont pas de Dieu. Les prĂ©tendus vrais chrĂ©tiens voleurs dans l'Église Tous ces soi-disant chrĂ©tiens nĂ©s de nouveau, baptisĂ©s dans l'eau et mĂȘme peut-ĂȘtre dans le Saint-Esprit, qui volent les dimes et offrandes dans les caisses de l'Église ou dans les comptes de l'Église, sont des dĂ©mons. Ils ne sont pas diffĂ©rents de leur frĂšre Judas Iscariot qui volait les offrandes mises Ă  la disposition de JĂ©sus et des disciples. Jean 124-6 "4Un de ses disciples, Judas Iscariot, fils de Simon, celui qui devait le livrer, dit 5Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum trois cents deniers, pour les donner aux pauvres? 6Il disait cela, non qu'il se mĂźt en peine des pauvres, mais parce qu'il Ă©tait voleur, et que, tenant la bourse, il prenait ce qu'on y mettait." Laissez-moi vous donner quelques exemples de ce genre de dĂ©mons que nous avons rencontrĂ©s. Il y a le cas d'un sorcier soi-disant dirigeant d'une assemblĂ©e qui se tenait dans sa maison. Il y avait dans l'assemblĂ©e une caisse dans laquelle les frĂšres venaient mettre leurs dimes et offrandes. Chaque fois, ce voleur guettait quand tous les gens de sa maison sortaient, et allait voler l'argent de Dieu dĂ©posĂ© dans la caisse. Un jour, pensant que tout le monde Ă©tait dĂ©jĂ  sorti, ce dĂ©mon s'est dirigĂ© comme d'habitude vers la caisse pour voler. Pendant qu'il se servait dans la caisse de l'Église, sa premiĂšre fille est arrivĂ©e. Surpris en plein vol, le voleur a paniquĂ©. Sa fille aussi surprise lui demande "Papa, qu'est-ce tu fais comme ça?" Et le dĂ©mon, tout couvert de honte, rĂ©pondit "Non je vais rembourser." Il y a aussi le cas d'un sorcier soi-disant dirigeant d'une assemblĂ©e, qui a passĂ© plusieurs annĂ©es Ă  voler systĂ©matiquement les dimes et offrandes que les enfants de Dieu donnaient. Ce dĂ©mon passait son temps Ă  accuser les enfants de Dieu de ne rien donner. Il Ă©tait chaque fois le seul Ă  s'indigner et Ă  se plaindre qu'il n'a jamais vu des chrĂ©tiens qui ne donnent jamais rien Ă  Dieu, et Ă  se demander si ces chrĂ©tiens qui ne donnaient jamais ni dimes ni offrandes Ă©taient des vrais enfants de Dieu. Pourtant pendant ce temps, certains de ces chrĂ©tiens donnaient rĂ©guliĂšrement leurs offrandes au Seigneur. Mais ce dĂ©mon volait tout, mais ne se taisait pas. Ce serpent a jouĂ© Ă  ce jeu avec succĂšs jusqu'au moment oĂč le Seigneur l'a exposĂ©, l'a totalement mis Ă  nu devant tout le monde, et l'a chassĂ© de l'Église. Il y a Ă©galement le cas d'un petit dĂ©mon venu en renfort depuis le monde des tĂ©nĂšbres, pour secourir sa sorciĂšre de mĂšre qui se sentait en danger, parce que la mission que lui avait confiĂ©e satan avait Ă©chouĂ©. Il se trouve que l'assemblĂ©e se tenait dans la maison oĂč vivait ce petit dĂ©mon. MalgrĂ© son petit Ăąge, le petit sorcier superposait les chaises pour atteindre la caisse des dimes et offrandes qui Ă©tait placĂ©e au-dessus d'une armoire bien haute. Le petit dĂ©mon se faisait donc sa propre Ă©chelle jusqu'Ă  la caisse, se servait dans la caisse, et se rendait Ă  l'Ă©cole avec des gros billets qu'aucun enfant de l'Ă©cole primaire ne pouvait avoir. Il dĂ©pensait comme il le voulait, et distribuait une partie Ă  ses camarades. Les parents des autres enfants, alertĂ©s par le fait que leurs enfants se retrouvaient en possession des grosses sommes d'argent dont l'origine leur Ă©tait inconnue, ont Ă  leur tour alertĂ© les responsables de l'Ă©cole, qui aprĂšs enquĂȘte, se sont rendu compte que ce genre d'argent, qui coulait Ă  flot comme provenant d'un fabricant de fausse monnaie, venait de ce petit dĂ©mon. Ils ont alors convoquĂ© les parents du petit dĂ©mon, pour comprendre comment un petit enfant qui venait Ă  peine de quitter la maternelle pouvait avoir tant d'argent chaque jour. C'est en ce moment que les parents se sont rendu compte que le petit dĂ©mon passait son temps Ă  vider la caisse des dimes et offrandes. Et comme personne ne surveillait cette caisse, on ne s'en rendait pas compte. Ceci vous amĂšne Ă  comprendre que l'expression "enfant dĂ©mon" est trompeuse. Un dĂ©mon reste un dĂ©mon, peu importe son Ăąge. Faites donc trĂšs attention. Il y a cet autre cas d'une sorciĂšre qui s'Ă©tait rendue Ă  une retraite spirituelle. ArrivĂ©e Ă  la retraite, elle s'est dirigĂ©e vers un enfant de Dieu qui adorait dans l'assemblĂ©e de la ville dans laquelle la retraite avait lieu. Elle avait alors demandĂ© Ă  cet enfant de Dieu oĂč se trouvait leur caisse d'offrandes. Tout naturellement cet enfant de Dieu lui a demandĂ© si elle voulait donner ses offrandes, la sorciĂšre, toute embarrassĂ©e, a rĂ©pondu non. Elle ne s'attendait certainement pas Ă  une telle question. C'est alors que les frĂšres de l'assemblĂ©e oĂč devait se tenir la retraite se sont interrogĂ©s, cherchant Ă  comprendre pourquoi une personne qui n'a aucune intention de donner une quelconque offrande Ă  Dieu, peut chercher Ă  savoir oĂč se trouve la caisse des offrandes. C'est quand le Seigneur a mis cette sorciĂšre Ă  nu, que les frĂšres ont compris qu'elle voulait localiser la caisse des offrandes, pour voler. Bien-aimĂ©s, il y a tellement d'exemples Ă  vous donner. Mais pour ne pas rendre cet enseignement trop long, je vais m'arrĂȘter Ă  ces quelques-uns. La conclusion Ă  tirer de ces exemples, est que l'une des choses qui caractĂ©risent les dĂ©mons en chair, c'est le vol dans la maison de Dieu. Grands dĂ©mons ou petits dĂ©mons, c'est la mĂȘme chose, comme vous venez de le lire. Ils ont tous l'esprit de leur pĂšre le diable, et agissent tous comme leur frĂšre Judas Iscariot. VoilĂ  donc un autre fruit avec lequel vous les reconnaitrez. Si vous connaissez un soi-disant enfant de Dieu, qui se permet de voler l'argent de Dieu, sachez que c'est un dĂ©mon. Il en est de mĂȘme de ceux qui se sentent Ă  l'aise de voler les dimes et offrandes, en trouvant chaque fois des raisons pour ne pas donner. Certains parmi eux, un peu plus rusĂ©s, disent chaque fois qu'ils ont juste empruntĂ© l'argent de Dieu, et qu'ils vont rembourser. Si vous ĂȘtes chrĂ©tiens nĂ©s de nouveau, baptisĂ©s dans l'eau et mĂȘme peut-ĂȘtre dans le Saint-Esprit, s'il vous est dĂ©jĂ  arrivĂ© de voler l'argent de Dieu, si vous croyez ne pas ĂȘtre un dĂ©mon, sachez donc que vous ĂȘtes possĂ©dĂ©s. Confessez rapidement vos Ɠuvres, et demandez votre dĂ©livrance. Retenez que si vous ne restituez pas tout l'argent de Dieu que vous avez volĂ©, l'Enfer vous attend. Et si vous croyez comme les TĂ©moins de JĂ©hovah que l'Enfer n'existe pas, entĂȘtez-vous. Bien-aimĂ©s, maintenant que vous avez appris que les chrĂ©tiens-dĂ©mons passent leur temps Ă  voler les offrandes que vous donnez au Seigneur, faites l'effort Ă  votre niveau, de sĂ©curiser cela. Prenez des mesures pour barrer la voie Ă  ces agents de l'Enfer qui, en plus de faire des incantations contre vous, passent aussi le temps Ă  vous ruiner. Trouvez Ă  votre niveau des moyens pour bien sĂ©curiser toutes vos offrandes, de maniĂšre Ă  ce qu'il ne soit plus possible aux dĂ©mons-chrĂ©tiens, de les voler. Les prĂ©tendus serviteurs de Dieu qui cachent volontairement la vĂ©ritĂ© Tous ces soi-disant enfants de Dieu ou Serviteurs de Dieu qui cachent la vĂ©ritĂ© volontairement et consciemment, sont des dĂ©mons. Ces mĂ©chants bloquent la source de la vĂ©ritĂ©, de peur que les autres chrĂ©tiens ne tombent dessus. Certains sont des prĂ©tendus pasteurs, qui viennent sur notre site puiser leurs enseignements, et d'autres sont des prĂ©tendus Ă©vangĂ©listes des rĂ©seaux sociaux, qui ont pour base d'Ă©vangĂ©lisation, nos enseignements. Chers frĂšres, le fait de se servir de nos enseignements pour enseigner ou pour Ă©vangĂ©liser, n'est pas une mauvaise chose. C'est d'ailleurs recommandĂ©. C'est plutĂŽt ce que ces mĂ©chants font de ces enseignements, qui est satanique. Que font ces pasteurs dĂ©mons? Ils viennent sur notre site, prennent les enseignements, et les donnent Ă  leurs fidĂšles tout en leur donnant l'impression que ces enseignements viennent d'eux, en cachant soigneusement la vraie source des enseignements. Ils tirent donc de nos enseignements, tout ce qui les prĂ©sentera aux yeux de leurs fidĂšles comme des vrais enseignants qui connaissent la parole de Dieu, et font chaque fois l'effort d'extraire des enseignements, les Ă©lĂ©ments qui peuvent les mettre Ă  nu aux yeux de leurs fidĂšles. Et pour rĂ©ussir ce coup satanique, ils font tout ce qu'ils peuvent pour cacher notre site aux fidĂšles, parce qu'ils savent que si les fidĂšles dĂ©couvrent le site, non seulement ils sauront que les enseignements qu'ils recevaient ne venaient pas de leurs sorciers de pasteurs, mais ils dĂ©couvriront en plus que certaines parties de ces enseignements Ă©taient soigneusement retirĂ©es. Que font les dĂ©mons Ă©vangĂ©listes des rĂ©seaux sociaux? Ils viennent sur notre site, prennent les enseignements, les utilisent pour leur soi-disant Ă©vangĂ©lisation, mais s'arrangent Ă  cacher la vraie source de nos enseignements. Laissez-moi vous donner quelques exemples de ce type de dĂ©mons Premier dĂ©mon Ă©vangĂ©liste des rĂ©seaux sociaux Le premier dĂ©mon prend le temps de lire chaque enseignement ligne aprĂšs ligne, retire de ces enseignements toutes rĂ©fĂ©rences faites au site, et reste avec des textes dans lesquels il n'y a aucune mention du site Ce sont donc ces enseignements vidĂ©s de toute rĂ©fĂ©rence de notre site, qu'il publie sur ses pages des diffĂ©rents rĂ©seaux sociaux. Tous ceux qui tombent sur ces enseignements sur les rĂ©seaux sociaux, les commentent, les apprĂ©cient, et croient que c'est ce dĂ©mon qui les a Ă©crits. Cette ruse de satan amĂšne les gens Ă  croire que ce dĂ©mon enseigne la vĂ©ritĂ©. Une fois que les gens sont convaincus que ce dĂ©mon enseigne la vĂ©ritĂ©, ils croient alors sans rĂ©serve Ă  tout ce qui viendra de lui. Ce serpent en profite et introduit dans ces enseignements, des faux enseignements fabriquĂ©s depuis le monde des tĂ©nĂšbres. Il le fait tout en sachant que les chrĂ©tiens naĂŻfs ne s'en rendront plus compte. C'est de cette maniĂšre qu'il dĂ©tourne les gens de la voie de Dieu. VoilĂ  le premier objectif des agents de satan. Quand quelques personnes qui connaissent nos enseignements les ont trouvĂ©s dĂ©naturĂ©s sur les rĂ©seaux sociaux et nous ont alertĂ©s, nous avons contactĂ© ce dĂ©mon. Il nous a bloquĂ©s pour qu'on n'ait plus accĂšs Ă  sa page Facebook pour voir l'ampleur des dĂ©gĂąts qu'il crĂ©e avec nos enseignements dĂ©naturĂ©s. Le second objectif de ces fils du malin, c'est la cupiditĂ©. Nous avons pu trouver le numĂ©ro WhatsApp de ce serpent dans un message de cupiditĂ© qu'il a adressĂ© aux gens pour quĂ©mander l'argent. Une fois que ces sorciers ont gagnĂ© le cƓur des chrĂ©tiens ignorants avec nos enseignements, ils commencent Ă  crĂ©er des fausses raisons pour leur soutirer de l'argent. Le numĂ©ro WhatsApp de ce sorcier est le 0022367501343. Il serait au Mali selon ses propres dires. L'un de ses profils Facebook est "Élie Elie", Ă  l'adresse DeuxiĂšme dĂ©mon Ă©vangĂ©liste des rĂ©seaux sociaux Le second dĂ©mon, bien rusĂ©, a fait semblant de se repentir, en nous promettant qu'il devait remettre les sources des enseignements. Mais ce qu'il a fait est spectaculaire. Il a choisi de travestir la source des enseignements, de maniĂšre Ă  ce que ceux qui cliquent sur les liens qu'il a ajoutĂ©s, n'arrivent jamais sur le site. Voici la vraie adresse de notre site Mais regardez de quelle maniĂšre ce serpent Ă©crit cette adresse sur ses pages Facebook. D'abord il Ă©crit bien mcreveil, mais il finit par .com. Cela est suffisant pour perdre tous ceux qui voudront atteindre le site par ce lien. Mais il se trouve que nous avons Ă©galement activĂ© le .com, mĂȘme si nous n'utilisons que le .org. DĂšs que ce mĂ©chant s'est rendu compte que le .com est fonctionnel et conduit les gens sur le site, il a fabriquĂ© un autre lien qui est le suivant Observez bien l'adresse, et vous verrez sa ruse. Il a insĂ©rĂ© un "e" entre c et r, pour fausser l'adresse. DĂšs qu'il est interpellĂ© sur le fait que notre adresse finit avec .org, il fabrique une nouvelle adresse avec .org que voici Maintenant qu'il se trouve obligĂ© d'utiliser le .org, mcreveil devient mcreviel. La manipulation de ce dĂ©mon n'a pas commencĂ© par l'adresse de notre site. Il a commencĂ© par le site lui-mĂȘme. C'est le nom de notre site que ce serpent a pris comme nom de l'une de ses pages Facebook, avec l'image mĂȘme qui Ă©tait sur le site. Tous ceux qui tombent sur cette page Facebook, sont donc convaincus qu'il s'agit de notre page. VoilĂ  jusqu'oĂč ce dĂ©mon est allĂ© pour dĂ©tourner tous ceux qui nous recherchent sur les rĂ©seaux sociaux. Je tiens Ă  vous prĂ©ciser que nous n'avons pas de compte Facebook. Nous ne sommes sur aucun rĂ©seau social pour le moment. Ce serpent a apparemment plusieurs pages Facebook, dont celle-ci TroisiĂšme dĂ©mon Ă©vangĂ©liste des rĂ©seaux sociaux Le troisiĂšme dĂ©mon prend les enseignements et change les formatages de ces enseignements. Il efface toutes les rĂ©fĂ©rences liĂ©es au site Il fait disparaitre les appels Ă  la repentance, et les remplace par ses propres messages, et Ă  la fin, il met ses propres adresses, et se fait passer pour le propriĂ©taire de ces enseignements. Voici les coordonnĂ©es de ce dĂ©mon Romeo Sewanou Whatsapp +22962936838 Adresses Facebook Groupes WhatsApp Camp de vĂ©ritĂ© N°1, Camp de vĂ©ritĂ© N°2, N°3, N°4, etc. VoilĂ  comment les dĂ©mons travaillent. Ils sont des milliers envoyĂ©s depuis le monde de satan, pour inonder les rĂ©seaux sociaux, avec pour mission de dĂ©tourner le maximum de personnes de la voie de Dieu. Et tous prĂ©tendent ĂȘtre des chrĂ©tiens nĂ©s de nouveau, et prĂ©tendent ĂȘtre en train de servir JĂ©sus-Christ. Pour mieux tromper et sĂ©duire les chrĂ©tiens naĂŻfs et mal affermis, ces dĂ©mons mettent sur leurs pages pleins de versets bibliques et autres petits messages qui donnent Ă  leurs visiteurs l'impression d'ĂȘtre sur les pages des vrais Enfants de Dieu. Il faut assez de vigilance et de discernement pour dĂ©tecter la ruse de ces dĂ©mons, et ne pas tomber dans leurs piĂšges. Si nous retournons Ă  la question qui nous a Ă©tĂ© posĂ©e, la rĂ©ponse devient Ă©vidente. Ces dĂ©mons peuvent-ils savoir qu'ils sont des dĂ©mons? La rĂ©ponse est bien Ă©videmment OUI! Ils le savent trĂšs bien. Ils sont en mission contre le peuple de Dieu. C'est volontairement qu'ils se lancent dans ce genre de mĂ©chancetĂ©, et ils le font consciemment. Ils refusent d'ailleurs de se repentir mĂȘme quand l'occasion de repentance leur est donnĂ©e. Dieu choisit toujours de donner plusieurs occasions de repentance Ă  ces dĂ©mons, mais ils s'entĂȘtent, et continuent librement leurs ministĂšres sataniques. Les dĂ©mons pareils sont trĂšs nombreux sur les rĂ©seaux sociaux. Ils se font passer pour des chrĂ©tiens nĂ©s de nouveau. Certains se donnent le titre de serviteurs de Dieu. Tous prĂ©tendent ĂȘtre en train de prĂȘcher l'Évangile de JĂ©sus-Christ. Mais leur mission en rĂ©alitĂ©, est de dĂ©tourner les gens de la voie de Dieu. C'est Ă  vous, Enfants de Dieu, d'ĂȘtre vigilants. Les enfants de Dieu en proie aux Ă©preuves excessives Plusieurs enfants de Dieu, qui ne s'Ă©taient jamais imaginĂ© que Dieu pouvait soumettre Ses Enfants aux Ă©preuves excessives, n'hĂ©sitent pas dans leurs moments d'extrĂȘmes dĂ©couragements, Ă  se demander s'ils sont rĂ©ellement de Dieu, Ă  dĂ©faut de se demander si Dieu Lui-mĂȘme est rĂ©el. Avant de rĂ©pondre Ă  votre question, je tiens Ă  vous rappeler que les difficultĂ©s que vous traversez sur cette terre, ne sont pas fonction de votre nature spirituelle. Nous sommes tous appelĂ©s sur cette terre Ă  souffrir. Que l'on soit de Dieu ou de satan, l'on doit faire face aux caprices de la terre. Que vous soyez sur cette terre de la part de Dieu ou de la part de satan, vous ne pouvez pas Ă©chapper aux souffrances. Ce n'est donc pas en fonction du type de souffrance que vous endurez, que vous pouvez dĂ©terminer votre nature spirituelle. J'espĂšre que ce point est bien compris. Nous pouvons maintenant parcourir la Bible Ă  la recherche de quelques cas pouvant nous aider Ă  mieux comprendre ce sujet. Un vrai enfant de Dieu peut-il dans des moments d'extrĂȘme torture douter de sa nature spirituelle ou mĂȘme de sa relation avec Dieu? La rĂ©ponse est OUI. Comment? L'extrĂȘme torture que Dieu laisse souvent Ses vrais enfants endurer, les pousse parfois au dĂ©lire. Pour tous ces enfants de Dieu qui dans leurs moments de dĂ©couragement ou face aux Ă©preuves excessives, se demandent s'ils sont rĂ©ellement de Dieu, je vous encourage Ă  gĂ©rer vos Ă©preuves avec plus de dignitĂ© et de courage, tout en sachant que chaque Ă©preuve passera. Rien n'est Ă©ternel sur la terre, et nos Ă©preuves n'en feront pas exception. Soyez donc remplis de courage, et ne laissez plus satan, le voleur de joie, voler votre joie, cette prĂ©cieuse joie que nous donne l'assurance de notre salut! Voici quelques tĂ©moignages qui peuvent vous aider Ă  surmonter les Ă©preuves extrĂȘmes que vous traversez, sans toutefois douter de votre nature spirituelle. Cas de la femme possĂ©dĂ©e d'un esprit d'infirmitĂ© Luc 1310-17 "10JĂ©sus enseignait dans une des synagogues, le jour du sabbat. 11Et voici, il y avait lĂ  une femme possĂ©dĂ©e d'un esprit qui la rendait infirme depuis dix-huit ans; elle Ă©tait courbĂ©e, et ne pouvait pas du tout se redresser. 12Lorsqu'il la vit, JĂ©sus lui adressa la parole, et lui dit Femme, tu es dĂ©livrĂ©e de ton infirmitĂ©. 13Et il lui imposa les mains. À l'instant elle se redressa, et glorifia Dieu. 14Mais le chef de la synagogue, indignĂ© de ce que JĂ©sus avait opĂ©rĂ© cette guĂ©rison un jour de sabbat, dit Ă  la foule Il y a six jours pour travailler; venez donc vous faire guĂ©rir ces jours-lĂ , et non pas le jour du sabbat. 15Hypocrites! lui rĂ©pondit le Seigneur, est-ce que chacun de vous, le jour du sabbat, ne dĂ©tache pas de la crĂšche son bƓuf ou son Ăąne, pour le mener boire? 16Et cette femme, qui est une fille d'Abraham, et que satan tenait liĂ©e depuis dix-huit ans, ne fallait-il pas la dĂ©livrer de cette chaĂźne le jour du sabbat? 17Tandis qu'il parlait ainsi, tous ses adversaires Ă©taient confus, et la foule se rĂ©jouissait de toutes les choses glorieuses qu'il faisait." Quand vous lisez ce passage de Luc 1310-17, vous voyez comment une vraie semence de Dieu a Ă©tĂ© maintenue par satan dans une souffrance atroce pendant 18 ans. Pendant 18 bonnes annĂ©es elle a subi cette torture indescriptible. Pourtant elle Ă©tait fille d'Abraham, c'est-Ă -dire semence de Dieu. Cas de Jean-Baptiste Luc 113-17 "13Mais l'ange lui dit Ne crains point, Zacharie; car ta priĂšre a Ă©tĂ© exaucĂ©e. Ta femme Élisabeth t'enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. 14Il sera pour toi un sujet de joie et d'allĂ©gresse, et plusieurs se rĂ©jouiront de sa naissance. 15Car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira ni vin, ni liqueur enivrante, et il sera rempli de l'Esprit-Saint dĂšs le sein de sa mĂšre; 16il ramĂšnera plusieurs des fils d'IsraĂ«l au Seigneur, leur Dieu; 17il marchera devant Dieu avec l'esprit et la puissance d'Élie, pour ramener les cƓurs des pĂšres vers les enfants, et les rebelles Ă  la sagesse des justes, afin de prĂ©parer au Seigneur un peuple bien disposĂ©." Jean 129-36 "29Le lendemain, il vit JĂ©sus venant Ă  lui, et il dit Voici l'Agneau de Dieu, qui ĂŽte le pĂ©chĂ© du monde. 30C'est celui dont j'ai dit AprĂšs moi vient un homme qui m'a prĂ©cĂ©dĂ©, car il Ă©tait avant moi. 31Je ne le connaissais pas, mais c'est afin qu'il fĂ»t manifestĂ© Ă  IsraĂ«l que je suis venu baptiser d'eau. 32Jean rendit ce tĂ©moignage J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et s'arrĂȘter sur lui. 33Je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyĂ© baptiser d'eau, celui-lĂ  m'a dit Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et s'arrĂȘter, c'est celui qui baptise du Saint-Esprit. 34Et j'ai vu, et j'ai rendu tĂ©moignage qu'il est le Fils de Dieu. 35Le lendemain, Jean Ă©tait encore lĂ , avec deux de ses disciples; 36et, ayant regardĂ© JĂ©sus qui passait, il dit VoilĂ  l'Agneau de Dieu." Matthieu 112-3 "2Jean, ayant entendu parler dans sa prison des Ɠuvres du Christ, lui fit dire par ses disciples 3Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?" Jean-Baptiste, bien que ne s'Ă©tant pas demandĂ© s'il Ă©tait rĂ©ellement de Dieu, ne s'est pas empĂȘchĂ© de demander Ă  Dieu si c'est vraiment Lui le vrai Dieu. Lui qui pourtant avait Ă©tĂ© rempli du Saint-Esprit dĂšs le ventre de sa mĂšre, et qui avait Ă©tĂ© envoyĂ© spĂ©cialement pour prĂ©parer le chemin de Dieu, et faire connaitre Dieu au peuple de Dieu, s'est retrouvĂ© dans une Ă©preuve indescriptible, en train de se demander si Dieu Ă©tait rĂ©ellement Dieu. Jean-Baptiste est restĂ© semence de Dieu, vrai enfant de Dieu, et vrai Serviteur de Dieu, malgrĂ© les Ă©preuves. Sachez donc que, les Ă©preuves, quel que soit leur degrĂ© d'atrocitĂ©, ne feront jamais d'une semence de Dieu, une semence de satan. Cas de JĂ©rĂ©mie JĂ©rĂ©mie 2014-18 "14Maudit soit le jour oĂč je suis nĂ©! Que le jour oĂč ma mĂšre m'a enfantĂ© ne soit pas bĂ©ni! 15Maudit soit l'homme qui porta cette nouvelle Ă  mon pĂšre Il t'est nĂ© un enfant mĂąle, et qui le combla de joie! 16Que cet homme soit comme les villes que l'Éternel a dĂ©truites sans misĂ©ricorde! Qu'il entende des gĂ©missements le matin, et des cris de guerre Ă  midi! 17Que ne m'a-t-on fait mourir dans le sein de ma mĂšre! Que ne m'a-t-elle servi de tombeau! Que n'est-elle restĂ©e Ă©ternellement enceinte! 18Pourquoi suis-je sorti du sein maternel pour voir la souffrance et la douleur, et pour consumer mes jours dans la honte?" JĂ©rĂ©mie avait tellement souffert qu'il s'Ă©tait retrouvĂ© en train de maudire le jour de sa naissance et les innocents qui ont portĂ© la nouvelle de sa naissance Ă  son pĂšre, etc. Il maudissait le jour de sa naissance tout en oubliant que Dieu qui est l'auteur de ce jour de naissance, est le vĂ©ritable responsable de la torture qu'il subissait. Il maudissait les innocents qui ont portĂ© la nouvelle de sa naissance Ă  son pĂšre, tout en oubliant que ces innocents n'Ă©taient que des instruments de Dieu qui ont fait ce qu'ils avaient Ă  faire, en portant la bonne nouvelle de sa naissance Ă  son pĂšre. Il ignorait que ces innocents n'Ă©taient en rien responsables de la torture qu'il subissait, et que Dieu seul en Ă©tait le responsable. Le pauvre s'est donc retrouvĂ© en train de maudire indirectement Dieu Ă  travers son jour de naissance et Ă  travers les innocents, sans s'en rendre compte. Car qui est l'auteur de notre jour de naissance, si ce n'est Dieu? Et qu'a fait le pauvre homme transporteur de nouvelle dans tout cela, si ce n'est ce que Dieu attendait qu'il fasse? Le porteur de la nouvelle de la naissance de JĂ©rĂ©mie, le jour oĂč il portait cette nouvelle, Ă©tait convaincu que c'est une bonne nouvelle qu'il portait. Il ne pouvait pas s'imaginer que 20 ans ou 30 ans plus tard, cette bonne nouvelle devait ĂȘtre perçue par qui que ce soit, comme une mauvaise nouvelle. Il ne peut donc pas ĂȘtre tenu pour responsable de la maniĂšre par laquelle Dieu choisit d'Ă©prouver Son serviteur JĂ©rĂ©mie. Aucune malĂ©diction ne peut donc lui ĂȘtre attribuĂ©e. Quand JĂ©rĂ©mie dit "Que ne m'a-t-on fait mourir dans le sein de ma mĂšre!", qui d'autre que Dieu pouvait le faire mourir dans le sein de sa mĂšre? Qui a rĂ©ellement le pouvoir de faire mourir? Vous comprenez lĂ , bien-aimĂ©s, que la souffrance Ă©tait atroce, ceci par la seule volontĂ© de Dieu. Et pendant ce temps, les agents de satan disaient Ă  qui voulait les entendre, que Dieu avait abandonnĂ© JĂ©rĂ©mie, et que c'Ă©taient eux, les faux prophĂštes, qui Ă©taient devenus les nouveaux serviteurs de Dieu. C'est ce mĂȘme langage que les agents de l'Enfer tiennent Ă  notre Ă©gard actuellement. Cas de Job Job 11-20 "Il y avait dans le pays d'Uts un homme qui s'appelait Job. Et cet homme Ă©tait intĂšgre et droit; il craignait Dieu, et se dĂ©tournait du mal. 2Il lui naquit sept fils et trois filles. 3Il possĂ©dait sept mille brebis, trois mille chameaux, cinq cents paires de bƓufs, cinq cents Ăąnesses, et un trĂšs grand nombre de serviteurs. Et cet homme Ă©tait le plus considĂ©rable de tous les fils de l'Orient. ...13Un jour que les fils et les filles de Job mangeaient et buvaient du vin dans la maison de leur frĂšre aĂźnĂ©, 14il arriva auprĂšs de Job un messager qui dit Les bƓufs labouraient et les Ăąnesses paissaient Ă  cĂŽtĂ© d'eux; 15des SabĂ©ens se sont jetĂ©s dessus, les ont enlevĂ©s, et ont passĂ© les serviteurs au fil de l'Ă©pĂ©e. Et je me suis Ă©chappĂ© moi seul, pour t'en apporter la nouvelle. 16Il parlait encore, lorsqu'un autre vint et dit Le feu de Dieu est tombĂ© du ciel, a embrasĂ© les brebis et les serviteurs, et les a consumĂ©s. Et je me suis Ă©chappĂ© moi seul, pour t'en apporter la nouvelle. 17Il parlait encore, lorsqu'un autre vint et dit Des ChaldĂ©ens, formĂ©s en trois bandes, se sont jetĂ©s sur les chameaux, les ont enlevĂ©s, et ont passĂ© les serviteurs au fil de l'Ă©pĂ©e. Et je me suis Ă©chappĂ© moi seul, pour t'en apporter la nouvelle. 18Il parlait encore, lorsqu'un autre vint et dit Tes fils et tes filles mangeaient et buvaient du vin dans la maison de leur frĂšre aĂźnĂ©; 19et voici, un grand vent est venu de l'autre cĂŽtĂ© du dĂ©sert, et a frappĂ© contre les quatre coins de la maison; elle s'est Ă©croulĂ©e sur les jeunes gens, et ils sont morts. Et je me suis Ă©chappĂ© moi seul, pour t'en apporter la nouvelle. 20Alors Job se leva, dĂ©chira son manteau, et se rasa la tĂȘte; puis, se jetant par terre, ..." Job 27-13 "7... Puis il frappa Job d'un ulcĂšre malin, depuis la plante du pied jusqu'au sommet de la tĂȘte. 8Et Job prit un tesson pour se gratter et s'assit sur la cendre. 9Sa femme lui dit Tu demeures ferme dans ton intĂ©gritĂ©! Maudis Dieu, et meurs! 10Mais Job lui rĂ©pondit Tu parles comme une femme insensĂ©e. Quoi! nous recevons de Dieu le bien, et nous ne recevrions pas aussi le mal! En tout cela Job ne pĂ©cha point par ses lĂšvres. 11Trois amis de Job, Éliphaz de ThĂ©man, Bildad de Schuach, et Tsophar de Naama, apprirent tous les malheurs qui lui Ă©taient arrivĂ©s. Ils se concertĂšrent et partirent de chez eux pour aller le plaindre et le consoler! 12Ayant de loin portĂ© les regards sur lui, ils ne le reconnurent pas, et ils Ă©levĂšrent la voix et pleurĂšrent. Ils dĂ©chirĂšrent leurs manteaux, et ils jetĂšrent de la poussiĂšre en l'air au-dessus de leur tĂȘte. 13Et ils se tinrent assis Ă  terre auprĂšs de lui sept jours et sept nuits, sans lui dire une parole, car ils voyaient combien sa douleur Ă©tait grande." Job 31-12 "AprĂšs cela, Job ouvrit la bouche et maudit le jour de sa naissance. 2Il prit la parole et dit 3PĂ©risse le jour oĂč je suis nĂ©, et la nuit qui dit Un enfant mĂąle est conçu! 4Ce jour! Qu'il se change en tĂ©nĂšbres, que Dieu n'en ait point souci dans le ciel, et que la lumiĂšre ne rayonne plus sur lui! 5Que l'obscuritĂ© et l'ombre de la mort s'en emparent, que des nuĂ©es Ă©tablissent leur demeure au-dessus de lui, et que de noirs phĂ©nomĂšnes l'Ă©pouvantent! 6Cette nuit! Que les tĂ©nĂšbres en fassent leur proie, qu'elle disparaisse de l'annĂ©e, qu'elle ne soit plus comptĂ©e parmi les mois! 7Que cette nuit devienne stĂ©rile, que l'allĂ©gresse en soit bannie! 8Qu'elle soit maudite par ceux qui maudissent les jours, par ceux qui savent exciter le lĂ©viathan! 9Que les Ă©toiles de son crĂ©puscule s'obscurcissent, qu'elle attende en vain la lumiĂšre, et qu'elle ne voie point les paupiĂšres de l'aurore! 10Car elle n'a pas fermĂ© le sein qui me conçut, ni dĂ©robĂ© la souffrance Ă  mes regards. 11Pourquoi ne suis-je pas mort dans le ventre de ma mĂšre? Pourquoi n'ai-je pas expirĂ© au sortir de ses entrailles? 12Pourquoi ai-je trouvĂ© des genoux pour me recevoir, et des mamelles pour m'allaiter?" Job avait tellement souffert que les agents de satan qui Ă©taient jaloux de lui s'en glorifiaient, et disaient que Dieu l'avait rejetĂ©. MĂȘme sa femme, Ă  la vue de l'horreur qui s'Ă©tait abattue sur lui, a cru que Dieu qu'elle croyait vrai, Ă©tait devenu faux, et a suggĂ©rĂ© Ă  Job de maudire Dieu et mourir. Les amis de Job, qui eux, craignaient Dieu, ont plutĂŽt cru que Job avait fait quelque chose de mauvais aux yeux de Dieu. Personne ne pouvait s'imaginer que Dieu, le vrai Dieu, le Dieu tout-puissant, le Dieu d'amour et de compassion, pouvait traiter l'un de Ses vrais Serviteurs de cette maniĂšre-lĂ , sans aucune raison. Cet exemple nous aide Ă  comprendre que Dieu, pour des raisons que personne ne peut expliquer, soumet souvent Ses vrais Enfants Ă  une torture excessive, par les mains de satan et de ses agents. Ce genre de torture est souvent telle que si l'enfant de Dieu n'est pas assez ferme, il doutera mĂȘme de sa nature spirituelle, et me demandera "S'il te plait ApĂŽtre, dis-moi; est-ce que je suis un dĂ©mon?" Job Ă©tait-il un dĂ©mon pour avoir subi toute cette torture des mains de satan avec la permission de Dieu? Était-il abandonnĂ© par Dieu? Était-il rejetĂ© par Dieu? Job, excĂ©dĂ©, s'est retrouvĂ© en train de maudire le jour de sa naissance. Il maudissait le jour de sa naissance tout en oubliant que Dieu qui est l'auteur de ce jour de naissance, est le vĂ©ritable responsable de la torture qu'il subissait. Le pauvre s'est retrouvĂ© en train de maudire indirectement Dieu Ă  travers son jour de naissance, sans s'en rendre compte. Car qui est l'auteur de notre jour de naissance, si ce n'est Dieu? Et chacun sait que le jour en lui-mĂȘme n'a rien fait. Le jour n'est responsable de rien. Quand Job dit "Pourquoi ne suis-je pas mort dans le ventre de ma mĂšre? Pourquoi n'ai-je pas expirĂ© au sortir de ses entrailles?", qui d'autre que Dieu pouvait le faire mourir dans le ventre de sa mĂšre? Qui a rĂ©ellement le pouvoir de faire mourir? Vous comprenez lĂ , bien-aimĂ©s, que la souffrance Ă©tait Ă  son comble, ceci par la seule volontĂ© de Dieu. Et pendant ce temps, les agents de satan disaient Ă  qui voulait les entendre, que Dieu avait abandonnĂ© Job, et que Job n'Ă©tait plus serviteur de Dieu. Faites donc attention, bien-aimĂ©s, dans vos moments d'extrĂȘmes souffrances, de ne pas maudire les jours, car c'est Dieu qui a créé tous ces jours. Et en rĂ©alitĂ©, aucun jour n'a jamais rien fait pour mĂ©riter d'ĂȘtre maudit. Les jours en eux-mĂȘmes n'ont aucun pouvoir. Quand Dieu choisit de nous Ă©prouver, Il en reste le seul responsable, et maudire les jours ou les personnes innocentes, revient Ă  maudire Dieu. Que Dieu passe par satan en personne ou par ses agents pour nous Ă©prouver, Il en reste le seul responsable. C'est d'ailleurs pour cette raison que dans nos Ă©preuves, nous devons dire merci Ă  Dieu, car aucun agent de satan ne peut ĂȘtre plus fort que Dieu pour nous atteindre sans la permission de Dieu. Aucun malheur ne nous atteint sans que le Seigneur l'ait autorisĂ©. "37Qui dira qu'une chose arrive, sans que le Seigneur l'ait ordonnĂ©e? 38N'est-ce pas de la volontĂ© du TrĂšs-Haut que viennent les maux et les biens?" Lamentations 337-38. Alors, vous vrais Enfants de Dieu, semences de Dieu, les souffrances extrĂȘmes auxquelles vous ĂȘtes parfois exposĂ©s, ne devraient plus vous plonger dans le doute au sujet de votre vraie nature spirituelle, ou mĂȘme vous amener Ă  croire que Dieu vous a abandonnĂ©s, et qu'Il vous a mĂȘme rejetĂ©s. Non! Les cas de ces quelques Serviteurs de Dieu que nous venons de lire, nous dĂ©montrent que Dieu choisit souvent, pour des raisons que nous ne pouvons ni comprendre ni expliquer, de laisser satan et ses agents se prendre pour des dieux sur les Enfants de Dieu, et malmener les Enfants de Dieu en les soumettant Ă  un degrĂ© de torture qui amĂšnerait chaque personne normale Ă  se demander si Dieu est rĂ©ellement Dieu. Dieu est rĂ©ellement Dieu, bien-aimĂ©s, mais Sa logique est insondable, Ses mĂ©thodes nous sont incomprĂ©hensibles. Si donc vous appartenez au Seigneur JĂ©sus-Christ, si vous ĂȘtes semence de Dieu, et faites l'effort de marcher selon Dieu en JĂ©sus-Christ, ne vous inquiĂ©tez pas quand Dieu laisse les Ă©preuves s'abattre sur vous. Il est au contrĂŽle. Et quand vous avez du prix aux yeux de Dieu, ces Ă©preuves peuvent dĂ©passer les limites de la comprĂ©hension humaine. Mais dans tout cela, Dieu reste Dieu. Soyez donc calmes, soyez tranquilles, soyez fortifiĂ©s! L'heure de notre dĂ©livrance est proche. Je tiens ici Ă  mettre les agents de satan et autres sĂ©ducteurs en garde Ce message d'encouragements et d'assurance que je viens d'adresser, est destinĂ© aux vrais Enfants de Dieu qui craignent Dieu. N'osez donc pas vous consoler avec mes encouragements quand Dieu vous frappe Ă  cause de votre sorcellerie et de votre rĂ©bellion Ă  Sa parole. Avant donc d'attribuer une souffrance que vous endurez Ă  une Ă©preuve qui vous viendrait de Dieu, rassurez-vous que vous ĂȘtes de Dieu, et que vous craignez Dieu. Avant de dire que Dieu vous Ă©prouve comme Il avait Ă©prouvĂ© Job, rassurez-vous que vous ĂȘtes aux yeux de Dieu, ce que Job Ă©tait aux yeux de Dieu. Conclusion Ces Ă©lĂ©ments de discernement que je viens de donner dans cet enseignement, ne concernent que ceux qui ont dĂ©jĂ  donnĂ© leur vie Ă  JĂ©sus-Christ. Si vous vous dites dĂ©jĂ  chrĂ©tiens nĂ©s de nouveau, baptisĂ©s dans l'eau et mĂȘme peut-ĂȘtre dans le Saint-Esprit, et si en plus des fruits dĂ©jĂ  citĂ©s tout le long de l'enseignement sur Le Discernement, vous portez ces autres fruits que je viens de citer, c'est que la rĂ©ponse Ă  votre question est OUI. Vous n'ĂȘtes pas de Dieu. Si vous ĂȘtes encore paĂŻens, c'est-Ă -dire que si vous n'avez pas encore acceptĂ© JĂ©sus-Christ comme Seigneur et Sauveur, ces Ă©lĂ©ments de discernement que je viens de donner ne vous concernent pas. MĂȘme si vous portez ces fruits, vous ne pouvez pas vite conclure que vous ĂȘtes un dĂ©mon. Ces fruits que vous portez peuvent provenir des dĂ©mons qui habitent en vous. Quand vous ĂȘtes possĂ©dĂ©s, les fruits que vous portez ne sont pas trĂšs diffĂ©rents de ceux que les dĂ©mons portent. Pour finir, retenez, chers frĂšres, que le Discernement tel que je l'ai enseignĂ©, ne doit s'appliquer que sur les religieux, c'est-Ă -dire tous ceux-lĂ  qui ont dĂ©jĂ  Ă©coutĂ© l'Évangile de JĂ©sus-Christ, et qui connaissent dĂ©jĂ  qui est rĂ©ellement JĂ©sus-Christ. Les vrais paĂŻens, c'est-Ă -dire les paĂŻens rĂ©ellement ignorants, ces gens qui ne connaissent rien des choses de Dieu et qui n'ont aucune connaissance de l'Évangile, ne peuvent pas ĂȘtre facilement jugĂ©s par ce discernement. Il est difficile d'appliquer le discernement sur des gens pareils. Ces gens sont toujours gĂ©nĂ©ralement trĂšs possĂ©dĂ©s, et leurs actions et mĂȘme leurs rĂ©flexions sont souvent guidĂ©es par les dĂ©mons qui les possĂšdent. Le Discernement tel qu'expliquĂ© dans cet enseignement ne pouvant pas vous permettre de dĂ©terminer la nature spirituelle des paĂŻens, c'est surtout par rĂ©vĂ©lation que vous pouvez savoir s'ils ne sont pas de Dieu. "Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s'Ă©lĂšve contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensĂ©e captive Ă  l'obĂ©issance de Christ." 2Corinthiens 105. 9- CONCLUSION "99Je suis plus instruit que tous mes maĂźtres, car Tes prĂ©ceptes sont l'objet de ma mĂ©ditation. 100J'ai plus d'intelligence que les vieillards, car j'observe Tes ordonnances." Psaume 11999-100. Les dĂ©mons peuvent-ils ĂȘtre dĂ©livrĂ©s? Dans Jean 670 nous lisons "JĂ©sus leur rĂ©pondit N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les douze? Et l'un de vous est un dĂ©mon!" Nous connaissons tous avec quelle puissance de dĂ©livrance le Seigneur JĂ©sus a accompli Son ministĂšre sur terre. Tous ceux qui sont venus Ă  Lui avec des possessions dĂ©moniaques, ont Ă©tĂ© dĂ©livrĂ©s. La question que nous pouvons nous poser est la suivante Pourquoi JĂ©sus n'a-t-il pas dĂ©livrĂ© Judas Iscariot? La rĂ©ponse est simple Judas Iscariot Ă©tait un dĂ©mon, et non pas un dĂ©moniaque. Il est important Ă  ce niveau, d'Ă©tablir la diffĂ©rence qu'il y a entre un dĂ©mon et un dĂ©moniaque. Un dĂ©moniaque, c'est une personne possĂ©dĂ©e de dĂ©mons. Une telle personne peut ĂȘtre dĂ©livrĂ©e. Alors qu'un dĂ©mon, c'est une semence de satan comme nous l'avons Ă©tudiĂ©. On ne peut pas transformer une semence de satan en semence de Dieu. C'est pour cela que JĂ©sus n'a pas transformĂ© Judas Iscariot en semence de Dieu en le dĂ©livrant. On ne peut donc pas dĂ©livrer un dĂ©mon. Pourtant, des milliers d'hommes de Dieu passent leur temps aujourd'hui Ă  faire ce qu'ils appellent dĂ©livrance, en tentant par aveuglement, de dĂ©livrer les dĂ©mons. Combien ces pauvres pasteurs souffrent, au point de transpirer. Certains crient jusqu'Ă  perdre la voix, puisqu'on leur a appris que c'est en criant que le dĂ©mon sort. D'autres font des dĂ©livrances en plusieurs Ă©tapes. Ils font la premiĂšre Ă©tape, prennent un temps de repos, continuent un autre jour avec une autre Ă©tape, ainsi de suite. Qu'est-ce que ça fait pitiĂ©! Le manque de discernement est plus qu'une maladie. ConsĂ©quence sur l'ÉvangĂ©lisation L'ignorance nous fait perdre du temps, le manque de discernement nous fait souffrir pour rien. Quand nous comprenons bien cet enseignement sur le discernement, nous saisissons plus facilement le sens des consignes que le Seigneur nous a laissĂ©es par rapport Ă  l'ÉvangĂ©lisation Matthieu 105-6. "5... N'allez pas vers les paĂŻens, et n'entrez pas dans les villes des Samaritains; 6allez plutĂŽt vers les brebis perdues de la maison d'IsraĂ«l." Ce que JĂ©sus appelle paĂŻens ou samaritains ici, n'a rien affaire avec tous Ses vrais enfants qui ne Le connaissent pas encore. Le Seigneur les a dĂ©jĂ  dans Son plan de salut. Il nous parle plutĂŽt ici de ceux Ă  qui mĂȘme si l'on prĂȘchait l'Évangile, cela ne servirait Ă  rien. Matthieu 1014 "Lorsqu'on ne vous recevra pas et qu'on n'Ă©coutera pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville et secouez la poussiĂšre de vos pieds." Matthieu 1524 "Il rĂ©pondit Je n'ai Ă©tĂ© envoyĂ© qu'aux brebis perdues de la maison d'IsraĂ«l." Marc 611 "Et, s'il y a quelque part des gens qui ne vous reçoivent ni ne vous Ă©coutent, retirez-vous de lĂ , et secouez la poussiĂšre de vos pieds, afin que cela leur serve de tĂ©moignage." Luc 95 "Et, si les gens ne vous reçoivent pas, sortez de cette ville, et secouez la poussiĂšre de vos pieds, en tĂ©moignage contre eux." Vous trouvez beaucoup de chrĂ©tiens aujourd'hui, y compris des pasteurs, qui passent des annĂ©es Ă  Ă©vangĂ©liser les mĂȘmes personnes. D'autres laissent dans des Ă©glises pendant des annĂ©es, des gens qui s'entĂȘtent et refusent le baptĂȘme d'eau, en disant qu'ils veulent ĂȘtre patients avec eux. Ils vous diront que "dieu" a parfois besoin de beaucoup d'annĂ©es pour toucher le cƓur de certaines personnes. Comprenez bien qu'ils parlent de leur dieu, et non de notre Dieu. Notre Dieu a dit "26Mais vous ne croyez pas, parce que vous n'ĂȘtes pas de mes brebis. 27Mes brebis entendent ma voix; je les connais, et elles me suivent." Jean 1026-27. A qui dans la Bible JĂ©sus a passĂ© des annĂ©es Ă  prĂȘcher l'Évangile attendant qu'il croie? À quelle personne les disciples ont-ils passĂ© des annĂ©es Ă  prĂȘcher l'Évangile attendant qu'elle croie? Ceux qui sont de la semence de Dieu, n'ont pas besoin d'annĂ©es, pour reconnaĂźtre la voix de leur Berger. Ils ont juste besoin d'entendre cette voix. Avez-vous vu JĂ©sus une seule fois s'inquiĂ©ter parce que quelqu'un a Ă©coutĂ© la VĂ©ritĂ© et s'est fĂąchĂ©? Parcourez les Évangiles. Avez-vous vu JĂ©sus une seule fois changer soit Son message, soit Son ton pour faire plaisir aux gens qui l'Ă©coutaient, ou pour les mettre un peu Ă  l'aise? L'avez-vous vu paniquer quand les gens Ă©taient mĂ©contents d'entendre la VĂ©ritĂ©? Puisque nous lisons tous la Bible, rĂ©pondez-moi. Je vous invite Ă  mĂ©diter avec moi les passages suivants Matthieu 151-14 "1Alors des pharisiens et des scribes vinrent de JĂ©rusalem auprĂšs de JĂ©sus, et dirent 2Pourquoi tes disciples transgressent-ils la tradition des anciens? Car ils ne se lavent pas les mains, quand ils prennent leurs repas. 3Il leur rĂ©pondit Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au profit de votre tradition? 4Car Dieu a dit Honore ton pĂšre et ta mĂšre; et Celui qui maudira son pĂšre ou sa mĂšre sera puni de mort. 5Mais vous, vous dites Celui qui dira Ă  son pĂšre ou Ă  sa mĂšre Ce dont j'aurais pu t'assister est une offrande Ă  Dieu, 6n'est pas tenu d'honorer son pĂšre ou sa mĂšre. Vous annulez ainsi la parole de Dieu au profit de votre tradition. 7Hypocrites, EsaĂŻe a bien prophĂ©tisĂ© sur vous, quand il a dit 8Ce peuple m'honore des lĂšvres, mais son cƓur est Ă©loignĂ© de moi. 9C'est en vain qu'ils m'honorent, en enseignant des prĂ©ceptes qui sont des commandements d'hommes. 10Ayant appelĂ© Ă  lui la foule, il lui dit Écoutez, et comprenez. 11Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l'homme; mais ce qui sort de la bouche, c'est ce qui souille l'homme. 12Alors ses disciples s'approchĂšrent, et lui dirent Sais-tu que les pharisiens ont Ă©tĂ© scandalisĂ©s des paroles qu'ils ont entendues? 13Il rĂ©pondit Toute plante que n'a pas plantĂ©e mon PĂšre cĂ©leste sera dĂ©racinĂ©e. 14Laissez-les Ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles; si un aveugle conduit un aveugle, ils tomberont tous deux dans une fosse." Matthieu 2313-35 "13Malheur Ă  vous, scribes et pharisiens hypocrites! Parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux; vous n'y entrez pas vous-mĂȘmes, et vous n'y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer. 14Malheur Ă  vous, scribes et pharisiens hypocrites! Parce que vous dĂ©vorez les maisons des veuves, et que vous faites pour l'apparence de longues priĂšres; Ă  cause de cela, vous serez jugĂ©s plus sĂ©vĂšrement. 15Malheur Ă  vous, scribes et pharisiens hypocrites! Parce que vous courez la mer et la terre pour faire un prosĂ©lyte; et, quand il l'est devenu, vous en faites un fils de la gĂ©henne deux fois plus que vous. 16Malheur Ă  vous, conducteurs aveugles! Qui dites Si quelqu'un jure par le temple, ce n'est rien; mais, si quelqu'un jure par l'or du temple, il est engagĂ©. 17InsensĂ©s et aveugles! Lequel est le plus grand, l'or, ou le temple qui sanctifie l'or? 18Si quelqu'un, dites-vous encore, jure par l'autel, ce n'est rien; mais, si quelqu'un jure par l'offrande qui est sur l'autel, il est engagĂ©. 19Aveugles! Lequel est le plus grand, l'offrande, ou l'autel qui sanctifie l'offrande? 20Celui qui jure par l'autel jure par l'autel et par tout ce qui est dessus; 21celui qui jure par le temple jure par le temple et par celui qui l'habite; 22et celui qui jure par le Ciel jure par le trĂŽne de Dieu et par celui qui y est assis. 23Malheur Ă  vous, scribes et pharisiens hypocrites! Parce que vous payez la dĂźme de la menthe, de l'aneth et du cumin, et que vous laissez ce qui est plus important dans la loi, la justice, la misĂ©ricorde et la fidĂ©litĂ© c'est lĂ  ce qu'il fallait pratiquer, sans nĂ©gliger les autres choses. 24Conducteurs aveugles! Qui coulez le moucheron, et qui avalez le chameau. 25Malheur Ă  vous, scribes et pharisiens hypocrites! Parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et qu'au dedans ils sont pleins de rapine et d'intempĂ©rance. 26Pharisien aveugle! Nettoie premiĂšrement l'intĂ©rieur de la coupe et du plat, afin que l'extĂ©rieur aussi devienne net. 27Malheur Ă  vous, scribes et pharisiens hypocrites! Parce que vous ressemblez Ă  des sĂ©pulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et qui, au dedans, sont pleins d'ossements de morts et de toute espĂšce d'impuretĂ©s. 28Vous de mĂȘme, au dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais, au dedans, vous ĂȘtes pleins d'hypocrisie et d'iniquitĂ©. 29Malheur Ă  vous, scribes et pharisiens hypocrites! Parce que vous bĂątissez les tombeaux des prophĂštes et ornez les sĂ©pulcres des justes, 30et que vous dites Si nous avions vĂ©cu du temps de nos pĂšres, nous ne nous serions pas joints Ă  eux pour rĂ©pandre le sang des prophĂštes. 31Vous tĂ©moignez ainsi contre vous-mĂȘmes que vous ĂȘtes les fils de ceux qui ont tuĂ© les prophĂštes. 32Comblez donc la mesure de vos pĂšres. 33Serpents, race de vipĂšres! Comment Ă©chapperez-vous au chĂątiment de la gĂ©henne? 34C'est pourquoi, voici, je vous envoie des prophĂštes, des sages et des scribes. Vous tuerez et crucifierez les uns, vous battrez de verges les autres dans vos synagogues, et vous les persĂ©cuterez de ville en ville, 35afin que retombe sur vous tout le sang innocent rĂ©pandu sur la terre, depuis le sang d'Abel le juste jusqu'au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez tuĂ© entre le temple et l'autel." Marc 1017-23 "17Comme JĂ©sus se mettait en chemin, un homme accourut, et se jetant Ă  genoux devant lui Bon maĂźtre, lui demanda-t-il, que dois-je faire pour hĂ©riter la vie Ă©ternelle? 18JĂ©sus lui dit Pourquoi m'appelles-tu bon? Il n'y a de bon que Dieu seul. 19Tu connais les commandements Tu ne commettras point d'adultĂšre; tu ne tueras point; tu ne dĂ©roberas point; tu ne diras point de faux tĂ©moignage; tu ne feras tort Ă  personne; honore ton pĂšre et ta mĂšre. 20Il lui rĂ©pondit MaĂźtre, j'ai observĂ© toutes ces choses dĂšs ma jeunesse. 21JĂ©sus, l'ayant regardĂ©, l'aima, et lui dit Il te manque une chose; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trĂ©sor dans le Ciel. Puis viens, et suis-moi. 22Mais, affligĂ© de cette parole, cet homme s'en alla tout triste; car il avait de grands biens. 23JĂ©sus, regardant autour de lui, dit Ă  ses disciples Qu'il sera difficile Ă  ceux qui ont des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu!" Jean 623-26 "23Le lendemain, comme d'autres barques Ă©taient arrivĂ©es de TibĂ©riade prĂšs du lieu oĂč ils avaient mangĂ© le pain aprĂšs que le Seigneur eut rendu grĂąces, 24les gens de la foule, ayant vu que ni JĂ©sus ni ses disciples n'Ă©taient lĂ , montĂšrent eux-mĂȘmes dans ces barques et allĂšrent Ă  CapernaĂŒm Ă  la recherche de JĂ©sus. 25Et l'ayant trouvĂ© au delĂ  de la mer, ils lui dirent Rabbi, quand es-tu venu ici? 26JĂ©sus leur rĂ©pondit En vĂ©ritĂ©, en vĂ©ritĂ©, je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangĂ© des pains et que vous avez Ă©tĂ© rassasiĂ©s." Jean 830-32, 37-47 "30Comme JĂ©sus parlait ainsi, plusieurs crurent en lui. 31Et il dit aux Juifs qui avaient cru en lui Si vous demeurez dans ma parole, vous ĂȘtes vraiment mes disciples; 32vous connaĂźtrez la vĂ©ritĂ©, et la vĂ©ritĂ© vous affranchira
 37Je sais que vous ĂȘtes la postĂ©ritĂ© d'Abraham; mais vous cherchez Ă  me faire mourir, parce que ma parole ne pĂ©nĂštre pas en vous
 44Vous avez pour pĂšre le diable, et vous voulez accomplir les dĂ©sirs de votre pĂšre
 45Et moi, parce que je dis la vĂ©ritĂ©, vous ne me croyez pas. 46Qui de vous me convaincra de pĂ©chĂ©? Si je dis la vĂ©ritĂ©, pourquoi ne me croyez-vous pas? 47Celui qui est de Dieu, Ă©coute les paroles de Dieu; vous n'Ă©coutez pas, parce que vous n'ĂȘtes pas de Dieu." Comme vous l'avez constatĂ© en lisant les passages ci-dessus, le Seigneur quand Il prĂȘchait l'Évangile, ne suppliait pas les gens pour qu'ils l'acceptent. Il n'Ă©tait pas surpris de voir plusieurs personnes rejeter Son Évangile, et Il ne s'inquiĂ©tait pas de voir les gens s'en aller en murmurant. Il savait que ceux qui Ă©taient de Son PĂšre ne pouvaient pas rejeter Son Évangile. Il savait aussi que ceux qui n'Ă©taient pas de Son PĂšre, ne pouvaient jamais apprĂ©cier les paroles de Son PĂšre. L'ÉvangĂ©lisation Ă©tait donc facile pour Lui. Il ne souffrait pas inutilement, parce qu'Il avait le discernement. N'oubliez pas que l'Évangile est un trĂ©sor, c'est en fait le plus grand trĂ©sor que l'homme peut avoir sur cette terre. Quand vous prĂȘchez l'Évangile, vous ne devez donc pas donner l'impression Ă  ceux Ă  qui vous prĂȘchez, qu'ils croient pour vous. Ne leur donnez pas l'impression qu'ils croient pour vous rendre un service quelconque. Chacun croit pour son propre salut. Nul ne croit pour l'autre. Ceux qui veulent le salut doivent croire, et ceux qui veulent l'Enfer sont libres de leur choix. Vous ne devez donc pas faire croire aux gens que vous leur imposez l'Évangile. PrĂȘchez tout simplement, dans le but de donner l'occasion Ă  ceux qui veulent se repentir, de le faire pour Ă©chapper au feu Ă©ternel. Retenez tout de mĂȘme que personne n'est obligĂ© de croire, et chacun est libre de faire de sa vie ce qu'il veut. La finalitĂ©, c'est l'Ă©ternitĂ©. Chacun assumera son choix dans les prochains jours. Et le Seigneur qui nous a créés, sait que Ses vrais enfants reconnaĂźtront Sa voix, lorsqu'on leur prĂȘchera Son Évangile. Évitez donc d'imposer l'Évangile Ă  ceux qui ne le veulent pas, et ne vous sĂ©duisez plus en prĂȘchant l'Évangile aux mĂȘmes personnes pendant des annĂ©es, en croyant qu'il faut des annĂ©es pour convertir un homme. L'Évangile de JĂ©sus-Christ est pour ceux qui sont de la semence de JĂ©sus-Christ, et ils l'acceptent sans difficultĂ©. J'ai suivi un jour un pasteur rendre un tĂ©moignage abominable, disant qu'il avait prĂȘchĂ© l'Ă©vangile Ă  une femme qui n'a pas voulu croire. Ensuite la femme Ă©tait venue dans l'Ă©glise, on lui a tout prĂȘchĂ©, elle a refusĂ© de croire. Ils ont laissĂ© cette femme dans l'Ă©glise, et l'ont encouragĂ©e chaque jour. Elle a fait six ans dans l'Ă©glise, et finalement, aprĂšs six ans, elle a cru. Et ce pasteur aveugle rendait ce tĂ©moignage pour se glorifier de ce qu'il Ă©tait en train de faire un trĂšs bon travail en tant que pasteur. VoilĂ  de la vraie sĂ©duction. Bien-aimĂ©s, je vous mets en garde contre ce genre de tĂ©moignages sataniques. C'est de la pure sĂ©duction. C'est avec ce genre de sĂ©duction que ces pasteurs de satan amĂšnent les Enfants de Dieu Ă  croire aux bĂȘtises. DĂšs que tu leur enseignes ce qui est Ă©crit, ils te disent que tel pasteur ou tel "homme de dieu" avait donnĂ© un jour un tĂ©moignage que... Pour eux, les tĂ©moignages passent avant la Parole de Dieu. Je finirai encore par ce merveilleux passage de 2Jean 8-11 "8Prenez garde Ă  vous-mĂȘmes, afin que vous ne perdiez pas le fruit de votre travail, mais que vous receviez une pleine rĂ©compense. 9Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n'a point Dieu; celui qui demeure dans cette doctrine a le PĂšre et le Fils. 10Si quelqu'un vient Ă  vous et n'apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, et ne lui dites pas Salut! 11Car celui qui lui dit Salut! Participe Ă  ses mauvaises Ɠuvres." Le mot de la fin Le temps est enfin venu bien-aimĂ©s, oĂč "vous verrez de nouveau la diffĂ©rence entre le juste et le mĂ©chant, entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas." Malachie 318. La trompette Ă©tant sur le point de sonner, le Seigneur est en train de purifier Son Épouse, et de la prĂ©parer pour le grand jour, pour ce jour glorieux. Tous ceux qui sont de la semence de Dieu sont en train de se rĂ©veiller, ils sont en train de se prĂ©parer pour la rencontre avec leur MaĂźtre. Ce faisant, tous sont en train de fuir la sĂ©duction qui se pratique et se vit chaque jour dans des assemblĂ©es et Ă©glises apostates, dans les Ă©glises fondĂ©es sur la cupiditĂ© et la fausse doctrine. Ne soyez pas Ă©tonnĂ©s si pendant que vous vous rĂ©veillez, pendant que vous vous rĂ©voltez contre l'abomination qui se pratique en plein jour dans le milieu dit chrĂ©tien, d'autres autour de vous sont plutĂŽt Ă  l'aise dans ces structures sataniques, et combattent activement la VĂ©ritĂ©. Cela ne devrait pas vous surprendre, puisque le Seigneur nous l'a dit. Ce sont des ouvriers d'iniquitĂ©, ce sont des fils de la perdition, ce sont des mĂ©chants. Ils ont tous, l'intelligence obscurcie ÉsaĂŻe 69-10, et aucun d'eux ne peut comprendre le signal de Dieu, comme le Seigneur nous le rĂ©vĂšle dans Daniel 129-10. "9Il rĂ©pondit Va, Daniel, car ces paroles seront tenues secrĂštes et scellĂ©es jusqu'au temps de la fin. 10Plusieurs seront purifiĂ©s, blanchis et Ă©purĂ©s; les mĂ©chants feront le mal et aucun des mĂ©chants ne comprendra, mais ceux qui auront de l'intelligence comprendront." Beaucoup de frĂšres m'ont repris en disant que c'est par cet enseignement que je devais commencer. Et je sais que beaucoup parmi vous vont me demander pourquoi ce n'est que maintenant que je vous donne ces enseignements-ci. Bien-aimĂ©s, comme je l'ai mentionnĂ© au dĂ©but de cet enseignement, le combat n'a pas Ă©tĂ© facile. Quand on engage un travail comme celui-ci, qui dĂ©nonce les Ɠuvres du diable sous tous les aspects, satan ne se laisse pas faire. C'est pourquoi vous devez beaucoup prier pour nous. Vous, vrais Enfants de Dieu, si vous voulez voir le travail de Dieu avancer, vous devez constamment jeĂ»ner et prier pour les quelques rares vrais hommes de Dieu qui veulent encore servir Dieu sans compromission, et qui exposent leur vie en s'engageant sur le chemin de la VĂ©ritĂ©. "Car nous ne falsifions point la parole de Dieu, comme font plusieurs; mais c'est avec sincĂ©ritĂ©, mais c'est de la part de Dieu, que nous parlons en Christ devant Dieu." 2Corinthiens 217. Satan et ses agents se sont acharnĂ©s contre moi pour que ce travail ne soit jamais fait, pour que cet enseignement ne vous soit jamais disponible. Mais si dans leur orgueil ils peuvent se dĂ©clarer forts devant nous, nous dans notre humilitĂ©, nous pouvons les dĂ©clarer Faibles devant notre MaĂźtre JĂ©sus-Christ. N'est-il pas Ă©crit que "celui qui est en nous est plus grand que celui qui est dans le monde"? 1Jean 44. Bien-aimĂ©s, pour finir cet enseignement, je bĂ©nis encore le Seigneur JĂ©sus-Christ pour Sa grande fidĂ©litĂ©. C'est en toute assurance que je peux dire comme notre frĂšre Job "Je sais que mon RĂ©dempteur est vivant, et qu'Il se lĂšvera le dernier sur la terre." Job 1925. Chantez avec nous ce magnifique cantique. Vous trouverez sa mĂ©lodie sur le site Hymne de la Saine Doctrine Donne-moi la saine doctrine, Donne-moi la saine doctrine, Donne-moi la saine doctrine, C’est bon, c’est bon pour moi. 1. L’évangil’ de prospĂ©ritĂ©, L’évangil’ des faux miracles, L’évangil’ des fausses’ guĂ©risons, Non, je ne le veux pas. 2. L’évangil’ vide du ventre, L’évangil’ des contes’ et fables, L’évangil’ des vains discoureurs, Non, je ne le veux pas. 3. L’évangile ƓcumĂ©nique, L’évangil’ de compromission, L’évangil’ de dĂźmes’ et offrandes C’est l’évangil’ de mort. 4. L’Évangil’ de Jean-Baptiste, L’Évangil’ du Seigneur JĂ©sus, L’Évangil’ de Simon Pierre, C’est lĂ  mon Évangile. 5. Trop peu sont prĂȘts Ă  L’écouter, Trop peu sont prĂȘts Ă  L’accepter, Beaucoup ne peuvent supporter, L’Évangile authentique. 6. Aucun des mĂ©chants ne tiendra Devant l’Évangile de Christ, Mais le juste’ sera dans la joie Quand Il est proclamĂ©. 7. Le vrai Évangil’ qui libĂšre, Le vrai Évangil’ qui dĂ©livre, L’Évangil’ de Paul et Silas C’est bon, c’est bon pour moi. 8. L’Évangile non falsifiĂ©, L’Évangile propre et simple, L’Évangil’ des tout premiers frĂšres, C’est bon, c’est bon pour moi. 9. L’Évangile pur non diluĂ©, La doctrine de JĂ©sus-Christ, La vĂ©ritĂ© qui affranchit, C’est bon, c’est bon pour moi. 10. L’Évangil’ du renoncement, L’Évangil’ du contentement, Et du dĂ©sintĂ©ressement, C’est lĂ  mon Évangile. 11. L’Évangil’ du discernement, La vĂ©ritĂ© qui divise, La saine doctrine de Christ, C’est lĂ  mon Évangile. 12. Merci Seigneur pour Ta grĂące, Merci pour la rĂ©vĂ©lation, Merci pour le discernement, Gloire Ă  Toi, ĂŽ Seigneur! Que la grĂące soit avec tous ceux qui aiment notre Seigneur JĂ©sus-Christ d'un amour inaltĂ©rable! Invitation Chers frĂšres et sƓurs, Si vous avez fui les fausses Ă©glises et voulez savoir ce que vous devez faire, voici les deux solutions qui s'offrent Ă  vous 1- Voyez si autour de vous il y a quelques autres enfants de Dieu qui craignent Dieu et dĂ©sirent vivre selon la Saine Doctrine. Si vous en trouvez, sentez-vous libres de vous joindre Ă  eux. 2- Si vous n'en trouvez pas et dĂ©sirez nous rejoindre, nos portes vous sont ouvertes. La seule chose que nous vous demanderons de faire, c'est de lire d'abord tous les Enseignements que le Seigneur nous a donnĂ©s, et qui se trouvent sur notre site pour vous rassurer qu'ils sont conformes Ă  la Bible. Si vous les trouvez conformes Ă  la Bible, et ĂȘtes prĂȘts Ă  vous soumettre Ă  JĂ©sus-Christ, et Ă  vivre selon les exigences de Sa parole, nous vous accueillerons avec joie. Que la grĂące du Seigneur JĂ©sus soit avec vous! Source & Contact Site Internet E-mail mail À l'occasion du lancement de l'Ă©mission Un tour du monde en France samedi 16 avril 2022, Ă  partir de 21h05 sur C8, TĂ©lĂ© Star vous dĂ©voile en quoi consiste ce nouveau programme incarnĂ© par Caroline chroniqueuse emblĂ©matique des Ă©missions Le Grand 8, Touche pas Ă  mon poste, et C'est que de la tĂ©lĂ©, Caroline Ithurbide est devenue au fil des annĂ©es l'un des visages incontournables du canal 8 de la TNT. DĂ©jĂ  prĂ©sente sur l'antenne de Direct 8 avant son rachat, elle s'est ensuite imposĂ©e en tant que chroniqueuse et animatrice sur D8, puis sur C8. Depuis l'arrivĂ©e de William Leymergie en provenance de France 2, Caroline Ithurbide incarne une chronique au sein de l'Ă©mission quotidienne William Ă  midi. Par ailleurs, l'animatrice s'est aussi vue confier un tout nouveau rendez-vous diffusĂ©e en prime time sur Un tour du monde en France, ce nouveau programme sera lancĂ© sur la chaĂźne du groupe Canal+ Ă  partir du samedi 16 avril 2022, dĂšs 21h05. "Qui n'a jamais rĂȘvĂ© de partir Ă  l'autre bout du monde, de dĂ©couvrir des paysages exceptionnels, de vivre l'aventure avec un grand A ? Et si tout cela Ă©tait possible sans mĂȘme avoir Ă  quitter la France ? Aux cĂŽtĂ©s de Caroline Ithurbide, des familles vont parcourir les plus belles rĂ©gions de France et rĂ©aliser que le dĂ©paysement est Ă  portĂ©e de main", a indiquĂ© C8 dans son communiquĂ©. Le premier Ă©pisode de ce nouveau rendez-vous hebdomadaire se dĂ©roulera du cĂŽtĂ© de la tour du monde en France une nouvelle Ă©mission pour mettre en lumiĂšre les rĂ©gions françaises"Ce Parc Naturel d'une richesse inestimable, façonnĂ© par le mariage du ciel, de l'eau et de la terre est une promesse de dĂ©paysement total. Everglades de Floride, lacs salĂ©s de la cordillĂšre des Andes, la Camargue Ă©voque des dĂ©cors venus d'ailleurs. Au programme dĂ©couverte des terres inondĂ©es Ă  dos de cheval, excursion en kayak sur le delta du RhĂŽne, immersion dans la vie des gardians, soirĂ©e au son de la musique gitane et course de chars Ă  voile entre dunes et mer sur l'immense plage des Saintes-Maries-de-la-Mer. Ce voyage au plus prĂšs de la faune et de la flore sera une occasion exceptionnelle pour cette famille de se fabriquer des souvenirs", a ajoutĂ© la chaĂźne du groupe Canal+. Inscrivez-vous Ă  la Newsletter de pour recevoir gratuitement les derniĂšres actualitĂ©s © ©909 Productions 2/12 - Caroline Ithurbide Caroline IthurbideUn tour du monde en France © ©909 Productions 3/12 - Caroline Ithurbide Caroline IthurbideUn tour du monde en France © ©909 Productions 4/12 - Caroline Ithurbide Caroline IthurbideUn tour du monde en France © ©909 Productions 5/12 - Caroline Ithurbide Caroline IthurbideUn tour du monde en France © ©909 Productions 6/12 - Caroline Ithurbide Caroline IthurbideUn tour du monde en France © ©909 Productions 7/12 - Caroline Ithurbide Caroline IthurbideUn tour du monde en France © ©909 Productions 8/12 - Caroline Ithurbide Caroline IthurbideUn tour du monde en France © ©909 Productions 9/12 - Caroline Ithurbide Caroline IthurbideUn tour du monde en France © ©909 Productions 10/12 - Caroline Ithurbide Caroline IthurbideUn tour du monde en France © ©909 Productions 11/12 - Caroline Ithurbide Caroline IthurbideUn tour du monde en France © ©909 Productions 12/12 - Caroline Ithurbide Caroline IthurbideUn tour du monde en France Dans les campings du Cotentin, les vacanciers s'accommodent tant bien que mal Ă  la mĂ©tĂ©o capricieuse qui sĂ©vit dans la Manche depuis le dĂ©but de l'Ă©tĂ© 2021. Par RĂ©daction La Presse de la Manche PubliĂ© le 24 AoĂ»t 21 Ă  1248 MalgrĂ© des conditions mĂ©tĂ©o difficiles observĂ©es dans la Manche cet Ă©tĂ©, certains campings ont fait le plein de vacanciers et nombre de familles ont gardĂ© le sourire, comme ici au camping Les Mouettes Ă  Agon-Coutainville Manche. ©La Presse de la MancheAprĂšs les pluies du matin, le soleil est revenu au-dessus de la cale du Passous un peu avant midi, samedi 21 aoĂ»t 2021 Ă  Agon-Coutainville Manche. Face Ă  la mer si vivante et si changeante avec ses marĂ©es capricieuses aux couleurs inĂ©puisables, le tableau Ă©tait une nouvelle fois magnifique dans ce bout de terre du Cotentin, comme partout ailleurs dans notre presqu’üle lorsque le ciel fait sortir des nuages une atmosphĂšre et des lumiĂšres saisons en une journĂ©e, c’est bien la Normandie ! Et Christian Lepelley, habitant d’Agneaux et tout juste revenu en camping-car des Saintes-Maries-de-la-Mer Camargue, s’accommode parfaitement de cette mĂ©tĂ©o chagrine qu’il a retrouvĂ©e ce week-end au camping Les Mouettes, ici prĂšs du Passous et pour terminer les vacances aux cĂŽtĂ©s de son Ă©pouse Nicole et de son petit-fils ciel bleu et la chaleur dans le sud, ça va un moment, mais j'avais hĂąte de remettre mes bottes et mon cirĂ© pour retourner Ă  la pĂȘche Ă  pieds, aux palourdes, aux moules et aux coques. Un vrai bonheur. Et par chez nous, le temps n'a pas changĂ© il pleut, il fait beau, et on a du vent un peu toute l' sĂ©jours moins longs que prĂ©vuPropriĂ©taire de ce petit camping familial qui affiche deux Ă©toiles et offre 110 places dont une large majoritĂ© est occupĂ©e par des mobil-homes de rĂ©sidents, Laurent Gouery reste satisfait de la saison avec une trĂšs bonne frĂ©quentation de son Ă©tablissement, et ce en dĂ©pit des mauvaises conditions mĂ©tĂ©orologiques de l’étĂ© qui ont tout de mĂȘme minĂ© le moral de certains vacanciers. On affiche complet depuis le dĂ©but avec un bon roulement entre les sorties et les arrivĂ©es. Mais c'est vrai que la mĂ©tĂ©o a prĂ©cipitĂ© certains dĂ©parts de familles, notamment celles venues avec des enfants. Difficile de sĂ©cher le linge et de pratiquer des activitĂ©s nautiques ou le char Ă  voile. MĂȘmes constatations dans d’autres campings d’Hauteville-sur-Mer et de Blainville-sur-Mer oĂč des sĂ©jours ont Ă©tĂ© Ă©courtĂ©s. Les gens ne sont restĂ©s parfois que trois ou quatre jours au lieu de la semaine initialement prĂ©vue », regrette Florence Halley, responsable du camping municipal de la Melette. La saison est atrophiĂ©e par la mĂ©tĂ©o et c’est fatigant dans la durĂ©e. »Hormis une semaine en juillet, les plages de la Manche n’ont pas connu de bain de foule cette annĂ©e ni de vague de chaleur. Et les vacanciers les plus conciliants sont certainement les plus heureux. Je suis super contente d’ĂȘtre lĂ  et je viens tous les week-ends ou pendant mes vacances », confie la caennaise Dalila Lecoeur qui est rĂ©sidente au camping Les Mouettes depuis le mois de mars et positive. Les paysages sont toujours diffĂ©rents et c’est tellement beau ! » MĂȘme par temps gris
De notre correspondant Christophe article vous a Ă©tĂ© utile ? Sachez que vous pouvez suivre La Presse de la Manche dans l’espace Mon Actu . En un clic, aprĂšs inscription, vous y retrouverez toute l’actualitĂ© de vos villes et marques favorites.

char Ă  voile saintes maries de la mer