Alorsque le Tour de France bat son plein, nous entendons souvent les commentateurs sportifs évoquer la discipline cycliste avec le surnom de « Petite Reine ».Connaissez-vous l’origine de cette appellation ? Un poète, un journaliste sportif et une reine néerlandaise partagent l’invention du sobriquet « Petite Reine ». Cette expression fait sa première apparition dans la 3e édition Hématocriteet sang visqueux : 26 ans avant Vingegaard, un autre Danois remportait le Tour de France Jonas Vingegaard est le deuxième coureur danois de MauriceGarin. Maurice Garin devient en 1903 le premier vainqueur du Tour.«. Le petit ramoneur italien » (devenu « Le petit ramoneur » dès qu’il s’est mis à gagner des courses cyclistes) ainsi surnommé en raison de sa petite taille (1 mètre 62) détient toujours le record du plus grand écart entre un vainqueur et son second Surnommé« Tour infernale », son 195 cm sous la toise oblige, la question s’est toujours posée de savoir si, sans un alcoolisme invétéré, il aurait mieux fait que ses nombreux titres sur le PGA Tour, le British Open 1973, deuxième à quatre reprises au Masters, deuxième encore de l’US Open 1976, jouant deux éditions de Ryder Cup Cest le début d'une grande aventure humaine. Ce 1er juillet 1903, 59 cyclistes prennent le départ du 1er Tour de France organisé par le journal L'Auto. Au bout de six étapes, ils ne seront plus que 21. Cinquante ans plus tard, dans l'émission "Soyez témoin" de l'ORTF, quelques pionniers du Tour se souviennent Le13 juillet 1975, c'est durant l'étape Digne - Pra-Loup que Bernard Thévenet met fin au règne d'Eddy Merckx, s'empare du maillot jaune bQrN. En juillet 1903, après trois semaines de course, Maurice Garin, surnommé le petit ramoneur, terminait en vainqueur le premier Tour de France. Patronnée par L'Auto, l'ancêtre de L'Equipe, cette première Grande Boucle marque le début d'une formidable aventure sportive et populaire. Mais sait-on aujourd'hui que cette épreuve reine du cyclisme est née de l'affaire Dreyfus?L'histoire commence quelques années plus tôt. En France, règne alors un grand quotidien sportif, Le Vélo, fondé en 1892 par Pierre Giffard, un passionné de bicyclette pour qui la vélocipédie est autre chose qu'un sport, c'est un bienfait social». Mais ce journaliste de talent a une autre passion la politique. Dès 1897, comme le rappelle l'historien Georges Joumas dans la livraison de juin du mensuel Histoire, il introduit dans Le Vélo, une chronique politique. La France débat alors passionnément de l'affaire Dreyfus. Le Vélo est dans un premier temps antidreyfusard, persuadé que le conseil de guerre avait condamné à juste titre le capitaine juif pour espionnage. Mais Pierre Giffard va changer d'avis quand Emile Zola, qu'il admire, prend la défense de Dreyfus dans son célèbre J'accuse». Dès lors, Le Vélo a choisi son camp et bataille à coups d'éditoriaux. Le Touring club de France, auquel le journal est lié, demande l'exclusion de ses rangs de l'écrivain. Pierre Giffard s'insurge et prend de plus en plus souvent sa plume qu'il trempe dans le vitriol pour combattre les antidreyfusards et l'antisémitisme. Imagine-t-on aujourd'hui L'Equipe s'engager ainsi dans un combat politique et civique?En 1899, Giffard assiste au procès en révision du capitaine Dreyfus. Ses articles prennent de plus en plus de place dans le quotidien sportif. Il dénonce le verdict de culpabilité et poursuit son combat pour la réhabilitation du capitaine. Il se présente même à une élection législative dans son Cantal natal et n'échoue que pour quelques ce débat passionné, les engagements politiques du quotidien sportif dérangent. Les annonceurs le font savoir. Le ton monte et plusieurs gros industriels décident de lancer un quotidien sportif concurrent. Ce sera L'Auto-Vélo, dont le premier numéro paraît le 16 octobre 1900. Dans l'éditorial, le directeur Henri Desgrange l'affirme haut et clair il ne sera jamais question de politique dans son journal. La bataille qui s'ensuit entre les deux quotidiens sportifs est d'une rare violence. On s'arrache les critériums, on débauche à prix d'or les journalistes du titre adverse, on se lance dans d'interminables querelles juridiques. Le Vélo porte plainte contre L'Auto-Vélo et réussit à l'obliger à changer de titre. En 1903, il s'appellera simplement L' malgré tous ses efforts, le nouveau quotidien n'arrive pas à s'implanter. Ses ventes restent très en deçà de celles de son concurrent, qui continue à parrainer les principales épreuves 1902, Emile Zola meurt. Le jour de ses obsèques, le directeur de L'Auto, Henri Desgrange, ne décolère pas. Zola lui rappelle trop son pire ennemi Pierre Giffard. Il cherche en vain depuis des mois le moyen de contrer son concurrent. Il se souvient alors que le matin même, un jeune journaliste de son quotidien, Géo Lefèvre, lui a proposé une idée saugrenue organiser une grande épreuve cycliste par étape à travers toute la France. L'idée du Tour de France est née. Desgrange finit par accepter de tenter le coup. Il imagine les étapes, les dépenses, les gros titres de la presse et surtout la grosse colère de Giffard. Le 19 janvier 1903, il annonce dans L'Auto, le lancement du Tour de France – la plus grande épreuve 1er juillet de la même année, le départ est donné à Villeneuve-Saint-Georges, avec 60 coureurs. Le succès populaire est immédiat. Maurice Garin reçoit une immense ovation lors de l'arrivée du Tour au Parc des Princes et la presse mondiale salue l'événement. Le pari est gagné. Sur le plan commercial aussi les ventes de L'Auto triplent. Pour Le Vélo, le coup est rude. Il ne s'en remettra pas et l'année suivante, le titre disparaît. La suprématie de L'Auto est Tour de France serait sans doute né un jour ou l'autre, mais l'affaire Dreyfus a anticipé la création de cette première grande épreuve par étapes de quelques années. Depuis 1903, le succès du Tour et du journal qui le patronne, L'Auto devenu L'Equipe en 1944, ne s'est jamais démenti. Et le quotidien sportif, comme l'avait promis son fondateur, ne s'est jamais occupé de politique. Photo ASO \ Aurélien Vialatte Le Tour de France s’élancera le 1er juillet. Vos amis n’y comprennent rien? Vous avez de la difficulté à leur expliquer les règles, les différents maillots, les stratégies d’équipe dans un sport individuel? On essaie, ici, de bien vulgariser ce sport complexe pour mieux le faire partager à vos amis. Premier texte de la série les règlements et les maillots du Tour. C’est la 109e étape du Tour de France. Comme vous le verrez dans le texte suivant, il n’en a pas toujours été ainsi, mais dans son acception moderne, la plus prestigieuse épreuve cycliste au monde comprend 21 étapes. Comment choisit-on les villes de départ et d’arrivée des étapes? Chaque année, plus de 200 villes envoient leur candidature pour être du Tour de France. Comme c’est le cas en 2022, on débute parfois le Tour à l’étranger. Les pays et villes qui accueillent le Tour, en France comme ailleurs, déboursent d’importantes sommes pour figurer sur le parcours de ce qu’on surnomme aussi la Grande Boucle. Pour le Grand Départ à Copenhague, la ville a facilement pu débourser jusqu’à 10 millions d’Euros. Sinon, il en coûte entre 120 000 et 160 000 Euros pour être une ville départ ou arrivée. Il faut aussi, très souvent, se conformer à un cahier de charge qui nécessite de la sécurité, des aménagements du mobilier urbain, de l’asphaltage de routes, etc. Comme il s’agit du troisième événement sportif le plus diffusé du monde, la visibilité reçue est considérée comme un excellent retour sur investissement j’ai moi-même visité Foix spécialement parce que le Tour y était passé cette année-là, il retourne cette année, d’ailleurs. Les maillots En gros, c’est le cycliste qui parcourt la distance totale dans le moins de temps qui gagne. Tout au long de l’épreuve, celui qui détient le temps le moins long porte le maillot jaune, celui du meneur au classement général. Son temps à lui, cumulant le total de toutes les épreuves passées, est l’étalon à partir duquel on mesure l’écart avec les autres positions au classement. Si ce maillot est jaune, c’est parce que le Tour a été fondé par un journal, L’auto, qui était imprimé… sur du papier jaune. Le maillot blanc fonctionne de la même manière, mais il est réservé au coureur jeune », soit de 25 ans et moins, détenant le temps le plus court sur l’ensemble du parcours à date. Le maillot à pois est aussi surnommé celui du meilleur grimpeur, ou du classement de la montagne. Il est attribué selon un système de points, attribués au sommet des montées lors des différentes étapes. Plus les montées sont difficiles allant de catégorie 4, les plus faciles, à Hors Catégorie, les plus dures, plus il y a de points à la clé. Le maillot vert, enfin, est attribué à celui qui cumule le plus de points dans un système qui favorisait autrefois les sprinteurs, mais qui est désormais le plus souvent sur les épaules de coureurs complets, capables de franchir des côtes, pour aller grappiller des points dans ce qu’on appelle les sprints intermédiaires », mais aussi de se positionner favorablement lors des arrivées. Un coureur capable de prendre les points intermédiaires et de bien se classer lors des arrivées peut donc remporter le vert. Dans tous les cas, le porteur d’un maillot peut terminer le Tour de France en le portant, sans jamais avoir remporté une étape. Pour plusieurs coureurs qui n’ont aucune chance au classement général dont les sprinteurs, reconnus pour leur force brute, mais certainement pas leurs qualités de grimpeur ou qui ont connu de moins bonnes journées, les privant d’aspirer au maillot de meneur, remporter une étape du Tour est excessivement prestigieux. La valeur d’un coureur qui remporte une étape est automatiquement gonflée et permettra à son agent de négocier son contrat à la hausse. Pour une équipe, surtout celles de seconde division qui sont invitées par le Tour, il peut s’agir du moment le plus important de l’année lorsqu’un de ses coureurs remporte une étape. Le Tour de France est LA plus importante vitrine pour les commanditaires des équipes, et celles-ci dépendent financièrement de ces entreprises ou des états qui les commanditent en échange de visibilité. Qui est invité? Au total, cette année, 22 équipes seront présentes, alignant 176 coureurs au départ. Les 18 équipes de première division ou WorldTour, selon l’appellation officielle de l’Union Cycliste Internationale sont invitées d’office. Les deux équipes de seconde division, les plus performantes, sont aussi invitées automatiquement. Enfin, le Tour a le droit d’inviter deux équipes de son choix. Toujours françaises. Comme en Italie, on invite pas mal toujours des équipes locales pour le Giro. Idem en Espagne. Ces règlements changent toutefois avec le temps et varient donc selon les années. PROCHAIN TEXTE L’histoire du Tour En 1955, Louison Bobet remportait son troisième Tour de France. Les Français se massaient déjà en nombre au bord des routes, se branchaient à leurs transistors et dévoraient les comptes rendus de l’étape du jour dans les pages noircies des journaux. L’information n’était pas encore instantanée et il fallait s’en remettre aux suiveurs pour connaître le scénario et la dramaturgie de chaque journée sur la Grande Boucle. C’était il y a soixante ans, été au cours duquel un certain Antoine Blondin suivait son premier Tour de France. Chroniqueur au journal L’Équipe, l’écrivain a mis des mots justes sur les exploits et les maux des coureurs. Calé dans la 101 », l’une des voitures attitrées des suiveurs, il a raconté la France des villes et des champs, ses paysages et son feuilleton estival favori au cours de 27 Tours et 524 chroniques. Le Tour de France a offert à Antoine Blondin ses plus belles pages en lui permettant de décrire aux premières loges les géants de l’épreuve que sont Bobet, Anquetil, Merckx et Hinault. Les lecteurs découvraient un morceau de littérature coincé entre les colonnes du journal sportif, sans connaître le penchant pour la boisson de l’écrivain, son bégaiement et son attirance pour une course qu’il n’a cessé de magnifier. On quitte les bras de sa mère pour le guidon d’une bicyclette », avait-il coutume de résumer. Soixante ans, donc, après son dernier Tour de France, Le lui rend hommage en proposant quelques extraits savoureux de ces chroniques. 19 juillet 1954 l ’enthousiasme d ’une première Première chronique, extrait de Du pin et des jeux » p. 17* De Bordeaux à Bayonne, je me suis étonné d’être dans cette caravane qui décoiffe les filles, soulève les soutanes, pétrifie les gendarmes, transforme les palaces en salles de rédaction, plutôt que parmi ces gamins confondus par l’admiration et chapeautés par nescafé. Je peux le dire, mon seul regret est de ne pas m’être vu passer. [...] C’est donc aux spectateurs que j’en avais, tandis que nous poussions notre troupeau de coureurs à travers des villages où les notables s’érigent en chefs d’îlot de l’enthousiasme. Je savourais la ferveur qui s’attachait à notre transhumance. Elle nous rappelle que l’art de vivre est d’abord un système de communication des êtres. » 23 juillet 1955 J ’ai été ce petit garçon » Extrait de Cépage et sans pitié » p. 197 J’ai été ce petit garçon, le nez collé à la vitre, qui me regarde écrire avec un respect patient, et quand je lève un peu la tête j’ai l’impression de me regarder moi-même à travers le miroir sans tain du souvenir. Ce que pense cet enfant, je l’ai pensé aussi, comme j’ai attendu ce qu’il espère encore. [...] Il n’écarquille les yeux que pour chiper en fraude les confitures du prestige que les champions endormis nous ont délégué, et se méprend d’un cœur léger sur cette pâle contrefaçon de la gloire qui s’attache à nos macarons. [...] Son innocence gloutonne est celle du bonheur. Quand il sera grand, il sera coureur ou journaliste. Ça vient de se décider, là, sur-le-champ. La vie est si belle de l’autre côté de la vitre. Aujourd’hui que j’ai atteint l’âge où l’on croit savoir ce que les enfants ignorent, c’est pour lui que j’écris ces lignes, le petit bonhomme d’Ax-les-Thermes. » 20 juillet 1957 quand le Tour s ’achève Extrait de Tour d’Ivoire » p. 49 Un maillot jaune, une peur bleue, une copie blanche et peu de matière grise… Nous en aurons vu de toutes les couleurs pendant trois semaines. La mémoire, comme un arc-en-ciel, retient et dilapide des souvenirs confonds, pépite qu’il nous faudra extraire de leur gangue et rentrer avant l’hiver, pour les veillées. Seul s’impose aujourd’hui ce sentiment que Gustave Flaubert appelait la mélancolie des sympathies interrompues. Le Tour, carrefour des nations et de langages, pâque tournante pour les amitiés, est maintenant semblable à un quai de gare tout bruissant de partances et de déchirements refoulés. Des idées noires… » 14 juillet 1954 la rivalité Anquetil-Poulidor Extrait de La Fièvre jaune » Bien sûr, le peuple attend que Poulidor, que l’on a très longtemps fait passer pour un sans-culot », prenne la Bastille. La voxpopulidor ne s’en cache guère et son exaltation n’est pas pour nous déplaire à condition qu’elle n’entache pas de goujaterie à l’endroit de l’extraordinaire aristocrate de la bicyclette qu’est Jacques Anquetil. On ne demande pas la tête de l’homme de tête aussi impudemment que nous l’avons vu faire sur les routes. [...] Il faut que les gens sachent que le moment est venu où l’on peut être pour l’un sans être contre l’autre, car ils sont désormais complémentaires dans le cadre de ce Tour de France inoubliable et se font mutuellement valoir ». 1955 qu ’est-ce que se charger » ? Extrait de L’affaire des poissons », pastiche sous la forme d’une lettre de Madame de Sévigné à sa fille p. 131 Ma toute bonne, nous aurions eu une randonnée bien fastidieuse, aujourd’hui, si notre société n’avait été agitée par une histoire que m’ont rapportée les cahiers de M. Goddet [alors patron du Tour, NDRL] qui est notre Saint-Simon il tient le journal en main. [...] Savez-vous ce que c’est que se charger » ? C’est la chose du monde la plus stupéfiante, si je puis m’exprimer ainsi ». Antoine Blondin, la légende du Tour », un incontournable Revivre le Tour sous le regard d’Antoine Blondin, c’est se rapprocher des bords de route, humer la chaleur estivale, vibrer avec la foule et ouvrir les portes de ces hôtels où suiveurs et coureurs se croisent même au bout de la nuit. C’est ce que ressent le lecteur qui se plonge dans Antoine Blondin, la légende du Tour, publié aux éditions du Rocher le 5 juin dernier. À la plume, son petit-fils, Symbad de Lassus, qui se rend également sur les routes du Tour, et les journalistes Jacques Augendre – ses 55 Tours au compteur et sa multitude d’anecdotes – et Jean Cormier, 37 Tours et colocataire de la 101 », la voiture suiveuse où habitait » Antoine Blondin. Avec la Grande Boucle en filigrane, c’est un portrait de la France des années 1950 à 1980 qui est brossé avec de nombreux extraits des chroniques de l’Antoine », comme il était surnommé. La France est belle quand elle se déploie sous nos pas », écrivait-il d’ailleurs avec enthousiasme. Le lecteur s’installe au côté du chroniqueur, découvre son rythme de vie, ses rencontres, ses apéritifs qui n’en finissent plus et son goût immodéré pour l’ambiance du Tour. Ce livre, qui sent bon l’été et l’effervescence de la Grande Boucle, se parcourt avec la même passion que celle qui poussera encore cette année des millions de spectateurs à se masser aux bords des routes. * Extrait de Antoine Blondin, la légende du Tour aux éditions du Rocher, 206 pages. Héros populaire par excellence et incarnation de l'éternel second, la légende du cyclisme français Raymond Poulidor est décédé mercredi à l'âge de 83 ans, emportant avec lui tout un pan de l'histoire du sport qui était surnommé affectueusement "Poupou" est mort vers 2H00 dans la nuit de mardi à mercredi après avoir été hospitalisé début octobre au centre hospitalier de Saint-Léonard de Noblat, qu'il n'a pas quitté depuis, a annoncé son épouse. Raymond "était très fatigué depuis le dernier Tour de France", avait-elle expliqué peu après son au palmarès remarquable, à huit reprises sur le podium final du Tour de France entre 1962 et 1976 sans avoir porté une seule fois le maillot jaune, Raymond Poulidor était surtout un champion accessible et laborieux, méritant et malchanceux, des caractéristiques ayant forgé sa légende tout autant que ses succès au fil d'une carrière terminée à 40 ans passés. Un demi-siècle plus tard, toujours présent au village-départ des étapes du Tour, il continuait à signer des autographes à des admirateurs de tous âges."Ses exploits, son panache, son courage resteront gravés dans les mémoires. +Poupou+, à jamais maillot jaune dans le coeur des Français", a écrit sur Twitter le Président de la République Emmanuel Romain Bardet, dernier Français à s'être glissé parmi les trois premiers du Tour 2e en 2016, 3e en 2017, Poulidor était "un personnage vraiment emblématique, adoré du public. Il faisait le lien avec le cyclisme ancré dans les territoires. Je me souviens de lui sur le Tour mais aussi dans des courses de clochers, à côté des organisateurs. Il représente ce qu'est le vélo, un sport populaire et accessible".Rival d'AnquetilNé le 15 avril 1936 dans une famille modeste des Gouttes, hameau d'un petit village de la Creuse, Masbarraud-Mérignat, Poulidor s'est imposé sur le vélo comme le rival de Jacques Anquetil, sa parfaite antithèse, devenant une figure majeure du sport de la France gaulliste, pompidolienne et ses échecs répétés sur le Tour, Poulidor deviendra rapidement "Poupou" pour le grand public, qui appréciait la sportivité et la simplicité du nom s'est également très vite transformé en une sorte de marque déposée, une étiquette accolée en France à ceux qui ne savaient pas gagner. Un qualificatif injuste pour celui qui a collectionné 189 succès durant sa carrière. Vainqueur de Milan-San Remo 1961, dès sa deuxième saison chez les "pros" sous la direction d'Antonin Magne, longtemps son mentor, il remporta aussi le Championnat de France sur route 1961, la Flèche Wallonne et le Grand Prix des Nations 1963, le Tour d'Espagne 1964, le Dauphiné 1966 et 1969, Paris-Nice 1972 et 1973.En 1964, il enleva aussi le Super-Prestige Pernod, désignant le meilleur coureur de la saison. La même année, dans le Tour de France, il livra un duel homérique à Jacques Anquetil sur les pentes du Puy-de-Dôme. L'image des deux coureurs, épaule contre épaule dans cette montée vertigineuse, restera comme l'une des plus marquantes de sa longue carrière et symbolisera à jamais l'antagonisme sportif Poulidor-Anquetil."C'était un moment fantastique, personne ne voulait lâcher. Ca a marqué beaucoup de gens", a rappelé Bernard Hinault, quintuple vainqueur du Tour de France, interrogé par l'AFP."Grande tristesse"Le Limousin parvint finalement à distancer le Normand, mais insuffisamment pour endosser le maillot jaune. A Paris, il s'inclina finalement de 55 quittera définitivement la compétition à la fin de l'année 1977. Mais avant de tirer sa révérence, il fut le plus rude adversaire d'Eddy Merckx dans le Tour de France 1974 2e, à 38 ans, avant de monter sur le podium du Championnat du monde à Montréal 2e, toujours derrière le Belge."C'est une grande tristesse. Pendant ma carrière on était adversaires, mais après je l'ai côtoyé souvent ... j'ai passé des vacances avec lui, une semaine de neige à Combloux dans les Alpes françaises, ndlr. C'est une grande perte, un grand ami qui s'en va", a déclaré Eddy Merckx à l' fois à la retraite, Poulidor resta un personnage incontournable du Tour, cultivant également son incroyable popularité par des activités de consultant et, jusqu'à ces dernières années, des visites à travers la France pour s'occuper des vélos portant son 165822 - Paris AFP - © 2019 AFP Chaque jour durant le Tour de France 2022, franceinfo sport vous replonge dans l'histoire de la course. Article rédigé par Publié le 09/07/2022 0903 Mis à jour le 09/07/2022 1343 Temps de lecture 1 min. Le mercredi 9 juillet 1913, le Tour de France connaît l'une de ses histoires les plus invraisemblables. Elle survient lors de la sixième étape entre Bayonne et Luchon, longue de 326 kilomètres avec, au programme, les ascensions des cols d'Aubisque, du Tourmalet et d'Aspin. Ils sont 59 courageux à prendre le départ à... 3 heures du matin. Eugène Christophe, vainqueur de Milan-San Remo en 1910, est présent dans une équipe Peugeot redoutable. Tout se passe pour le mieux pour le "vieux Gaulois" – surnommé ainsi depuis 1912 en raison de sa longue moustache. Deuxième au classement général, il franchit en tête l'Aubisque et pointe tout proche de son coéquipier, Philippe Thys, en haut du géant des Pyrénées. C'est dans la descente que l'accident arrive. Eugène Christophe heurte une pierre, chute et voit son vélo se briser au niveau de la fourche. En 1913, le règlement stipule qu'il est interdit d'être aidé par quiconque dans la réparation de son engin. Pas résigné, le cycliste met sa machine de 12 kilos sur ses épaules et marche 14 kilomètres jusqu'à trouver une forge, à Sainte-Marie-de-Campan Hautes-Pyrénées. Serrurier de formation, Christophe entame alors une course contre-la-montre pour réparer sa fourche sous l'œil impartial, glacial même, de trois commissaires de course. Un enfant l'aide à allumer le soufflet de la forge, chose impossible à faire seul. Le malheureux écope alors de trois minutes de pénalité. Au total, le coureur de la Peugeot laisse quatre heures s'évaporer mais repart et termine cette étape en 29e position, loin derrière le doublé de son équipe. Ce jour-là, Eugène Christophe dit adieu à ses espoirs de victoire finale sur la Grande Boucle qu'il ne remportera jamais. Il est cependant devenu, le 19 juillet 1919, le premier maillot jaune officiel, leader du classement général, de l'histoire.

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